David et Salomon. Le Temple de Jérusalem

Auteur : Par un groupe de pères et de mères de familles | Ouvrage : Histoire Sainte illustrée .

Temps de lec­ture : 9 minutes

XVII

Et le len­de­main, et les jours sui­vants, Yamil est reve­nu.

Maria­nick n’y com­prend rien et n’est pas loin de pen­ser que Colette lui a jeté un sort, mais un bon sort, à la manière des anges gar­diens.

Tou­jours est-il qu’ac­crou­pi et inva­ria­ble­ment silen­cieux, le petit Bédouin ne perd pas une parole des leçons d’His­toire Sainte. D’ailleurs Nicole et Bru­no sont tout aus­si inté­res­sés.

Ce matin, Nicole, à peine arri­vée, ques­tionne :

— Quand David a été tout à fait roi, il est deve­nu très puis­sant, je pense ? Et il est tou­jours res­té bon ?

Il a eu ses gran­deurs et ses fai­blesses. Ce fut d’a­bord un roi guer­rier. Il orga­ni­sa une armée de 288 000 hommes, dont 25 000 tou­jours prêts à mar­cher, et sa puis­sance s’é­ten­dit de l’Eu­phrate au Nil.

Pour épouser Bethsabée, David envoie Urie au combatC’est alors qu’il se lais­sa gri­ser par cette puis­sance même. Il oublia qu’il la devait à Dieu seul. C’est vite fait de glis­ser sur la pente du mal. David com­mit alors un péché très grave. Les com­man­de­ments de Dieu défen­daient, — dans ce temps-là comme aujourd’­hui, — d’é­pou­ser une femme déjà mariée et dont le mari vivait. Or David aimait Beth­sa­bée, la femme d’U­rie, l’un de ses meilleurs offi­ciers.

Il don­na exprès à cet offi­cier un poste très dan­ge­reux. Urie fut tué et David, qui s’é­tait ain­si débar­ras­sé indi­gne­ment de son rival, épou­sa Beth­sa­bée. Remar­quez en pas­sant, mes petits, que ceux qui ont écrit l’An­cien Tes­ta­ment ne cachent jamais les fautes com­mises par les meilleurs per­son­nages. C’est une preuve de plus que tout est vrai dans l’His­toire Sainte. Vous devi­nez que Dieu ne lais­sa pas impu­ni le crime de David. Il lui envoya le pro­phète Nathan pour le lui repro­cher et lui annon­cer les châ­ti­ments qui en résul­te­raient.

— Oh ! dit Nicole, David a fait un très, très grand péché, à sa place j’au­rais eu une peur !…

— David a eu beau­coup de cha­grin, quand il com­prit com­bien sa faute avait offen­sé le Bon Dieu.

Il la pleu­ra toute sa vie et com­po­sa des prières et des chants admi­rables, qui disent son repen­tir et sa confiance en la misé­ri­corde du Bon Dieu. Il se sou­mit à toutes les péni­tences que Dieu lui impo­sa, et par là il devint très saint.

Son fils, Absa­lon, se révol­ta contre lui et mou­rut dans sa révolte. Vous devi­nez la peine incon­so­lable du roi.

Puis, trois années de famine firent périr soixante-dix mille Israé­lites. Croyez-vous que David ne souf­frit pas de pen­ser qu’il avait atti­ré de tels châ­ti­ments sur son peuple ?

Enfin, il sen­tit venir la mort et dési­gna son fils Salo­mon pour lui suc­cé­der. Il le fit sacrer roi par le grand prêtre Sadoc, et le peuple l’ac­cla­ma.

David aurait bien vou­lu, avant de mou­rir, faire construire un temple magni­fique pour y mettre l’Arche d’Al­liance et ame­ner son peuple à y ado­rer Dieu ; mais il se sen­tait indigne d’une pareille tâche. Il don­na à Salo­mon tous les ordres néces­saires pour la construc­tion du temple et mou­rut pai­si­ble­ment. Le Bon Dieu, tou­ché de son repen­tir, lui avait depuis long­temps par­don­né. Il fut enter­ré à Jéru­sa­lem.

Yamil, les coudes aux genoux, se redresse len­te­ment. Il vou­drait évi­dem­ment deman­der quelque chose et n’y arrive pas.

— Qu’est-ce que tu veux dire, mon petit ? lui demande dou­ce­ment Colette.

— Yamil com­prendre mieux Dieu Bon. Mais Yamil pas vrai­ment savoir deve­nir bon aus­si, pour aimer li Bon Dieu.

— Ne t’in­quiète pas, tu ver­ras comme ça devien­dra facile. Quand nous aurons fini notre His­toire Sainte, je repren­drai avec toi le caté­chisme, et tu seras savant, Yamil, tout comme nous.

Le petit Bédouin sai­sit la main de Colette et la baise, avant qu’elle n’ait eu le temps de s’en aper­ce­voir. Tou­chée, elle sou­rit, mais gronde un peu.

— C’est tout natu­rel de t’ai­der, vois-tu. Tâche de bien suivre aujourd’­hui la vie de Salo­mon. C’est bien un peu com­pli­qué pour toi, mais il y a beau­coup de belles choses à apprendre.

Bru­no est un tan­ti­net jaloux. Si on passe le temps à s’oc­cu­per de Yamil, on ne racon­te­ra pas grand’­chose.

— Dis-la alors, tate, la vie de Salo­mon.

— Oui, mais il y a trois par­ties très dif­fé­rentes dans son his­toire. Voyons d’a­bord com­ment a débu­té son règne.

Le peuple acclama Salomon
Le peuple accla­ma Salo­mon

Nicole réclame :

— Dis-nous encore avant, est-ce qu’il était marié ?

— Bien sûr, il épou­sa une prin­cesse égyp­tienne qui lui don­na en dot la ville de Gazan.

Salo­mon était donc un roi puis­sant. Il châ­tia sévè­re­ment les enne­mis de son gou­ver­ne­ment et, la paix bien éta­blie, il fit célé­brer à Gabaon une grande fête reli­gieuse autour du Taber­nacle. Cette pié­té fit plai­sir au Bon Dieu, et figu­rez-vous que, la nuit sui­vante, Il appa­rut à Salo­mon pour lui dire : « Demande ce que tu veux que je te donne. »

Nicole et Bru­no, d’un même élan, sont debout.

— Le Bon Dieu lui a dit ça ? Qu’est-ce qu’il a deman­dé ?

— Devi­nez ? fait Colette mali­cieuse.

Bru­no réflé­chit labo­rieu­se­ment.

— C’est vrai, y avait pas encore d’au­tos. Il a dû deman­der beau­coup de beaux che­vaux ?

— Ou bien de faire tou­jours tout ce qui lui plai­sait ? dit Nicole.

— Li deman­der beau­coup d’or, déclare Yamil.

— Vous n’y êtes pas,… mais pas du tout.

Salo­mon répon­dit à Dieu : « Je ne suis qu’un tout jeune homme ne sachant pas com­ment me conduire. Accor­dez donc à votre ser­vi­teur un cœur atten­tif pour juger votre peuple, pour dis­cer­ner le bien du mal. » — Ce qui signi­fiait : « Mon Dieu, je vous en prie, don­nez-moi la Sagesse. »

Les trois enfants sont déçus.

— Il n’a même pas deman­dé autre chose avec ?… Il aurait eu tout ce qu’il aurait vou­lu !

— Oh ! petits sots que vous êtes ! Vous ne com­pre­nez rien au Cœur du Bon Dieu.

Jus­te­ment parce que Salo­mon s’est mon­tré si humble dans sa prière, Dieu en a été tou­ché et lui a répon­du :

« Parce que tu n’as choi­si ni la gloire ni la for­tune, mais la Sagesse pour dis­cer­ner ce qui est juste, je t’ac­corde ce don pré­cieux et — écou­tez la fin — ce que tu ne m’as pas deman­dé : la richesse et la gloire ! » Voi­là com­ment agit le Bon Dieu.

— Alors, Salo­mon a eu tout, tate ?

— Oui, Bru­no. Sa sagesse écla­tait sur­tout dans ses juge­ments. Un jour, on lui amène deux femmes et un enfant, cha­cune pré­ten­dant qu’il était à elle. Le roi ordonne de cou­per l’en­fant en deux. Chaque femme en aurait la moi­tié. L’une d’elles y consen­tit. L’autre sup­plia : « Don­nez l’en­fant à cette femme, mais ne le tuez pas ! » À ce cri, tout le monde recon­nut la mère, et Salo­mon lui ren­dit son fils bien vivant.

Histoire sainte à lire aux enfants : Jugement de Salomon

Vous com­pre­nez com­bien, en agis­sant ain­si, il avait la joie d’être aimé !

C’est alors qu’au comble de sa puis­sance, Salo­mon se ser­vit de ses richesses pour faire construire le Temple mer­veilleux dont David avait rêvé.

Je vou­drais vous faire entre­voir quelque chose de cette construc­tion.

Il s’a­gis­sait du Temple du seul Vrai Dieu, Créa­teur du ciel et de la terre et sou­ve­rain Sei­gneur de toutes choses.

Rien ne pou­vait être assez beau pour Lui. Salo­mon, qui dans sa sagesse le com­pre­nait, fit les choses roya­le­ment.

Voyez, là, tout autour de nous et fuyant vers la Pales­tine, ces monts du Liban. Ils étaient alors cou­verts de cèdres splen­dides.

— Oui, oui, dit Bru­no, y en a encore.

— Ima­gi­nez trente mille Israé­lites et cent cin­quante mille étran­gers employés aux tra­vaux et, par­mi eux, d’in­nom­brables équipes abat­tant cèdres et cyprès dans la mon­tagne et les trans­por­tant à Jéru­sa­lem, car c’est à Jéru­sa­lem que le Temple fut construit.

Sept années durant, ces mil­liers d’ou­vriers ajou­tèrent les splen­deurs aux splen­deurs.

Le Saint des Saints, où repo­sait l’Arche d’Al­liance, était entiè­re­ment revê­tu d’or, de même l’au­tel, de même encore deux ché­ru­bins sculp­tés en bois d’o­li­vier, pla­cés au centre du sanc­tuaire.

En avant, sépa­rée du Saint des Saints par un voile pré­cieux, la par­tie appe­lée le Saint conte­nait l’au­tel des par­fums, dix tables d’or pour rece­voir les pains offerts à Dieu et dix chan­de­liers d’or à sept branches.

Tout autour du sanc­tuaire, des construc­tions exté­rieures, — les par­vis, — étaient des­ti­nées à rece­voir les foules qui y vien­draient prier.

Il y avait le par­vis des prêtres, celui des Israé­lites, celui des femmes et celui où étaient admis les gen­tils, ou païens.

Or, toutes ces construc­tions étaient faites en admi­rables pierres taille, pré­pa­rées d’a­vance, et que les ouvriers pla­çaient en silence, car, par res­pect pour Dieu, aucun bruit de mar­teau ou de fer ne fut enten­du pen­dant la construc­tion.

Salomon et le Temple de Jérusalem

Et, quand tout fut ache­vé, Salo­mon orga­ni­sa des fêtes inouïes, qui durèrent qua­torze jours, pour consa­crer le Temple au Sei­gneur.

Il vint une mul­ti­tude de peuples de toutes les par­ties du royaume et d’au delà. On offrit à Dieu des mil­liers de sacri­fices et l’Arche d’Al­liance fut dépo­sée dans le Saint des Saints.

Une pareille gran­deur, tant de pié­té, de sagesse, une puis­sance uni­ver­sel­le­ment recon­nue, étaient des dons admi­rables de Dieu. Salo­mon le com­prit d’a­bord, puis l’or­gueil le sai­sit, il y céda et tom­ba dans des fautes lamen­tables, jus­qu’à aban­don­ner Dieu qui l’a­vait com­blé.

— Ce n’est pas pos­sible ! pro­teste Nicole indi­gnée.

— Hélas ! c’est pour­tant vrai. Il se repen­tit sans doute, mais pas comme David, qui avait eu le cœur si humble, si plein de confiance et d’a­mour de Dieu. Aus­si Salo­mon fut-il aver­ti qu’en puni­tion de ses crimes, son royaume serait divi­sé.

Mais ça, c’est toute une autre affaire, et il nous fau­dra un grand moment pour apprendre com­ment la pré­dic­tion s’est réa­li­sée.

Coloriage pour le catéchisme : Prière de Salomon dans le Temple
Prière de Salo­mon dans le Temple

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