Des histoires pour l’Épiphanie
Ayant pour thèmes : Épiphanie, Galette, Roi mage
Le gâteau des Rois

DANS un village d’Orient où ils étaient nés et où ils avaient toujours vécu, personne certainement ne connaissait, mieux les étoiles que le petit berger Rhaël et sa sœur Noémie. Ils les avaient si souvent contemplées pendant les belles nuits chaudes, alors qu’ils couchaient en plein air, à côté de leurs troupeaux. Rhaël et Noémie étaient pauvres et orphelins, mais ils n’étaient pas malheureux, car ils s’aimaient tendrement, et savaient se contenter de leur très humble position. Ils avaient de petites âmes très poétiques et un vif sentiment du beau et de l’idéal ; c’est pourquoi les étoiles du ciel les attiraient par leur clarté et leur mystère. Ils les appelaient par leurs noms, savaient l’heure d’après leur position sur l’horizon, et s’en servaient très bien pour se guider. Aussi, quel ne fut, pas leur étonnement, une nuit, d’en apercevoir une nouvelle qu’ils n’avaient encore jamais vue ! Elle était petite, mais très brillante et paraissait lointaine. Le lendemain, l’étoile était un peu plus grosse et paraissait plus …
Continuer la lecture…La leçon de catéchisme

(Conte d’Épiphanie) Un chemin qui monte, monte roide entre de hauts talus couronnés de genêts et d’ajoncs, un chemin tout au plus bon pour les mules, c’est le chemin de Grénefol : un vrai chemin du paradis, qui monte, monte, avec le ciel au bout. Il va tout d’un élan de la borde de Grénefol à l’église de Figueblanche, tout droit, sans le moindre caprice d’école buissonnière, sans le plus innocent jeu de cligne-musette à travers champs. C’est tout au plus s’il se permet de loin en loin un cloche-pied. La borde est au creux de la combe, petit capuchon bleu pointant dans un manteau de bois. Le clocher de l’église, tout en haut de la côte, jette à tous vents le son de ses cloches en plein ciel, et du matin au soir surveille la ronde de son ombre tournante sur la poussinée de maisons qui est autour. Et donc, montant roide de la borde à l’église à vous rompre l’haleine, descendant follement de l’église …
Continuer la lecture…Le Salut des Bêtes

La vieille Séphora habitait le village de Bethléem. Elle vivait d’un troupeau de chèvres et d’un petit champ planté de figuiers. Jeune, elle avait été servante chez un prêtre, en sorte qu’elle était plus instruite des choses religieuses que ne le sont d’ordinaire les personnes de sa condition. Revenue au village, mariée, plusieurs fois mère, elle avait perdu son mari et ses enfants. Et alors, tout en restant secourable aux hommes selon ses moyens, le meilleur de sa tendresse s’était reporté sur les bêtes. Elle apprivoisait des oiseaux et des souris ; elle recueillait les chiens abandonnés et les chats en détresse ; et sa petite maison était pleine de tous ces humbles amis. Elle chérissait les animaux, non seulement parce qu’ils sont innocents, parce qu’ils donnent leur cœur à qui les aime et parce que leur bonne foi est incomparable, mais encore parce qu’un grand besoin de justice était en elle. Elle ne comprenait pas que ceux-là souffrent qui ne peuvent être méchants ni violer une règle …
Continuer la lecture…Pouf

Conte d’Épiphanie Permettez-moi de vous présenter Pouf. C’est un petit homme de 5 ans, bien planté sur de robustes mollets. Frimousse éveillée, cheveux en boucles, grands yeux d’azur. Je ne saurais vous dire” en quelle circonstance il se rebaptisa lui-même, car, de mémoire d’homme, on ne connut jamais de saint Pouf au calendrier. Or, notre Pouf manifeste de très bonne heure la passion des voyages. À sa grande joie, il reçut l’an passé, pour ses étrennes, une superbe Citroën, modèle réduit, à l’aide de laquelle il fait du 4 à l’heure en pédales, sur l’avenue parisienne qu’habitent ses parents. Un seul accident jusqu’ici. Résultat : une énorme bosse au front ; mais qu’est-ce cela en comparaison de plaisirs inexprimables Aujourd’hui une panne l’arrêta ; oh ! une petite panne de rien du tout, très vite réparée par le jeune chauffeur et sa gouvernante Anna qu’il déteste, parce qu’elle raconte toutes ses peccadilles à maman : M. Pouf par-ci, M. Pouf par là… ça n’en finit plus. Rentré de promenade, …
Continuer la lecture…La belle galette

Il neigeait depuis la veille. On ne voyait plus le chemin, ni le mur du potager, ni les toits des ruches. Mais Mme Duteil ne se tourmentait pas. Elle avait arraché à temps les derniers légumes, empaillé le tuyau de la pompe, mis le bois à l’abri, bouché le soupirail de la cave pour que les pommes de terre ne gèlent pas. Gestes de prévoyance qu’elle accomplissait seule depuis trois ans que son mari était en sanatorium. À la belle saison, un jardinier venait l’aider ; l’hiver on s’en passait. D’ailleurs il y avait Rosie, déjà forte pour ses treize ans. Ce matin-là, un matin de neige, elle se désolait, Rosie. « Un temps pareil pour l’Épiphanie ; personne ne viendra chercher notre « part à Dieu ». Elle était si belle, la part de la galette ! Suivant la volonté de l’absent, on la doublait maintenant afin de le représenter dans ce geste d’offrande. La première année, ça avait été la mère Chenue qui en avait bénéficié ; la seconde, …
Continuer la lecture…La vraie adoration des bergers

D’après les noëls d’Auvergne. CETTE nuitée, avant-veille de saint Étienne, premier martyr, les bergers faisaient la veillée au pied d’une petite montagne. Ils avaient allumé un clair et grand feu. Le puy les abritait du vent, et Grabié, de sa cime, sur-veillait les troupeaux. On le voyait appuyé à son bâton, debout et noir contre le ciel plein d’étoiles. Enveloppés dans leurs limousines, Cirgues et Guillot dormaient, le chaperon sur la face. Les autres, en écoutant les contes que leur narrait Robin, se chauffaient les mains aux flammes ou mangeaient des châtaignes cuites sous la cendre. Parfois un bousset de vin passait à la ronde. Ils buvaient alors à la régalade ; et la lumière rouge éclairait leurs têtes renversées. Sur la mi-nuit, comme Gauthier se levait pour jeter sur les braises une brassée de genièvre, une soudaine clarté illumina la campagne et tous furent saisis de frayeur. Mais, du haut des cieux, des anges beaux comme le jour leur disaient de ne point …
Continuer la lecture…III. — Fèves royales

La tour de Grandcroix (fin) La reprise des relations entre la famille Verdier et le manoir de Grandcroix fut, comme bien l’on pense, mise aussitôt à profit par Geneviève et ses petits voisins. Dès le lendemain, les enfants du percepteur vinrent chez le marquis, … … et une partie de cache-cache fut organisée dans les ruines qui se prêtaient admirablement à ce jeu. Lucienne, furetant de droite et de gauche, pour trouver une cachette, en découvrit une qui lui parut merveilleuse. C’était un petit réduit ménagé entre de vieux pans de murs à demi écroulés et dont l’entrée était cachée par un rideau de lierre. Ayant soulevé le feuillage, la fillette se glissa dans le réduit et se blottit au fond, mais la paroi contre laquelle elle s’appuyait céda tout à coup sous son poids et un éboulement se produisit, Lucienne faillit tomber à la renverse. Quand elle eut repris son équilibre et que le nuage de poussière se fut dissipé, elle aperçut, à l’endroit …
Continuer la lecture…Les rois mages

À la rencontre des Rois. – La crèche. – C’est demain la fête des Rois Si vous voulez les voir arriver, allez vite à leur rencontre, enfants, et portez-leur quelques présents. Voilà, de notre temps, ce que disaient les mères, la veille du jour des Rois. Et en avant toute la marmaille, les enfants du village ; nous partions enthousiastes à la rencontre des rois Mages, qui venaient à Maillane, avec leurs pages, leurs chameaux et toute leur suite, pour adorer l’Enfant Jésus. – Où allez-vous, enfants ? – Nous allons au-devant des Rois ! Et ainsi , tous ensemble, mioches ébouriffés et petites blondinettes, avec nos calottes et nos petits sabots, nous filions sur le chemin d’Arles, le cœur tressaillant de joie, les yeux remplis de visions. Et nous portions à la main, comme on nous l’avait recommandé, des fouaces pour les Rois, des figues sèches pour les pages et du foin pour les chameaux. Jours croissants, Jours cuisants. C’était au commencement de janvier et la bise soufflait : c’est vous dire qu’il faisait froid. …
Continuer la lecture…Le Pâtre et les trois Mages

(Légende) L’étoile filait doucement sous le ciel bleu, laissant derrière elle une longue traînée d’or, et les trois rois qui avaient quitté leur palais de marbre au bout du monde, la suivaient anxieusement à travers les monts, et les vallées. Les pages portaient des présents magnifiques : l’or, l’encens et la myrrhe, et des coffrets d’argent ciselé, destinés à l’Enfant-Roi. « Le cimeterre au clair ou la lance sur l’épaule, dit un auteur, leurs gardes les accompagnaient, et derrière chacun d’eux, comme figés dans leurs armures étincelantes, marchaient trois écuyers, l’un portant l’étendard du maître, l’autre son sceptre et le troisième sa couronne, sur laquelle, par instants, les ors et les diamants luisaient comme d’étranges lucioles. » À Jérusalem, l’étoile sans pareille s’éteignit et les trois rois crurent qu’ils étaient arrivés ; mais nul ne connaissait le nouveau Roi. Quelle tristesse ! Hérode et les scribes, obligés de relire la prophétie de la naissance, leur dirent enfin : « Allez à Bethléem ! Et lorsque vous l’aurez trouvé ajouta le farouche Hérode, annoncez-le moi, afin …
Continuer la lecture…La légende du quatrième Roi Mage

Écouter cette histoire La nuit était froide et le ciel d’Orient éclatait en myriades d’étoiles plus belles les unes que les autres. Balthazar, Gaspard et Melchior étaient sortis sur la terrasse de leur palais, et ils ne se lassaient pas de contempler le firmament. Cette nuit-là, les Rois Mages savaient qu’un astre nouveau devait apparaître, différents de tous les autres… Un signe céleste, qui annoncerait la naissance du Sauveur promis à tous les hommes. Or, voici qu’il apparut sous leurs yeux, sortant de l’infinie profondeur des cieux. Il ressemblait à une flamme immense d’où jaillissaient des milliers de lumières de toutes les couleurs. Les Mages restaient là, émerveillés, n’osant parler en présence du signe de Dieu. C’est alors que le jeune frère de Balthazar, Artaban, les rejoignit et rompit le silence : — C’est le signe annoncé, c’est la promesse qui se réalise. Vite, il faut partir ! Balthazar, Gaspard et Melchior se préparèrent en toute hâte et, bientôt, une magnifique caravane de chameaux, de dromadaires et de chevaux …
Continuer la lecture…La galette et les rois mages

Qui ne connaît l’histoire des rois mages qui, guidés par une étoile, se rendirent à Bethléem rendre hommage à l’Enfant Jésus ? Le premier s’appelait Gaspard. Il avait le teint clair des Européens, et apportait de l’or. Le second, Melchior, avait la peau brune des gens de Palestine et d’Arabie. Celui-là était porteur d’encens. Le troisième, Balthazar, était couleur de nuit sans lune et ses dents brillaient comme brillent les dents des Africains. Ce dernier offrit à l’enfant Jésus de la myrrhe. On sait moins ce qui leur advint sur le chemin du retour. * * * Ils étaient savants en beaucoup de choses, certes, mais cela n’empêcha point qu’ils se perdirent bel et bien, n’ayant plus le secours de l’étoile pour les aider. Après avoir erré plusieurs jours dans le désert, à bout de nourriture et sans eau, ils aperçurent enfin une misérable cahute devant laquelle se tenaient un couple et deux enfants. Les joues décharnées, les yeux brillants de faim, ils firent pourtant bon …
Continuer la lecture…L’adoration de Leïla

Conte de l’Épiphanie. En ce temps-là, l’étoile miraculeuse parut au firmament. Et les mages Gaspar et Balthazar vinrent, en caravane pompeuse, rejoindre le mage Melchior. Et tous trois se disposèrent à suivre le guide scintillant et lointain. Or, vivait à la cour du roi Melchior une fillette de dix à douze ans nommée Leïla. Le chef des esclaves, captivé par sa grâce frêle, par son blanc visage, fleur précieuse et rare, au milieu des visages brûlés et basanés du pays, l’avait achetée. C’était elle qui tenait l’éventail devant le trône du roi Melchior et la bienveillance du monarque s’étendait jusqu’à l’enfant, car elle était douce et silencieuse et savait chanter de mélodieuses et mélancoliques chansons qui berçaient le repos pendant les longues somnolences de midi. Leïla, remplissant sa charge, entendit ces mots que prononçait le roi Gaspar : — Un grand roi nous est né ! Sous son règne, les hommes s’aimeront et seront tous frères ! Il n’y aura plus de haines, d’esclavage ! Suivons donc l’étoile et …
Continuer la lecture…Conte de l’Épiphanie

On dit que bien menteurs sont les chasseurs. Ils sont poètes à leur façon, ces grands chevaliers de la nature, et je crois plutôt qu’ils ne mentent point, mais qu’il leur arrive parfois d’exagérer la vérité. Oyez cependant. Souvent, ces soirs d’hiver, quand seul, on se sent si bien chez soi, près d’un bon feu qui flamboie, le vieux curé du village, Deferr, avait l’aubaine de recevoir la visite nocturne de maître chasseur Rossoz. Ce n’était ni un scrupuleux, ni un athée notoire que notre chasseur. De temps à autre, le Bon Dieu devait pourtant se contenter d’une bonne intention en guise de sanctification du dimanche. Cependant, maître Rossoz n’oubliait pas son vieux curé Deferr et les soirées d’hiver, quand la lune n’était pas propice pour l’affût de fin limier goupil, il s’en allait vers le presbytère. Non pas qu’il allât se confesser, car notre chasseur ne sentait le besoin, et pour son corps et pour son âme, de se lessiver …
Continuer la lecture…Le retour des Rois Mages

L’enchantement était terminé ; comme s’il eût voulu faire comprendre à ses adorateurs lointains que le moment était venu de retourner dans leur pays, le divin Enfant ferma les yeux, le nimbe de lumière qui auréolait sa tête s’adoucit et, avec un sourire, la Vierge mère posa un doigt sur ses lèvres. À ce signal, les anges qui chantaient encore le cantique triomphal, se turent subitement ; il se fit un grand silence et les trois Mages, se levant, quittèrent l’étable, graves et recueillis. À la porte, ils retrouvèrent les bergers qui se racontaient de l’un à l’autre, les merveilles accomplies. Ils arrivèrent au campement où leurs chameaux accroupis pêle-mêle, parmi les serviteurs, se livraient à l’insouciance du repos. Instinctivement, ils levèrent leurs yeux vers le ciel : l’étoile était là, plus brillante que jamais. Cependant un changement s’était opéré : tandis qu’au premier jour, ses rayons descendaient droits sur l’étable, ils s’inclinaient maintenant vers l’Orient. Les Mages comprirent sa muette invitation et bientôt la …
Continuer la lecture…07. Adoration des mages

Conduits par une étoile, les rois Mages vinrent d’Orient, de très loin, pour voir ce que cet astre nouveau leur annonçait — Arrivés à Jérusalem, l’étoile disparut. Mais quand ils sortirent de la ville, elle apparut de nouveau, et les guida exactement là où se trouvait Jésus. Se prosternant alors ils adorèrent l’Enfant Dieu, et lui offrirent leurs présents de l’or, comme à un roi de l’encens comme à un Dieu de la myrrhe comme à un homme mortel. Marie dut leur donner l’Enfant qu’ils serrèrent dans leurs bras. Ils eurent plusieurs fois ce bonheur. Avertis ensuite en songe de ne pas revoir Hérode qui voulait tuer le nouveau-né, ils rentrèrent dans leur pays par un autre chemin. Et nous, quels présents allons-nous offrir au Petit Jésus ? À gauche, Joseph, près de Marie qui a Jésus dans ses bras. À droite, les rois Mages offrent leurs présents. QUESTIONNAIRE : 1. Qu’étaient les Mages ? — 2. Comment et pourquoi sont-ils venus ? — 3. Qu’ont-ils offert à Jésus ? — 4. Que signifiaient leurs présents ? — 5. Et nous, …
Continuer la lecture…Degemer, le chien du mage Balthazar

La rumeur s’est répandue aux quatre coins du monde. Et là, je suis intrigué par mon maître que je trouve de plus en plus agité. En fait, il n’y tient plus depuis qu’il a repéré cette étoile nouvelle, plus grande et plus brillante que les autres. Et le voilà tout impatient de prendre la route pour, d’abord, rejoindre Melchior et Gaspard. Les mages ! Oui mon maître est mage. Je pourrais dire aussi que c’est un grand sage même si dans l’immédiat, je le trouve bizarre. Il me parle d’un nouveau-né qui est fils de Dieu, qu’il va le rejoindre, guidé par l’étoile du berger et qu’il lui offrira ce qu’il a de plus précieux : de la myrrhe. Un nom du pays breton C’est très confus pour moi tout cela. Là, je l’entends projeter d’aller jusqu’à l’enfant né… mais sans moi ! Pourtant, Balthazar, je ne le lâche jamais, je le suis partout, je l’écoute et compatis quand il faut. Je le distrais de mes sauts, …
Continuer la lecture…La dernière chevauchée des Rois Mages

Après avoir adoré Jésus, les Rois Mages s’en retournèrent dans leur pays. Voici un conte qui nous décrit ce voyage des Rois Mages avec poésie. * * * La nuit tombe vite en hiver : déjà le crépuscule commençait, ils allaient sortir du royaume de Juda et gravissaient la dernière colline ; le roi Gaspard était sur son cheval blanc, le roi Melchior sur son cheval brun, le roi Balthazar sur son cheval noir. Or le Seigneur se pencha du haut du ciel et regarda : un frisson étrange parcourait encore l’univers, toute la Création tremblait, saisie de joie et d’angoisse, car un mystère venait de s’accomplir et depuis le jour où le Tout-Puissant l’avait tirée du néant, rien d’aussi formidable ne s’était produit : terribles avaient été les grandes eaux du déluge qui avaient lavé la face de la terre, et cependant le monde en avait été moins profondément ébranlé. Comme nous distinguons au milieu d’un vaste paysage l’agitation de quelques insectes minuscules, l’Éternel aperçut les trois Rois …
Continuer la lecture…Dans les coffres du roi Melchior

Épiphanie Sa maigre figure de petite fille misérable collée aux barreaux de la grille en bois doré, Azia suit de ses yeux tristes, un peu bridés, le remue-ménage insolite du palais royal. Par toutes les portes, des serviteurs vont, viennent, courent, s’appellent ; dans la cour, d’autres apportent des coffres bardés de fer et des ballots d’étoffes précieuses ; aux écuries, on harnache le dromadaire blanc du roi Melchior et les chameaux de sa suite. Ça ne l’intéresse pas tellement, Azia… mais ça lui passe le temps. Ses journées sont si longues, si longues, depuis qu’elle est toute seule en la grand-ville, pauvrette abandonnée ! Elle était heureuse, voila quelques mois, dans la jolie maison rose aux tentures de soie, pleine de fleurs odorantes et toute chaude de la tendresse d’un papa et d’une maman. Mais une horde venue de l’Occident a détruit la maison rose et emmené captifs le papa et la maman qui faisaient tout son bonheur de petite fille. Où sont-ils à présent ? …
Continuer la lecture…Une crèche à la page

Qu’en penses-tu, Michel ? – Qu’en dis-tu, Nicolas ? – Parle aussi, toi, Luc… » Parler ?… Souvent, la chose est aisée aux trois garçons. Aujourd’hui, elle leur semble terriblement difficile : ils voudraient exprimer des choses… des choses qui ne sont pas faciles à dire. Alors, ils se taisent ; ils réfléchissent et concluent seulement : « Il faut que ça finisse ! » *** De mémoire d’homme, il y eût des frottements durs entre les Têtembois-de-la-ville et les Têtembois-de-la-terre. Ceux de la ville éclaboussaient les cousins paysans de leurs toilettes et de leur argent, de leur fin parler, de leur confort et de leur mépris pour cette allure de rustauds endimanchés qu’ils promenaient sur les trottoirs de la ville, les jours de marché. Ceux de la terre se moquaient un brin des cousins citadins qui ne distinguaient pas une poule d’un coq, et pour un peu de boue poussaient des cris de pintade effarouchée ; surtout, ils ne leur pardonnaient pas de compter pour abêtissant leur rude labeur, et de les tenir pour rustres, parce qu’ils …
Continuer la lecture…L’Épiphanie
« Jésus étant né à Bethléem de Juda, aux jours du roi Hérode, voici que des Mages d’Orient vinrent à Jérusalem, disant : « Où est le roi des Juifs qui vient de naître ? car nous avons vu son étoile en Orient et nous sommes venus l’adorer. Or, le roi Hérode, l’apprenant, fut troublé et tout Jérusalem avec lui, Rassemblant tous les princes des prêtres et les scribes du peuple, il s’enquit d’eux où devait naître le Christ. Et ils lui dirent : À Bethléem de Juda… Les Mages partirent. Et voici que l’étoile qu’ils avaient vue en Orient allait devant eux jusqu’à ce que, arrivée au-dessus du lieu où était l’enfant, elle s’arrêta. En voyant l’étoile, ils eurent une très grande joie. Et, entrant dans la maison, ils trouvèrent l’enfant avec Marie et, se prosternant, ils l’adorèrent ; puis, ayant ouvert leurs trésors, ils lui offrirent pour présents de l’or, de l’encens et de la myrrhe. Et avertis en songe de ne pas retourner …
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