Des histoires pour l’Épiphanie
Ayant pour thèmes : Épiphanie, Galette, Roi mage
Une crèche à la page

Qu’en penses-tu, Michel ? – Qu’en dis-tu, Nicolas ? – Parle aussi, toi, Luc… » Parler ?… Souvent, la chose est aisée aux trois garçons. Aujourd’hui, elle leur semble terriblement difficile : ils voudraient exprimer des choses… des choses qui ne sont pas faciles à dire. Alors, ils se taisent ; ils réfléchissent et concluent seulement : « Il faut que ça finisse ! » *** De mémoire d’homme, il y eût des frottements durs entre les Têtembois-de-la-ville et les Têtembois-de-la-terre. Ceux de la ville éclaboussaient les cousins paysans de leurs toilettes et de leur argent, de leur fin parler, de leur confort et de leur mépris pour cette allure de rustauds endimanchés qu’ils promenaient sur les trottoirs de la ville, les jours de marché. Ceux de la terre se moquaient un brin des cousins citadins qui ne distinguaient pas une poule d’un coq, et pour un peu de boue poussaient des cris de pintade effarouchée ; surtout, ils ne leur pardonnaient pas de compter pour abêtissant leur rude labeur, et de les tenir pour rustres, parce qu’ils …
Continuer la lecture…VI. Les Rois mages.

Peu de temps après, on vint dire au Roi Hérode, qui régnait à Jérusalem, que des Rois Mages qui arrivaient de très loin voulaient le voir et qu’ils demandaient : « Où est le Roi des Juifs qui vient de naître, car nous avons vu son étoile en Orient et nous venons à Jérusalem pour l’adorer ? » Hérode fut très effrayé de ce qu’on lui disait, parce qu’il craignait qu’un Roi plus puissant que lui ne vînt lui enlever son Royaume. Et toute la ville de Jérusalem eut peur aussi. Hérode fit venir les Rois Mages, leur parla, les questionna, et il sut que le Roi dont parlaient les Mages était le Christ, le Fils de Dieu que les Juifs attendaient d’après les livres des Prophètes. Alors Hérode fit venir les savants, Princes des prêtres et docteurs du peuple, et il leur demanda où le Christ devait naître. Ils lui répondirent : « À Bethléem, ville de Juda. » Hérode emmena les Mages chez lui, leur fit beaucoup de …
Continuer la lecture…Dans les coffres du roi Melchior

Épiphanie Sa maigre figure de petite fille misérable collée aux barreaux de la grille en bois doré, Azia suit de ses yeux tristes, un peu bridés, le remue-ménage insolite du palais royal. Par toutes les portes, des serviteurs vont, viennent, courent, s’appellent ; dans la cour, d’autres apportent des coffres bardés de fer et des ballots d’étoffes précieuses ; aux écuries, on harnache le dromadaire blanc du roi Melchior et les chameaux de sa suite. Ça ne l’intéresse pas tellement, Azia… mais ça lui passe le temps. Ses journées sont si longues, si longues, depuis qu’elle est toute seule en la grand-ville, pauvrette abandonnée ! Elle était heureuse, voila quelques mois, dans la jolie maison rose aux tentures de soie, pleine de fleurs odorantes et toute chaude de la tendresse d’un papa et d’une maman. Mais une horde venue de l’Occident a détruit la maison rose et emmené captifs le papa et la maman qui faisaient tout son bonheur de petite fille. Où sont-ils à présent ? …
Continuer la lecture…La leçon de catéchisme

(Conte d’Épiphanie) Un chemin qui monte, monte roide entre de hauts talus couronnés de genêts et d’ajoncs, un chemin tout au plus bon pour les mules, c’est le chemin de Grénefol : un vrai chemin du paradis, qui monte, monte, avec le ciel au bout. Il va tout d’un élan de la borde de Grénefol à l’église de Figueblanche, tout droit, sans le moindre caprice d’école buissonnière, sans le plus innocent jeu de cligne-musette à travers champs. C’est tout au plus s’il se permet de loin en loin un cloche-pied. La borde est au creux de la combe, petit capuchon bleu pointant dans un manteau de bois. Le clocher de l’église, tout en haut de la côte, jette à tous vents le son de ses cloches en plein ciel, et du matin au soir surveille la ronde de son ombre tournante sur la poussinée de maisons qui est autour. Et donc, montant roide de la borde à l’église à vous rompre l’haleine, descendant follement de l’église …
Continuer la lecture…Conte de l’Epiphanie

Imaginez une de ces nuits d’Orient dont l’immensité bleue du ciel, d’une pureté et d’une profondeur magnifique, fait ressortir des milliers d’étoiles. Une brise fraîche et légère monte du désert. Les jardins exhalent des effluves de roses de Damas et de jasmin. L’heure est propice : de savants personnages, des mages, l’air grave, scrutent les étoiles. La tradition chrétienne en a fait des rois et les a nommés Melchior, Gaspard et Balthasar. Ce sont des astronomes ou astrologues, sans doute adonnés aux arts divinatoires, prêtres de leur religion, et donc de dignité quasi royale. Ils interrogent la voûte céleste depuis si longtemps, que rien, ou presque, ne leur est abscons : ni les constellations et conjonctions des planètes, ni les comètes et les éclipses. Mais cette nuit-là, quelque chose d’étrange et d’inhabituel survient… une étoile inconnue les éblouit soudain, les attire, les appelle : est-ce le signe d’un événement important ? * * * Les anciens pensaient en effet que les étoiles dirigeaient la destiné des hommes. …
Continuer la lecture…Le Gâteau des Rois

Le sixième jour du mois de janvier 1663, le roi Louis XIV avait convié le ban et l’arrière-ban de ses courtisans à une splendide partie de chasse qu’il donnait, en l’honneur de la fête des rois, dans la forêt de Fontainebleau. Les invités, massés dans la cour d’honneur du château, vêtus de somptueux costumes de velours brodés d’or et d’argent et montés sur de superbes coursiers, attendaient la venue de Sa Majesté en devisant des mille petites histoires de la cour. Soudain, la grande porte du vestibule s’ouvrit à deux battants et l’huissier de service, s’avançant sur le perron, annonça : — Messieurs, le roi ! Aussitôt, toutes les têtes se découvrirent et le silence se fit tandis que le monarque puissant s’approchait de sa monture, la caressait doucement du bout de sa main gantée. Puis, saisissant à poignée la crinière soyeuse du bel animal, il engagea son pied dans l’étrier et s’élança en selle. Mais celle-ci, sans doute mal attachée, tourna sur elle-même, une courroie se rompit …
Continuer la lecture…L’Épiphanie
« Jésus étant né à Bethléem de Juda, aux jours du roi Hérode, voici que des Mages d’Orient vinrent à Jérusalem, disant : « Où est le roi des Juifs qui vient de naître ? car nous avons vu son étoile en Orient et nous sommes venus l’adorer. Or, le roi Hérode, l’apprenant, fut troublé et tout Jérusalem avec lui, Rassemblant tous les princes des prêtres et les scribes du peuple, il s’enquit d’eux où devait naître le Christ. Et ils lui dirent : À Bethléem de Juda… Les Mages partirent. Et voici que l’étoile qu’ils avaient vue en Orient allait devant eux jusqu’à ce que, arrivée au-dessus du lieu où était l’enfant, elle s’arrêta. En voyant l’étoile, ils eurent une très grande joie. Et, entrant dans la maison, ils trouvèrent l’enfant avec Marie et, se prosternant, ils l’adorèrent ; puis, ayant ouvert leurs trésors, ils lui offrirent pour présents de l’or, de l’encens et de la myrrhe. Et avertis en songe de ne pas retourner …
Continuer la lecture…Les rois mages

À la rencontre des Rois. – La crèche. – C’est demain la fête des Rois Si vous voulez les voir arriver, allez vite à leur rencontre, enfants, et portez-leur quelques présents. Voilà, de notre temps, ce que disaient les mères, la veille du jour des Rois. Et en avant toute la marmaille, les enfants du village ; nous partions enthousiastes à la rencontre des rois Mages, qui venaient à Maillane, avec leurs pages, leurs chameaux et toute leur suite, pour adorer l’Enfant Jésus. – Où allez-vous, enfants ? – Nous allons au-devant des Rois ! Et ainsi , tous ensemble, mioches ébouriffés et petites blondinettes, avec nos calottes et nos petits sabots, nous filions sur le chemin d’Arles, le cœur tressaillant de joie, les yeux remplis de visions. Et nous portions à la main, comme on nous l’avait recommandé, des fouaces pour les Rois, des figues sèches pour les pages et du foin pour les chameaux. Jours croissants, Jours cuisants. C’était au commencement de janvier et la bise soufflait : c’est vous dire qu’il faisait froid. …
Continuer la lecture…III. — Fèves royales

La tour de Grandcroix (fin) La reprise des relations entre la famille Verdier et le manoir de Grandcroix fut, comme bien l’on pense, mise aussitôt à profit par Geneviève et ses petits voisins. Dès le lendemain, les enfants du percepteur vinrent chez le marquis, … … et une partie de cache-cache fut organisée dans les ruines qui se prêtaient admirablement à ce jeu. Lucienne, furetant de droite et de gauche, pour trouver une cachette, en découvrit une qui lui parut merveilleuse. C’était un petit réduit ménagé entre de vieux pans de murs à demi écroulés et dont l’entrée était cachée par un rideau de lierre. Ayant soulevé le feuillage, la fillette se glissa dans le réduit et se blottit au fond, mais la paroi contre laquelle elle s’appuyait céda tout à coup sous son poids et un éboulement se produisit, Lucienne faillit tomber à la renverse. Quand elle eut repris son équilibre et que le nuage de poussière se fut dissipé, elle aperçut, à l’endroit …
Continuer la lecture…Le gâteau des Rois

DANS un village d’Orient où ils étaient nés et où ils avaient toujours vécu, personne certainement ne connaissait, mieux les étoiles que le petit berger Rhaël et sa sœur Noémie. Ils les avaient si souvent contemplées pendant les belles nuits chaudes, alors qu’ils couchaient en plein air, à côté de leurs troupeaux. Rhaël et Noémie étaient pauvres et orphelins, mais ils n’étaient pas malheureux, car ils s’aimaient tendrement, et savaient se contenter de leur très humble position. Ils avaient de petites âmes très poétiques et un vif sentiment du beau et de l’idéal ; c’est pourquoi les étoiles du ciel les attiraient par leur clarté et leur mystère. Ils les appelaient par leurs noms, savaient l’heure d’après leur position sur l’horizon, et s’en servaient très bien pour se guider. Aussi, quel ne fut, pas leur étonnement, une nuit, d’en apercevoir une nouvelle qu’ils n’avaient encore jamais vue ! Elle était petite, mais très brillante et paraissait lointaine. Le lendemain, l’étoile était un peu plus grosse et paraissait plus …
Continuer la lecture…Le Fils du Mage

Conte pour l’Épiphanie DE son palais aux multiples colonnes de porphyre, aux vastes toits plats qui formaient des terrasses, aux salles à fresques ornées de personnages, Gaspard, le Roi Mage, venait de partir. Monté sur un chameau richement caparaçonné, escorté des esclaves aux torses de bronze, Gaspard s’en allait, de compagnie avec Melchior et Balthasar , offrir ses hommages au nouveau Roi dont une merveilleuse étoile leur avait révélé la venue… Mais voici que, à quelque distance de l’imposant cortège, une forme gracile se glisse… C’est Ninus, le fils de Gaspard ; il vient d’échapper à la surveillance de la reine Makéri, sa mère, toute troublée par les récents adieux de son époux. Il marche, l’enfant royal, bien décidé à suivre son père, car il a surpris le motif du voyage des trois Mages et il a fermement résolu d’aller adorer, lui aussi, ce nouveau prince… ce prince pour lequel une étoile vient de s’allumer au ciel !… Mais, avant de se mettre en route, Ninus s’était demandé quel présent …
Continuer la lecture…La légende du quatrième Roi Mage

Écouter cette histoire La nuit était froide et le ciel d’Orient éclatait en myriades d’étoiles plus belles les unes que les autres. Balthazar, Gaspard et Melchior étaient sortis sur la terrasse de leur palais, et ils ne se lassaient pas de contempler le firmament. Cette nuit-là, les Rois Mages savaient qu’un astre nouveau devait apparaître, différents de tous les autres… Un signe céleste, qui annoncerait la naissance du Sauveur promis à tous les hommes. Or, voici qu’il apparut sous leurs yeux, sortant de l’infinie profondeur des cieux. Il ressemblait à une flamme immense d’où jaillissaient des milliers de lumières de toutes les couleurs. Les Mages restaient là, émerveillés, n’osant parler en présence du signe de Dieu. C’est alors que le jeune frère de Balthazar, Artaban, les rejoignit et rompit le silence : — C’est le signe annoncé, c’est la promesse qui se réalise. Vite, il faut partir ! Balthazar, Gaspard et Melchior se préparèrent en toute hâte et, bientôt, une magnifique caravane de chameaux, de dromadaires et de chevaux …
Continuer la lecture…La belle galette

Il neigeait depuis la veille. On ne voyait plus le chemin, ni le mur du potager, ni les toits des ruches. Mais Mme Duteil ne se tourmentait pas. Elle avait arraché à temps les derniers légumes, empaillé le tuyau de la pompe, mis le bois à l’abri, bouché le soupirail de la cave pour que les pommes de terre ne gèlent pas. Gestes de prévoyance qu’elle accomplissait seule depuis trois ans que son mari était en sanatorium. À la belle saison, un jardinier venait l’aider ; l’hiver on s’en passait. D’ailleurs il y avait Rosie, déjà forte pour ses treize ans. Ce matin-là, un matin de neige, elle se désolait, Rosie. « Un temps pareil pour l’Épiphanie ; personne ne viendra chercher notre « part à Dieu ». Elle était si belle, la part de la galette ! Suivant la volonté de l’absent, on la doublait maintenant afin de le représenter dans ce geste d’offrande. La première année, ça avait été la mère Chenue qui en avait bénéficié ; la seconde, …
Continuer la lecture…Le Pâtre et les trois Mages

(Légende) L’étoile filait doucement sous le ciel bleu, laissant derrière elle une longue traînée d’or, et les trois rois qui avaient quitté leur palais de marbre au bout du monde, la suivaient anxieusement à travers les monts, et les vallées. Les pages portaient des présents magnifiques : l’or, l’encens et la myrrhe, et des coffrets d’argent ciselé, destinés à l’Enfant-Roi. « Le cimeterre au clair ou la lance sur l’épaule, dit un auteur, leurs gardes les accompagnaient, et derrière chacun d’eux, comme figés dans leurs armures étincelantes, marchaient trois écuyers, l’un portant l’étendard du maître, l’autre son sceptre et le troisième sa couronne, sur laquelle, par instants, les ors et les diamants luisaient comme d’étranges lucioles. » À Jérusalem, l’étoile sans pareille s’éteignit et les trois rois crurent qu’ils étaient arrivés ; mais nul ne connaissait le nouveau Roi. Quelle tristesse ! Hérode et les scribes, obligés de relire la prophétie de la naissance, leur dirent enfin : « Allez à Bethléem ! Et lorsque vous l’aurez trouvé ajouta le farouche Hérode, annoncez-le moi, afin …
Continuer la lecture…L’adoration de Leïla

Conte de l’Épiphanie. En ce temps-là, l’étoile miraculeuse parut au firmament. Et les mages Gaspar et Balthazar vinrent, en caravane pompeuse, rejoindre le mage Melchior. Et tous trois se disposèrent à suivre le guide scintillant et lointain. Or, vivait à la cour du roi Melchior une fillette de dix à douze ans nommée Leïla. Le chef des esclaves, captivé par sa grâce frêle, par son blanc visage, fleur précieuse et rare, au milieu des visages brûlés et basanés du pays, l’avait achetée. C’était elle qui tenait l’éventail devant le trône du roi Melchior et la bienveillance du monarque s’étendait jusqu’à l’enfant, car elle était douce et silencieuse et savait chanter de mélodieuses et mélancoliques chansons qui berçaient le repos pendant les longues somnolences de midi. Leïla, remplissant sa charge, entendit ces mots que prononçait le roi Gaspar : — Un grand roi nous est né ! Sous son règne, les hommes s’aimeront et seront tous frères ! Il n’y aura plus de haines, d’esclavage ! Suivons donc l’étoile et …
Continuer la lecture…Le Salut des Bêtes

La vieille Séphora habitait le village de Bethléem. Elle vivait d’un troupeau de chèvres et d’un petit champ planté de figuiers. Jeune, elle avait été servante chez un prêtre, en sorte qu’elle était plus instruite des choses religieuses que ne le sont d’ordinaire les personnes de sa condition. Revenue au village, mariée, plusieurs fois mère, elle avait perdu son mari et ses enfants. Et alors, tout en restant secourable aux hommes selon ses moyens, le meilleur de sa tendresse s’était reporté sur les bêtes. Elle apprivoisait des oiseaux et des souris ; elle recueillait les chiens abandonnés et les chats en détresse ; et sa petite maison était pleine de tous ces humbles amis. Elle chérissait les animaux, non seulement parce qu’ils sont innocents, parce qu’ils donnent leur cœur à qui les aime et parce que leur bonne foi est incomparable, mais encore parce qu’un grand besoin de justice était en elle. Elle ne comprenait pas que ceux-là souffrent qui ne peuvent être méchants ni violer une règle …
Continuer la lecture…La vraie adoration des bergers

D’après les noëls d’Auvergne. CETTE nuitée, avant-veille de saint Étienne, premier martyr, les bergers faisaient la veillée au pied d’une petite montagne. Ils avaient allumé un clair et grand feu. Le puy les abritait du vent, et Grabié, de sa cime, sur-veillait les troupeaux. On le voyait appuyé à son bâton, debout et noir contre le ciel plein d’étoiles. Enveloppés dans leurs limousines, Cirgues et Guillot dormaient, le chaperon sur la face. Les autres, en écoutant les contes que leur narrait Robin, se chauffaient les mains aux flammes ou mangeaient des châtaignes cuites sous la cendre. Parfois un bousset de vin passait à la ronde. Ils buvaient alors à la régalade ; et la lumière rouge éclairait leurs têtes renversées. Sur la mi-nuit, comme Gauthier se levait pour jeter sur les braises une brassée de genièvre, une soudaine clarté illumina la campagne et tous furent saisis de frayeur. Mais, du haut des cieux, des anges beaux comme le jour leur disaient de ne point …
Continuer la lecture…Le roi noir, Melchior

Peu à peu, la rumeur d’un Enfant avec une auréole se répandit et pénétra les coins les plus isolés. Là-bas, vivaient trois rois qui étaient voisins et qui s’appelaient Gaspard, Melchior et Balthazar. Ils ressemblaient à des mendiants et pourtant ils étaient des vrais rois et –plus bizarre encore– des sages. Selon l’Écriture, ils savaient s’orienter d’après la constellation des étoiles et c’est un art difficile comme le savent tous ceux qui ont déjà essayé de suivre une étoile. Chacun des trois rois prépara un cadeau pour le divin Enfant. Gaspard était un roi très puissant ; aussi il pensa qu’il fallait de l’or pour le Roi des rois. Le pieux Melchior voulu honorer le Dieu descendu sur terre et pour cela il prit de l’encens. Et pourquoi Balthazar prit-il de la myrrhe ? Avait-il pressenti que cette Enfant allait souffrir, et souffrir jusqu’à la mort, pour nous ? En tout cas, c’est ainsi que les trois rois chargés de leur présent, l’or, l’encens et la myrrhe, …
Continuer la lecture…Le conte des trois Mages et des trois vertus

Foi, espérance et charité. Comme chaque année, les trois Mages, Gaspard, Balthazar et Melchior, guidés par l’étoile d’Orient qui flambait, plus que jamais, dans la nuit de nos temps, se dirigeaient avec la même ferveur vers la crèche de l’Enfant Roi pour lui offrir leurs traditionnels présents – de l’or, de l’encens et de la myrrhe – lorsque, contre toute habitude, un ange leur apparut en chemin pour leur annoncer que cette fois-ci l’Enfant désirait d’autres cadeaux qui ne lui soient pas destinés à lui, mais aux visiteurs de sa crèche. Les mages furent aussi surpris que troublés et interrogèrent l’Envoyé : Gaspard — Comment ? D’autres cadeaux ? Et pas à LUI ? Pourquoi ? Il n’apprécie plus nos cadeaux ? Il s’est lassé de nous ? L’ange — Non, non, pas du tout, au contraire, mais il s’est peut-être lassé des mêmes cadeaux. De plus, il n’en veut pas pour Lui. Il est venu pour donner et se donner, pas pour recevoir. Balthazar — Mais quels autres cadeaux offrir ? Et à des visiteurs ? Nous sommes déjà en …
Continuer la lecture…Pouf

Conte d’Épiphanie Permettez-moi de vous présenter Pouf. C’est un petit homme de 5 ans, bien planté sur de robustes mollets. Frimousse éveillée, cheveux en boucles, grands yeux d’azur. Je ne saurais vous dire” en quelle circonstance il se rebaptisa lui-même, car, de mémoire d’homme, on ne connut jamais de saint Pouf au calendrier. Or, notre Pouf manifeste de très bonne heure la passion des voyages. À sa grande joie, il reçut l’an passé, pour ses étrennes, une superbe Citroën, modèle réduit, à l’aide de laquelle il fait du 4 à l’heure en pédales, sur l’avenue parisienne qu’habitent ses parents. Un seul accident jusqu’ici. Résultat : une énorme bosse au front ; mais qu’est-ce cela en comparaison de plaisirs inexprimables Aujourd’hui une panne l’arrêta ; oh ! une petite panne de rien du tout, très vite réparée par le jeune chauffeur et sa gouvernante Anna qu’il déteste, parce qu’elle raconte toutes ses peccadilles à maman : M. Pouf par-ci, M. Pouf par là… ça n’en finit plus. Rentré de promenade, …
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