Mois de Marie

Des histoires pour le mois de Marie, le mois de mai

Ayant pour thèmes : Vierge Marie, Sainte Vierge, Notre-Dame, Marie, Mois de Marie, Muguet

D’un chevalier à qui Notre-Dame s’apparut

D'un chevalier à qui Notre-Dame s'apparut
Il était un beau che­va­lier qui ne rêvait que tour­nois et fêtes. Une dame occu­pait sa pen­sée, ses soins, qui ne le payait pas de retour et se mon­trait d’au­tant plus rebelle qu’il la sup­pliait davan­tage et la sou­hai­tait plus ardem­ment. C’est pour­quoi, las et per­dant cou­rage, il por­ta sa peine devant un saint homme d’abbé. « Sire, lui confia-t-il, d’au­cunes ont un cœur de plomb, mais celle que j’aime en a un de fer. Depuis que je la connais, je ne mange ni ne bois ou ne repose. Et je vais, j’en suis sûr, mou­rir de male mort, si vous ne me sau­vez. » L’homme de Dieu connut la gra­vi­té du cas. Il sut que, pour de tels maux, il n’est point de médi­ca­tion tem­po­relle. Aus­si jugea-t-il bon de ne pas com­battre de front l’ad­ver­saire et de faire appel à la grâce et à la misé­ri­corde infi­nie du Christ et de la mère du Christ. Il ordon­na au péni­tent de dire cent cinquante …
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La dernière visiteuse

La dernière visiteuse
C’était à Beth­léem à la pointe du jour. L’étoile venait de dis­pa­raître, le der­nier pèle­rin avait quit­té l’étable, la Vierge avait bor­dé la paille, l’Enfant allait dor­mir enfin. Mais dort-on la nuit de Noël ?… Dou­ce­ment la porte s’ouvrit, pous­sée, eût-on dit, par un souffle plus que par une main, et une femme parut sur le seuil, cou­verte de haillons, si vieille et si ridée que, dans son visage cou­leur de terre, sa bouche sem­blait n’être qu’une ride de plus. En la voyant, Marie prit peur, comme si ç’avait été quelque mau­vaise fée qui entrait. Heu­reu­se­ment Jésus dor­mait ! L’âne et le bœuf mâchaient pai­si­ble­ment leur paille et regar­daient s’avancer l’étrangère sans mar­quer plus d’étonnement que s’ils la connais­saient depuis tou­jours. La Vierge, elle, ne la quit­tait pas des yeux. Cha­cun des pas qu’elle fai­sait lui sem­blait long comme des siècles. La vieille conti­nuait d’avancer, et voi­ci main­te­nant qu’elle était au bord de la crèche. Grâce à Dieu, Jésus dor­mait tou­jours. Mais dort-on la nuit de Noël ?… Sou­dain, il …
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La merveilleuse visite à la Salette

La merveilleuse visite à la Salette
Au bord du lac Qu’elle est belle, cette route Napo­léon ! Elle longe le beau lac de Laf­frey, aux reflets d’a­zur… Voi­ci main­te­nant le lac de Péti­chet moi­ré d’argent, plus loin, le lac de Pierre-Châ­­tel plein de mys­tère, par­mi le chu­cho­te­ment des roseaux. N’est-ce pas une bonne grand mère, qui rentre, char­gée de bois mort, dans le soir tom­bant ? — Grand’­mère, il doit en pas­ser des autos sur la route ! GRAND-MÈRE. — L’é­té, ça ne cesse pas. Si vous aviez été ici, l’autre année, en sep­tembre, vous en auriez comp­té des mille. C’é­tait le Cen­te­naire de la Salette. FRANÇOISE. — Qu’est-ce que la Salette ? GRAND-MÈRE. — Une haute mon­tagne, à près de deux mille mètres et bien sau­vage. Quelques prai­ries avec beau­coup de pierres et de rochers. Pas un arbre, pas un buis­son. Et tout là-haut, une magni­fique église où l’on vient de par­tout prier Notre-Dame. Ah ! j’y suis allée tant de fois quand j’é­tais jeune. On se met­tait en route, avant le soleil, à pied, par les sen­tiers de la mon­tagne, en chantant …
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La Vierge sarrasine

La Vierge sarrasine
Notre-Dame Pen­dant des siècles et des siècles, jus­qu’à ce qu’une main pro­fa­na­trice la détrui­sit en 1793, sous la Ter­reur, on véné­rait dans une très vieille cha­pelle, à La Saul­ne­rie, en Tar­de­nois, non loin de Reims, en Cham­pagne, une sin­gu­lière sta­tue de la Vierge. Cette sta­tue por­tait, pro­fon­dé­ment enfon­cé dans le genou gauche, un bizarre trait de fer, long d’une ving­taine de pouces. On l’ap­pe­lait « la Sar­ra­sine », mais nul ne savait trop pour­quoi. La toute récente décou­verte d’une ancienne légende cham­pe­noise vient enfin de don­ner le fin mot de cette his­toire bien mal connue. Elle mérite d’être contée. Je vais donc, ici, vous la dire. * * * C’é­tait en l’an 1249. A cette époque, sous la ban­nière aux fleurs de lys de France, à la suite du très saint roi Louis IX, comtes et barons d’An­jou, de Cham­pagne ou de Poi­tou, ducs, vidames ou simples sires d’Au­vergne et de Nor­man­die, des Flandres, d’Ar­tois ou de Lor­raine, tous grands sei­gneurs ou petit princes par­tirent pour le lointain …
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L’Annonciation

L'Annonciation
O divin Créa­teur, des­cen­dez, voi­ci l’heure De venir habi­ter votre sainte demeure, De venir annon­cer son des­tin glo­rieux A la Reine à venir de la terre et des cieux. Dans son humble demeure, elle est seule, elle prie, La Vierge d’Israël, Quand l’ange Gabriel Entrant tout lumi­neux, lui dit : « Salut Marie, Le Sei­gneur est en vous ; Vos grâces sont la joie et le par­fum des âmes, Vous vous trou­vez bénie entre toutes les femmes, Vierge au cœur humble et doux ; L’Es­prit-Saint répan­dra sa semence féconde En votre jeune fleur, Et sans nulle dou­leur Vous conce­vrez, met­trez un homme dans le monde ; Et l’a­do­rable Enfant Sor­ti de votre sein, ce fruit du doux Mys­tère, Sera le Fils de Dieu, le Sau­veur de la terre, Jésus, Dieu triom­phant ; Et l’ange pré­cur­seur de sa ter­restre voie, Vierge de Naza­reth, Naî­tra d’Élisabeth Dont le sein mater­nel est déjà plein de joie. » Ah ! Sei­gneur, le grand jour est enfin arri­vé Où tout le genre humain, grâce à vous, est sau­vé, Où vous allez choi­sir pour nou­velle patrie Le sein imma­cu­lé de la Vierge Marie, Où vous rou­vrez pour …
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Apparition de Pontmain

Apparition de Pontmain
, après la classe du soir, vers cinq heures et demie, les deux petits gar­çons entrèrent dans la grange avec leur père. À la lueur pâle et vacillante d’un flam­beau de résine, ils sai­sirent les longs mar­teaux de bois qui ser­vaient à piler les ajoncs, et tous trois se mirent à cette besogne pour don­ner à leurs che­vaux la ration du soir. Le tra­vail fut bien­tôt inter­rom­pu par l’ar­ri­vée d’une femme du bourg, qui avait à par­ler au père Bar­be­dette. C’é­tait Jean­nette Détais, l’en­se­ve­lis­seuse des morts du vil­lage. Pen­dant cet ins­tant de répit, Eugène s’a­van­ça vers la porte, res­tée entr’ouverte. « J’al­lais, disait-il, tout sim­ple­ment pour voir le temps. » La nuit, une claire et froide nuit de jan­vier, était venue. Dans l’im­men­si­té des cieux scin­tillaient dès mil­liers d’é­toiles, dont la clar­té était reflé­tée par la neige qui cou­vrait la terre. L’en­fant admi­rait ce ciel, il lui sem­blait qu’il n’a­vait jamais vu autant d’é­toiles. Mais bien­tôt il fut absor­bé par un spec­tacle bien plus …
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L’imagier de la Vierge (suite)

L'imagier de la Vierge (suite)
LE pacha, cette nuit-là, ne dor­mit point. Au petit jour, il fit appe­ler le chef de ses imans, vieillard rem­pli de sagesse et son plus intime conseiller. — Aide-moi, lui dit-il, à sau­ver ces Fran­çais. Deve­nus musul­mans, ils seront pour moi des sol­dats excel­lents et dont j’ai le plus pres­sant besoin, car les der­nières batailles ont gran­de­ment réduit le nombre de mes guer­riers. Je ne trouve à enrô­ler que des esclaves, des marau­deurs, bons à piller une ville sans défense ou à égor­ger des trai­nards, mais qui lâchent pied à la pre­mière affaire sérieuse. Les Francs sont d’une autre étoffe, et puis­qu’Al­lah m’a envoyé ces trois-là, je serais bien sot de n’en point tirer par­ti. — Ce sera dif­fi­cile, répon­dit l’i­man en cares­sant sa longue barbe blanche. Car ils méprisent la mort. — C’est ce que j’es­time en eux ; s’ils étaient des pol­trons ou de vils rené­gats, je ne cher­che­rais pas à me les atta­cher. — Il faut bien, tou­te­fois qu’ils se fassent musul­mans ! Sans quoi …
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La rançon

La rançon
Depuis de longs mois, mes­sire Guillaume de Beuves était par­ti pour la terre sainte à la suite de Gode­froy de Bouillon, et dans son châ­teau com­tal, bâti sur les rives fleu­ries de la Durance, per­sonne n’a­vait plus enten­du par­ler de lui. Ses vas­saux, qui l’ai­maient parce qu’il était juste et bon, secou­rable aux mal­heu­reux et peu regar­dant sur les impôts, pleu­raient en lui le meilleur des maîtres. Chaque jour, le veilleur, pla­cé en sen­ti­nelle au plus haut du don­jon, exa­mi­nait la plaine, afin d’es­sayer d’y décou­vrir, au tra­vers des brumes claires, la sil­houette d’un mes­sa­ger du suze­rain ; mais aucun voya­geur ne se mon­trait à l’ho­ri­zon loin­tain. La val­lée, qui demeu­rait soli­taire et pai­sible, n’é­tait visi­tée que par les tou­cheurs de bœufs et les pâtres de la Camargue, et nul galop de che­val ne fai­sait reten­tir le sol de son pas net­te­ment mar­te­lé. Et les pay­sans du bourg étaient tristes, tristes. Chaque soir, leur jour­née de tra­vail ter­mi­née, ils se réunis­saient chez Bal­tha­zar, le …
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Sainte Marie

Sainte Marie
Une his­toire vraie ? En voi­ci une toute simple et jolie, qui nous fut contée par une des Sœurs Mis­­sion­­naires-Caté­­chistes d’Alice Munet. Une de ces Sœurs blanches au calme et lumi­neux sou­rire, dont la vie est vouée au salut des Noirs. * * * O Vierge, comme vous êtes mater­nelle, pour vos enfants de la terre… Le soir tom­bait. Un peu de vent se leva dans les palmes… Le vil­lage, tout calme, se repo­sait au bord de l’oa­sis. Les trou­peaux, len­te­ment, s’en venaient boire à la source, plon­geant leurs naseaux alté­rés dans l’eau vive. Les pâtres atten­daient, les yeux fixés sur l’ho­ri­zon, d’un rose-feu. L’heure était pleine de grâce. Pleine de grâce… Sou­rire de la terre. Et sou­rire du ciel. Les Pères venaient d’ar­ri­ver, en tour­née de mis­sion, dans ce vil­lage aux confins du désert, et non évan­gé­li­sé encore. Quelques indi­gènes se grou­paient autour des robes blanches. Les por­teurs de la mis­sion, accrou­pis autour d’un feu de len­tisques, pré­pa­raient le repas du soir. Pour les Pères, ils son­geaient à dispenser …
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L’imagier de la Vierge (suite)

L'imagier de la Vierge (suite)
AUSSITÔT que le pacha fut par­ti, Dja­mi­lék ren­voya ses femmes et se mit au lit, pro­met­tant de dor­mir mais sa tête brû­lait, l’af­front qu’elle venait de subir se pré­sen­tait sans cesse à sa pen­sée avec mille cir­cons­tances aggra­vantes, en sorte qu’elle se leva bien­tôt et ordon­na qu’on ral­lu­mât les lampes, ne pou­vant plus sup­por­ter le silence et l’obscurité. Depuis son enfance, Dja­mi­lék s’en­ten­dait dire qu’elle était belle et digne de par­ta­ger le trône d’un sul­tan. Le refus des chré­tiens bou­le­ver­sait toutes ses idées chez elle, la sur­prise éga­lait au moins l’indignation. Ils contem­plèrent la sin­gu­lière appa­ri­tion. — On m’a donc trom­pée ?… se disait-elle. Lorsque les poètes me com­pa­raient à la rose, à l’é­toile, aux pierres pré­cieuses, aux plus belles choses qui se voient au ciel et sur la terre… ils m’en­taient donc ?… Hélas ! il faut le croire, puisque les der­niers des hommes ne font nul cas de cette beau­té dont j’é­tais si fière ! C’est donc qu’elle n’existe point. Tout le monde s’est …
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Le cantique de la colline

Le cantique de la colline
Mar­seille, porte ouverte sur la mer et sur le monde, avec ses navires sans cesse entrant et sor­tant par ses huit bas­sins. Mar­seille, reine de Pro­vence, avec la traîne royale de sa mer d’a­zur et sa cou­ronne de col­lines bleues et mauves que sur­monte, comme un joyau d’or pur, Notre-Dame-de-la-Garde. Avec quel trans­port de joie marins et pas­sa­gers la saluent, lors­qu’elle appa­raît, de loin, au vais­seau qui rentre au port, après une longue et dif­fi­cile tra­ver­sée ? Quel long regard ému pose sur Elle ceux qui partent, angois­sés devant la route invi­sible qui s’ouvre devant eux. Notre-Dame-de-la-Garde ! Elle veille, là-haut, de son obser­va­toire, sur les vais­seaux qui s’en vont par les routes de mer, che­mi­nées fumantes, pavillons au vent. Elle veille sur Mar­seille, la grande ville affai­rée et grouillante à ses pieds. Elle est la Gar­dienne et la Reine de la cité, Celle que tous invoquent sous le doux nom de Bonne Mère. « Étoile bien­fai­sante qui dirige le nau­ton­nier au milieu des écueils ; …
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L’imagier de la Vierge

L'imagier de la Vierge
IL y avait une fois trois com­pa­gnons, de petite nais­sance, mais de foi ardente et de mâle cou­rage, qui avaient quit­té mai­sons et familles pour aller déli­vrer le tom­beau du Sau­veur. Mêlés à d’autres pèle­rins aus­si pauvres qu’eux-mêmes, ils avaient gagné l’I­ta­lie à pied, sans autre bagage que quelques hardes fixées sur leurs épaules avec une cour­roie. Pour armes, le bâton qu’ils tenaient à la main, plus un long cou­te­las pas­sé dans leur cein­tu­ron de cuir ; pour vivres, un peu de pain don­né par des pay­sans cha­ri­tables ou gagné à la sueur du front dans les cam­pagnes où ils tra­vaillaient en pas­sant ; pour tré­sor, quelques pié­cettes de cuivre tin­tant au fond d’une vieille escar­celle com­mune à tous trois, des médailles bénites par le curé de leur paroisse, et sur­tout la croix de laine rouge, cou­sue au côté gauche de leur man­teau de bure, et qu’ils n’eussent point échan­gé contre le col­lier de dia­mants de l’empereur. L’empereur, en ce temps-là, s’ap­pe­lait Frédéric …
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Notre-Dame de Boulogne

Notre-Dame de Boulogne
racon­tée aux enfants L’arrivée « Elle va pas­ser ici ! — Qui ? — Notre-Dame de Bou­logne ! — Qui c’est, Notre-Dame de Bou­logne ? — Tiens, la Sainte Vierge ! Tu t’ap­pelles Jean-Claude, ça ne fait pas deux gar­çons. Je m’ap­pelle Marie-Fran­­çoise-Jeanne, ça ne fait pas trois filles ! La Sainte Vierge c’est pareil ! Elle a beau­coup de noms mais que nous l’appelions Notre-Dame de Lourdes, ou Notre-Dame de Fati­ma, ou Notre-Dame de Bou­logne, ça ne fait pas plu­sieurs per­sonnes. C’est tou­jours la Sainte Vierge ! — C’est loin, Bou­logne ? — Tout en haut de la France, dans le Pas-de-Calais ; en face de l’An­gle­terre. Figure-toi que la Sainte Vierge y est venue en bateau. — En bateau ? — Mais oui. Maman m’a racon­té l’his­toire. Il y a très long­temps de cela, encore au temps des Gau­lois, les Chré­tiens avaient éle­vé à Bou­logne une pauvre église en bois sur l’emplacement d’un temple païen. Bien des années après, un jour, comme ils priaient dans cette église, la Sainte Vierge leur appa­rut et leur dit : « Les anges, par l’ordre de Dieu, …
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Du moine qui voulut voir Notre-Dame

Du moine qui voulut voir Notre-Dame
Tous ceux qui pré­tendent que rien ne vaut la joie de voir, chaque jour, en leur place, les belles choses que Dieu a créées, je répli­que­rai par le cas d’un jeune clerc qui eût don­né sans regret tout ce que les yeux peuvent voir et tout ce que la main peut sai­sir, pour le bon­heur de contem­pler, ne fût-ce qu’un ins­tant, Celle dont on dit à bon escient qu’elle est la gemme, l’églantine, la gloire de la terre et des cieux, Notre-Dame Sainte Marie. Un jour que pros­ter­né devant son image bénie, il lui disait, une fois après tant d’autres, qu’il ne sou­hai­tait rien tant que la voir, non plus sous la forme impar­faite d’une sta­tue de pierre ou de bois, mais telle qu’elle était en véri­té : – Mon fils, lui répon­dit l’image, je n’annonce l’heure de mou­rir à per­sonne, car tes jours ne sont pas à moi : ils appar­tiennent à mon Fils. Mais si tu tiens tant à me voir, sache …
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L’âme de la maison

L'âme de la maison
VOILÀ près de deux mois que, four­bu de fatigue, les yeux encore pleins de visions de guerre, de spec­tacles affreux, il a débar­qué dans la grande ville de Lyon. Ce départ dans la nuit, ce wagon à bes­tiaux, où les Boches les avaient par­qués, lui et tant d’autres de Grand­pré, les coups de crosse, les injures en alle­mand, et cette angoisse : « Par­­ti­­ra-t-on ? Ne par­­ti­­ra-t-on pas ? » Quel cau­che­mar ! De la grande famille dont il fai­sait par­tie : le père, la mère, les six enfants, ils ne res­taient que deux, lui, le petit, et la maman. Ah ! les ban­dits, tous les autres, ils les avaient tués !… Tué le père, Louis Aubray, pris comme otage et qui, Fran­çais avant tout, avait refu­sé de décla­rer la cachette où se trou­vait l’or du vil­lage ; tués les deux aînés là-bas sur le front, petits fan­tas­sins ano­nymes tom­bés on ne sait où ; tuées ses deux sœurs, égor­gées par les rustres parce qu’elles ne vou­laient pas tra­vailler pour eux ; tuée la benjamine, …
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Les trois ducats

Les trois ducats
C’é­tait un homme comme vous et moi, un homme ni meilleur ni pire, un pauvre diable de pécheur. Qu’avait-il fait ? Je n’en sais rien. Une faute plus grave que les autres, un péché plus gros que les autres, un jour où Dieu, sans doute, l’avait aban­don­né trop long­temps à lui-même. Et on le menait au gibet de la bonne ville de Tou­louse entre le bour­reau et les Consuls, au milieu d’une foule de curieux et de méchants gar­çons, accou­rus sans doute pour voir ce qui les atten­dait demain. Or, ce jour-là, le roi René fai­sait son entrée à Tou­louse, avec sa femme, la belle Aude, qu’il venait d’épouser dans un pays voi­sin. En pas­sant devant le gibet, la Reine vit le condam­né déjà juché sur l’escabeau, la tête enga­gée dans la corde. Elle ne put rete­nir un cri et se cacha la tête dans les mains. Le Roi arrê­ta tout son monde, fit signe au bour­reau de sur­seoir, et se tour­nant vers les Consuls : – Messieurs …
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Notre-Dame de la Médaille-miraculeuse

Notre-Dame de la Médaille-miraculeuse
Nous voi­ci donc à la veille du pre­mier dimanche de l’Avent, à la cha­pelle de la rue du Bac. Il est 18 h 30. Les bataillons du Père Vincent défilent en ordre, prennent place. Per­due dans leur nombre, notre petite Novice. C’est le grand silence, le cœur à cœur avec Dieu. Per­sonne, sauf les anges, n’est dans le secret de sœur Cathe­rine. Les yeux grands ouverts, elle regarde, elle voit … Mais lais­­sons-lui donc la parole ! « Il m’a sem­blé entendre du bruit du côté de la tri­bune. J’ai aper­çu la Sainte Vierge à la hau­teur du tableau de Saint Joseph. Elle était debout, habillée de blanc, une robe en soie blanche aurore, manches plates, un voile blanc qui lui des­cen­dait jus­qu’en bas ; par-des­­sous son voile, j’ai aper­çu ses che­veux en ban­deaux ; par-des­­sus une den­telle à peu près de trois cen­ti­mètres de hau­teur, sans fronces, c’est-à-dire légè­re­ment appuyée sur les che­veux… (Fille d’Ève, comme elle campe bien le moindre détail de la toi­lette céleste !) « La …
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Méchants buissons, blanches robes et très gente Dame

Méchants buissons, blanches robes et très gente Dame
Assomp­tion « Ciel ! comme nous voi­là faits !… » Ils étaient par­tis endi­man­chés, vêtus de blanc ain­si que les lis des jar­dins et les mar­gue­rites des champs. Par­tis par une très longue route vers la Cité mer­veilleuse où leur père était roi, et où ils seraient princes. Leur mère, sage et pru­dente, leur avait dit au départ : « Pre­nez grand soin de vos vête­ments imma­cu­lés : votre père n’y tolé­re­rait ni tache ni accroc. – Bien sûr ! » avaient répon­du filles et gar­çons, gaillards et fan­fa­rons. Oui, mais… En route, il leur avait pris fan­tai­sie de s’a­mu­ser : ils avaient joué, ri, chan­té, cha­hu­té, et puis cha­hu­té, chan­té, ri et joué, comme des fous, dans la pous­sière des villes et dans la bouc des champs, sans regar­der aux ronces du che­min, aux épines des buis­sons, sans se sou­cier le moins du monde de leurs beaux vête­ments cou­leur de mar­gue­rites et de lis… Ils n’y avaient point pen­sé. Mais voi­ci qu’en arri­vant aux portes de la Cité, un rayon de sa lumière les tou­cha, dans lequel, sou­dain, ils se figèrent, …
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Le pénitent de Marie

Le pénitent de Marie
NOUS emprun­te­rons à un livre du grand écri­vain catho­lique Louis Veuillot l’é­mou­vant récit qu’on va lire : Il y avait dans les Pyré­nées un savant et digne méde­cin qu’on appe­lait le doc­teur Fabas. Un jour, il vit arri­ver (aux Eaux-Bonnes, je crois), un homme qui por­tait à la jambe une plaie faite par un coup de feu. La bles­sure, déjà ancienne, avait un carac­tère par­ti­cu­lier : il s’y for­mait des vers. Le méde­cin essaya de faire dis­pa­raitre au moins ces vers. Aucun moyen ne réus­sit. Le malade lui dit un jour : « Doc­teur, res­­tons-en là, ne cher­chez plus ; je mour­rai avec cette hor­rible incom­mo­di­té. — En effet, répon­dit le méde­cin, il y a là quelque chose d’ex­tra­or­di­naire. Je n’ai jamais rien vu de tel, quoique je sois vieux et que beau­coup de cas sur­pre­nants m’aient pas­sé par les mains. Où donc avez-vous reçu cette bles­sure ? — En Espagne, comme je vous l’ai dit sou­vent ; mais je ne vous ai point appris pour­quoi je ne gué­ri­rai pas. Je veux que …
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Le jongleur de Notre-Dame

Le jongleur de Notre-Dame
Écou­ter le jon­gleur de Notre-Dame Gui­no­cha­tus qui­dam, un cer­tain Gui­ne­ho­chet, racontent les Actes des Saints, prince des sau­teurs, ambas­sa­deur de la lune, maître-fou, empe­reur des ânes, ayant failli se rompre le cou en état de péché mor­tel, se sen­tit tou­ché par la grâce et fit vœu de se consa­crer à la Vierge Marie. À l’un, il don­na ses cer­ceaux, à l’autre, la corde qui lui ser­vait à sau­ter, à celui-ci, à celui-là, tous les ins­tru­ments de son métier, spe­cio­sa quae his­triones expe­diunt, et il se ren­dit, les mains vides mais le cœur plein de foi, vers le monas­tère le plus proche. Le Prieur du couvent fut bien sur­pris de voir l’étrange pèle­rin, et plus sur­pris encore quand il connut le vœu qu’il avait fait. C’était un homme de grande science et de haute ver­tu, vir sapiens et egre­gia vir­tute ador­na­tus, mais trop enclin à mettre la connais­sance avant les œuvres, inge­nio autem ad sapien­tiam prius ope­ra pro­pen­so. – Mon fils, lui deman­­da-t-il, que …
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