Catégorie : Les Vérités à croire, le témoignage à porter

Auteur : Nette, Jean | Ouvrage : Et maintenant une histoire I, Les Vérités à croire, le témoignage à porter .

Temps de lec­ture : 4 minutes

Noël

Le cré­pus­cule tom­bait sur Beth­léem… Était-ce la froi­dure par­ti­cu­lière qui inci­tait les habi­tants à gar­der leur porte close ou bien le cœur de ces gens était-il par­ti­cu­liè­re­ment froid et fer­mé ?

Conte de Noel : Il n'y avait pas de place pour eux à l'hôtellerie
Il n’y avait pas de place pour eux à l’hôtellerie
Beth­léem, tapis­se­rie à l’hôtellerie du patriar­cat latin

De fait, nul ne répon­dait aux appels timides et angois­sés de l’homme aux pauvres habits, au visage noble et maigre, qui condui­sait un petit âne, lequel sem­blait por­ter avec peine une petite femme à l’adorable visage fait de dou­ceur et de lumière. L’homme deman­dait un gîte… même pas un abri pour la nuit… Nul ne répon­dait, si ce n’est avec des paroles dures et mena­çantes… Et le petit groupe, triste et exté­nué, voyait les der­nières mai­sons de Beth­léem se pré­sen­ter à ses yeux…

Conte pour les enfants à Noël : santon La fillette du potierSur le seuil d’une porte se tenait une petite forme blanche, assise immo­bile sur une jatte ren­ver­sée. Aucune vie ne sem­blait l’agiter, mais les lèvres fré­mis­saient sous l’ardente prière qui chaque soir mon­tait du cœur d’Ismaïla, la fille du potier ; et ce petit cœur disait

« Quand vien­dra-t-Il ? Sei­gneur tout-puis­sant, quand vien­dra-t-Il ? Celui que Vous nous avez pro­mis, le Mes­sie, quand vien­dra-t-Il ? Si peu de chose que je sois, mon Dieu, je serai la pre­mière à L’adorer… et à Le ser­vir. »

Depuis quelques minutes, l’homme et la femme étaient arrê­tés devant Ismaï­la qui n’avait pas levé la tête.

Ils avaient enten­du

Auteur : Clairval, Cécile | Ouvrage : Et maintenant une histoire I, Les Vérités à croire, le témoignage à porter .

Temps de lec­ture : 4 minutes

Récit Mission Catholique Mapeera-Nabulaga - 1881 (Ouganda)

Cin­quante-quatre degrés à l’ombre ! Une vraie four­naise.

Pour­tant le Père conti­nue la leçon. Quel mal, pour faire entrer quelque chose dans ces petites caboches tou­jours si dures et qui, ce soir, sont dode­li­nantes sur les maigres épaules qui les portent.

Le mis­sion­naire module sa voix savam­ment : de grands éclats suc­cèdent à des paroles à peine mur­mu­rées… Il marche, ges­ti­cule, s’arrête, repart.

En vain. Les petits yeux des enfants se ferment mal­gré eux, et de temps à autre une petite tête roule sur le dos­sier du banc où elle s’immobilise, vain­cue par la cha­leur et le som­meil.

Allons, ce n’est pas encore aujourd’hui que le caté­chisme entre­ra sérieu­se­ment dans les jeunes et rebelles mémoires. Que faire pour sou­te­nir l’attention de ces fils de la brousse ? Ah ! une his­toire. Mais puisque c’est l’heure des choses sérieuses, ce sera une his­toire vraie… Ne sont-elles pas les meilleures ?

Et le Père de conter celle de la Créa­tion : Dieu appe­lant au bon­heur, avec Adam et Ève, tous les hommes… met­tant à ce don une seule condi­tion : que cha­cun se pré­oc­cupe du bon­heur des autres avant de se pré­oc­cu­per du sien propre.
Le mis­sion­naire a trou­vé, pour dépeindre ce grand bon­heur très pur du Para­dis ter­restre, des mots qui font image, des mots bien adap­tés à son jeune audi­toire qui peu à peu s’éveille et s’intéresse…

« Ah ! ce Para­dis ter­restre, comme on devait y être bien. Oui. Seule­ment il y a eu le ser­pent. »

Le ser­pent.

A ce mot, Jébu qui dor­mait comme un bien­heu­reux a sur­sau­té. « Ejo », le ser­pent, c’est

Auteur : Fourré | Ouvrage : Et maintenant une histoire I, Les Vérités à croire, le témoignage à porter .

Temps de lec­ture : 4 minutes

Joyeuse, une troupe de jeunes gar­çons sor­tit du stade en se bous­cu­lant. Il y avait la Clau­dius, Dona­tien, Fla­vius, Mar­cus, tous fils de nobles familles romaines… Et les enfants dis­cu­taient ferme entre eux des jeux du matin.

lecture mome - Bas-relief d'un tombeau d'enfants jouant

« Moi, décla­ra Fla­vius, la pro­chaine fois, je lan­ce­rai si bien le disque qu’il dépas­se­ra le but de la lon­gueur de mon bras !

- Bah ! Tu pré­tends tou­jours faire mieux que les autres. N’empêche que tu n’es même pas capable, j’en suis sur, de nous dis­tan­cer à la course, répli­qua Dona­tien avec feu.

- Qu’en sais-tu ? Essayons. »

Et, s’étant mise en ligne de départ, la bande, au signal, s’envola en direc­tion du forum…

Tout à coup, Dona­tien, qui avait pris la tête, ralen­tit l’allure.

« Oh ! Qu’est-ce qui se passe, là-bas ? Regar­dez toute cette foule… Vite, allons voir. »

Jouant des coudes et des mains, les quatre gar­çons eurent tôt fait de se frayer un che­min et d’arriver au pre­mier rang du cercle des badauds.

Sur le sol gisait un pauvre noir ensan­glante, le corps cri­blé de coups de lanières. Des sol­dats, armés de leur fouet, un mau­vais rire aux lèvres, s’en allaient. Dans la foule, quel qu’un expli­qua :
« C’est un esclave qui a vou­lu se sau­ver. Son maître l’a fait châ­tier comme il le méri­tait.
– Nous sommes trop bons pour eux. Ils ont chez nous le gîte et le cou­vert, qu’ont-ils besoin de plus ? Et puis, nous les ache­tons suf­fi­sam­ment cher ! »

Le sup­plice était ter­mi­né. Len­te­ment, indif­fé­rente, la foule s’écoula, entraî­nant avec elle Fla­vius, Dona­tien, Clau­dius.

Seul, Mar­cus res­tait, droit, le visage bou­le­ver­sé, inten­sé­ment ten­du vers le pauvre être qui gémis­sait…

« Alors, quoi, tu viens ? On conti­nue la course. Mais qu’est-ce que tu as ? deman­da sou­dain Fla­vius en posant un regard inter­ro­ga­teur sur son com­pa­gnon.

- Ma parole, on ne dirait pas que tu es des pre­miers au stade pour t’apitoyer ain­si à cause d’un peu de sang qui coule, conti­nua Clau­dius. Tu ne veux pas ? A ta guise ! Seule­ment, tu ferais mieux de venir avec nous. Si un sol­dat te voyait, il pour­rait tout sup­po­ser ! »

Mar­cus sem­blait ne pas avoir enten­du. Puis, tout à coup, lais­sant ses amis inter­lo­qués de sem­blable audace, il s’approcha de l’homme qui venait d’ouvrir les yeux :

« Mon ami, tu souffres ? Ne bouge pas, je vais te soi­gner. »

Et, ayant déchi­ré un pan de sa tunique, il essuya le sang qui cou­lait des plaies.

Un pauvre sou­rire se des­si­na sur les lèvres déco­lo­rées… Le regard du bles­sé se posa sur l’enfant :

« Pour­quoi me soignes-tu ? Nous autres esclaves, on nous traite tou­jours comme des bêtes…

- Parce que tu es

Auteur : Rougemont, Pierre | Ouvrage : Et maintenant une histoire I, Les Vérités à croire, le témoignage à porter .

Temps de lec­ture : 6 minutes

Ne me deman­dez pas com­ment j’ai su cette his­toire. Lisez-la.

Histoire de martyrs Cristeros - Ville du MexiqueCette grande ville du Mexique pos­sède un lycée et, ce matin-là, Jacques Fer­val, treize ans, se tient dans un coin de la cour. C’est le fils du Consul fran­çais, récem­ment arri­vé, et c’est la pre­mière récréa­tion de Jacques au lycée. Aus­si, bien qu’il ne soit pas timide, il éprouve cette appré­hen­sion propre aux nou­veaux.

C’est alors que Ramon Alva­rez s’est appro­ché.

« Tu es nou­veau ?

– Oui.

– Viens jouer avec moi.

– Oui…, mais les autres me laissent, pour­quoi t’occupes-tu de moi ? »

Ramon met le doigt sur l’insigne de la Croi­sade que Jacques porte à sa bou­ton­nière.

« C’est à cause de cela. »

Puis il ajoute :
« Tu as de la chance d’être étran­ger… comme ça tu peux por­ter ton insigne. »

Tel fut le début de leur ami­tié.

***

– Trois semaines plus tard, Jacques, invi­té à pas­ser l’après-midi de congé chez son ami, était reçu par M. Alva­rez.

« J’ai déjà eu l’occasion de ren­con­trer votre papa, mon petit ami, expli­qua-t-il, et je suis heu­reux de vous savoir déjà lié avec Ramon. »

Et, pas­sant sa main sur la tête du petit Mexi­cain il ajou­ta :

« Je n’ai que lui, puisque le Bon Dieu m’a repris sa maman… Après tout, cela vaut mieux pour elle, étant don­né les tristes temps où nous vivons. »

Cette phrase, aus­si bien que la réflexion de Ramon à pro­pos de l’insigne de la Croi­sade, fit que Jacques vou­lut en savoir davan­tage. C’est ain­si qu’il apprit quelle ter­rible

Auteur : Roc, J. | Ouvrage : Et maintenant une histoire I, Les Vérités à croire, le témoignage à porter .

Temps de lec­ture : 4 minutes

Il nei­geait depuis la veille. On ne voyait plus le che­min, ni le mur du pota­ger, ni les toits des ruches. Mais Mme Duteil ne se tour­men­tait pas. Elle avait arra­ché à temps les der­niers légumes, empaillé le tuyau de la pompe, mis le bois à l’abri, bou­ché le sou­pi­rail de la cave pour que les pommes de terre ne gèlent pas. Gestes de pré­voyance qu’elle accom­plis­sait seule depuis trois ans que son mari était en sana­to­rium. A la belle sai­son, un jar­di­nier venait l’aider ; l’hiver on s’en pas­sait. D’ailleurs il y avait Rosie, déjà forte pour ses treize ans.

Histoire pour le KT - Chalet sous la neigeCe matin-là, un matin de neige, elle se déso­lait, Rosie.
« Un temps pareil pour l’Épiphanie ; per­sonne ne vien­dra cher­cher notre « part à Dieu ».
Elle était si belle, la part de la galette ! Sui­vant la volon­té de l’absent, on la dou­blait main­te­nant afin de le repré­sen­ter dans ce geste d’offrande. La pre­mière année, ça avait été la mère Che­nue qui en avait béné­fi­cié ; la seconde, Joa­chim, le tau­pier ; la troi­sième, un men­diant incon­nu. Mais à cette heure la mère Che­nue était à l’hospice et le tau­pier était mort. Quant à comp­ter sur un pauvre de pas­sage, il n’y fal­lait pas son­ger. La neige iso­lait la ferme aus­si sûre­ment que la mer une île.

« Que veux-tu, Rosie, papa com­pren­dra bien qu’avec le mau­vais temps… »

Et voi­là qu’avant que la mère eût ache­vé, Rosie avait cou­ru à son man­teau, enfi­lé de grosses bottes et jeté d’un seul trait :
« J’ai trou­vé à qui la don­ner notre part a Dieu ! Je vais faire un saut jusqu’à la Mulo­tière… »

Mme Duteil sur­sau­ta. Rosie déci­dant elle-même de se rendre à la Mulo­tière, mais… mais…