Étiquette : Étoile

| Ouvrage : Autres textes .

Temps de lec­ture : 4 minutes

Peu à peu, la rumeur d’un Enfant avec une auréole se répan­dit et péné­tra les coins les plus iso­lés.

Là-bas, vivaient trois rois qui étaient voi­sins et qui s’appelaient Gas­pard, Mel­chior et Bal­tha­zar. Ils res­sem­blaient à des men­diants et pour­tant ils étaient des vrais rois et –plus bizarre encore– des sages. Selon l’Écriture, ils savaient s’orienter d’après la constel­la­tion des étoiles et c’est un art dif­fi­cile comme le savent tous ceux qui ont déjà essayé de suivre une étoile.

rois mages - creche baroqueCha­cun des trois rois pré­pa­ra un cadeau pour le divin Enfant. Gas­pard était un roi très puis­sant ; aus­si il pen­sa qu’il fal­lait de l’or pour le Roi des rois. Le pieux Mel­chior vou­lu hono­rer le Dieu des­cen­du sur terre et pour cela il prit de l’encens. Et pour­quoi Bal­tha­zar prit-il de la myrrhe ? Avait-il pres­sen­ti que cette Enfant allait souf­frir, et souf­frir jusqu’à la mort, pour nous ?

En tout cas, c’est ain­si que les trois rois char­gés de leur pré­sent, l’or, l’encens et la myrrhe, se réunirent, équi­pèrent un mer­veilleux cor­tège et par­tirent le soir en hâte avec leurs cha­meaux et les élé­phants. Dans la jour­née, les hommes et les ani­maux se repo­saient sous les rochers du désert de pierres et l’étoile qui leur indi­quait la direc­tion, les atten­dait patiem­ment dans le ciel, caché par la lumière et la cha­leur du soleil. Mais la nuit, elle gui­dait à nou­veau le cor­tège.

* * *

Ain­si, ils avan­cèrent durant de nom­breux jours. Enfin, en arri­vant à Jéru­sa­lem, l’étoile sui­vit la direc­tion de Beth­léem.

Auteur : Achard, Eugène | Ouvrage : Autres textes .

Temps de lec­ture : 15 minutes

L’enchantement était ter­mi­né ; comme s’il eût vou­lu faire com­prendre à ses ado­ra­teurs loin­tains que le moment était venu de retour­ner dans leur pays, le divin Enfant fer­ma les yeux, le nimbe de lumière qui auréo­lait sa tête s’adoucit et, avec un sou­rire, la Vierge mère posa un doigt sur ses lèvres. À ce signal, les anges qui chan­taient encore le can­tique triom­phal, se turent subi­te­ment ; il se fit un grand silence et les trois Mages, se levant, quit­tèrent l’étable, graves et recueillis.

Adoration des mages, récit pour le cathé de l'Epiphanie

À la porte, ils retrou­vèrent les ber­gers qui se racon­taient de l’un à l’autre, les mer­veilles accom­plies. Ils arri­vèrent au cam­pe­ment où leurs cha­meaux accrou­pis pêle-mêle, par­mi les ser­vi­teurs, se livraient à l’insouciance du repos. Ins­tinc­ti­ve­ment, ils levèrent leurs yeux vers le ciel : l’étoile était là, plus brillante que jamais. Cepen­dant un chan­ge­ment s’était opé­ré : tan­dis qu’au pre­mier jour, ses rayons des­cen­daient droits sur l’étable, ils s’inclinaient main­te­nant vers l’Orient. Les Mages com­prirent sa muette invi­ta­tion et bien­tôt la longue file des cha­meaux capa­ra­çon­nés d’étoffes aux voyantes cou­leurs, fut prête à prendre le che­min du retour.

Au pas caden­cé des mon­tures, elle défi­la par les rues étroites de Beth­léem. Les Mages revirent le cara­van­sé­rail où ils s’étaient arrê­tés, le pre­mier jour, en quête de ren­sei­gne­ments ; ils pas­sèrent la syna­gogue devant laquelle, indif­fé­rents aux choses qui venaient de chan­ger la face du monde, des rab­bins dis­cu­taient gra­ve­ment ; ils fran­chirent la porte que gar­dait une cohorte de sol­dats romains et bien­tôt ils retrou­vèrent la cam­pagne sillon­née de trou­peaux.

* * *

Et voi­là qu’au moment de s’engager sur la route qui mène à Jéru­sa­lem, l’étoile, par ses rayons obliques, indi­qua net­te­ment la direc­tion du désert, invi­tant les Mages à retour­ner par un autre che­min.

Sans doute avaient-ils pro­mis au roi Hérode de venir lui apprendre où se trou­vait ce roi des Juifs qu’il vou­lait ado­rer à son tour : mais puisque l’étoile les gui­dait vers une autre route, c’est que Dieu le vou­lait ain­si. Ils sui­virent l’étoile.

Pen­dant les trois jours qu’ils avaient pas­sés au pied de la crèche, ils avaient tout oublié. Per­dus dans l’adoration de l’Enfant divin qui leur sou­riait,

Auteur : Nette, Jean | Ouvrage : Et maintenant une histoire I, Les Vérités à croire, le témoignage à porter .

Temps de lec­ture : 4 minutes

Noël

Le cré­pus­cule tom­bait sur Beth­léem… Était-ce la froi­dure par­ti­cu­lière qui inci­tait les habi­tants à gar­der leur porte close ou bien le cœur de ces gens était-il par­ti­cu­liè­re­ment froid et fer­mé ?

Conte de Noel : Il n'y avait pas de place pour eux à l'hôtellerie
Il n’y avait pas de place pour eux à l’hôtellerie
Beth­léem, tapis­se­rie à l’hôtellerie du patriar­cat latin

De fait, nul ne répon­dait aux appels timides et angois­sés de l’homme aux pauvres habits, au visage noble et maigre, qui condui­sait un petit âne, lequel sem­blait por­ter avec peine une petite femme à l’adorable visage fait de dou­ceur et de lumière. L’homme deman­dait un gîte… même pas un abri pour la nuit… Nul ne répon­dait, si ce n’est avec des paroles dures et mena­çantes… Et le petit groupe, triste et exté­nué, voyait les der­nières mai­sons de Beth­léem se pré­sen­ter à ses yeux…

Conte pour les enfants à Noël : santon La fillette du potierSur le seuil d’une porte se tenait une petite forme blanche, assise immo­bile sur une jatte ren­ver­sée. Aucune vie ne sem­blait l’agiter, mais les lèvres fré­mis­saient sous l’ardente prière qui chaque soir mon­tait du cœur d’Ismaïla, la fille du potier ; et ce petit cœur disait

« Quand vien­dra-t-Il ? Sei­gneur tout-puis­sant, quand vien­dra-t-Il ? Celui que Vous nous avez pro­mis, le Mes­sie, quand vien­dra-t-Il ? Si peu de chose que je sois, mon Dieu, je serai la pre­mière à L’adorer… et à Le ser­vir. »

Depuis quelques minutes, l’homme et la femme étaient arrê­tés devant Ismaï­la qui n’avait pas levé la tête.

Ils avaient enten­du