Les animaux chez les saints

| Ouvrage : Petites Vies Illustrées pour enfants .

Temps de lec­ture : 13 minutes

Au Para­dis ter­restre, Adam et Ève ne se nour­ris­saient que de fruits et de légumes. Ils n’avaient donc pas à tuer les ani­maux qui, de ce fait, ne les crai­gnaient pas et qui vivaient tous en par­faite intel­li­gence avec nos pre­miers parents ; cette inti­mi­té était, pour Adam et Ève, un charme de plus. Le péché ori­gi­nel a détruit cet ordre par­fait que Dieu avait éta­bli. Les bêtes sont deve­nues crain­tives, féroces par­fois, non par méchan­ce­té mais par ins­tinct de conser­va­tion. Elles se méfient de l’homme, et, avouons-le, elles ont le plus sou­vent rai­son.

Le bon Dieu per­met aux saints, très sou­vent, de revivre l’âge d’or du Para­dis ter­restre, dans leurs rela­tions avec les ani­maux. C’est ain­si que, dans la vie d’un très grand nombre de saints, nous voyons ces der­niers expo­sés à des bêtes féroces, affa­mées à des­sein, et les ani­maux féroces, au lieu de dévo­rer la proie qui leur est expo­sée, venir se cou­cher aux pieds des mar­tyrs et, loin de leur faire aucun mal, leur lécher les mains et les pieds.

Il faut apprendre aux enfants à res­pec­ter toute créa­ture de Dieu. En cha­cune, même les plus petites, appa­raît un reflet de la puis­sance, de la sagesse et de la misé­ri­cor­dieuse bon­té de Dieu, qu’ils apprennent à ne jamais leur faire aucun mal, à moins qu’ils n’y soient obli­gés par la néces­si­té ou le besoin de se défendre. Il faut bien tuer des bêtes, pour nour­rir les hommes ; Dieu le veut ain­si. Mais il ne per­met pas qu’on les mar­ty­rise. Les enfants, inno­cents, ont géné­ra­le­ment de la sym­pa­thie pour les ani­maux et c’est réci­proque. J’ai sou­vent vu un chien, de l’espèce des chiens-loups, féroce pour les mal­fai­teurs, pro­té­ger avec vigi­lance et presque ten­dresse, le ber­ceau d’un nou­veau-né, et cou­rir après des enfants de sa taille, affo­lés, les pauvres, pour leur lécher affec­tueu­se­ment la figure, puis se mêler à leurs jeux, attra­per les balles au vol, retrou­ver des objets, ou même des enfants, cachés dans les bois. Il faut encou­ra­ger l’affection des enfants pour les ani­maux, les enfants qui sont bons pour les bêtes ont toutes chances, en gran­dis­sant, d’être bons pour les gens. Et le contraire a lieu ; on raconte que Néron, enfant, s’amusait à arra­cher les ailes des mouches. Il devint plus tard le tyran que l’on sait.

Dieu, dans sa bon­té, fait béné­fi­cier les saints d’une par­tie des pri­vi­lèges de l’âge d’or du Para­dis ter­restre qui explique com­ment les ani­maux obéis­saient à la voix de beau­coup d’entre les saints.

Histoire pour les enfants de Saint Roch et son chien - coloriage

Saint Roch et son chien

Roch naquit au XIIIe siècle de parents riches. A la mort de ceux-ci il ven­dit tous ses biens et en don­na le prix aux pauvres. Puis il se ren­dit à Rome. Che­min fai­sant, la peste régnant dans une ville du Nord de l’Italie, il s’y arrête, se fait admettre comme infir­mier à l’hôpital de cette ville et y lave les plaies des pes­ti­fé­rés, les gué­ris­sant tous en tra­çant sur eux un simple signe de croix. Arri­vé à Rome où la peste régnait éga­le­ment, il y par­cou­rut la ville et ses envi­rons, y fai­sant preuve du même dévoue­ment et y opé­rant les mêmes miracles. Il visite ensuite suc­ces­si­ve­ment les contrées d’Italie atteintes par la peste. Mais en se réveillant un matin il est sai­si d’une fièvre ardente. Il se sent atteint lui-même par la peste et on le mène à l’hôpital l’intensité de sa dou­leur lui fait pous­ser des cris mal­gré lui. Pour ne point incom­mo­der ses com­pa­gnons, il se traîne jusqu’à la porte de l’hôpital. Les pas­sants, crai­gnant de contrac­ter le ter­rible mal, le pressent de ren­trer. Alors, pour n’inquiéter et n’incommoder per­sonne, il se traîne péni­ble­ment hors de la ville où une cabane lui sert d’asile. « O Dieu de misé­ri­corde, s’écrie-t-il, je vous remer­cie de me faire souf­frir pour vous, mais ne m’abandonnez pas. »

A l’instant, une source d’eau lim­pide jaillit, à côté de lui, il s’y désal­tère et s’y lave. Non loin du lieu où Roch s’était reti­ré, s’élevaient de magni­fiques mai­sons de cam­pagne. Les hommes riches de la ville s’y étaient reti­rés pour échap­per à la peste. L’un d’eux, nom­mé Gothard, vit un jour pen­dant le repas un de ses chiens enle­ver de des­sus la table un petit pain et s’enfuir en l’emportant dans sa gueule.

Le len­de­main, le fait se renou­ve­la deux fois. Le sei­gneur crut que l’animal le fai­sait parce qu’il avait faim et gron­da ses ser­vi­teurs. Le jour sui­vant, il consta­ta que ceux-ci ne le lais­saient man­quer de rien. Cepen­dant le chien revint prendre un pain. Intri­gué de cette manœuvre, Gothard le sui­vit. Il le vit s’enfoncer dans la forêt et dépo­ser le pain près d’un malade aban­don­né.

Le pauvre homme rece­vait le pain avec recon­nais­sance et bénis­sait l’animal qui le lui don­nait. Celui-ci est un grand ami de Dieu, se dit Gothard, puisque les ani­maux lui obéissent. Il s’approcha alors de cet incon­nu et lui deman­da qui il était. « Je suis un pes­ti­fé­ré, répon­dit Roch, c’est pour­quoi je vous prie de vous reti­rer de peur que vous ne gagniez mon mal. » Et Gothard revint chez lui. Mais il se prit à réflé­chir aus­si­tôt sur ce qu’il avait vu. Son chien n’était-il pas plus cha­ri­table que lui ? Il eut honte de sa crainte, revint vers le malade, se fit en quelque sorte son ser­vi­teur et désor­mais Roch ne man­qua de rien.

La Pro­vi­dence d’ailleurs le gué­rit mira­cu­leu­se­ment et ins­tan­ta­né­ment peu après et Roch put conti­nuer jusqu’à sa mort ses œuvres de zèle et de dévoue­ment.

(D’après la Col­lec­tion de Vies de saints édi­tée par la Bonne Presse.)

Coloriage des animaux et des saints : Saint Calais et son buffle

Saint Calais et son buffle

Saint Calais était en prières, près de son ermi­tage dans la forêt, quand il vit appro­cher un ani­mal aux cornes gigan­tesques. Quelque peu sai­si, il ne bou­gea pas, alors le buffle abais­sa son énorme tête, mais au lieu de don­ner à l’ermite un violent coup de cornes, il se conten­ta de le flai­rer en reni­flant avec grand bruit, puis il flai­ra le livre de prières, et n’ayant plus peur du tout, se mit à lécher l’oreille de l’homme de Dieu. C’est ain­si que saint Calais et le buffle devinrent amis. Or Chil­de­bert, fils de Clo­vis, apprend par les gens du pays que la forêt est habi­tée par un buffle sau­vage, de haute taille. Enthou­siasme du prince, qui n’a encore jamais chas­sé le buffle. « Qu’on relève les traces, dit-il, demain nous tra­que­rons la bête. » Dès l’aube en effet, la forêt reten­tit des aboie­ments des meutes. Bien­tôt dépis­té, le buffle bon­dit à tra­vers bois… Har­ce­lé par les chiens, éper­du, il gagne en hâte la petite clai­rière en laquelle le saint a construit sa hutte de bran­chages. Presque au même moment débouche le prince. Que voit-il ? L’ermite debout devant l’animal, le pro­té­geant de ses deux bras en croix.

« Qui es-tu ? rugit Chil­de­bert. Que fais-tu là dans mon domaine ? Pour­quoi m’empêches-tu de tuer cette bête ?

— Ce buffle est mon ami, ne lui fais pas de mal !

— Gare plu­tôt à ce que je te tire avec ton pro­té­gé ! »

Déjà le prince a bran­di sa lance, mais elle reste dans sa main, son bras, sou­dain, s’est para­ly­sé. Quant à son che­val, il est comme pétri­fié.

« Saint ermite, gué­ris-moi ain­si que mon che­val !

— Oui, si tu me pro­mets de ne pas tuer le buffle.

— Pro­mis. »

Saint Calais accom­plit le miracle. Tou­ché d’une telle puis­sance sur­na­tu­relle en même temps que d’un tel cou­rage et d’une si grande bon­té pour les ani­maux, Chil­de­bert revient sou­vent voir l’homme de Dieu, il lui offre, pour y construire un monas­tère, tout l’espace dont, mon­té sur le dos du buffle, il pour­ra faire le tour, le temps de dire les lita­nies des saints.

Comme s’il vou­lait prou­ver à l’ermite sa recon­nais­sance, le buffle part au galop, Calais cram­pon­né à ses cornes, si bel et bien qu’un très grand ter­ri­toire échoit au soli­taire dont l’abbaye est à l’origine de la ville de Saint-Calais, dans le Maine.

Saint Hubert et la croix miraculeuse dans les ramures du cerf

Saint Hubert et le cerf

Un Ven­dre­di Saint, délais­sant les offices pour la chasse qui le pas­sionne, Hubert, fils de Ber­trand, duc d’Aquitaine, a entre­pris la pour­suite d’un cerf magni­fique, dans la forêt des Ardennes. For­cé, le cerf s’arrête net et Hubert voit une grande croix briller dans ses ramures. En même temps Hubert entend une voix mys­té­rieuse :

« Jusques à quand cette pas­sion de la chasse te fera-t-elle oublier le soin de ton âme ? »

Ter­ras­sé par une force invin­cible, jeté à bas de son che­val, le jeune homme se pros­terne face contre terre :

« Sei­gneur, que vou­lez-vous que je fasse ? »

Hubert, conver­ti, entre au monas­tère d’Audage, encla­vé dans tette même forêt où il a trou­vé le salut. Plus tard le pape le consa­cre­ra évêque et Hubert mène­ra une vie d’apôtre, infa­ti­gable et dés­in­té­res­sée. Il mou­rut le 20 mai 727, à 64 ans.

(Extrait de la bro­chure d’Agnès Gol­die. « Les patrons des Chas­seurs ».)

Saint Jean et sa perdrix

Saint Jean, l’apôtre ché­ri de Jésus, celui qui repo­sa sur le Cœur du divin Maître pen­dant la Cène, avait, durant sa vieillesse, appri­voi­sé une petite per­drix blanche qu’il aimait et nour­ris­sait de sa main. A ceux qui, dans son entou­rage, s’étonnaient de ce qu’un si grand génie s’amusât avec une si petite bête, il répon­dait : « L’arc ne peut pas res­ter tou­jours ten­du », nous appre­nant par là que Dieu non seule­ment auto­rise mais encou­rage et bénit nos dis­trac­tions légi­times, si humbles soient-elles.

Saint François d’Assise et les petits oiseaux

Fran­çois aimait l’œuvre divine ; il en res­pec­tait toute créa­ture, jusqu’au ver de terre croi­sé sur son che­min.

récit de la vie de Saint François - Chant avec le rossignolUn soir, il enten­dit chan­ter un ros­si­gnol : « Frère Léon, dit-il à son com­pa­gnon, veuillez alter­ner avec lui la divine louange ! »

— Moi, riva­li­ser avec un ros­si­gnol ! J’ai trop vilaine voix !

C’est Fran­çois qui chan­ta. Tard dans la nuit, à bout de souffle, il s’arrêta : « Petit ros­si­gnol, viens ici que je te féli­cite ; c’est toi qui a gagné le prix ! » et, cares­sant l’oiseau, le saint, pour sa récom­pense, lui don­na quelques miettes, le bénit et le congé­dia.

Un autre jour, comme le concert était trop bruyant, saint Fran­çois pria très poli­ment ses frères les oiseaux de se taire, pour qu’il puisse psal­mo­dier avec son com­pa­gnon. Ils obéirent si vite que les habi­tants de Venise, stu­pé­faits du miracle, lais­sèrent là com­merce et plai­sir, pour venir entendre le saint. Quand les hommes ne l’écoutaient pas, Fran­çois prê­chait la louange et l’amour de Dieu aux petits oiseaux.

Et voici l’histoire du loup de Gubio

Un loup féroce, énorme, ter­ro­ri­sait la petite ville de Gub­bio, per­chée sur la mon­tagne. Il dévo­rait mou­tons, enfants et mêmes les grandes per­sonnes. Les gens n’osaient plus sor­tir de chez eux. Pris de pitié, Fran­çois déci­da de mon­ter, sans arme et sans bâton, au repaire de la bête. Sou­dain, le loup se jette sur lui, bouche écu­mante. Le saint l’arrête d’un signe de croix : « Ici, frère loup, ne fais de mal à per­sonne, ni à moi. » La popu­la­tion de Gub­bio, armée jusqu’aux dents, regarde de loin !

Pro­dige ! le loup, comme un bon chien, vient se cou­cher aux pieds du saint : « Écoute, frère loup, conti­nue celui-ci, tu as fait de grands crimes ; la faim, bien sûr, était ton excuse, néan­moins, tout le monde se plaint de toi et réclame ta mort, mais je le veux, tu vas signer un trai­té de paix avec eux ; de leur côté, ils pour­voie­ront à ta nour­ri­ture. — D’accord ! » répon­dit le loup, à sa manière, en incli­nant la tête. Il met sa patte dans la main de Fran­çois. C’est sa manière à lui de rap­pe­ler publi­que­ment que, pour sa part il tien­dra son enga­ge­ment.

Gravue à colorier : Saint François et le loup

Fran­çois demande aux magis­trats : « Veuillez rati­fier la pro­messe de nour­rir l’animal. — De grand cœur ! » Et l’on vit cette mer­veille. Un énorme loup quit­tant jour­nel­le­ment son repaire pour des­cendre à la ville, entrer comme chez lui dans toutes les mai­sons. Les enfants l’aimaient, les chiens ne lui disaient rien et quand, deux ans après, il mou­rut de vieillesse, il fut regret­té comme un grand ami.

(Extrait de la bro­chure d’Agnès Gol­die sur saint Fran­çois d’Assise.)

Coloriage Saint Antoine de Padoue enfant - Ferdinand et les oiseaux

Saint Antoine de Padoue et les oiseaux

Saint Antoine enfant s’appelait Fer­di­nand. Son père était sei­gneur de Mar­ti­no.

Un jour, Fer­di­nand se trou­vait dans l’une des mai­sons de cam­pagne de son père. Celui-ci, ayant fait semer dans son jar­din des graines pré­cieuses, se contra­riait de voir les oiseaux du ciel accou­rir à tire d’aile pour s’abattre sur ses semailles. S’ils conti­nuaient à les pico­rer de la sorte, bien sûr, ils n’en lais­se­raient rien ! Le sei­gneur de Mar­ti­no appe­la donc Fer­di­nand : « Mon enfant, lui dit-il, veillez bien sur mes semences et chas­sez les oiseaux »

Voi­ci le petit gar­çon aus­si pei­né qu’embarrassé, il comp­tait jus­te­ment se rendre à l’église où il lui sem­blait que Jésus atten­dait sa visite et où il serait si heu­reux de pou­voir Lui dire com­bien il l’aimait.

Mais, natu­rel­le­ment, il ne vou­lait pas déso­béir à son père et lais­ser les oiseaux dévo­rer les graines… quoi faire ?… Une idée vint à Fer­di­nand, dont la foi naïve ne doute de rien. Il appelle dou­ce­ment les oiseaux :

« Petits oiseaux, venez, venez !… »

Et les oiseaux accourent vers lui, l’entourent, le suivent en vole­tant, vers la mai­son où il les entraîne. Là doci­le­ment, ils pénètrent à sa suite dans une grande salle que l’enfant leur ouvre. Les oiseaux tous ras­sem­blés, Fer­di­nand ferme soi­gneu­se­ment la porte. Main­te­nant, il est tran­quille, les oiseaux ne man­ge­ront plus les graines, et il peut aller prier devant le taber­nacle

Saint Antoine de Padoue et les poissons

Saint Antoine de Padoue parle aux poissons à RiminiDom Fer­di­nand de Mar­ti­no a gran­di, il est deve­nu Fran­cis­cain et a pris le nom de Frère Antoine. Il est char­gé par ses supé­rieurs de visi­ter les villes d’une paroisse d’Italie. Par­mi ces villes, Padoue est celle où il revient le plus sou­vent. Son atta­che­ment pour cette ville lui vau­dra plus tard le nom de Saint Antoine de Padoue. Il pour­suit avec ardeur sa mis­sion de pré­di­ca­teur. Au cours de ses dépla­ce­ments, il s’arrête dans la ville de Rimi­ni, située au bord de la mer Adria­tique. Mais les habi­tants refusent de venir l’entendre. Les gens s’amusent, vont à leurs affaires et ne se sou­cient pas du ser­mon. Le pauvre pré­di­ca­teur est déso­lé. Un jour, il se dirige vers la mer et s’arrête sur le rivage. Il regarde tris­te­ment les vagues et les pois­sons qui fré­tillent, sous l’eau claire.

Puis il lève les yeux au ciel pour prier, et s’écrie : « Pois­sons de l’océan et de la rivière, venez écou­ter la parole de Dieu, puisque les hommes refusent de l’entendre !… » O pro­dige, on voit alors les eaux s’agiter, les pois­sons accou­rir en grand nombre vers la rive. Jamais on n’avait comp­té autant de pois­sons ras­sem­blés. Ils se massent, se rangent en ordre, comme s’ils com­pre­naient. « Pois­sons, mes petits frères, leur dit Antoine, bénis­sez votre Créa­teur qui vous a don­né les eaux douces et salées. Vous avez ser­vi de nour­ri­ture au Christ… En sou­ve­nir de tous ces bien­faits, louez et bénis­sez Dieu. »

Les pois­sons lèvent la tête et semblent écou­ter… Après avoir reçu la béné­dic­tion du saint qui les congé­die, ils dis­pa­raissent dans la mer.

(Extrait de la bro­chure sur saint Antoine de Padoue de Juliette Mal­dan.)

Coloriage de Sainte Germaine de Pibrac et ses moutons

Sainte Germaine et ses moutons

Ger­maine enfant est char­gée de gar­der les mou­tons. Depuis l’aurore, elle est dans les prés ; occu­pée à prier, les yeux fixés sur l’église. La cloche sonne la messe… Alors, Ger­maine n’y tient plus. Un grand désir l’entraîne vers l’autel. Le bon Dieu l’attire trop fort. Il faut qu’elle aille à lui !

Mais que faire de ses mou­tons ?

Son bon ange, sans doute, lui souffle une idée. Elle plante sa que­nouille dans l’herbe, au milieu du trou­peau et le confie à la garde du Sei­gneur.

Or, les mou­tons se pressent autour de la que­nouille de Ger­maine et ils ne bougent pas de là. Aus­si c’est presque chaque jour que l’enfant peut aban­don­ner ses bêtes à la pro­tec­tion du Sei­gneur et assis­ter à la sainte messe. Jamais il ne leur arrive le moindre mal, bien que les loups de la forêt voi­sine viennent sou­vent rôder autour d’elles.

(Extrait de la bro­chure sur sainte Ger­maine, de Juliette Mal­dan.)

Don Bosco et le chien gris

Le chien gris de Don BoscoPlu­sieurs fois, en tra­ver­sant les ter­rains vagues qui condui­saient à son œuvre, Don Bos­co fut assailli par des mal­fai­teurs qui en vou­laient à sa vie. Mais alors un énorme chien gris sur­gis­sait tout à coup, se jetait sur les cri­mi­nels, à coups de crocs les met­tait en fuite, puis, deve­nu doux comme un agneau, accom­pa­gnait Don Bos­co jusque chez lui pour le défendre et le pro­té­ger. Pen­dant des années, ce chien mys­té­rieux appa­rais­sait chaque fois qu’un dan­ger mena­çait Don Bos­co, puis dis­pa­rais­sait de même, sans que nul put savoir d’où il venait.

(Extrait de la bro­chure de Juliette Mal­dan sur Don Bos­co.)

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La Sainte Vierge attend de nous une confiance sans bornes dans toutes les cir­cons­tances, heu­reuses ou dou­lou­reuses, de notre vie. C’est le rôle de la mère d’être la conso­la­trice de ses enfants dans leurs peines, la confi­dente de leurs joies, le sou­tien de leurs espé­rances.

Mgr de Ségur.

Saint Mammès et les bêtes de la forêt

Saint Mam­mès, encore jeune, pour­sui­vi à cause de sa foi chré­tienne par un empe­reur romain, se réfu­gia sur une mon­tagne éle­vée qui ser­vait de retraite aux bêtes sau­vages. Un ange vint lui appor­ter mira­cu­leu­se­ment le livre des Évan­giles. Dès qu’il eut ouvert le livre, Mam­mès se mit à le lire à haute voix ; alors, nou­veau pro­dige ! les ani­maux sau­vages accou­rurent à sa voix, sem­blant avoir per­du leur féro­ci­té ; chaque jour, le jeune apôtre eut pour audi­teurs les lions et les ours, les agneaux et les bre­bis il les voyait venir à sa voix, puis attendre de sa bouche le signal du départ. Mam­mès fai­sait sa nour­ri­ture du lait des bre­bis sau­vages, celles-ci se lais­sant traire avec la plus grande doci­li­té.

Coloriage de Saint Mammès entouré des animaux sauvages

Le gou­ver­neur, ayant appris, par l’admiration publique, que Mam­mès s’était réfu­gié dans les forêts, envoya ses gardes pour l’arrêter. Mam­mès prit alors le livre des Évan­giles et en lut des pas­sages à haute voix. Aus­si­tôt les bêtes de la forêt accou­rurent et firent cercle autour de Mam­mès et des gardes qui se mirent à trem­bler de peur. « Ne crai­gnez rien, leur dit Mam­mès et allez dire à votre maître que je serai devant lui avant vous… » Alors, d’un mot, Mam­mès congé­dia les bêtes féroces et les gardes, heu­reux de s’en tirer à si bon compte, retour­nèrent auprès du gou­ver­neur et lui racon­ter ce qui venait de se pas­ser.

Lorsque Mam­mès parut devant le gou­ver­neur, celui-ci l’interrogea en ces termes :

« C’est donc toi, le célèbre magi­cien dont on parle tant, qui par ta magie, appri­voise les bêtes de la forêt ? Dis-moi le secret de ta magie, et sacri­fie aux dieux, comme l’ordonne l’empereur, sinon je te fais mar­ty­ri­ser. »

Mam­mès répon­dit :

« Je ne suis pas magi­cien et je n’agis pas par magie. Mais je suis chré­tien et le Christ agit par moi et je ne le renie­rai jamais pour ado­rer vos idoles de terre. »

Le gou­ver­neur, furieux, ordon­na aux bour­reaux de fouet­ter Mam­mès avec des verges jusqu’à ce que sa chair volât en lam­beaux et de le recon­duire ensuite à son cachot où il ne tar­de­rait sans doute pas à mou­rir.

Le len­de­main, Mam­mès était encore en vie. Alors le gou­ver­neur, le voyant obs­ti­né à ne pas vou­loir renier sa foi chré­tienne, le condam­na à être dévo­ré par les bêtes féroces.

On le conduit dans l’amphithéâtre, on ouvre la grille qui le sépare de la cage des ani­maux affa­més, ils se pré­ci­pitent sur leur vic­time. Mais voi­là que les ours s’abattent à ses pieds, les léo­pards viennent le cares­ser et lécher ses plaies, et les autres ani­maux se tiennent cou­chés à terre sans mani­fes­ter aucune inten­tion hos­tile. Sou­dain, un grand tumulte s’élève à la porte du cirque, les cris de : « Au secours ! » reten­tissent de toutes parts. C’est un lion qui, des­cen­du de la mon­tagne, vient d’entrer dans l’amphithéâtre, mas­sa­crant tout sur son pas­sage. Tout à coup, le lion s’arrête et fixant les yeux sur Mam­mès, il le salue avec admi­ra­tion et res­pect. Le saint, cares­sant le fauve, lui ordonne de ces­ser son car­nage et le ren­voie dans sa mon­tagne, le lion docile obéit à l’instant même.

(D’après « La Vie des Saints pour chaque jour de l’année », édi­té par la Bonne Presse, 5 rue Bayard. Paris Ville.)

Histoires des animaux chez les saints, à raconter aux enfants - coloriage


Impri­ma­tur

Verdun, le 7 octobre 1953                                  MAX. HUARD, vic. gén.

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