Étiquette : Péché originel

Auteur : Par un groupe de pères et de mères de familles | Ouvrage : Histoire Sainte illustrée .

Temps de lec­ture : 6 minutes

II

Colette est seule. Quelle chance ! Bru­no l’a­borde en grand mys­tère. Il souffle tout bas :

— Je crois que je connais toute l’his­toire d’A­dam et d’Ève ; mais je vou­drais la savoir mieux, pour faire fâcher Nicole. C’est drôle, tu sais, de la mettre en colère ; si je la fais taper du pied, c’est encore plus drôle ! Alors, je viens pour savoir tout, avant elle, Tate.

— Méchant taquin ! Sais-tu que ce n’est pas gen­til du tout ? Que dirais-tu si Nicole te fai­sait enra­ger aus­si ?

— Oh ! fait Bru­no avec une moue pla­cide, j’en­rage jamais, moi. Quand Nicole m’en­nuie, je m’en vais, et alors elle reste toute seule avec son enra­ge­ment.

— Mais, pour ma part, je n’ai aucune envie de faire de la peine à Nicole, qui ne le mérite pas, et si tu ne vas pas la cher­cher, je ne racon­te­rai rien du tout.

Bru­no regarde Colette. C’est clair, Tate ne céde­ra pas ; alors silen­cieu­se­ment, comme un vieux mon­sieur qui sait ce qu’il a à faire, Bru­no, à pas comp­tés, va cher­cher sa sœur.

Elle arrive d’un pied sur l’autre, se jette au cou de Colette, comme si elle ne l’a­vait pas vue depuis huit jours, et chan­tonne :

— Tu es une Tate ché­rie, qui raconte les plus belles his­toires du monde ! On s’est arrê­té au para­dis ter­restre, quand le Bon Dieu avait créé Adam et Ève, alors, après, dis vite, vite ! Qu’est-ce qui est arri­vé ?

— Attends un peu. Lais­sons Adam et Ève dans ce Para­dis ter­restre, où nous les retrou­ve­rons tout à l’heure… Te sou­viens-tu, Nicole, qu’a­vant de créer les hommes sur la terre, Dieu avait créé les anges. Dieu leur don­na-t-il un corps comme à Adam ?

— Non, non, non, riposte tout d’un trait la petite fille, qui a peur du savoir de Bru­no. Ils n’ont pas de corps, ce sont de purs esprits.

— Très bien ! Main­te­nant, dites-moi, tous les anges sont-ils res­tés fidèle au Bon Dieu ?

Cette fois Bru­no met son pouce dans sa bouche, comme quand il était bébé. C’est le signe cer­tain d’une com­plète igno­rance.

Nicole, au contraire, a pris un petit air suf­fi­sant :

— Luci­fer, le plus beau des anges, a été un grand orgueilleux, Tate. Il a refu­sé d’o­béir au Bon Dieu et beau­coup d’autres anges sont deve­nus mau­vais comme lui et l’ont sui­vi dans sa révolte.

— Tu sais leur ter­rible puni­tion ?

— Oui. Le Bon Dieu les a pour tou­jours pré­ci­pi­tés dans l’en­fer.

Auteur : Par un groupe de pères et de mères de familles | Ouvrage : À la découverte de la liturgie avec Bernard et Colette .

Temps de lec­ture : 12 minutes

Chapitre VI

Toute la mai­son sut bien­tôt quelles étaient ces idées mer­veilleuses, splen­dides, car Colette, les che­veux au vent, expli­quait à haute et intel­li­gible voix :
 — Je parie que tu n’as pen­sé à rien, Ber­nard, ni les autres non plus : que vous avez cru qu’on allait bap­ti­ser Nono, comme sa petite sœur, in extre­mis, comme dit maman…

— Qu’est-ce qui te prend ? riposte Ber­nard légè­re­ment ahu­ri… mais jamais de la vie ! Nono rece­vra le bap­tême à l’église, en grande pompe.

— Et vous savez tous, bien enten­du, conti­nue Colette de son petit air moqueur, ce que signi­fient toutes les céré­mo­nies dont M. le curé accom­pa­gne­ra le bap­tême ?…

Silence gêné.

Mais Ber­nard se res­sai­sit vite.

— Et toi, tu es au cou­rant, sans doute ?

— Pas du tout, seule­ment je l’avoue, voi­là, et je vou­lais vous le faire avouer, ce qui n’est pas si facile ! Alors, si vous n’êtes pas plus au cou­rant que moi, soyons sérieux.
Tu seras par­rain, Ber­nard, et moi mar­raine. Il s’agit de com­prendre pour de bon ce que nous allons faire. Je pro­pose une répé­ti­tion géné­rale à l’église, sous les ordres de M. le curé.

— Après tout, petite peste, tu n’as pas tout à fait tort, mais alors, pré­viens ma tante, pre­nons nos sabots, et en route.

Aus­si­tôt dit, aus­si­tôt fait.

Les gar­çons filent comme des flèches, car la route est cou­verte de ver­glas. Ils glissent, adroits et souples, sur le sol gelé.

Annie et Colette, plus calmes, se tiennent par le bras, esquissent quelques courtes glis­sades et, fina­le­ment, règlent leur allure pour ne pas tom­ber.

C’est à la porte même de l’église qu’on trouve M. le curé, très occu­pé des pré­pa­ra­tifs de la crèche.

— Oh ! que vous tom­bez bien, mes enfants ! Vous allez piquer mes sapins, construire la grotte en papier rocher, etc…, etc. Que veniez-vous faire ?

— Apprendre com­ment on bap­tise, mon­sieur le curé.

— En voi­là une idée ! C’est toi, Ber­nard, qui as ces vel­léi­tés de sémi­na­riste ?

— Non, mon­sieur le curé, c’est moi.

— Toi !… Colette ?…

— Oui, oui, oui, ponc­tue Colette, et je vais vous expli­quer pour­quoi, mon­sieur le curé, et vous direz : Elle a rai­son, cette petite !

— Pas pos­sible ? Voyons un peu ces expli­ca­tions.

Il faut croire qu’elles sont convain­cantes, car le vieux prêtre accorde tout ce qu’on veut et pénètre avec la jeu­nesse sous le porche de l’église.

Après une courte et fer­vente ado­ra­tion, M. le curé appelle Pier­rot.

Les enfants vont s'informer sur le baptême auprès de monsieur le curé

Auteur : Tharaud, Jérôme et Jean | Ouvrage : Les contes de la Vierge .

Temps de lec­ture : 3 minutes

Nativité - Donatello

C’était à Beth­léem à la pointe du jour. L’étoile venait de dis­pa­raître, le der­nier pèle­rin avait quit­té l’étable, la Vierge avait bor­dé la paille, l’Enfant allait dor­mir enfin. Mais dort-on la nuit de Noël ?…

Dou­ce­ment la porte s’ouvrit, pous­sée, eût-on dit, par un souffle plus que par une main, et une femme parut sur le seuil, cou­verte de haillons, si vieille et si ridée que, dans son visage cou­leur de terre, sa bouche sem­blait n’être qu’une ride de plus.

En la voyant, Marie prit peur,

Auteur : Clairval, Cécile | Ouvrage : Et maintenant une histoire I, Les Vérités à croire, le témoignage à porter .

Temps de lec­ture : 4 minutes

Récit Mission Catholique Mapeera-Nabulaga - 1881 (Ouganda)

Cin­quante-quatre degrés à l’ombre ! Une vraie four­naise.

Pour­tant le Père conti­nue la leçon. Quel mal, pour faire entrer quelque chose dans ces petites caboches tou­jours si dures et qui, ce soir, sont dode­li­nantes sur les maigres épaules qui les portent.

Le mis­sion­naire module sa voix savam­ment : de grands éclats suc­cèdent à des paroles à peine mur­mu­rées… Il marche, ges­ti­cule, s’ar­rête, repart.

En vain. Les petits yeux des enfants se ferment mal­gré eux, et de temps à autre une petite tête roule sur le dos­sier du banc où elle s’im­mo­bi­lise, vain­cue par la cha­leur et le som­meil.

Allons, ce n’est pas encore aujourd’­hui que le caté­chisme entre­ra sérieu­se­ment dans les jeunes et rebelles mémoires. Que faire pour sou­te­nir l’at­ten­tion de ces fils de la brousse ? Ah ! une his­toire. Mais puisque c’est l’heure des choses sérieuses, ce sera une his­toire vraie… Ne sont-elles pas les meilleures ?

Et le Père de conter celle de la Créa­tion : Dieu appe­lant au bon­heur, avec Adam et Ève, tous les hommes… met­tant à ce don une seule condi­tion : que cha­cun se pré­oc­cupe du bon­heur des autres avant de se pré­oc­cu­per du sien propre.
Le mis­sion­naire a trou­vé, pour dépeindre ce grand bon­heur très pur du Para­dis ter­restre, des mots qui font image, des mots bien adap­tés à son jeune audi­toire qui peu à peu s’é­veille et s’in­té­resse…

« Ah ! ce Para­dis ter­restre, comme on devait y être bien. Oui. Seule­ment il y a eu le ser­pent. »

Le ser­pent.

A ce mot, Jébu qui dor­mait comme un bien­heu­reux a sur­sau­té. « Ejo », le ser­pent, c’est