Étiquette : Foi

| Ouvrage : 90 Histoires pour les catéchistes II, III. Dévotion à la Sainte Vierge .

Quelques miracles entre beaucoup

— Doc­teur, dites-moi la véri­té

— Mon pauvre ami, il est per­du… Seul un miracle pour­rait le sau­ver…

Len­te­ment, Pierre L… fer­ma la porte. Ain­si, son petit Jean allait mou­rir… et cela, à la fleur de l’âge ; dans huit jours il aurait treize ans ! Irait-il seule­ment jusque-là ?

Histoire pour le catéchisme, le miracle de la guérison d'un enfant maladeDepuis quelques jours Pierre voyait la pro­gres­sion du mal. Cepen­dant les paroles du doc­teur aujourd’hui l’ont bou­le­ver­sé. Il est dur d’admettre l’évidence dans un pareil cas ! Abat­tu, mais fai­sant le fort, il revient vers la salle à man­ger où un lit a été ins­tal­lé pour son enfant. Un moment il s’arrête près de sa couche et regarde son fils comme si c’était la pre­mière fois. Jean ne le voit même pas ; sa tête repose sur l’oreiller, ses traits sont tirés, ses joues creu­sées par la souf­france. La tris­tesse enva­hit le cœur du mal­heu­reux père… Ah ! s’il pou­vait prendre sa mala­die et souf­frir à sa place ! Et les der­nières paroles du doc­teur résonnent à ses oreilles seul un miracle pour­rait le sau­ver ! Un miracle !… Mais il n’y a pas de miracles ! Ce sont des his­toires d’enfants… Quant à lui, il n’y croit plus depuis long­temps. D’ailleurs, s’il y avait un Dieu, son enfant ne serait pas malade ! Qu’ont-ils fait dans sa famille pour être trai­tés de la sorte ? Certes, lui ne pra­tique pas mais il n’est pas contre la reli­gion ! Cha­cun fait comme il l’entend ! Sa femme, elle, va à l’église, et jamais il ne s’y est oppo­sé ! Quant à son Jean, voi­là plu­sieurs années qu’il est enfant de chœur à la paroisse Saint-Pierre. Non, non, Dieu n’existe pas, sinon il ne per­met­trait pas de sem­blables mal­heurs. Et le pauvre père affo­lé se tait… Des larmes coulent sur ses joues… mais crai­gnant que son fils ou sa femme ne s’en aper­çoivent il les essuie fur­ti­ve­ment puis se dirige vers la cui­sine où son épouse pré­pare le repas. D’un seul regard elle voit que son mari a pleu­ré… Les mamans voient tou­jours quand il y a quelque chose qui ne va pas ! En vain Pierre essaie de cacher la triste nou­velle. Fina­le­ment, il doit rap­por­ter les paroles du méde­cin : Seul un miracle pour­rait sau­ver leur enfant !

— C’est tout ce qu’il t’a dit ? ques­tionne la mère.

— Oui… Mais ce sont des his­toires… et je ne crois pas aux miracles.

— Pierre, ne parle pas comme cela, je t’en prie. Moi j’y crois ! dit la mère. Veux-tu m’accorder quelque chose ?

Auteur : Par un groupe de pères et de mères de familles | Ouvrage : À la découverte de la liturgie avec Bernard et Colette .

Chapitre VI

Toute la mai­son sut bien­tôt quelles étaient ces idées mer­veilleuses, splen­dides, car Colette, les che­veux au vent, expli­quait à haute et intel­li­gible voix :
— Je parie que tu n’as pen­sé à rien, Ber­nard, ni les autres non plus : que vous avez cru qu’on allait bap­ti­ser Nono, comme sa petite sœur, in extre­mis, comme dit maman…

— Qu’est-ce qui te prend ? riposte Ber­nard légè­re­ment ahu­ri… mais jamais de la vie ! Nono rece­vra le bap­tême à l’église, en grande pompe.

— Et vous savez tous, bien enten­du, conti­nue Colette de son petit air moqueur, ce que signi­fient toutes les céré­mo­nies dont M. le curé accom­pa­gne­ra le bap­tême ?…

Silence gêné.

Mais Ber­nard se res­sai­sit vite.

— Et toi, tu es au cou­rant, sans doute ?

— Pas du tout, seule­ment je l’avoue, voi­là, et je vou­lais vous le faire avouer, ce qui n’est pas si facile ! Alors, si vous n’êtes pas plus au cou­rant que moi, soyons sérieux.
Tu seras par­rain, Ber­nard, et moi mar­raine. Il s’agit de com­prendre pour de bon ce que nous allons faire. Je pro­pose une répé­ti­tion géné­rale à l’église, sous les ordres de M. le curé.

— Après tout, petite peste, tu n’as pas tout à fait tort, mais alors, pré­viens ma tante, pre­nons nos sabots, et en route.

Aus­si­tôt dit, aus­si­tôt fait.

Les gar­çons filent comme des flèches, car la route est cou­verte de ver­glas. Ils glissent, adroits et souples, sur le sol gelé.

Annie et Colette, plus calmes, se tiennent par le bras, esquissent quelques courtes glis­sades et, fina­le­ment, règlent leur allure pour ne pas tom­ber.

C’est à la porte même de l’église qu’on trouve M. le curé, très occu­pé des pré­pa­ra­tifs de la crèche.

— Oh ! que vous tom­bez bien, mes enfants ! Vous allez piquer mes sapins, construire la grotte en papier rocher, etc…, etc. Que veniez-vous faire ?

— Apprendre com­ment on bap­tise, mon­sieur le curé.

— En voi­là une idée ! C’est toi, Ber­nard, qui as ces vel­léi­tés de sémi­na­riste ?

— Non, mon­sieur le curé, c’est moi.

— Toi !… Colette ?…

— Oui, oui, oui, ponc­tue Colette, et je vais vous expli­quer pour­quoi, mon­sieur le curé, et vous direz : Elle a rai­son, cette petite !

— Pas pos­sible ? Voyons un peu ces expli­ca­tions.

Il faut croire qu’elles sont convain­cantes, car le vieux prêtre accorde tout ce qu’on veut et pénètre avec la jeu­nesse sous le porche de l’église.

Après une courte et fer­vente ado­ra­tion, M. le curé appelle Pier­rot.

Les enfants vont s'informer sur le baptême auprès de monsieur le curé