Notre-​Dame du Sacré-​Cœur à Issoudun

Auteur : Maldan, Juliette | Ouvrage : Petites Vies Illustrées pour enfants .

Au cœur de la France, en Ber­ry, la ville d’Issoudun est domi­née par une blanche et légère église que sur­monte la sta­tue dorée du Sacré-​Cœur. Les pèle­rins qui pénètrent dans cette basi­lique sont sai­sis par le rayon­ne­ment des mil­liers de lampes rouges qui brûlent devant la sta­tue de la Vierge, et par les innom­brables plaques de marbre blanc qui tapissent les murailles et disent les grâces mer­veilleuses obte­nues par l’intercession de Marie. Ces « ex-​voto », il y en a par­tout, depuis les cryptes et les par­vis jusqu’aux voûtes. Pas un coin, si petit soit-​il, où la recon­nais­sance n’ait trou­vé le moyen de se glis­ser pour crier la bon­té, la puis­sance de Notre-​Dame du Sacré-​Cœur, que l’on invoque dans ce sanc­tuaire sous le beau nom « d’Espérance des déses­pé­rés ».

Issou­dun, capi­tale du Bas-​Berry, avait eu à tra­vers les siècles et les guerres, une his­toire tour­men­tée. Sans cesse pillée, dévas­tée, brû­lée, cette ville s’était pour­tant tou­jours signa­lée par sa dévo­tion envers Marie.

Long­temps, la Vierge y fut priée sous le nom de « Notre-​Dame de grand pou­voir ». La Révo­lu­tion, fit dis­pa­raître ce culte, jusqu’au jour où il devait revivre de plus belle en mon­trant le « grand pou­voir » de Marie sur le Cœur de Jésus.

Com­ment fleu­rit sur ce sol, la dévo­tion à Notre-​Dame du Sacré-​Cœur ? — C’est ce que nous allons essayer de dire.

« Tenez, ma bonne Mère, je vous l’abandonne ! »

Au com­men­ce­ment du siècle der­nier, dans la petite ville de Riche­lieu, en Tou­raine, la famille Che­va­lier vivait pau­vre­ment. Le père, très modeste bou­lan­ger, était un homme rude, igno­rant, peu capable de pour­voir aux besoins de ses enfants. Sa femme, labo­rieuse et méri­tante, pour essayer d’augmenter les res­sources du foyer, se ren­dait chaque matin au mar­ché où elle reven­dait des légumes et des fruits. Mal­gré tout, le ménage connais­sait sou­vent la gêne. Aus­si, quand, en 1824, naquit le der­nier des enfants, le petit Jean-​Jules, fut-​il très mal accueilli par son père. Celui-​ci sen­tait ses forces s’en aller, et, ne comp­tant pas sur la Pro­vi­dence, il se tour­men­tait d’avoir une bouche de plus à nour­rir. Le pauvre inno­cent devint donc un sujet de dis­corde entre ses parents.

Un jour, le mari, de plus méchante humeur encore que d’habitude, se diri­gea vers le mar­ché où sa femme assise devant son éta­lage, ser­vait sa nom­breuse clien­tèle. Pour ne pas lais­ser son pou­pon tout seul à la mai­son, elle l’emportait dans une cor­beille où il dor­mait pai­sible entre les choux et les carottes. L’homme, en colère, s’approchant du comp­toir, accu­sa sa femme de le négli­ger pour ne s’occuper que de son petit et se répan­dit en paroles amères et bles­santes. La mal­heu­reuse, inter­dite, conster­née de tous ces reproches qui tom­baient sur sa tête en public, fon­dit en larmes.

Pour mettre fin à une scène trop pénible, elle sai­sit son enfant, et, le ser­rant contre elle, cou­rut se réfu­gier dans l’église toute proche. Là, dépo­sant le petit aux pieds de la Vierge :

Le petit Jean-Jules Chevalier offert a la Vierge par sa mère
« Tenez ma bonne Mère, je vous l’abandonne ! »

— « Tenez, ma bonne Mère », s’écria-t-elle en san­glo­tant, « s’il doit tou­jours me cau­ser autant de peine qu’aujourd’hui, vous pou­vez le prendre et en faire ce que vous vou­lez, je vous l’abandonne ! »

Puis, lais­sant l’enfant à la garde de Marie, elle s’en alla…

Au bout d’un moment, plus calme, et confuse de son mou­ve­ment de déses­poir, elle revint vers l’église. Son petit gar­çon sou­riait à la Vierge qui sem­blait le regar­der avec ten­dresse. La pauvre mère s’agenouilla près de lui, pleu­ra, pria, et, se sen­tant récon­for­té, elle reprit cou­ra­geu­se­ment avec son fils, le che­min de sa maison.

Marie ne devait pas oublier que cet enfant lui était don­né et qu’elle pou­vait en faire tout ce qu’elle voudrait.

Il paraît que, depuis ce jour, le petit Jules mon­trait un grand amour pour cette image de la Vierge. Dès qu’il sut prier, on le voyait sou­vent age­nouillé devant elle, réci­tant bien pieu­se­ment son cha­pe­let. Il aimait venir à l’église et sa joie fut vive quand le vieux curé le choi­sit comme enfant de chœur. Tan­dis que, sage et recueilli, il ser­vait la messe, un ardent désir s’éveillait dans son cœur : celui de mon­ter lui aus­si à l’autel et de célé­brer le saint Sacri­fice. Être prêtre, quel suprême bonheur !

Hélas ! la pau­vre­té si grande de ses parents ne per­met­tait pas d’y son­ger. Impos­sible à eux de se char­ger des frais des études. Jules, le cœur très gros, dut se rési­gner à entrer comme appren­ti chez un cor­don­nier. Dur sacri­fice que celui de pas­ser toutes ses jour­nées cour­bé sur de vieilles semelles, alors que l’on rêve à de si belles choses et que l’appel du Sei­gneur reten­tit si for­te­ment au fond de l’âme ! Tou­te­fois, le cor­don­nier, brave homme, per­met­tait à son appren­ti de conti­nuer chaque matin à ser­vir la sainte messe, et cette messe res­tait la conso­la­tion et la force du pauvre garçon.

L’épreuve se pro­lon­gea quatre longues années. Mais la sainte Vierge veillait sur l’enfant qui lui avait été confié. Les cir­cons­tances obli­gèrent la famille Che­va­lier à quit­ter Riche­lieu pour les envi­rons de Bourges. Là, le curé de la nou­velle église, recon­nais­sant en son jeune parois­sien une sérieuse voca­tion, le fit admettre au petit Sémi­naire. Ce pas fran­chi, Jules Che­va­lier ne se trou­vait pour­tant pas au bout de ses peines. Il attei­gnait dix-​huit ans et ce qu’il avait appris à l’école s’était en par­tie envo­lé de sa mémoire. Il dut s’asseoir sur les mêmes bancs que des enfants de douze et treize ans, qui, peu cha­ri­ta­ble­ment, se moquaient de la grande taille et de l’ignorance du nou­vel élève. Il y eut des heures très dures. Mais le jeune homme se réfu­giait près de Marie, et son immense désir du sacer­doce l’aidait à sur­mon­ter cou­ra­geu­se­ment les humi­lia­tions et les dif­fi­cul­tés des études.

Au grand Sémi­naire, Jules Che­va­lier mit toute son éner­gie à se sanc­ti­fier. Il s’était consa­cré au Cœur de Jésus pour se dévouer sans réserve à le faire connaître et aimer.

Que lui disait le divin Maître au fond de l’âme ?…

Il lui sem­blait que le Sau­veur l’appelait, non seule­ment à deve­nir mis­sion­naire, mais à réunir des apôtres qui tra­vaille­raient à étendre son règne.

Par­fois, au cours des récréa­tions, il osait confier à quelques amis les grands dési­rs qui le pour­sui­vaient, et même, il leur assu­rait, comme s’il en était sûr, que dans la ville d’Issoudun, alors si indif­fé­rente, une mai­son de mis­sion­naires serait éta­blie… Ses com­pa­gnons riaient de ses rêves. Un seul, l’abbé Man­ge­nest, écou­tait gra­ve­ment, sen­tant que Jésus l’invitait à par­ta­ger la même vocation…

Missionnaires

Ordon­né prêtre, l’abbé Che­va­lier, après un rapide minis­tère dans de petites paroisses, se vit, en octobre 1854, nom­mé vicaire à Issou­dun. Les des­seins de Dieu allaient-​ils se réaliser ?

Dans cette ville d’Issoudun, la Révo­lu­tion avait tout détruit. Des églises, jadis nom­breuses, une seule res­tait en par­tie debout. La foi sem­blait com­plè­te­ment morte chez les habi­tants. Sur les douze mille âmes de l’unique paroisse, à peine trente hommes allaient-​ils à la messe le dimanche, et un seul fai­sait ses pâques.

L’abbé Che­va­lier se mit cou­ra­geu­se­ment à la tâche. Il venait de s’installer à Issou­dun, quand, à sa grande sur­prise et joie, son ancien com­pa­gnon, l’abbé Man­ge­nest, l’y rejoi­gnit. La Pro­vi­dence les réunis­sait visiblement.

Un soir, après avoir beau­coup prié, l’abbé Che­va­lier se déci­dait à confier à son ami ses pro­jets d’apostolat, puis, tous deux, très émus, réso­lurent de se don­ner entiè­re­ment à une fon­da­tion missionnaire.

On était alors à la veille de la pro­cla­ma­tion du Dogme de l’Immaculée Concep­tion. Les deux prêtres se dirent :

— « Fai­sons une neu­vaine pré­pa­ra­toire à cette fête et deman­dons à la Très Sainte Vierge, comme pre­mier fruit de la gloire dont elle va être cou­ron­née dans le ciel, la nais­sance de cette nou­velle socié­té du Sacré-Coeur. »

En signe de la volon­té divine, l’abbé Che­va­lier et l’abbé Man­ge­nest, aus­si pauvres l’un que l’autre, priaient Marie de leur pro­cu­rer les pre­mières res­sources néces­saires pour com­men­cer l’œuvre dési­rée. S’ils étaient exau­cés, ils s’engageaient par écrit à faire hono­rer leur Mère du ciel d’une manière spé­ciale.

Le 30 novembre 1854, les deux vicaires com­men­çaient leur neu­vaine avec une fer­veur extrême. Le der­nier jour, 8 décembre, à peine l’abbé Che­va­lier terminait-​il sa messe, qu’une per­sonne deman­dait à lui par­ler. Elle venait lui offrir une somme de 20.000 francs, des­ti­née à éta­blir une bonne œuvre en Ber­ry, de pré­fé­rence, une œuvre de missionnaires.

Quel sai­sis­se­ment pour l’abbé Che­va­lier ! Et quelles actions de grâces mon­tèrent vers le ciel durant cette jour­née du 8 décembre ! L’Immaculée Concep­tion devait res­ter désor­mais la fête de la socié­té qui nais­sait ce jour-là.

En sep­tembre 1855, le jour de la fête du saint Nom de Marie, l’archevêque de Bourges impo­sait à l’abbé Che­va­lier et à son com­pa­gnon, le nom de « Mis­sion­naires du Sacré-Cœur ».

« Notre-​Dame du Sacré-Cœur » 

Quelques années pas­sèrent, durant les­quelles, par l’étude et la prière, les mis­sion­naires se pré­pa­raient, dans la soli­tude de leur mai­son déla­brée, à la vie apostolique.

Le Père Che­va­lier, pour diri­ger l’œuvre nais­sante, se tour­nait plus que jamais vers sa mère du ciel. Il entre­prit divers pèle­ri­nages et vou­lut consul­ter le saint Curé d’Ars. Celui-​ci, après l’avoir lon­gue­ment écou­té, lui dit : « Le ciel béni­ra votre œuvre, mais après bien des épreuves. Ayez cou­rage et confiance ! »

Le père Chevalier et le curé d'Ars - histoire de Notre Dame du Sacré Coeur d'Issoudin
Le Père Che­va­lier consulte le saint Curé d’Ars.

L’année sui­vante, le Père Che­va­lier allait jusqu’à Rome, cher­cher, pour son entre­prise, la béné­dic­tion de Pie IX. Le Saint Père l’encouragea vive­ment : « Crois­sez et mul­ti­pliez… L’Église et la Socié­té n’ont d’espérance que dans le Cœur de Jésus. »

Les épreuves ne man­quaient pas à la fon­da­tion, autour de laquelle le diable s’agitait. Des langues méchantes affir­mant que la cha­pelle était en pres­sant dan­ger de s’écrouler et d’écraser les fidèles, l’ordre fut don­né de la fer­mer dans les vingt-​quatre heures.

Si le diable croyait, par là, rui­ner l’œuvre nais­sante, il dut être bien attrapé.

— « Eh bien ! », se dit le Père Che­va­lier, « nous bâti­rons une cha­pelle plus grande et plus belle ! »

Quand il crut bon d’annoncer ses pro­jets, une pauvre et pieuse ouvrière vint le trou­ver. Elle lui ten­dit un petit paquet qui conte­nait cinq pièces d’or…

— « Mon Père, ce sont toutes mes éco­no­mies : J’ai pro­mis au Cœur de Jésus de vous les appor­ter pour son église. Prenez-​les je vous les donne de bon cœur »

Et comme le reli­gieux, tout ému, insis­tait pour qu’elle garde au moins une par­tie de cet or :

— « Mais, si vous man­quez de tra­vail ? Si vous tom­bez malade ?

— « Mon Père, j’ai don­né cet argent à Dieu, je n’en repren­drai pas une obole. Quant à l’avenir, Dieu seul le connaît. Je M’en remets à sa providence. »

Ce fut la pre­mière offrande. Dès lors, au fur et à mesure des besoins, les dons arri­vèrent à Issou­dun, des pays les plus éloignés.

Les pierres du futur édi­fice sor­taient à peine de terre, quand le Père Che­va­lier dit à son ami :

— « Un temps vien­dra où vous ver­rez des foules nom­breuses accou­rues ici des diverses régions de la France et d’ailleurs. »

Pré­dic­tion qui se réa­li­sa, en effet.

L’église s’élevait et tou­chait à son achèvement.

Dans la belle cha­pelle dédiée à la Vierge, sous quel titre Marie serait-​elle invoquée ?

Le Père Che­va­lier médi­tait, priait… Il sup­pliait Marie de l’inspirer, elle qu’il s’était enga­gé à faire hono­rer d’une façon spé­ciale.

Puis, un jour, la lumière s’étant faite, il annon­çait à ses confrères éton­nés, que le nou­vel autel serait consa­cré à « Notre-​Dame du Sacré-​Cœur ». Et, sur le socle de la sta­tue de Marie, il fit tra­cer en grandes lettres : « Notre-​Dame du Sacré-​Coeur, priez pour nous ! »

Que signi­fiait ce nom nouveau ?

Sans doute, il rap­pe­lait que c’est par Marie que l’on va le plus sûre­ment au Cœur de Notre-​Seigneur, qu’on apprend à l’aimer, à l’adorer, à le conso­ler. Mais il devait mani­fes­ter, sur­tout, le grand pou­voir de la Sainte Vierge sur le Cœur de Jésus. Le cœur d’un fils peut-​il refu­ser quelque chose à sa mère ? Jadis, aux noces de Cana, à la prière de Marie, le Sau­veur fit son pre­mier miracle. Au ciel, la Vierge conti­nue tou­jours à implo­rer son Fils pour les besoins, les détresses de ses pauvres enfants de la terre et elle obtient tout de lui.

Marie, priée sous ce titre de « Notre-​Dame du Sacré-​Cœur », ne tar­da pas a mon­trer par des grâces écla­tantes, son pou­voir sur le Cœur de son divin Fils. Et Jésus sem­blait se plaire à dire : « Pour pui­ser avec assu­rance dans les tré­sors d’amour et de misé­ri­corde que ren­ferme mon Cœur, adressez-​vous à ma Mère ! »

Les malades aban­don­nés, les familles dans la détresse, les pécheurs sur le bord de l’abîme, voyaient le secours venir à eux par l’intercession de Notre-​Dame du Sacré-Cœur.

Tant de faveurs extra­or­di­naires, de miracles de grâce, se ver­saient sur les âmes par son entre­mise, que bien­tôt, à ce titre de « Notre-​Dame du Sacré-​Cœur », on ajou­ta celui : « d’avocate des causes dif­fi­ciles et déses­pé­rées ».

La dévo­tion à Notre-​Dame du Sacré-​Cœur se répan­dait non seule­ment en France, mais à tra­vers te monde, avec autant de rapi­di­té que si elle eût été por­tée par les anges. Jésus vou­lait mon­trer dans tout l’univers la mer­veilleuse puis­sance de sa Mère sur son Cœur.

La Nouvelle-​Guinée

De l’autre côté du globe, se trou­vaient les âmes peut-​être les plus misé­rables et les plus aban­don­nées de la terre. Sur ces âmes, Notre-​Dame dû Sacré-​Cœur allait se pen­cher et ver­ser les tré­sors de la misé­ri­corde divine.

Le 25 mars 1881, le Pape Léon XIII offrait au Père Che­va­lier et à ses Fils les mis­sions de la Nouvelle-​Guinée, ter­ri­toires immenses, avec les archi­pels voi­sins qui com­pre­naient 1.600 îles, sépa­rées les unes des autres par de grandes dis­tances ! Tâche effrayante, bien faite pour décou­ra­ger, car, sur les peu­plades cruelles, dis­sé­mi­nées à tra­vers ces éten­dues, le démon régnait en maître.

Le Père Che­va­lier, comp­tant sur Marie, acquies­ça comme elle a la volon­té de Dieu, signi­fiée par le Pape. Mais sa Congré­ga­tion, encore si peu nom­breuse, ne pou­vait four­nir que trois prêtres ; Léon XIII leur dit : « Allez sans crainte, c’est l’Église qui vous envoie. Dieu béni­ra votre dévouement. »

En sep­tembre 1881, les mis­sion­naires s’embarquent. Il leur faut plus d’une année pour accom­plir ce dif­fi­cile et dan­ge­reux voyage. En abor­dant, ils chantent le Mag­ni­fi­cat et prennent pos­ses­sion de ces terres sau­vages au nom du Cœur de Jésus et de Notre-​Dame du Sacré-Cœur.

Les débuts sont exces­si­ve­ment durs sur ce sol héris­sé de dif­fi­cul­tés. Les mis­sion­naires s’usent et tombent à la peine. Il faut plu­sieurs années pour que Mgr Ver­jus — un saint — par­vienne à péné­trer en Papoua­sie et à y fon­der la « Mis­sion de Notre-​Dame du Sacré-​Cœur ». Sur les sombres forêts de cette région, les crêtes escar­pées, les dan­ge­reux pré­ci­pices, le diable semble avoir soli­de­ment éta­bli son empire. Tout se ligue contre les apôtres : nuages de mous­tiques, ser­pents dont la piqûre est mor­telle, cha­leur tor­ride, fièvres épui­santes, et, sur­tout, gros­siè­re­té, féro­ci­té des habi­tants plon­gés dans toutes les hor­reurs des super­sti­tions païennes. Les hommes se font gloire de man­ger la chair humaine, les femmes tuent leurs enfants nouveaux-nés.

Un jour, sous les yeux d’un mis­sion­naire épou­van­té, un vieux chef sau­vage sai­sit une petite fille, l’égorge, la dépèce, puis il se sauve dans la forêt pour la dévo­rer, en criant : « Viens la prendre si tu peux ! » Le Père ne par­vient qu’à recueillir quelques os.

Une autre fois, un mis­sion­naire entou­ré par une tri­bu bar­bare est sai­si, soli­de­ment lié à un poteau. Les sau­vages allument un grand feu et le pri­son­nier, qui com­prend leur langue, les entend se réjouir de man­ger bien­tôt de la chair blanche. Mais le reli­gieux leur parle avec une telle force du grand Dieu du ciel, dont la colère va tom­ber sur eux s’ils font mou­rir son envoyé, que les Papous, effrayés, se décident à déli­vrer leur vic­time et à la lais­ser partir.

Récit des Missionnaires du Sacré-Coeur en Papouasie - pour les jeunes du KT
Les sœurs papoues ensei­gnant aux enfants la prière et le catéchisme

Peu à peu, devant la puis­sance de Notre-​Dame du Sacré-​Cœur, le démon recule pas à pas. Des chefs de tri­bu aban­donnent les sor­ciers et viennent deman­der le bap­tême. Des cha­pelles s’élèvent au milieu des huttes misé­rables qui com­posent les vil­lages papous et, dans ces cha­pelles, des sau­vages conver­tis prient, communient.

Une bonne vieille toute ridée confie au mis­sion­naire : « Écoute mon petit-​fils, depuis que tu m’as don­né le bap­tême, j’ai une grande lumière, là, dans le cœur, je sais que si je pèche, elle s’éteindra. »

Une trans­for­ma­tion pro­di­gieuse s’accomplit dans ces peu­plades jusque-​là si barbares.

En 1921, une jeune fille de France, Marie-​Thérèse Noblet, que la Sainte Vierge a mira­cu­leu­se­ment gué­rie en vue de cette tâche, vient prendre la direc­tion d’un petit couvent construit au milieu de l’immense forêt papoue, dans la clai­rière du Kou­bou­na. Là, sont réunies quelques jeunes sau­va­gesses. Elles ont pous­sé dans la brousse, accro­chées aux lianes des grands arbres. Leurs parents dévo­raient la chair humaine. Main­te­nant, ces petites papoues, deve­nues chré­tiennes, aspirent, de tout leur cœur, à aimer le bon Dieu et à ser­vir leurs frères, comme leurs sœurs blanches, les Filles de la Cha­ri­té. For­mées à la vie reli­gieuse par leur Mère Marie-​Thérèse, les « Petites Ser­vantes de Notre-​Seigneur » vont, elles aus­si, à la conquête des âmes de leurs frères. Pieds nus, en robe grise, un voile léger sur leurs che­veux cré­pus, le cru­ci­fix au cou, le cha­pe­let à la main, elles par­courent les vil­lages accro­chés aux crêtes rocheuses, ou cachés dans les grands bois. Elles y enseignent aux petits enfants les prières et le caté­chisme, se dévouent près des malades, des lépreux, prennent soin des pauvres églises de bam­bous. Leur devise est l” « Ecce » de la Vierge : « Me voi­ci ! » Et elles vont par­tout où les appelle un devoir de charité.

Dans le petit couvent de Kou­bou­na, Mère Marie-​Thérèse recueille les bébés papous aban­don­nés. Elle les entoure de ten­dresse et vit au milieu de ces bam­bins noirs, aux che­veux bou­clés, qui s’accrochent à sa robe. « C’est si bon », écrit-​elle, « de pen­ser qu’on élève ces tout petits pour le bon Dieu tout seul ! En plu­sieurs, mon cœur de maman voit déjà de petits prêtres. »

Ce rêve s’est réa­li­sé. La Papoua­sie a eu l’honneur d’offrir à Dieu son pre­mier prêtre, Louis Vaugéké.

Sur ces régions sau­vages et déso­lées, Notre-​Dame du Sacré-​Cœur étend chaque jour davan­tage le règne de son Fils.

* * *

En octobre 1907, le Père Che­va­lier mou­rait sain­te­ment, bénis­sant Marie « qui avait tout fait dans son œuvre ».

La Vierge, qui se plaît à prendre comme ins­tru­ments les petits et les humbles, s’était ser­vie d’un pauvre enfant qu’on lui aban­don­nait pour l’aider à répandre sur le monde les tré­sors de misé­ri­corde et d’amour du Cœur de son Fils.

Les flots de grâces qui passent par les mains de notre Mère du ciel sont si pres­sés, si abon­dants, si mer­veilleux, que tous ceux qui perdent cou­rage sous les dif­fi­cul­tés et les peines de la vie, ceux qu’accablent les plus amères détresses, peuvent tou­jours espé­rer le secours de Celle qui aime à être invo­quée sous le titre de « Notre-​Dame du Sacré-​Cœur, Espé­rance des déses­pé­rés ! »

J. M.

PRIÈRE A NOTRE-​DAME DU SACRÉ CŒUR

Coloriage pour le KT : Notre-Dame du Sacré Coeur - Issoudun

Souvenez-​vous, ô Notre-​Dame du, Sacré-​Cœur, de l’ineffable pou­voir que votre Divin Fils vous a don­né sur son cœur adorable. 

Pleins de confiance en vos mérites, nous venons implo­rer votre pro­tec­tion. O Céleste Tré­so­rière du Cœur de Jésus, de ce Cœur qui est la source inta­ris­sable de toutes les grâces et que vous pou­vez ouvrir à votre gré pour répandre sur le monde tous les tré­sors d’amour, de misé­ri­corde, de lumière et de salut qu’il ren­ferme, accordez-​nous, nous vous en sup­plions, les faveurs que nous sollicitons… 

Non, nous ne pou­vons essuyer de refus, et, puisque vous êtes notre Mère, ô Notre-​Dame du Sacré-​Cœur, accueillez favo­ra­ble­ment nos prières et dai­gnez les exau­cer ! Ain­si soit-il !

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9 Commentaires

  1. ZIBI a dit :

    Mon Père

    Je suis en Grandes souf­frances tant sur le plan per­son­nel que professionnel.
    Pouvez-​vous s’il vous plaît dire une messe pour moi dans les jours à venir pour implo­rer le Sei­gneur afin qu’il me per­mette de quit­ter mon poste de tra­vail actuel. Au Nom de Jésus qu’il me donne un nou­veau poste dans un autre ser­vice où mon han­di­cap et mes ori­gines ne sus­ci­te­ront pas la haine
    MERCI par avance. En union de prières
    une bles­sée de la vie
    Edith

    22 juin 2016
    Répondre
    • Le Raconteur a dit :

      Bon­jour madame,
      Je ne suis qu’un simple laïc. Mais je pen­se­rai à vous dans mes modestes prières et je vous sou­haite bon courage. 

      Le racon­teur

      22 juin 2016
      Répondre
  2. ZIBI a dit :

    Bonne décou­verte. Je ne connais­sais pas cet endroit. C’est une amie qui m’a orien­tée vers vous.
    S’il vous plaît, aidez moi

    22 juin 2016
    Répondre
    • Le Raconteur a dit :

      Oui Notre-​Dame du Sacré-​Cœur d’Issoudun est une bonne auxi­lia­trice en cas de sou­cis. Le cler­gé de la basi­lique peut cer­tai­ne­ment vous appor­ter une aide spi­ri­tuelle ; n’hésitez pas à les contacter.

      En union de prière.
      Le raconteur

      22 juin 2016
      Répondre
  3. Bernardine a dit :

    Mon Père,
    je viens vous deman­der de m’aider dans la prière, ma grande soeur rose marie est très malade mais de mala­die naturelle.
    Nous prions tous pour elle, pou­vez vous vous joindre à nous par pen­sée en priant de votre côté ?
    Je vous remer­cie grandement.
    Une soeur très mal­heu­reuse de voir la situa­tion a laquelle se trouve sa soeur.
    encore mer­ci pour votre aide,
    Bernardine

    21 février 2017
    Répondre
    • Le Raconteur a dit :

      Bon­jour Madame,
      Je ne suis pas prêtre, mais je vous assure de mes humbles prières.
      Bon cou­rage et sainte Espé­rance en cette épreuve.

      Le racon­teur

      24 février 2017
      Répondre
  4. Rosa Maria Santos a dit :

    Je me sup­plient confié dans leurs prières saintes. Je suis très malade car­diaque (coeur). Je pris 3 ans ont un repos com­plet. J’ai un « épan­che­ment péri­car­dique  » , com­pli­ca­tions res­pi­ra­toires : Plèvre et je suis tou­jours la transpiration.J’espère gué­rir si NOTRE – DAME inter­cède pour moi. Je souffre beau­coup dans mon mariage, je pris 37 ans.Désolé pour le desa­gré­ment. Et que DIEU vous bénisse. Ne vous embê­tez pas répondre le plus impor­tant sont les prières, et le par­don de mes péchés.
    Mer­ci beaucoup.
    Rosa Maria San­tos (malade).

    13 octobre 2017
    Répondre
  5. his a dit :

    Notre Dame je vous en sup­plie d’intercéder auprès de notre Sei­gneur car je souffre beau­coup depuis 35 ans de dépres­sion bi-​polaire avec plu­sieurs hos­pi­ta­li­sa­tions en psy­chia­trie trois dont une très grave.J’ai un trai­te­ment lourd depuis long­temps qui m’affaiblit beau­coup, m’abrutis, m’assomme et sur­tout ne me soigne pas.Cela fait l’affaire finan­cière des méde­cins psy­chiatres et géné­ra­listes qui pro­fitent lar­ge­ment de ces maux sans jamais rien régler.
    Il y a bien long­temps que ma famille et mes amis laissent faire sans m’aider, ni même me sou­te­nir, me jugeant pour cer­tains de folle, voir me trai­tant de cin­glée. Une honte !
    A cela s’ajoute une immense soli­tude ancrée depuis longtemps.Trop gen­tille je n’ai atti­ré a moi que des hommes ou des femmes pro­fi­teuses (profiteurs).Par consé­quent, je n’ai plus trop confiance en l’être humain.
    Seuls mes chats ont tou­jours été gen­tils et fidèles avec moi.
    Je suis à bout et très très triste et mal­heu­reuse c’est pour­quoi je fait appel à vous.
    Mer­ci beau­coup Chère Mère,
    Isa­belle (Nor­man­die)

    24 octobre 2017
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    • Le Raconteur a dit :

      Que Notre-​Dame du Sacré-​Coeur vous vienne en aide !

      25 octobre 2017
      Répondre

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