Voulant éprouver la foi de ses disciples, Jésus leur demanda : « Qui dit-on que je suis ? » Les apôtres avancèrent que, malgré tous les miracles qu’il avait accomplis, on ne le reconnaissait pas encore pour le Messie, mais pour un simple prophète. Notre-Seigneur, alors s’adressant aux Apôtres : « Et vous, qui dites-vous que…
Et maintenant une histoire ! Posts
Cette fête, très ancienne, puisque saint Ignace la mentionne déjà au Ier siècle, a pour but d’honorer saint Pierre dans son titre d’évêque d’Antioche. En effet, lorsque les Apôtres se partagèrent le monde, la Syrie échut à Pierre, qui établit sa chaire, autrement dit son siège épiscopal, à Antioche, capitale de la province. La Providence, semble-t-il, voulait que le premier vicaire de Jésus-Christ, comme pasteur de l’Église universelle, prêchât en quelque sorte par toute la terre, en annonçant la vérité à trois peuples particulièrement représentatifs : les Juifs, les Grecs et les Romains. Après avoir exercé ses fonctions pastorales en Judée, il les exerça à Antioche à l’égard des Grecs, en attendant de prendre le chemin de Rome. La prédication de saint Pierre à Antioche porta tant de fruits que c’est en cette ville, au témoignage des Actes des Apôtres, que les fidèles reçurent pour la première fois le nom de « chrétiens ».
Le combat naval
L'histoire de Ben-Hur, imaginée par un écrivain autour des scènes réelles rapportées par les Évangiles, nous ramène aux premiers temps du Christianisme. Jeune Juif, Ben-Hur a été injustement accusé d'avoir voulu tuer un chef romain. Condamné à ramer sur les galères, il a réussi à mériter l'estime de Quintus Arrius, le commandant, qui pourra sans doute le faire libérer. Mais voici que s'engage un combat naval entre les galères romaines et les bateaux pirates.
1. Le combat se rapprochait. Soudain un corps passa comme un projectile et s’abattit sur le plancher, aux pieds de Ben-Hur. Celui-ci se pencha et vit que le blessé était un Barbare demi-nu, à peau très blanche, à cheveux noirs, qui portait encore, fixé à son bras, un bouclier d’osier. Celui-là, au moins, ne connaîtrait pas le pillage !
En le regardant, Ben-Hur eut peur : « Les ennemis sent probablement en grand nombre ! se disait-il. Que va-t-il advenir de nous ? Fuir ? Hélas ! cela ne servirait à rien. Or, si je veux essayer de retrouver ma mère et ma sœur, il faut que je sois libre, légalement libre. Et cette liberté, un seul homme est assez puissant pour obtenir qu’on me la rende : Quintus Arrius. Faites, Seigneur, qu’il ne meure pas ! Sinon, je suis perdu à jamais ! »
Il leva les yeux. Les galériens avaient lâché leurs avirons. La plupart d’entre eux essayaient, en vain d’ailleurs, de rompre leurs chaînes.
2. Ben-Hur se souvint qu’il n’était pas enchaîné. Alors, sans réfléchir plus longtemps, il se dressa et gravit en courant l’échelle.
Lorsqu’il atteignit le pont, il constata, à la lueur des fanaux, qu’on se battait partout. Les légionnaires[1] continuaient à tomber l’un après l’autre, accablés sous le nombre des assaillants. La mer était couverte de débris de toutes sortes. Au large, des navires éventrés achevaient de sombrer. D’autres projetaient jusqu’au ciel la lueur de leurs incendies.
Ben-Hur crut apercevoir la haute silhouette de Quintus Arrius. À cet instant, il lui sembla que, sous ses pieds, le pont se soulevait avec une rapidité et une force prodigieuse. Il perdit l’équilibre, trébucha, fit quelques pas en titubant. Avec la même rapidité, le pont s’abaissa, puis se brisa. Le jeune homme comprit ce qui se passait : les pirates avaient éperonné la galère romaine, sans se soucier de ceux des leurs qui se trouvaient à bord !
3. Le tintamarre était assourdissant. Le mât s’abattit. Enfin, le pont s’ouvrit. Ben-Hur fut entraîné dans une chute vertigineuse et l’eau se rua sur lui avec un grondement de tonnerre.
- [1] Soldats romains embarqués sur la galère. Les pirates barbares sont leurs assaillants.↩
Religieuses Augustines de l’Hôtel-Dieu de Paris

VERS l’an 651, saint Landry, évêque de Paris, fit bâtir près de son église une maison pour soigner les prêtres malades. Ce serait l’origine de l’Hôtel-Dieu.
Non loin de là vivaient des religieuses qui avaient pour tâche de blanchir le linge de l’église ; l’évêque Robert, successeur de saint Landry, leur confia le soin de cet hôpital et changea leur vœu de clôture en celui de servir les pauvres malades.
L’hôpital reçut d’abord le nom de Saint-Christophe ; plus tard, il fut appelé Maison de Dieu, puis Hôtel-Notre-Dame, et enfin Hôtel-Dieu.
En 1002, le Chapitre de Notre-Dame fut chargé de l’administrer, et chaque chanoine, en mourant, devait léguer son lit à cet hôpital.
En 1217, le Chapitre donna aux religieuses de l’Hôtel-Dieu un règlement inspiré de la règle de saint Augustin, d’où leur nom d’Augustines.
Malgré les agrandissements apportés au cours des siècles, cet hôpital ne suffisait pas à secourir tous les malades ; l’encombrement était si grand, surtout aux temps d’épidémie, qu’on était obligé d’entasser trois, quatre, six malades et plus dans le même lit.
Lorsque Henri IV fit construire l’hôpital Saint-Louis pour les pestiférés, il le confia aux Augustines.
Le bon renom de l’Hôtel-Dieu se répandit et de nombreuses villes de province firent appel au dévouement de ses religieuses.
Les guerres et les épidémies valurent des difficultés de toutes sortes à la Congrégation, et, à diverses époques, des réformes jurent apportées à l’Hôtel-Dieu. La plus importante fut celle qui suivit les guerres de religion. Sœur Geneviève Bouquet, devenue prieure sous le nom de Mère du Saint-Nom de Jésus, qui déjà avait institué un Noviciat, la mena à bien, avec l’aide de saint Vincent de Paul et de messire François Ladvocat, chanoine de Paris qui, en 1652, perfectionna les statuts et rédigea de nouvelles Constitutions. Ces Constitutions sont toujours en vigueur ; elles ont seulement été mises en accord avec la législation canonique actuelle et avec les progrès de la science.
Détruit par un incendie en 1772, l’Hôtel-Dieu fut réédifié sur le même emplacement. C’était une réunion de bâtiments construits irrégulièrement et s’étendant parallèlement sur les deux rives du petit bras de la Seine. Il comprenait 28 salles spacieuses avec 800 lits en temps ordinaire. Le service était assuré par 8 médecins et 3 chirurgiens assistés de 23 Sœurs hospitalières et de 20 novices.
Pendant la Révolution, les Augustines durent quitter leur habit religieux, mais elles demeurèrent à leur poste de charité dans leur hôpital appelé Grand hospice de l’humanité.
Quand la paix religieuse fut rétablie, les Sœurs reprirent leur costume et les exercices de la vie de communauté. La Congrégation se développa ; elle fut chargée du service d’autres hôpitaux : la Charité, Beaujon, Lariboisière.
Les révolutions de 1830 et de 1848, les épidémies de choléra de 1832, de 1849, de 1865, leur donnèrent l’occasion d’exercer leur admirable dévouement. De mème les sanglantes journées de la Commune, en 1871 ; les communards leur imposèrent le nom de « Sœur de la Commune », un bonnet noir et une ceinture rouge sur leur robe noire, mais elles restèrent au chevet des malades et des blessés, dans leur Hôtel-Dieu laïcisé.
Le vieil hôpital a été démoli sous le second Empire et remplacé par la construction grandiose qui s’étend du parvis Notre-Dame jusqu’au grand bras de la Seine ; elle fut achevée en 1878. La statue de Charlemagne et le jardinet qui l’entoure marquent l’emplacement de l’ancien Hôtel-Dieu.
Les lois de laïcisation détruisirent, à la fin du XIXe siècle, ce que pendant plus de douze cents ans les guerres et les révolutions avaient respecté. Les Augustines durent quitter la Charité, Beaujon, et Lariboisière en 1887 ; en janvier 1908, elles furent expulsées de Saint-Louis et de l’Hôtel-Dieu.
Elles se réfugièrent 66, rue des Plantes, à l’hôpital de Notre-Dame de Bon-Secours, fondé en 1879 par M. Carton, curé de Saint-Pierre de Montrouge.
C’est là que se trouvent la maison-mère et le noviciat de la Congrégation.
Les religieuses Augustines desservent aussi l’hôpital Boucicaut fondé en 1887, l’hôpital Debrousse fondé en 1892, la maison de convalescence d’Épinay-sur-Seine, la maternité Cognacq-Jay, et plusieurs cliniques privées. Pendant la grande guerre, elles exercèrent leur ministère charitable auprès des blessés à l’hôpital Marie-Lannelongue et à l’hôpital militaire du lycée Buffon.
Aux trois vœux ordinaires, les Augustines en ajoutent un quatrième : le service des pauvres malades.
Le premier acte de la jeune postulante en entrant dans la Congrégation est la prise du « tablier d’ordre », insigne de leur dignité de servantes des pauvres. Chaque postulante est accompagnée d’une « petite mère » qui la suit comme un ange gardien pour l’initier à sa nouvelle vie et lui apprendre les petits détails du service hospitalier.
Au bout de six mois, la postulante revêt l’habit religieux : robe noire, voile blanc, chapelet au côté, et elle commence son noviciat.
Avec une formation religieuse très profonde, la novice reçoit une formation technique solide et très étendue qui la rend apte à tous les offices.
Les novices suivent, en outre, des cours spéciaux sur toutes les branches de la science infirmière, et elles passent des examens pour obtenir le diplôme de l’Assistance publique.
Après trois années de noviciat et trois ans de vœux temporaires, elles sont admises à prononcer leurs vœux perpétuels. Elles ajoutent à leur costume la ceinture augustinienne de cuir, le rosaire au côté gauche, le bandeau blanc, la guimpe blanche, le voile noir et le manteau de chœur.
Depuis quelques années, Sous le nom de « Petites-Sœurs auxiliaires », ont été rétablies les « Sœurs de la Chambre » que la Révolution avait supprimées, et qui avaient pour tâche de seconder les religieuses Augustines dans tous leurs travaux. [1]
- [1] Ce texte date de 1938. En raison de la raréfaction des vocations, diverses branches des Augustines ont fusionné durant la seconde moitié du XXe siècle↩
Conte d’Épiphanie
Permettez-moi de vous présenter Pouf. C’est un petit homme de 5 ans, bien planté sur de robustes mollets. Frimousse éveillée, cheveux en boucles, grands yeux d’azur. Je ne saurais vous dire” en quelle circonstance il se rebaptisa lui-même, car, de mémoire d’homme, on ne connut jamais de saint Pouf au calendrier.
Or, notre Pouf manifeste de très bonne heure la passion des voyages. À sa grande joie, il reçut l’an passé, pour ses étrennes, une superbe Citroën, modèle réduit, à l’aide de laquelle il fait du 4 à l’heure en pédales, sur l’avenue parisienne qu’habitent ses parents. Un seul accident jusqu’ici. Résultat : une énorme bosse au front ; mais qu’est-ce cela en comparaison de plaisirs inexprimables Aujourd’hui une panne l’arrêta ; oh ! une petite panne de rien du tout, très vite réparée par le jeune chauffeur et sa gouvernante Anna qu’il déteste, parce qu’elle raconte toutes ses peccadilles à maman : M. Pouf par-ci, M. Pouf par là… ça n’en finit plus.
Rentré de promenade, il regarde son livre d’images préféré, celui qui le mène dans tous les pays du monde. Soudain son index s’arrête sur un nègre :
— Oh ! fait-il, comme il ressemble à l’un des rois mages, celui-là. Ils sont venus de très loin, les mages ?
Anna, captivée par une lecture attachante, ne répond pas.
— Ils sont venus par le train ou en auto ?
Anna s’énerve.
— Taisez-vous, Pouf.
Pouf ne se tait pas, et déclare qu’il raconterait tout de suite à maman qu’Anna est méchante, si maman ne dînait pas en ville.
Les dîners en ville, en voilà encore une invention ! Pendant que les parents y dévorent de bonnes choses, les enfants restent à la maison. Est-ce juste, cela ? Pouf se sent d’esprit frondeur ce soir. Il faut qu’Anna réponde ou alors… Il darde sur sa bonne des prunelles volontaires et pour la troisième fois, demande :
— Enfin, je veux savoir d’où ils sont venus, les mages ?
Anna, ayant terminé son roman qui finit bien, daigne répondre :
— De très, très loin.
— Plus loin que la gare Saint-Lazare ?
Anna éclate de rire, sans savoir que son jeune maître a conservé de cette course un souvenir de fatigue inénarrable.
Mais Pouf n’aime pas qu’on se moque de lui. Il trépigne, la colère le guette.

— Les mages sont venus d’Orient à pied, dit-elle, guidés par une étoile. Il leur fallut de longs jours pour arriver à la chapelle où vous les admirez depuis plus d’un mois. Leur avez-vous dit adieu, au moins ? Demain, ils seront repartis.
La tour de Grandcroix (fin)

La reprise des relations entre la famille Verdier et le manoir de Grandcroix fut, comme bien l’on pense, mise aussitôt à profit par Geneviève et ses petits voisins. Dès le lendemain, les enfants du percepteur vinrent chez le marquis, …

… et une partie de cache-cache fut organisée dans les ruines qui se prêtaient admirablement à ce jeu. Lucienne, furetant de droite et de gauche, pour trouver une cachette, en découvrit une qui lui parut merveilleuse. C’était un petit réduit ménagé entre de vieux pans de murs à demi écroulés et dont l’entrée était cachée par un rideau de lierre.

Ayant soulevé le feuillage, la fillette se glissa dans le réduit et se blottit au fond, mais la paroi contre laquelle elle s’appuyait céda tout à coup sous son poids et un éboulement se produisit, Lucienne faillit tomber à la renverse.

Quand elle eut repris son équilibre et que le nuage de poussière se fut dissipé, elle aperçut, à l’endroit où la paroi s’était effondrée, une cavité assez profonde…

… une sorte de placard, dans lequel était posé un coffre bardé de fer et muni de fortes serrures, le tout recouvert d’une épaisse couche de rouille. Lucienne se rendit compte qu’elle avait fait une importante découverte.





