Conversion de Saint Paul
I. LA PISTE DU DÉSERT.
C'était un jour d'été, aux abords de midi. Sur la piste sablonneuse qui menait à Damas, une petite caravane se hâtait : quelques gardes, deux ou trois secrétaires, accompagnant
L'organisation de la société au Moyen-Age
∼∼ XVI ∼∼
— Maman, nous avons trouvé deux bicyclettes à louer. Pouvons-nous aller demain, Jean et moi, jusqu'à Tusculum ?

— Très bien, pourvu que ta tante soit de cet avis.
L'apôtre des campagnes françaises
III

Saint Martin
Saint Martin fut, au IVe siècle, le grand missionnaire du pays qui s'appelle aujourd'hui la France. En ce temps-là, la Gaule, province romaine, possédait des grandes
Mariette
Conte de Noël
Il faisait froid. La neige des chemins criait sous l’acier des traîneaux. Les prés et les collines resplendissaient dans leurs blanches draperies, et les sapins sombres, chargés de brillants flocons,
L'Ordre
Chapitre XV
À quelques jours de là, Bernard aborde son frère.
— Dis donc, Yvon, je n’admets pas que Colette soit seule ici à avoir des idées géniales. Sais-tu que son « école de liturgie » fait merveille ? Les

Et maintenant une histoire ! Posts

Auteur : Par un groupe de pères et de mères de familles | Ouvrage : Histoire Sainte illustrée .

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VII

Mais, juste à cet ins­tant, le chat de Maria­nick débouche à nou­veau dans le jar­din. La vani­té de M. Bru­no n’y tient pas ; il appelle Nicole et une véri­table par­tie de cache-cache s’en­gage entre le cha­ton et ses deux amis.

Nicole saute comme un cabri par-des­sus les plates-bandes. Bru­no se poste gra­ve­ment aux pas­sages pré­vus, en vain. Le chat, souple et rapide, passe entre leurs jambes, et ce sont des cris, des rires qui gagnent les aînés. Pierre est entré dans la course et Colette ne peut s’empêcher de prendre part au jeu, en encou­ra­geant les petits ; elle rit aux larmes quand Bru­no, fau­ché par le cha­ton, tombe assis sur un tas de ter­reau, qui s’ef­fondre avec lui.

Alors, spon­ta­née comme tou­jours, Colette se retourne vers sa mère :

— Oh ! les enfants, maman ! Qu’est-ce qu’on ferait dans une mai­son sans enfants ?

— Je n’y met­trais pas sou­vent les pieds, dit Ber­nard en allu­mant une ciga­rette. Quel tom­beau !

— Et moi je n’i­ma­gine pas la vie sans eux, ajoute sa tante. Quand j’ai cru perdre Jean, à Jéru­sa­lem, il me sem­blait que j’al­lais en mou­rir. Heu­reu­se­ment que Dieu donne des grâces d’é­tat aux parents, quand leurs enfants sont en dan­ger, sans cela les pauvres mamans devien­draient folles…

Ber­nard, tout en écou­tant, semble suivre avec inté­rêt la fumée de sa ciga­rette, et demeure silen­cieux. Éton­née, maman lui demande :

— À quoi penses-tu ?

— Je me pose une ques­tion sans trou­ver la réponse. Com­ment expli­que­rons-nous aux petits, quand il fau­dra ache­ver de leur racon­ter la vie d’A­bra­ham, que Dieu ait pu deman­der à un père de lui sacri­fier son fils unique ?

— II y a là, en effet, à leur faire com­prendre deux choses bien hautes, aus­si belles l’une que l’autre et qu’il ne faut pas sépa­rer. Même à leur âge on peut les leur dire. Il y a d’a­bord celle-ci : Que Dieu, Créa­teur de tout, peut aus­si dis­po­ser de tout. Il est le maître de la vie et de la mort et Il a le droit de nous deman­der ce qu’Il veut.

Et puis, voi­ci la seconde chose : Dieu ne demande rien, si ce n’est comme un Père infi­ni­ment bon, même quand cela paraît le plus dur. Abra­ham le savait bien. Il n’a pas dou­té du cœur de son Dieu, il n’a pas dou­té de ses pro­messes. Il ne com­pre­nait pas, bien sûr, com­ment la réa­li­sa­tion de ces pro­messes pou­vait s’ac­cor­der avec le sacri­fice que Dieu lui deman­dait, mais il croyait quand même, et sa confiance n’est pas moins admi­rable que sa sou­mis­sion.

Pour­tant, il y a quelque chose de plus beau encore : C’est la Sainte Vierge, au pied de la Croix, offrant Jésus, son Fils Unique, pour notre salut. Sa sou­mis­sion est incom­pa­rable, comme sa confiance.

Elle aus­si croit tout ce qui a été pro­mis. Elle croit, mal­gré sa dou­leur inex­pri­mable, que son Fils res­sus­ci­te­ra.

Après cela, il n’est pas éton­nant que le Bon Dieu, lors­qu’Il veut accor­der de grandes faveurs, demande aux âmes de pas­ser avant par le sacri­fice. Et même pour nous, pauvres gens qui nous sen­tons si faibles en face de la souf­france, tu sais, Ber­nard, à quel point la foi intré­pide et la confiance sans borne peuvent nous don­ner, à l’heure vou­lue, le cou­rage héroïque.

Ber­nard, qui n’a pas ces­sé de regar­der silen­cieu­se­ment évo­luer la fumée de sa ciga­rette, répond seule­ment :

— Oui, je le sais.

Mais en même temps une petite voix toute proche demande :

— Qu’est-ce que c’est, un cou­rage héroïque ?

Nicole est là, rouge de sueur, se tam­pon­nant le front avec un mou­choir minus­cule de cou­leur indé­cise ; Pierre et Bru­no en font autant, un peu der­rière elle, tan­dis qu’on aper­çoit Maria­nick ren­trant à la cui­sine, son chat dans les bras.

Maman attire à elle la petite fille.

— Veux-tu un exemple d’hé­roïsme ? Il est tout trou­vé, ma ché­rie. Assieds-toi là, sur le pliant, et demande à Colette d’a­che­ver l’his­toire d’A­bra­ham, dont nous par­lions à l’ins­tant.

Dédai­gnant le pliant, Nicole s’ins­talle d’of­fice sur les genoux de Colette, en disant avec une moue irré­sis­tible :

— S’il vous plaît, ma petite Tate ! Je ne sais pas ce que vous avez racon­té pen­dant qu’on jouait, mais vous avez des drôles de figures. Pour­tant elle est amu­sante l’his­toire. Tu sais bien ? Abra­ham atten­dait la nais­sance du petit gar­çon de Sara. Alors il est né ?

— Oui, il est né. Tu t’i­ma­gines faci­le­ment de quel amour fut entou­ré cet enfant pour lequel Dieu avait pro­mis tant de belles choses.

Le petit Ismaël avait failli mou­rir de soif dans le désert.
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VI

Ber­nard vient d’ar­ri­ver en tapi­nois. Il ferme sans bruit la porte d’en­trée, tra­verse silen­cieu­se­ment le ves­ti­bule et lance un regard de gaie­té mali­cieuse vers le jar­din, où tout le monde semble réuni.

Bru­no fait une page d’é­cri­ture ; Nicole, Pierre, pen­chés sur de petites tables, apprennent leurs leçons.

Ber­nard cal­cule sa dis­tance, prend son élan, passe comme un bolide au-des­sus de la tête des enfants ahu­ris, fait un réta­blis­se­ment mer­veilleux au beau milieu du groupe et, les talons joints, salue.

On entend maman dire à tra­vers les rires :

— Écoute, Ber­nard, tu nous don­ne­ras des mala­dies de cœur ! Tombes-tu du ciel, déci­dé­ment ?

— Tout juste, ma tante, j’en arrive, en per­mis­sion de huit jours. Il paraît que je suis fati­gué par mes der­niers vols au fir­ma­ment !

— Fati­gué, peste ! qu’est-ce que ce serait si tu ne l’é­tais pas ? pro­teste Colette. Allons, assieds-toi et dis-nous un peu posé­ment d’où te vient cette aubaine.

— Il est très vrai que nous avons fait ces jours-ci une série de vols en for­ma­tion de com­bat qui ont deman­dé des efforts sérieux. Ça a très bien mar­ché. Le colo­nel est content, il a don­né des per­mis­sions. Voi­là.

— Jacques ne nous en avait pas par­lé.

— Mais vous savez pour­tant que je ne fais pas par­tie de l’es­ca­drille de Jacques. C’est la nôtre qui a « trin­qué » toute la semaine. Nous avons été jus­qu’à la mer. Ce golfe Per­sique, quelle beau­té ! Et puis nous avons sur­vo­lé la Chal­dée, pas­sé au-des­sus de Ur, et j’ai cru me sou­ve­nir qu’A­bra­ham avait dû naître là au temps jadis. Nous avons tra­ver­sé toute la Méso­po­ta­mie.

Les trois petits, le nez au vent, ont com­plè­te­ment oublié leurs leçons et écoutent, muets d’ad­mi­ra­tion.

Mais Nicole, comme prise d’une idée subite, inter­rompt tout à coup :

— Enfon­cée, tante Colette, enfon­cée !

— Enfon­cée ?… quelle expres­sion, et pour­quoi ?

— Parce que l’oncle Ber­nard y est allé avant vous, au pays de l’His­toire Sainte !

Colette ne semble nul­le­ment conster­née.

— Tant pis pour lui ! Il va fal­loir qu’il vous fasse un cours à ma place.

Cha­cun s’at­ten­dait aux pro­tes­ta­tions véhé­mentes de Ber­nard. À la sur­prise géné­rale, il répond :

— Jus­te­ment. Colette a beau croire que je suis un grand fou, je n’ai tout de mème pas com­plè­te­ment per­du la tête, ni même la mémoire. Et c’est toute l’His­toire Sainte qui défi­lait sous mes yeux en sur­vo­lant ces grandes plaines. J’au­rais vou­lu vous avoir là, près de moi dans ma car­lingue, vous les petits, pour vous faire voir ce pays d’A­bra­ham.

Carte des voyages d'Abraham, d'Ur à Canaan

Cela me parais­sait mer­veilleux de son­ger aux dis­tances qu’il par­cou­rut pour obéir à Dieu. Moi, je les sur­vo­lais en quelques heures, mais lui…

Tâchez de le suivre avec moi.

Ber­nard sort de sa poche une carte d’é­tat major et l’é­tale sur ses genoux. Arri­vez ici, les petits. Regar­dez-moi ça. Habi­ter la Chal­dée, tra­ver­ser la Méso­po­ta­mie, reve­nir à Sichem, des­cendre en Égypte, et fina­le­ment s’ins­tal­ler dans cette val­lée que vous voyez là, près d’Hé­bron, dites-moi s’il y a beau­coup d’hommes aujourd’­hui à en faire autant ?

— Mais pour­quoi qu’il a cou­ru comme ça ? ques­tionne Bru­no de son petit air posé.

— Pour obéir à Dieu. Abra­ham a été l’o­béis­sance même, l’o­béis­sance héroïque.

— Raconte alors.

— Mais oui, je raconte. Seule­ment vous ne connais­sez que le cinq cents à l’heure ! D’a­bord, il faut savoir qu’A­bra­ham était un des­cen­dant de Sem et qu’à l’é­poque où il vivait en Chal­dée, les hommes étaient presque tous deve­nus plus ou moins ido­lâtres.

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Ima­gi­nez une de ces nuits d’Orient dont l’immensité bleue du ciel, d’une pure­té et d’une pro­fon­deur magni­fique, fait res­sor­tir des mil­liers d’étoiles. Une brise fraîche et légère monte du désert. Les jar­dins exhalent des effluves de roses de Damas et de jas­min. L’heure est pro­pice : de savants per­son­nages, des mages, l’air grave, scrutent les étoiles. La tra­di­tion chré­tienne en a fait des rois et les a nom­més Mel­chior, Gas­pard et Bal­tha­sar.

Ce sont des astro­nomes ou astro­logues, sans doute adon­nés aux arts divi­na­toires, prêtres de leur reli­gion, et donc de digni­té qua­si royale. Ils inter­rogent la voûte céleste depuis si long­temps, que rien, ou presque, ne leur est abs­cons : ni les constel­la­tions et conjonc­tions des pla­nètes, ni les comètes et les éclipses. Mais cette nuit-là, quelque chose d’étrange et d’inhabituel sur­vient… une étoile incon­nue les éblouit sou­dain, les attire, les appelle : est-ce le signe d’un évé­ne­ment impor­tant ?

Conte de l'Épiphanie : Étoile des rois mages

* * *

Les anciens pen­saient en effet que les étoiles diri­geaient la des­ti­né des hommes. Fébri­le­ment, ils cherchent dans les livres sacrés, les oracles des dieux, mais ceux-ci res­tent muets, comme s’ils étaient deve­nus hos­tiles. Mais l’étoile, la plus brillante de toutes, est tou­jours là, scin­tillant dans le ciel. Elle semble les attendre et même les défier. Les Mages res­tent pen­sifs et trou­blés.

C’est alors qu’une autre lumière, toute spi­ri­tuelle, semble se frayer un che­min dans les méandres de leurs croyances. Avec per­sé­vé­rance, ils cherchent encore. Enfin, ils croient avoir trou­vé la réponse dans les livres sacrés des Hébreux. Le pro­phète Balaam avait pré­dit cette étoile (Nb 24,17). « Ah, c’est donc la nais­sance d’un roi ? Mais qui peut-il bien être, puisque le ciel l’annonce d’une manière si écla­tante ? » se disent-ils. Faut-il vrai­ment entre­prendre un long et périlleux voyage pour hono­rer la nais­sance d’un roi incon­nu ? Est-ce rai­son­na­ble­ment envi­sa­geable ? Pour­tant l’astre écla­tant de lumière est tou­jours là, obsé­dant, les pro­vo­quant sans cesse. Une force les pousse… C’est déci­dé, ils partent !

* * *

Or, chose extra­or­di­naire, l’étoile semble les pré­cé­der, leur indi­quer le che­min. Leur voyage devient intem­po­rel, presque oni­rique : dans les nuits calmes et sereines, ponc­tuées de myriades d’étoiles, les Mages, tou­jours gui­dés par cette lumière inces­sante, sont seuls avec leurs pen­sées, avan­çant len­te­ment à tra­vers les éten­dues du désert. Cette soli­tude est pro­pice au recueille­ment, à la contem­pla­tion : du sable et le ciel, rien d’autre !

Dans l’intimité des bivouacs, ils échangent leur avis, leurs pen­sées, leurs doutes : mais enfin, que cherchent-ils ? Qu’aimeraient-ils trou­ver à la fin de leur quête ? Quelle sorte de roi vont-ils ren­con­trer ? La cara­vane conti­nue dans la nuit du monde : presque un par­cours ini­tia­tique. Ils vont d’oasis en oasis et tra­versent quelques vil­lages et villes dans les­quelles ils ne veulent sur­tout pas s’attarder de peur d’oublier leur but.

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Foi, espérance et charité.

Ange de l'Épiphanie, parlant aux rois magesComme chaque année, les trois Mages, Gas­pard, Bal­tha­zar et Mel­chior, gui­dés par l’étoile d’Orient qui flam­bait, plus que jamais, dans la nuit de nos temps, se diri­geaient avec la même fer­veur vers la crèche de l’Enfant Roi pour lui offrir leurs tra­di­tion­nels pré­sents – de l’or, de l’encens et de la myrrhe – lorsque, contre toute habi­tude, un ange leur appa­rut en che­min pour leur annon­cer que cette fois-ci l’Enfant dési­rait d’autres cadeaux qui ne lui soient pas des­ti­nés à lui, mais aux visi­teurs de sa crèche.

Les mages furent aus­si sur­pris que trou­blés et inter­ro­gèrent l’Envoyé :

Gas­pard — Com­ment ? D’autres cadeaux ? Et pas à LUI ? Pour­quoi ? Il n’apprécie plus nos cadeaux ? Il s’est las­sé de nous ?

L’ange — Non, non, pas du tout, au contraire, mais il s’est peut-être las­sé des mêmes cadeaux. De plus, il n’en veut pas pour Lui. Il est venu pour don­ner et se don­ner, pas pour rece­voir.

Bal­tha­zar — Mais quels autres cadeaux offrir ? Et à des visi­teurs ? Nous sommes déjà en route et nous allons presque arri­ver à Beth­léem ! Nous ne pou­vons pas rebrous­ser che­min, retour­ner en ville pour en cher­cher d’autres !

L’ange — Je sais, mais vous pour­riez pen­ser à des cadeaux imma­té­riels, que vous por­tez déjà en vous. C’est à vous de vous concer­ter et de les trou­ver. Je n’en dirai pas plus.

Et l’ange dis­pa­rut. Les Rois mages, encore sous le choc, échan­gèrent leurs émo­tions avant de se cal­mer pour échan­ger des idées :

Gas­pard — Mel­chior, tu as une idée ? Tu viens d’Europe, tu dois avoir plein d’idées !

Mel­chior — Mal­heu­reu­se­ment, ma région est cette année à court d’idées et aux prises avec des idéo­lo­gies. Mais nous gar­dons espoir…

Bal­tha­zar — Moi, je viens d’une région pauvre d’Afrique où nous avons plus besoin de res­sources que d’idées. La cha­ri­té manque.

Gas­pard — Moi, mon Asie natale est deve­nue une pépi­nière de croyances où cha­cun a son idée de Dieu. On ne s’en sort plus. Il faut s’armer de la vraie foi… Mais nous n’en sommes pas plus avan­cés, dans cet échange, pour trou­ver l’idée…

Mel­chior — Tiens, tiens…Tu viens de sor­tir une idée !

Gas­pard — Laquelle ?

Mel­chior — Tu as men­tion­né la foi… la vraie.

Gas­pard — C’est vrai, et Bal­tha­zar a men­tion­né la cha­ri­té !

Bal­tha­zar — Et toi, Mel­chior, tu as men­tion­né l’espoir ! Ça ne vous rap­pelle pas quelque chose ?

Et les trois s’exclamèrent en chœur :

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Ce soir-là, au châ­teau, le Roi Mar­son et la reine dînaient aux chan­delles. Les ménes­trels jouaient un air de man­do­line. On en était au des­sert.

Sou­dain, la reine dit :

— « Les fêtes de Noël approchent, Sire. »

— « Je sais, dit le roi. Et je n’oublie pas que nous régnons déjà depuis 25 ans. C’est l’occasion de faire plai­sir à nos sujets. »

Certes, l’occasion était rêvée, mais encore fal­lait-il trou­ver une idée ori­gi­nale, digne d’un roi.

Des idées, le roi n’en avait pas. Il n’en avait jamais et les pro­po­si­tions de la reine ne lui plai­saient guère. Quant aux ministres, ils se cas­saient bien la tête, mais ne trou­vaient rien d’extraordinaire. Fut alors appe­lé le seul vrai savant de la mai­son, maître Mer­lin. Il était un peu sor­cier et débor­dait d’imagination.

— « Moi, j’ai la solu­tion à votre pro­blème, sire ! » Et, il mon­tra un joli cof­fret pré­cieux rem­pli de pièces d’or et une clé.

— « Alors ? », fit le roi.

— « Alors ! Voi­ci une clé magique… Elle ne tourne dans la ser­rure que si celui qui l’a en main pense jus­te­ment ce qu’il faut pen­ser. Lui seul peut alors empor­ter le cof­fret et vivre riche. »

— « Mais, à quoi faut-il donc pen­ser ? » inter­ro­gea le roi.

— « Ah ! ça c’est un secret que je ne puis dévoi­ler ! C’est vos sujets qui doivent cher­cher ! », répon­dit Maître Mer­lin.

* * *

Cette idée plut au roi et à sa dame. Aus­si­tôt , un jeune trou­ba­dour par­cou­rut la ville pour en infor­mer les habi­tants.

Coffret magique à clef - Partage de Noël

Un cof­fret pré­cieux au palais ? Une clé à secret ? Empor­ter le conte­nu ? Pour tou­jours ? Une idée de maître Mer­lin ?.….