Il était seul au monde
Pénitence
« Tes références, garçon ? »

Pour la dixième fois, Paul se heurte à cette demande. Pour la dixième fois, il répond sourdement :

« Je n'en ai pas.

— Quoi ! Tu n'as jamais travaillé,
Si j'étais millionnaire !
« Aujourd'hui vous allez faire une rédaction », dit le maître en classe de Sixième. « Prenez vos cahiers et écrivez : Ce que je ferais si j'étais millionnaire. »

Oh ! pour une fois, c'était
Trois siècles de christianisme, à Pékin
XIV

Racontés par un cimetière : Jésuites et Lazaristes
Chala, dans Pékin, est, depuis plus de trois siècles, le champ d'honneur du catholicisme chinois. Par la volonté de l'empereur
Notre-Dame du Sacré-Cœur à Issoudun
Au cœur de la France, en Berry, la ville d'Issoudun est dominée par une blanche et légère église que surmonte la statue dorée du Sacré-Cœur. Les pèlerins qui pénètrent dans cette basilique
Pour trente billets
 

« C'est bien, dit l’officier, en considérant avec un étrange sourire le garçon debout devant lui ; nous allons voir… »

Il se frotte les mains et, se penchant vers son secrétaire, lui parle

Et maintenant une histoire ! Posts

Auteur : Martin, Samuel | Ouvrage : Autres textes .

Temps de lec­ture : 4 minutes

Il était une fois un homme et une femme qui venaient d’être chas­sés une fois de plus du seuil d’une hôtel­le­rie. « Il n’y a pas de place pour vous ! » avait dit, har­gneux, l’aubergiste, avant de cla­quer la porte. Avec la rapi­di­té propre à cet ani­mal, un chat s’était glis­sé hors de l’auberge juste avant que la porte ne se referme. Pour être exact, c’était une chatte de petite taille, avec des reflets roux et un jabot crème. Elle était mal nour­rie, mal trai­tée par l’aubergiste qui ne sem­blait l’avoir recueillie que pour en faire usage de souffre-dou­leur.

La petite chatte noire au jabot crème sui­vit le couple. Il parais­sait exté­nué. L’homme dit : « Arrê­tons-nous sous cet auvent. Il n’a pas l’air si mal. » Au bout de trois minutes la femme dit : « Il y a des cou­rants d’air ter­ribles. Ça n’ira pas. » Par ma mous­tache et mes reflets roux, se dit la petite chatte, si on me l’avait deman­dé, je vous l’aurais dit, moi, qu’à cet endroit le vent souffle froid.

L’homme, la femme – et la petite chatte que, pré­oc­cu­pés, ils n’avaient pas remar­quée – repar­tirent dans les rues. La femme dit : « Arrê­tons-nous dans ce caba­non. Nous y serons à l’abri du vent. » Au bout de deux minutes l’homme dit : « Quelle humi­di­té ! J’ai l’impression que mes os sont gla­cés. Ça n’ira pas non plus. » Par ma mous­tache et mon jabot, se dit la petite chatte, si vous me l’aviez deman­dé, je vous aurai ren­sei­gné : ce caba­non est l’endroit le plus humide du quar­tier.

| Ouvrage : Autres textes .

Temps de lec­ture : 6 minutes

Conte de Noël

Dans son corps dou­lou­reux, l’âme était triste et meur­trie.

Plus que du froid de la nuit, plus que des dou­leurs dans les jambes d’avoir tant mar­ché à tra­vers la ville, elle souf­frait d’un mal sourd et pro­fond.

En cette veille de Noël, l’âme en peine avan­çait par les rues, cher­chant à igno­rer la cause de sa souf­france.

Confession de Noël

Il y avait si long­temps qu’elle s’était éta­blie dans l’indifférence ! Quand était-elle donc allée s’agenouiller la der­nière fois dans un confes­sion­nal pour rece­voir le par­don de ses fautes ? Elle ne s’en sou­ve­nait plus, ni de la der­nière fois qu’elle avait prié…

Ne croyez pas que c’était l’âme d’un grand cri­mi­nel, non, c’était une per­sonne ordi­naire, qui menait sa petite vie, juste oublieuse de la loi de Dieu qu’elle avait sub­sti­tuée par son bon plai­sir, par son égoïsme et par toutes sortes de bas­sesses qui fai­saient comme un bruit de feuilles mortes pous­sées par les tour­billons d’un vent mau­vais.

— Était-ce un homme, était-ce une femme, me deman­de­rez-vous. Peu importe.

C’était une âme plon­gée dans la tris­tesse, fruit inévi­table et amer que pro­duit la conscience en voyant, sans même vou­loir se l’avouer, tout ce qu’elle a per­du en reje­tant l’amitié de Dieu.

Il y en a tant de ces âmes, endur­cies par l’habitude du scep­ti­cisme, dans les villes de notre pauvre France qui rede­vient païenne.

Toute la jour­née, elle s’était agi­tée pour réunir les der­niers pré­pa­ra­tifs de Noël. Car l’âme, mal­gré l’abandon de sa vie spi­ri­tuelle, se sou­ve­nait encore de la joie et de l’innocence de ses pre­miers Noëls.

Elle avait soif d’un bon­heur qui sem­blait lui échap­per de plus en plus et, dans la mesure du pos­sible, elle essayait de recréer autour d’elle l’ambiance des Noëls de son enfance.

Elle était assez douée pour cela et réus­sis­sait mal­gré tout à ras­sem­bler encore quelques amis et quelques fami­liers autour d’un sapin bien déco­ré, d’une petite crèche et d’un repas de fête qui n’était pas trop mélan­co­lique.

Mal­gré les années écou­lées, l’âme immor­telle gar­dait l’empreinte de l’enfant qu’elle avait été.

D’ailleurs, si vous prê­tez un peu d’attention aux âmes des adultes, vous ver­rez qu’en elles l’enfant n’est jamais très loin, même si les péchés les ont obs­cur­cies.

Cet enfant fini­ra-t-il un jour par se réveiller ?

Auteur : Goldie, Agnès | Ouvrage : Petites Vies Illustrées pour enfants .

Temps de lec­ture : 8 minutes

Cette his­toire com­mence qua­rante-sept ans après l’arrivée de saint Fran­çois-Xavier au Japon. L’apôtre des Indes n’y a pas­sé que deux ans et cela lui a suf­fi pour fon­der une Église flo­ris­sante. Vers 1595, on y compte 300.000 chré­tiens ; ce n’est pas pour plaire à l’Empereur, très fana­tique de ses idoles. Ordre est don­né aux mis­sion­naires de quit­ter le pays.

Voyez ce que dit l’Évangile du ber­ger qui s’enfuit devant le loup, et du Bon Pas­teur qui donne sa vie pour ses bre­bis. Bref ! Tous les mis­sion­naires res­tent à leur poste. Qu’arrive-t-il ? — Neuf d’entre eux sont arrê­tés ; des Fran­cis­cains, des Jésuites, dont un prêtre japo­nais.

Quinze chré­tiens sont arrê­tés aus­si. Par­mi eux, trois enfants de chœur : Louis, 11 ans, Antoine, 14, Tho­mas, 15. Les pri­son­niers sont ame­nés sur la grande place de Miya­do ; d’un coup de cou­teau, on leur coupe le bout de l’oreille ; le sang coule sur leurs joues, sur leur cou et sur leurs vête­ments : les voi­ci mar­qués comme vous avez pu voir les ani­maux des­ti­nés à l’abattoir.

La foule s’apitoie devant les trois enfants, et aus­si les bour­reaux : « Voyons Vous n’allez pas vous faire tuer ! Renon­cez à votre Dieu Nous vous relâ­che­rons aus­si­tôt »

Les trois gar­çons, pour toute réponse, chantent à tue-tête le Notre Père.

Bra­vo !

Main­te­nant, voi­là tous les déte­nus sur des cha­riots. On les pro­mène à tra­vers la ville, puis dans toutes les cités du sud, comme pour dire aux chré­tiens : « Voyez ce qui vous attend ! »

Les enfants chantent tou­jours !

« Toi du moins, dit le bour­reau à Louis, le plus jeune, va-t-en ! Tu es trop petit ! Nous ne vou­lons pas de toi ; » mais Louis reste.

Bien sûr, il pour­rait par­tir sans renier son Dieu, puisque, cette fois, la liber­té lui est offerte sans condi­tion, mais il se doute que les païens diront ensuite bien haut qu’il a renié sa foi. Et puis, quel scan­dale pour les chré­tiens qui pour­raient s’y trom­per ! Lui, un rené­gat ?… Trois fois non !!! Il pré­fère res­ter avec ses cama­rades.

Main­te­nant, c’est au trio que l’on pro­pose la liber­té. La nuit, leurs liens sont des­ser­rés ; la porte de leur pri­son reste ouverte, Dehors, c’est la vie sauve, le pain… et les trois gar­çons ne bougent pas. Ils mour­ront plu­tôt que de lais­ser croire aux païens et aux chré­tiens qu’ils ont tra­hi le Christ ! Quels cœurs vaillants n’est-ce pas !

La pro­me­nade à tra­vers le sud conti­nue. Il fait froid, il pleut… rien à man­ger… Défense aux chré­tiens mas­sés sur le par­cours, d’offrir aux condam­nés quoi que ce soit. Imi­tant Véro­nique au che­min de la croix, quelques intré­pides brisent le cor­don des sol­dats et donnent aux mal­heu­reux des vête­ments, des vivres. Deux sont pris. Désor­mais, ils seront vingt-six au lieu de vingt-quatre, sur les char­rettes.

Coloriage petits martyrs japonais embrassant la croix
Il court d’un trait vers elle, tombe à genoux et l’embrasse
Auteur : Ambert, Joachim .

Temps de lec­ture : 5 minutes

J’étais à Rome avec mon régi­ment, lorsque la guerre de 1870 fut décla­rée. Ren­trés en France, nous ser­vîmes de noyau au 13e corps d’armée, que for­mait le géné­ral Vinoy. Le jour de la bataille de Sedan, nous étions à Mézières et le bruit du canon arri­vait jusqu’à nous. Après l’admirable retraite du brave géné­ral Vinoy, notre bri­gade, for­mée des 34e et 42e, devint le noyau de l’armée pour la défense de Paris.

Après de nom­breux com­bats, mon bataillon avait été envoyé à Vitry. Nous construi­sions une redoute et quelques ouvrages défen­sifs, mais la sur­veillance dé l’ennemi inquié­tait nos tra­vailleurs.

L’ennemi choi­sis­sait les plus habiles tireurs prus­siens et bava­rois ; ils se glis­saient dans les moindres plis de ter­rain, homme par homme, et, s’abritant der­rière les haies ou se pla­çant dans des trous pra­ti­qués sous le sol, ils obser­vaient nos tra­vaux et nos mou­ve­ments, tirant à coup sûr et dis­pa­rais­sant ensuite.

Notre com­man­dant vou­lut oppo­ser à cette tac­tique téné­breuse ce qu’il nom­ma une contre-mine. Il fil appel aux hommes de bonne volon­té, tireurs expé­ri­men­tés et fai­sant bon mar­ché de leur vie. Je fus accep­té et pris rang par­mi ces « enfants per­dus ». Nous devions nous glis­ser en ram­pant jusqu’à une dis­tance pres­crite, obser­ver l’ennemi sans être vus, et ne faire feu que pour tuer et non pour brû­ler de la poudre. La der­nière recom­man­da­tion du com­man­dant fut d’en des­cendre le plus pos­sible, afin de les dégoû­ter du jeu. « Soyez tout yeux et tout oreilles, nous dit le com­man­dant, et n’oubliez pas que vous êtes entou­rés de gaillards qui ne vous ména­ge­ront pas. »

| Ouvrage : Les amis des Saints .

Temps de lec­ture : 4 minutes

Prier pour les fidèles défunt

La sainte com­mu­nion secourt admi­ra­ble­ment les âmes du pur­ga­toire. Le véné­rable Louis de Blois rap­porte dans un de ses livres, qu’un dévot ser­vi­teur de Dieu fut visi­té par une âme du pur­ga­toire, qui lui fit voir tout ce qu’elle souf­frait. Elle était punie pour avoir reçu la sainte com­mu­nion avec tié­deur. En puni­tion, Dieu lui avait ména­gé le sup­plice d’un feu dévo­rant, qui la consu­mait. « Je vous conjure donc, dit-elle, vous qui avez été mon ami, de com­mu­nier pour moi avec toute la fer­veur dont vous êtes capable ; j’espère que cela suf­fi­ra pour ma déli­vrance ». Celui-ci s’empressa de le faire. L’âme lui appa­rut de nou­veau, brillante d’un incom­pa­rable éclat, heu­reuse et pleine de recon­nais­sance. « Enfin, lui dit-elle, grâce à vous, je vois donc face à face mon ado­rable Maître », et elle s’envola au ciel. Saint Bona­ven­ture dit que la cha­ri­té devrait nous por­ter à com­mu­nier pour les défunts, parce qu’il n’y a rien de plus effi­cace pour leur repos éter­nel. Prions donc sans cesse pour eux et ils nous ren­dront au cen­tuple le bien que nous leur aurons fait.