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6 novembre 2026Le bienheureux Pierre-Louis-Marie Chanel

Pierre-Louis-Marie Cha­nel naquit le 12 juillet 1803, à Cuet, vil­lage du dio­cèse de Lyon ; il était le cin­quième de huit enfants. Il fit ses huma­ni­tés à Mexi­mieux et ses études théo­lo­giques au Grand Sémi­naire de Brou. Ordon­né prêtre le 15 juillet 1827, il fut d’a­bord vicaire d’Am­bé­rieu, puis curé de Cro­zet. Pris du désir de la vie reli­gieuse, il entra en 1831 dans la Socié­té de Marie. Après cinq ans de pro­fes­so­rat au Petit Sémi­naire de Bel­ley, il deman­da Les mis­sions d’O­céa­nie. Avec deux com­pa­gnons, on l’en­voya dans Pile de Futu­na. Le roi de l’île les héber­gea pen­dant deux ans. Mais il prit bien­tôt ombrage des pro­grès du chris­tia­nisme et ces­sa de ravi­tailler les mis­sion­naires, qui, pour sub­sis­ter, durent se mettre à défri­cher un champ de manioc. Pour les obli­ger à par­tir, on volait leurs fruits : un jour ils en furent réduits à man­ger leur chien pour ne pas mou­rir de faim. Ils tinrent bon et le petit groupe de fidèles ne ces­sa de s’ac­croître. Le roi, jaloux et furieux, déci­da la mort des mis­sion­naires. Le P. Cha­nel se tenait prêt. À quel­qu’un qui lui disait : « Pour­quoi vous don­ner tant de peine à tra­vailler, puisque nous allons mou­rir demain ? », il répon­dit aus­si­tôt « Eh bien ! ce ne sera pas le plus mau­vais de nos jours. Ne savez-vous pas la réponse de saint Louis de Gon­zague lors­qu’on lui deman­da ce qu’il ferait s’il devait mou­rir à l’ins­tant ? » Et, sans se trou­bler, le P. Cha­nel conti­nua à bêcher son jar­din. Le 28 avril 1841, à la pointe du jour, une horde sau­vage se jeta sur le mis­sion­naire et l’as­som­ma à coups de bâtons et de mas­sues. C’est ain­si que, sans une plainte, le P. Cha­nel ren­dit son âme à Dieu. Peu d’an­nées après ce drame, toute l’île “de Futu­na était chré­tienne, y com­pris les assas­sins du saint martyr.


Ouvrage : Un saint à votre nom | Auteur : Beurrier, Dom | Illustration : Dionnet, René
Archevêque de Milan
1538 – 1584
Fête le 4 novembre

Saint Charles Bor­ro­mée vécut en un temps où bien des choses allaient de tra­vers dans les affaires du monde et même dans celles de l’Église.

Fils du comte Gil­bert et de Mar­gue­rite de Médi­cis, sœur du pape Pie IV, il naquit au châ­teau-fort de Bor­ro­méo, près du lac Majeur, en Ita­lie du Nord, le 2 octobre 1538.

Le jeune Charles ne tira pas vani­té de sa noble nais­sance et ne se crut pas, pour autant, dis­pen­sé de tra­vailler. Au contraire, il était un élève très appli­qué et il rem­por­ta beau­coup de suc­cès. Notre étu­diant ache­vait ses études, quand son oncle fut élu pape, sous le nom de Pie IV.

Or Charles, depuis l’âge de dix ans, dési­rait deve­nir prêtre. Le pape, son oncle, le voyant ins­truit et dési­reux de ser­vir la sainte Église, le fit venir auprès de lui, à Rome.

Peu de temps après son arri­vée, il le nom­ma car­di­nal — le car­di­na­lat est une digni­té qui se don­nait même à des non prêtres. Il lui confia dif­fé­rentes charges impor­tantes, en par­ti­cu­lier l’ad­mi­nis­tra­tion de diverses provinces.

Mais, le jeune « prince de l’É­glise » avait encore des pro­grès à faire en sain­te­té. Il s’in­quié­tait trop de bien caser les membres de sa famille et per­dait beau­coup de temps à la chasse. Cepen­dant, il prit bien­tôt ses obli­ga­tions très au sérieux ; dès lors, il était sur le bon chemin.

La plus impor­tante de ses tâches fut l’a­chè­ve­ment du « Concile de Trente» — du nom de la ville de Trente, où avait lieu cette assem­blée. C’é­tait une réunion d’é­vêques qui tra­vaillaient aux affaires de l’É­glise. Le car­di­nal Bor­ro­mée s’y employa jour et nuit, et eut le bon­heur de réussir.

Après avoir si bien méri­té au ser­vice du pape et de l’É­glise, il fut ordon­né prêtre, devint évêque en 1563, et peu après, arche­vêque de Milan ; il avait vingt-cinq ans. À par­tir de cette date, il mena la vie aus­tère d’un véri­table saint.

Le jeune arche­vêque quit­ta Rome et alla demeu­rer à Milan, sa ville épis­co­pale, car c’est un devoir pour les pas­teurs de vivre au milieu de leurs brebis.

Ouvrage : Bayard | Auteur : Sève, André | Illustration : Hi-Ta

Le Troubadour d’Assise

Saint François chante le Cantique du Soleil

Un matin qu’il souf­frait d’une façon presque into­lé­rable, Fran­çois s’a­che­mi­na péni­ble­ment vers Saint-Damien. Il y avait là sainte Claire, dont j’au­rais vou­lu vous par­ler aus­si, mais ce sera pour une autre fois. Du haut du petit bal­con qui domine la plaine, Fran­çois res­pi­ra lon­gue­ment la fraî­cheur et l’al­lé­gresse de l’au­rore. Puis, sa voix,

qui était deve­nue si faible, retrou­va sou­dain la fer­me­té et le velou­té des années de jeu­nesse, et il chan­ta le Can­tique du Soleil. C’est un des plus beaux chants d’a­mour de Dieu jaillis du cœur d’un homme.

Loué sois-tu, ô mon Dieu ! et toutes tes créa­tures. Et d’a­bord mes­sire notre frère le Soleil ; il nous donne le jour et tu nous éclaires par lui ; il est beau et rayon­nant avec grande splen­deur : il est ton sym­bole, ô Très-Haut !

Loué sois-tu, mon Dieu, pour notre sœur la Lune et nos sœurs les Étoiles, pré­cieuses et belles.

Loué sois-tu, mon Dieu, pour notre frère le Vent, pour l’air et les nuages, et le ciel bleu et tous les temps, par les­quels toutes les créa­tures peuvent vivre.

Loué sois-tu, mon Dieu, pour notre sœur l’Eau, qui est ser­viable, humble, fraîche et pure.

Loué sois-tu, mon Seigneur, pour ceux
qui pardonnent par amour pour toi
Ouvrage : Bayard | Auteur : Sève, André | Illustration : Hi-Ta

Le Troubadour d’Assise

Saint François prêche les croisés

Les Frères deve­naient si nom­breux qu’à la Pen­te­côte 1219 on put en comp­ter plus de 3 000 qui cam­pèrent dans les bois de la Por­tion­cule. On déci­da d’en­voyer des mis­sion­naires à Tunis, au Maroc et en Égypte. Fran­çois prit la tête de l’ex­pé­di­tion d’É­gypte, et il arri­va un beau jour au milieu des Croi­sés qui fai­saient le siège de Damiette.

Vous com­pre­nez bien qu’il n’é­tait pas venu pour faire la guerre, mais pour conqué­rir des âmes à Dieu. II s’oc­cu­pa d’a­bord des chevaliers : 

— Vous por­tez une croix sur vos habits : il fau­drait aus­si la por­ter dans le cœur. Mal­heur à celui qui ne se bat pas pour déli­vrer le Tom­beau du Christ, mais pour la vio­lence et la rapine !

Puis il fait une chose folle. Le voi­là qui s’en va vers les tentes des Maures en criant :

— Sul­tan ! Sultan !

Sur­pris, les Sar­ra­sins, tout en le mal­me­nant, le conduisent quand même devant Malek-el-Kamil. Le sul­tan regarde un moment ce petit homme maigre qui a osé venir jus­qu’à lui. Un signe, l’éclair

Saint François parle au sultan
Ouvrage : Tout l'Évangile en images | Auteur : Baeteman, R. P. J.

Un roi vou­lant régler ses comptes, fit appe­ler ses ser­vi­teurs. L’un d’eux lui devait envi­ron dix mille talents, somme très forte. Il obtint par ses ins­tantes sup­pli­ca­tions d’être déchar­gé de cette dette énorme. Mais, étant sor­ti, ce ser­vi­teur ren­con­tra un de ses com­pa­gnons qui lui devait cent deniers, quatre-vingt de…

Ouvrage : Bayard | Auteur : Sève, André | Illustration : Hi-Ta

Le Troubadour d’Assise

Le loup de Gubbio

Un triste jour d’hi­ver, Fran­çois s’en allait vers Gub­bio. Mais voi­ci que par­tout on lui dit de rebrous­ser che­min. Un loup ter­rible, bien plus fort et plus mau­vais que les autres, sème la ter­reur à Gub­bio et aux environs.

— On n’ose plus sortir !

— Je vais m’oc­cu­per de ça, dit François.

Et le voi­là par­ti à la recherche du loup. Pas dif­fi­cile de le trou­ver, avec ses traces dans la neige. D’ailleurs, sûr de sa force, il ne se cachait guère. Dans une clai­rière, ils se trou­vèrent subi­te­ment face à face la grande bête mau­vaise et le petit Frère aux yeux rayonnants.

Ils se regar­dèrent un moment sans bou­ger. Puis Fran­çois fit un grand signe de croix.

— Frère loup, approche !

Len­te­ment, comme à regret, mais déjà obéis­sant, il avance et paraît plus énorme encore près du ché­tif Fran­çois. Il se couche à ses pieds comme un chien fidèle qui aurait fait des bêtises.

Le loup se soumet à saint François