La légende du quatrième Roi Mage
La nuit était froide et le ciel d'Orient éclatait en myriades d'étoiles plus belles les unes que les autres. Balthazar, Gaspard et Melchior étaient sortis sur la terrasse de leur palais,
Les rois mages
À la rencontre des Rois. – La crèche.
– C'est demain la fête des Rois Si vous voulez les voir arriver, allez vite à leur rencontre, enfants, et portez-leur quelques présents.

Voilà, de notre temps,
Dans les coffres du roi Melchior
Épiphanie
Sa maigre figure de petite fille misérable collée aux barreaux de la grille en bois doré, Azia suit de ses yeux tristes, un peu bridés, le remue-ménage insolite du palais royal.
Conte de l’Epiphanie
Imaginez une de ces nuits d’Orient dont l’immensité bleue du ciel, d’une pureté et d’une profondeur magnifique, fait ressortir des milliers d’étoiles. Une brise fraîche et légère monte du désert.
Un enfant Jésus inédit !
La charité
Dis, maman... il ne sera pas en retard le train ? »

Pour la dixième fois depuis une heure Gilberte pose la même question à sa maman !

« Je l'espère, ma chérie », répond Mme Delvart

Et maintenant une histoire ! Posts

Auteur : De Gaulle, Joséphine-Marie | Ouvrage : Autres textes .

Temps de lec­ture : 11 minutes

(pre­mière par­tie)

« Quelle scène sublime dans sa sim­pli­ci­té ! fait obser­ver M. le comte Lafond. Au pre­mier plan, sur le seuil de la grange, étaient les enfants, les mains jointes, les yeux tout grands ouverts, et rece­vant en plein cœur la mys­té­rieuse lumière qui jaillis­sait de l’ap­pa­ri­tion, et que réver­bé­raient leurs naïves figures. 

« Sur le second plan, dans l’in­té­rieur de la grange ouverte, était le groupe des hommes, des femmes et des reli­gieuses, et, au milieu de ce groupe, le véné­rable pas­teur du Pont­main, pros­ter­né jus­qu’à terre.

« Et plus loin, dans la pénombre, les bes­tiaux de Bar­be­dette, rumi­nant en silence.

« Ne se croi­rait-on pas trans­por­té à cette nuit mémo­rable où les ber­gers de la Judée, aver­tis par des anges envi­ron­nés d’une lumière divine, vinrent ado­rer Jésus dans l’é­table de Bethléem ? »

Alors, comme si la prière ajou­tait à sa gloire la belle Dame gran­dit et s’é­le­va plus haut dans le ciel.

« Elle est main­te­nant, dirent les enfants, deux fois grande comme sœur Vitaline. »

« Le cercle bleu, disaient les petits voyants, s’é­ten­dait en pro­por­tion de l’a­gran­dis­se­ment de l’ap­pa­ri­tion. Les étoiles du temps, selon leur expres­sion, se ran­geaient vive­ment comme pour lui faire place, et venaient deux à deux se ran­ger sous les pieds de la Vierge. » Ce mou­ve­ment d’é­toiles était éga­le­ment invi­sible pour les assistants.

D’autres étoiles se mul­ti­pliaient sur la robe qui en était déjà par­se­mée, « Y en a‑t-il ! y en a‑t-il ! criaient les enfants ; c’est comme une four­mi­lière.… elle est bien­tôt toute dorée. »

Désor­mais per­sonne ne dou­tait plus : l’en­thou­siasme des enfants se com­mu­ni­quait à la foule recueillie. Tous sont debout : la sœur Marie-Edouard entonne le Mag­ni­fi­cat, pour­sui­vi par toutes les voix ensemble. Le pre­mier ver­set s’a­che­vait à peine, que les quatre enfants (le petit Fri­teau n’é­tait plus là) s’é­crièrent tous à la fois : « Oh ! voi­là encore quelque chose qui se fait !.… »

Un grand écri­teau blanc, large d’en­vi­ron un mètre cin­quante cen­ti­mètres, qui s’é­ten­dait d’une extré­mi­té à l’autre de la mai­son Gui­de­coq, appa­rut au-des­sous des pieds de la Dame et du cercle bleu,.

Il sem­blait aux enfants qu’une main invi­sible tra­çât len­te­ment, sur ce fond d’une écla­tante blan­cheur, de beaux carac­tères d’or, des majus­cules, comme dans les livres. Ce furent suc­ces­si­ve­ment un M, un A, un I, puis un S.

Ce mot MAIS res­ta d’a­bord seul pen­dant dix minutes. Pen­dant ce temps d’ar­rêt, vint à pas­ser un habi­tant du bourg, Joseph Babin, qui s’en reve­nait du dehors.

Sur­pris de ces ras­sem­ble­ments et de ces chants : « Vous n’a­vez qu’à prier, dit-il, les Prus­siens sont à Laval ! »

Cette nou­velle, de nature à trou­bler toute la popu­la­tion, ne cau­sa pas le moindre effroi. Inter­prète du sen­ti­ment géné­ral, une femme répon­dit : « Eh bien ! quand même les Prus­siens seraient à l’en­trée du vil­lage, nous n’au­rions pas peur ; la sainte Vierge est avec nous. »

Bien­tôt infor­mé de ce qui se passe, ce brave homme par­tage cette confiance, et se mêle au groupe pour prier.

La nou­velle de l’oc­cu­pa­tion de Laval était heu­reu­se­ment fausse. Les Prus­siens n’y entrèrent pas, grâce, sans doute, au pèle­ri­nage et à la pro­tec­tion de Notre-Dame d’Avesinières.

Le Mag­ni­fi­cat ache­vé, la phrase sui­vante brillait sur l’écriteau :

MAIS PRIEZ MES ENFANTS.

Cent fois, les enfants, inter­ro­gés par le curé, les sœurs et les assis­tants, épe­lèrent ces mots sans hési­ta­tion ni contra­dic­tion aucune. 

L’é­mo­tion géné­rale était pro­fonde ; il n’y avait plus d’in­cré­dules, et presque tous pleuraient.

La belle Dame sou­riait toujours.

Il était envi­ron sept heures et demie ; il y avait deux heures que durait l’apparition.

On ouvrit alors le grand por­tail de la grange, dans laquelle envi­ron soixante per­sonnes avaient cher­ché un abri contre le froid rigou­reux. À l’en­trée, on avait appor­té des chaises, sur les­quelles les enfants prirent place. Ils se levaient sou­vent pour mani­fes­ter, par des gestes expres­sifs, les sen­ti­ments d’ad­mi­ra­tion que leur ins­pi­rait le magni­fique spec­tacle qu’ils avaient seuls le pri­vi­lège de voir.

« II faut, dit le véné­rable curé, chan­ter les lita­nies de la sainte Vierge, et la prier de faire connaître sa volonté. »

Sœur Marie-Edouard com­men­ça les lita­nies. À la pre­mière invo­ca­tion, les enfants s’é­crièrent vivement :

« Voi­là encore quelque chose qui se fait. Ce sont des lettres. C’est un D. »

Et ils nom­mèrent suc­ces­si­ve­ment, et à qui le pre­mier, les lettres des mots sui­vants, com­plè­te­ment tra­cés à la fin des litanies :

DIEU VOUS EXAUCERA EN PEU DE TEMPS.

Auteur : De Gaulle, Joséphine-Marie | Ouvrage : Autres textes .

Temps de lec­ture : 13 minutes

[Mar­di 17 jan­vier], après la classe du soir, vers cinq heures et demie, les deux petits gar­çons entrèrent dans la grange avec leur père. À la lueur pâle et vacillante d’un flam­beau de résine, ils sai­sirent les longs mar­teaux de bois qui ser­vaient à piler les ajoncs, et tous trois se mirent à cette beso­gné pour don­ner à leurs che­vaux la ration du soir,

Le tra­vail fut bien­tôt inter­rom­pu par l’ar­ri­vée d’une femme du bourg, qui avait à par­ler au père Bar­be­dette. C’é­tait Jean­nette Détais, l’en­se­ve­lis­seuse des morts du vil­lage. Pen­dant cet ins­tant de répit, Eugène s’a­van­ça vers la porte, res­tée entr’ouverte.

« J’al­lais, disait-il, tout sim­ple­ment pour voir le temps. »

La nuit, une claire et froide nuit de jan­vier, était venue. Dans l’im­men­si­té des cieux scin­tillaient dès mil­liers d’é­toiles, dont la clar­té était reflé­tée par la neige qui cou­vrait la terre. L’en­fant admi­rait ce ciel, il lui sem­blait qu’il n’a­vait jamais vu autant d’é­toiles. Mais bien­tôt il fut absor­bé par un spec­tacle bien plus beau et plus étonnant :

Tout à coup, à vingt pieds envi­ron au milieu et comme au-des­sus du toit d’Au­gus­tin Gui­de­coq, il aper­çut une belle grande Dame. Sa robe bleue, par­se­mée d’é­toiles d’or, sans taille et sans cein­ture, comme une aube sacer­do­tale, tom­bait du cou jusques aux pieds. Les manches étaient larges et pen­dantes comme celles des anciens sur­plis. Les chaus­sures étaient bleues comme la robe et sur­mon­tées d’un ruban d’or for­mant rosette. Un voile noir, cachant entiè­re­ment les che­veux et les oreilles, et cou­vrant le tiers du front, retom­bait sur les épaules jus­qu’à la moi­tié du dos, ce dont on s’as­su­rait, par les deux extré­mi­tés qui res­sor­taient, les bras étant abais­sés. Immé­dia­te­ment reje­té en arrière, ce voile lais­sait la figure à décou­vert. Sur la tête, la Dame por­tait une cou­ronne d’or, sans autre orne­ment qu’un petit lise­ré rouge, situé à peu près au milieu. Cette cou­ronne s’é­va­sait par le haut comme la corolle d’un lis. La figure de la Dame, blanche et lumi­neuse, était petite et d’une incom­pa­rable beau­té. Elle avait les mains éten­dues et abais­sées, comme on a cou­tume de repré­sen­ter Marie-Imma­cu­lée. Elle regar­dait l’en­fant et souriait.

Eugène pen­sa que cette vision était l’an­nonce de là mort de son frère, dont on n’a­vait pas de nou­velles depuis trois semaines. Il n’a­vait pas peur cepen­dant, parce que, disait-il, la Dame riait.

Jean­nette sor­tit en ce moment de la grange ; l’en­fant l’ar­rê­ta sur le seuil, et appe­la son atten­tion sur la par­tie du ciel qui s’é­ten­dait au-des­sus de la mai­son Gui­de­coq. « Ma foi, mon pauvre Eugène, répon­dit-elle après avoir bien regar­dé, je ne vois abso­lu­ment rien. »

Ce petit col­loque avait atti­ré le père et le petit Joseph. Bar­be­dette ne vit rien, non plus que Jean­nette ; Joseph aper­çut la même vision que son frère, et la décri­vit exac­te­ment de même.

Le père, ne voyant rien, s’i­ma­gi­na que ses fils fai­saient des contes, et leur inti­ma l’ordre de reve­nir piler des ajoncs. Habi­tués à obéir sans réplique, les enfants ren­trèrent tout de suite dans la grange.

Cepen­dant, à peine avaient-ils don­né quelques coups de piloches, que le père, comme pous­sé par une secrète ins­pi­ra­tion, envoya Eugène s’as­su­rer si la vision était encore là. L’en­fant obéit avec empres­se­ment et décla­ra que c’é­tait encore tout pareil.

Com­men­çant à soup­çon­ner qu’il se pas­sait réel­le­ment quelque chose d’ex­tra­or­di­naire, Bar­be­dette dit à Eugène d’al­ler dire à sa femme Vic­toire, de se rendre à la grange, sans tou­te­fois la pré­ve­nir de quoi il était question.

Pro­fi­tant de cette inter­rup­tion nou­velle, le petit Joseph était retour­né contem­pler la belle Dame, et la mère sur­vint au milieu de ses excla­ma­tions de joie et d’admiration.

Ne dis­tin­guant rien, non plus que son mari, elle sus­pec­ta un moment la sin­cé­ri­té des enfants ; mais, bien­tôt émue par leur per­sé­vé­rant témoi­gnage, et réflé­chis­sant qu’elle ne les avait jamais sur­pris en men­songe, elle sus­pen­dit son jugement :

« C’est peut-être bien la sainte Vierge qui nous appa­raît, dit-elle. Puisque vous dites que vous la voyez, disons cinq Pater et cinq Ave en son honneur. »

Pontmain, les adultes ne voient rien.

Cepen­dant les cris de joie des enfants avaient été enten­dus, et les voi­sins se pré­sen­tèrent sur le seuil de leurs portes, disant :

« Que voyez-vous ? Qu’est-ce qu’il y a ? —Ce n’est rien, dirent le père et la mère Bar­be­dette, ce sont les petits gars qui affolent ; ils disent qu’ils voient quelque chose ; et nous, nous ne voyons rien. »

Et ils fer­mèrent la porte de la grange et réci­tèrent les cinq Pater et les cinq Ave.

« Regar­dez, dit ensuite Vic­toire à ses enfants, si vous voyez encore. »

Ceux-ci répon­dirent affirmativement.

S’i­ma­gi­nant qu’elle dis­tin­gue­rait mieux au moyen de ses lunettes, la bonne femme alla les cher­cher. Cette fois elle ame­na sa ser­vante qui, non plus qu’elle, ne put rien apercevoir.

Dou­tant encore de la sin­cé­ri­té des deux enfants, les parents les obli­gèrent à ren­trer dans la grange. Au bout de cinq minutes leur besogne fut finie ; la soupe était trem­pée. On leur com­man­da de venir sou­per. Pour la pre­mière fois de leur vie, il leur en coû­tait d’o­béir. Ils s’en allaient len­te­ment, presque à recu­lons, regar­dant tou­jours la belle Dame, et témoi­gnant que, si cela dépen­dait d’eux, ils res­te­raient là. « Oh ! que c’est beau ! que c’est beau ! » ne ces­saient-ils de s’écrier.

Auteur : Rosmer, Jean | Ouvrage : La semaine de Suzette .

Temps de lec­ture : 8 minutes

Le sixième jour du mois de jan­vier 1663, le roi Louis XIV avait convié le ban et l’ar­rière-ban de ses cour­ti­sans à une splen­dide par­tie de chasse qu’il don­nait, en l’hon­neur de la fête des rois, dans la forêt de Fon­tai­ne­bleau. Les invi­tés, mas­sés dans la cour d’hon­neur du châ­teau, vêtus de somp­tueux cos­tumes de velours bro­dés d’or et d’argent et mon­tés sur de superbes cour­siers, atten­daient la venue de Sa Majes­té en devi­sant des mille petites his­toires de la cour.

Sou­dain, la grande porte du ves­ti­bule s’ou­vrit à deux bat­tants et l’huis­sier de ser­vice, s’a­van­çant sur le per­ron, annonça :

— Mes­sieurs, le roi ! 

Aus­si­tôt, toutes les têtes se décou­vrirent et le silence se fit tan­dis que le monarque puis­sant s’ap­pro­chait de sa mon­ture, la cares­sait dou­ce­ment du bout de sa main gantée. 

Puis, sai­sis­sant à poi­gnée la cri­nière soyeuse du bel ani­mal, il enga­gea son pied dans l’é­trier et s’é­lan­ça en selle. Mais celle-ci, sans doute mal atta­chée, tour­na sur elle-même, une cour­roie se rom­pit et le roi serait infailli­ble­ment tom­bé tout de son long sur le pavé, si ses fami­liers ne s’é­taient pré­ci­pi­tés pour le sou­te­nir et l’empêcher de choir. 

Louis XIV était fort orgueilleux de ses talents de cava­lier et son amour-propre fut cruel­le­ment bles­sé par cet inci­dent qui met­tait sa digni­té presque en échec. Mais, comme il était très maître de lui-même, il se gar­da bien de for­mu­ler la moindre réflexion, se conten­tant de fixer, d’un air cour­rou­cé, le grand écuyer de la cou­ronne, sous la sur­veillance de qui les écu­ries étaient placées.

Puis, lorsque l’ac­ci­dent fut répa­ré, il sau­ta sur son che­val et don­na le signal de départ.

| Ouvrage : Autres textes .

Temps de lec­ture : 4 minutesLa rumeur s’est répan­due aux quatre coins du monde. Et là, je suis intri­gué par mon maître que je trouve de plus en plus agi­té. En fait, il n’y tient plus depuis qu’il a repé­ré cette étoile nou­velle, plus grande et plus brillante que les autres. Et le voi­là tout impa­tient de prendre la route pour, d’abord, rejoindre Mel­chior et Gas­pard. Les mages !

Oui mon maître est mage. Je pour­rais dire aus­si que c’est un grand sage même si dans l’immédiat, je le trouve bizarre. Il me parle d’un nou­veau-né qui est fils de Dieu, qu’il va le rejoindre, gui­dé par l’étoile du ber­ger et qu’il lui offri­ra ce qu’il a de plus pré­cieux : de la myrrhe.

Un nom du pays breton

C’est très confus pour moi tout cela. Là, je l’entends pro­je­ter d’aller jusqu’à l’enfant né… mais sans moi ! Pour­tant, Bal­tha­zar, je ne le lâche jamais, je le suis par­tout, je l’écoute et com­pa­tis quand il faut. Je le dis­trais de mes sauts, je suis tou­jours prêt à être cares­sé, à jouer dès qu’il en a l’humeur, je hoche la tête lorsqu’il me parle, me colle à lui si je le sens attristé.Oui, je peux être aus­si un peu sans gêne et n’en fais par­fois qu’à ma tête, mais je reste d’une fidé­li­té abso­lue depuis qu’il m’a adop­té lors d’un voyage dans le grand Ouest… J’accours dès que mon maître dit mon nom « Dege­mer, Dege­mer ! 1 » (encore un nom rame­né de mon pays breton).

De l’or, de l’encens et de la myrrhe

Les rois mages en route suivant l'étoile

Bal­tha­zar renonce à m’emmener sous pré­texte que la route est trop longue pour le chien que je suis ! Mais je veux le voir ce Divin Enfant ! Et puis la nature m’a doté de bien longues et solides pattes, ce n’est pas pour res­ter bête­ment dans mon panier.Un matin, Bal­tha­zar part pour la grande tra­ver­sée du désert jusqu’au pays de Judée. Il ignore alors que je le suis de loin en loin. Je trotte, je n’arrête pas de trot­ter. Les jours pas­sant, la cha­leur, la dure­té des pierres et les sables des dunes rendent le tra­jet dif­fi­cile. Je souffre à en user mes pattes sur ces che­mins rocailleux. Les semaines suc­cèdent aux jour­nées inter­mi­nables et enfin, me voi­là devant la crèche.

Notes :

  1. bien­ve­nue en bre­ton.
Auteur : Pourrat, Henri .

Temps de lec­ture : 3 minutesI

l y avait une fois… C’é­tait la grande fois, celle du pre­mier Noël. Il y avait une fois les oiseaux, tout le peuple qui vole et chante, l’a­louette, la seule qui chante en volant, et tous les autres.

Ils sont venus à crèche avant les ber­gers et les mages. C’est le coq Chante-Matin qui les a éveillés au pre­mier gris de l’aube.

Diu is nas­cu – u‑u-u !

Dieu est né !… Le bœuf pesam­ment s’est mis sur pied.

Meuh ! meuh ! Hou ! Et où donc ?

La chèvre, tou­jours en fièvre bêlait déjà :

Bé‑é ! À Bé-éth-lé-em !

Et l’âne en bon vou­loir, de secouer ses oreilles et de braire :

I cau ana ! I cau ana !

Conte de Noël - les animaux : le boeuf