Les animaux chez les saints
Au Paradis terrestre, Adam et Ève ne se nourrissaient que de fruits et de légumes. Ils n'avaient donc pas à tuer les animaux qui, de ce fait, ne les craignaient pas et qui vivaient tous en
VII. La purification de la Sainte Vierge
Après le départ des Mages, le temps arriva où, selon la loi de Moïse, Marie dut aller à Jérusalem pour présenter l’Enfant Jésus au Temple et offrir un sacrifice. Joseph et Marie
Saint François Xavier, l’apôtre de l'Asie
X

L'Espagne missionnaire : Les jésuites, saint Ignace, saint François Xavier. — Les dominicains : saint Louis Bertrand. — Les franciscains : saint François de Solano.
Dans
L'eucharistie en Australie
XXIV
C'est une fort grande ville que le Sydney d'aujourd'hui ; mais à son origine, la population de cette cité fut une population de déportés, de convicts, comme les Anglais les appelaient.
Muguet joli, muguet de Mai
Premier Mai
 

Il faisait un temps affreux, ce soir-là, dans la vallée d'Alpenrose. Dès la nuit venue, le vent était tombé des montagnes environnantes, s'abattant avec des rafales de
Le brigand Nicolas
C'est une histoire vraie.

Au temps de la Seigneurerie de Sienne, au 14e siècle, Nicolas le brigand avait tant commis de crimes que le seigneur de la cité le fit arrêter, condamner : Nicolas Tuldo
Des guerres de religion et quelques grands saints
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Au grand complet, la famille est allée dire adieu à Yvon, au Séminaire Français. En cheminant sur la route du retour, papa tient à faire remarquer que la fondation

Et maintenant une histoire ! Posts

Auteur : Fleury Marduel | Ouvrage : Petites Vies Illustrées pour enfants .

Saint Jean l’Évangéliste est un des douze Apôtres aux­quels Jésus a confié son Église. On l’a appe­lé « l’Évangéliste », parce qu’il a écrit l’un des quatre Évan­giles, livres où nous pou­vons lire la vie de Jésus.

Le papa de Jean s’appelait Zébé­dée ; il était pêcheur et lan­çait ses filets sur les bords du lac de Tibé­riade, un lac si grand qu’on l’appelait quel­que­fois « la mer de Gali­lée » 1 ; il avait des ouvriers pour l’aider et aus­si ses deux fils, Jacques et Jean. Il y avait beau­coup de pois­sons dans ce lac et on les ven­dait bien : c’était donc un tra­vail impor­tant.

Nous savons qu’une autre famille de pêcheurs y tra­vaillait éga­le­ment ; il s’agissait d’un autre Jean qui avait aus­si deux fils : Simon et André. Ces deux familles vivaient en grande ami­tié et s’entraidaient sou­vent dans leurs pêches.

Tout petits, ces gar­çons ont dû jouer sou­vent ensemble ; Simon aimait beau­coup son petit ami Jean qui était le plus jeune de la bande et celui-ci le lui ren­dait bien.

Quand ils furent plus grands, ils enten­dirent par­ler de Jean-Bap­tiste qui appre­nait à ceux qui venaient l’écouter à deve­nir meilleurs et à aimer Dieu de tout leur cœur. Il annon­çait aus­si une belle et grande nou­velle : la venue pro­chaine du Mes­sie, Sau­veur pro­mis dans la Bible et que tous les Juifs atten­daient, d’autant plus que leur pays avait été pris et occu­pé par les Romains et qu’ils espé­raient que le Mes­sie les déli­vre­rait.

Saint Jean, Le premier apôtre à suivre Jésus - Histoire du Nouveau Testament pour les enfants

 

Jean fait la connaissance de Jésus

Les quatre amis devinrent les dis­ciples de Jean-Bap­tiste, tout en conti­nuant à tra­vailler avec leur père. Or, un jour, Jean-Bap­tiste mon­tra à ceux qui l’entouraient un Juif qui s’était joint à eux et il décla­ra : « Voi­ci l’Agneau de Dieu, celui qui ôte les péchés du monde » ; il vou­lait faire com­prendre que le Mes­sie était celui-là.

Jean et son ami André l’entendirent et sui­virent Jésus qui se retour­na et leur deman­da : « Que vou­lez-vous ? »

Embar­ras­sés, ils dirent seule­ment : « Maître, où demeures-tu ? »

— Venez et voyez, répon­dit Jésus.

Alors tous deux l’accompagnèrent et pas­sèrent avec lui la fin de la jour­née ; ils en étaient si contents que, tout de suite, André alla dire à son frère Simon : « Nous avons trou­vé le Mes­sie. » On peut pen­ser que, de son côté, Jean alla trou­ver son frère Jacques car, depuis ce moment, tous les quatre sui­virent Jésus ; Jean et André furent donc les pre­miers Apôtres.

Jean est appe­lé dans l’Évangile : « le dis­ciple que Jésus aimait », sans doute parce qu’il était, plus que les autres dis­ciples très aimant et ardent, peut-être aus­si parce que, très jeune encore, il ne vou­lut dès lors jamais prendre femme afin de réser­ver son cœur entiè­re­ment au Sei­gneur. C’est lui qui nous a racon­té le pre­mier des miracles de Jésus ; c’était à Cana, en Gali­lée, lors d’un repas de noces.

Notes :

  1. La Gali­lée est une par­tie de la Pales­tine.
Auteur : Daniel-Rops | Ouvrage : Légende dorée de mes filleuls .

Ces deux hommes sérieux qui, par un clair matin, marchent sur la voie romaine de Paris à Rouen, qui sont-ils ? À leur man­teau bleu de lin, à leur tunique de même teinte, vous recon­nais­sez des évêques, car cette cou­leur est alors réser­vée aux chefs de l’Église chré­tienne. L’un est grand et maigre, noueux comme un vieil arbre : c’est Loup, évêque de Troyes, en Cham­pagne ; l’autre, plus petit, plus mince, plus alerte, est l’évêque d’Auxerre, Ger­main (celui que les Pari­siens appellent saint Ger­main l’Auxerrois). Ils ont quit­té la ville avant le jour, dési­reux d’atteindre pour midi le bourg d’Argenteuil où l’on vénère une pré­cieuse relique de saint Denis, pre­mier évêque de Paris et glo­rieux mar­tyr. Au lever du soleil ils ont réci­té leurs prières au pied des trois grandes croix qui se dressent sur la butte raide qu’on nomme Mont Valé­rien. Puis ils ont repris le che­min, à tra­vers les belles prai­ries où paissent des trou­peaux nom­breux. C’est le prin­temps, un de ces jolis prin­temps de la région pari­sienne, plein d’air vif, de sou­rires, de chants d’oiseaux.

Pour­tant la dou­ceur exquise de cette mati­née ne semble pas rendre bien gais ces deux pré­lats. De quoi parlent-ils donc qui les inquiète tant ? Il faut avouer qu’en cette année 432 les causes de sou­cis ne manquent pas pour qui­conque sait un peu obser­ver et réflé­chir. Depuis plus de vingt-cinq ans, toute l’Europe Occi­den­tale subit une pénible épreuve : les Grandes Inva­sions ont com­men­cé. Les Ger­mains, dont depuis des siècles les légions romaines main­te­naient les tri­bus en res­pect par delà le Rhin et le Danube, ont réus­si à fran­chir les for­ti­fi­ca­tions, à ouvrir des brèches dans le front des armées et, comme d’énormes vagues suc­ces­sives, ils ont défer­lé à tra­vers les plus belles pro­vinces de l’Empire. Wisi­goths, Ostro­goths, Van­dales, Bur­gondes ; les noms dif­fèrent et même les aspects, mais ce sont tou­jours des conqué­rants, des occu­pants, plus ou moins pillards, plus ou moins vio­lents, qui s’installent dans toutes les meilleures villes et réqui­si­tionnent tout ce dont ils ont envie. Jus­te­ment, sur la route, en voi­ci une troupe, des Alains sans doute, grands, blonds, aux yeux bleus, par­lant une langue rauque. Mal­heur ! L’Empire, le glo­rieux Empire de Rome au pou­voir de ces Bar­bares !

Mais y a-t-il encore même un Empire ? Rome, qui a été l’orgueil du monde, est presque une ville morte ; au lieu d’un mil­lion d’âmes, à peine en compte-t-elle cin­quante mille. À Ravenne, la nou­velle capi­tale, les des­cen­dants indignes des grands Empe­reurs perdent tout leur temps dans la débauche, les intrigues, les révo­lu­tions de palais. Ce sont des chefs ger­ma­niques qui com­mandent les légions romaines ! Et les deux évêques, en évo­quant ces faits dou­loureux, se disent l’un à l’autre que tout cela a été vou­lu par la Pro­vi­dence. L’orgueilleux Empire des Fils de la Louve, qui a cru pou­voir arrê­ter dans sa marche l’Évangile du Christ, qui a tor­tu­ré, mar­ty­ri­sé les saints de Dieu, est en train d’expier ses crimes : la jus­tice du Sei­gneur le veut ain­si.

Tout est-il per­du cepen­dant ? Non. Dans ce monde qui s’écroule une grande force demeure intacte : celle de l’Église. Sous la direc­tion de leurs évêques, et d’abord du pre­mier d’entre eux, le Pape, les chré­tiens, extrê­me­ment nom­breux main­te­nant, ont lut­té contre les Bar­bares, s’appliquent à les conver­tir, à les civi­li­ser. Grâce à eux, un monde nou­veau est en train de naître, où Ger­mains et Romains seront récon­ci­liés, unis dans le bap­tême. Ce Ve siècle, vous le voyez, est extrê­me­ment impor­tant, et l’on com­prend que saint Loup et saint Ger­main, en dis­cu­tant de toutes ces choses, soient graves…

* * *

Comme ils des­cendent une petite côte de la route, — à peu de dis­tance la Seine déroule par­mi les prai­ries son ruban bleu, — une petite fille, qui garde ses mou­tons dans une pâture, les recon­naît à leurs vête­ments et, s’agenouil­lant aus­si­tôt, fait un grand signe de croix. Les deux évêques répondent en fai­sant dans sa direc­tion un geste de béné­diction. Et puis, ils s’arrêtent…

Qu’y a-t-il donc ? Ce n’est pas la pre­mière fois qu’une pas­tou­relle se pros­terne devant eux et qu’ils la bénissent. Qu’a donc celle-ci de plus que les autres ? Sur le moment, peut-être ni Loup ni Ger­main ne pour­raient-ils le dire. Mais l’un et l’autre sont des Saints. En eux l’Esprit de Dieu parle et il leur fait com­prendre des choses que les simples hommes ne sau­raient entendre. À l’instant où la petite fille s’est age­nouillée, il s’est pro­duit en eux un élan mys­té­rieux ; ils ont enten­du comme un appel. Au-des­sus de cet enfant, le ciel est-il plus pur, plus lumi­neux ? Ger­main d’Auxerre, le plus leste des deux pré­lats, a sau­té le fos­sé qui borde la route et il s’avance vers la petite ber­gère.

| Ouvrage : Autres textes .

Daniel Brot­tier naquit le 7 sep­tembre 1876 dans un petit vil­lage de Sologne : La Fer­té-Saint-Cyr, dans le dio­cèse de Blois. Ses parents habi­taient une dépen­dance du châ­teau de Dur­fort où son père était cocher et sa mère s’appliquait comme toutes les mamans du monde, à éle­ver Daniel et son frère Gas­ton.

Son carac­tère fou­gueux, bagar­reur même, appa­raît dès son plus jeune âge. Il n’a rien d’un petit saint…

Un jour pour­tant, lorsqu’il a 5 ans, sa maman l’interroge : « Daniel, que feras-tu plus tard ? » Sans hési­ter, il répond : « Moi, je serai pape ! » Et quand sa maman lui fait remar­quer qu’avant d’être pape il faut être sémi­na­riste, prêtre, évêque…il répond : « Eh bien, je serai tout cela ! » Voi­là déjà dans ce pro­pos d’enfant un tem­pé­ra­ment hors du com­mun, en quête d’absolu ! Dès l’âge de rai­son, Daniel mani­feste un grand amour de Dieu et le désir du sacer­doce.

En 1886, à l’âge de 10 ans il fait sa pre­mière com­mu­nion. Il se sou­vien­dra toute sa vie de ce jour béni qui mar­qua une ren­contre dans le plus intime de son cœur avec le Sei­gneur qui lui fait signe…et avec la Vierge Marie qui lui garan­tit sa mater­nelle pro­tec­tion.

Vie du Bienheureux Daniel Brottier pour les enfants

Un an plus tard, il rentre au petit sémi­naire de Blois. C’est un enfant débor­dant de vie, espiègle, un peu tur­bu­lent mais d’une grande géné­ro­si­té. C’est là au petit sémi­naire, qu’à l’âge de 12 ans, il entend le pre­mier appel à la vie mis­sion­naire.

À 16 ans, il entre au grand sémi­naire : il tra­vaille bien et déve­loppe ses talents d’organiste, de des­si­na­teur, de peintre, d’acteur de théâtre.

Il souffre déjà de ter­ribles maux de tête, véri­table « cou­ronne d’épines », qu’il endu­re­ra jusqu’à sa mort.

Il est nom­mé sur­veillant au col­lège de Pont­le­voy, il fait preuve de qua­li­tés excep­tion­nelles d’éducateur et lais­se­ra un sou­ve­nir inef­fa­çable dans le cœur de ses anciens élèves.

Il est ordon­né prêtre à 23 ans, le 22 octobre 1899 et devient pro­fes­seur dans le même col­lège.

Père Brottier vélo - Histoire à lire en ligne gratuite

Le reprend alors cet irré­sis­tible appel vers les mis­sions loin­taines : il écrit alors le 15 sep­tembre 1901 à son futur maître du novi­ciat : « J’ai l’intention d’aller faire une retraite sous votre direc­tion pour étu­dier la volon­té de Dieu sur moi… Je suis prêtre depuis 2 ans et actuel­le­ment pro­fes­seur et je vous ferai part de mes pro­jets d’avenir et de mon désir d’être mis­sion­naire »

| Ouvrage : Autres textes .

Conte chrétien

Ce soir-là, lorsque Jésus pas­sa par­mi les élus, tout heu­reux de saluer leur Sau­veur, il sem­blait quelque peu pré­oc­cu­pé ; il répon­dait aux saluts avec son sou­rire radieux, mais demeu­rait pen­sif, car il avait aper­çu, au milieu des bien­heu­reux, quelques per­sonnes — et même un bon nombre — qui le frap­paient par leur com­por­te­ment. Ils parais­saient com­plexés, on aurait dit qu’ils dési­raient pas­ser inaper­çus, et leur regard était inquiet, presque fuyant, ce qui est contraire à l’ambiance de confiance qui règne au Para­dis.

Conte Chrétien - Les saints du paradis

De toute manière, après deux ou trois jours, grâce à la grande fra­ter­ni­té qui existe dans la Mai­son du Père, ils chan­geaient com­plè­te­ment, se sen­taient à leur aise, à l’unisson avec les autres, avec la même joie et la grande paix qui se reflé­taient sur leur visage. Com­ment expli­quer ce phé­no­mène ? Y aurait-il une négli­gence de Saint Pierre ? Son âge avan­cé, la rou­tine, et en par­ti­cu­lier sa grande confiance a peut-être per­mis que son contrôle se relâche. Il était donc néces­saire d’exiger du Por­tier du Ciel une meilleure vigi­lance.

Avec la rapi­di­té de l’éclair, le Sei­gneur alla voir saint Pierre, qui était tran­quille­ment assis dans son fau­teuil, à côté de la porte. Jésus, lui adres­sa ces paroles, presque de reproche :

« Mon bon Saint Pierre, je ne mets pas en doute ta bonne volon­té et ta conscience pro­fes­sion­nelle, mais il me semble qu’avec le temps, bien qu’au Para­dis mille ans sont comme un jour, ta vigi­lance a pu s’affaiblir ; et que, pro­fi­tant d’un ins­tant d’inattention lorsque tu révises le Livre de Vie, « on te fait pas­ser du lard pour du cochon », comme on dit à Mar­seille »

Réagis­sant avec sa spon­ta­néi­té habi­tuelle, et cepen­dant avec un très grand res­pect, Pierre répon­dit :

Conte pour les enfants du caté : Saint Pierre et les clées du paradis

« Par­don Sei­gneur, mais je ne com­prends pas ; cela est impos­sible, car je passe ma vie à la porte du Ciel, comme une sen­ti­nelle, tou­jours en éveil, et mal­gré mon âge avan­cé, rien n’échappe à mon regard de pêcheur. Crois-moi, mon bon Sei­gneur, je ne suis pas cou­pable, car je suis, à mon poste, inexo­rable, et per­sonne n’arrive à Bon Port, sans son requis pas­se­port. Mais, oh ! Divin Sei­gneur, si vous pen­sez que je ne suis pas apte à ce poste de haute confiance, je remets entre vos mains ma démis­sion ».

Il est vrai qu’à une cer­taine occa­sion, il ne s’était pas mon­tré très cou­ra­geux, mais pour­quoi le rap­pe­ler ?… C’est bien connu, cepen­dant, à la fin de sa vie, il a vou­lu être cru­ci­fié la tête en bas, mon­trant un héroïsme qui com­pen­sa mille fois sa lâche­té.

Auteur : Goldie, Agnès | Ouvrage : Petites Vies Illustrées pour enfants .

Un vieil ermite priait dans sa cabane, quand entra un petit gar­çon. Gêné d’avoir déran­gé le vieillard dans sa prière, l’enfant lui ten­dit une cor­beille de fruits et par­tit en cou­rant, non sans lui avoir trans­mis les salu­ta­tions de sa mère.

« Hé, petit ! pour­quoi pars-tu si vite ? Com­ment t’appelles-tu ?

— Joao (Jean en fran­çais).

— Et com­ment s’appelle ta maman ?

— Thé­ré­sa.

— Où habi­tez-vous ?

— Dans la rue Verte, vous savez, la bou­tique de fruits… c’est à nous.

— Ah ! Oui, fit l’ermite, subi­te­ment pen­sif… » Il demeu­ra silen­cieux quelques ins­tants et reprit : « Tu as huit ans main­te­nant, n’est-ce pas ?… Quand tu es né, le 8 mars 1495, toutes les cloches de l’église Notre-Dame se sont mises à son­ner. Au même moment, une lumière s’est mon­trée au-des­sus de votre mai­son, à la rue Verte… Oui, petit, fais bien tout ce que le bon Dieu deman­de­ra de toi, car Il te réserve de grandes choses.

— Maman le dit aus­si, M. l’Ermite ; elle vous demande de prier pour nous. À bien­tôt, Père ! Je vous appor­te­rai encore des fruits un autre jour !

— À bien­tôt petit ! Et n’oublie jamais ce que je t’ai dit ! »

Joao des­cend gaî­ment de l’ermitage. Un moment il s’arrête sur le pont de bois qui enjambe la rivière Can­ha et s’intéresse aux navires en papier que quelques gamins lancent sur l’eau : Chan­ceux petits bateaux qui vont jusqu’au grand Tage et peut-être ensuite jusqu’aux Indes ! « Moi aus­si, j’irai aux Indes sur un bateau plus grand et j’en revien­drai avec un grand baril plein d’or comme Manel le rémou­leur. »

Joao arrive chez lui juste à temps pour aider son père à déchar­ger son mulet des lourds paniers d’olives qu’il trans­por­tait. Ce fai­sant, il raconte son entre­vue avec l’ermite et ses pro­jets d’avenir :

« J’irai loin, loin… L’oncle Alfon­so m’a dit un jour que toi aus­si, tu vou­lais par­tir loin, loin, avec Vas­co de Gama.

— Ça se peut, Joao, mais en atten­dant je suis tou­jours là à trans­por­ter fruits et olives.

Vamos que a sopa ma mesa ! (la soupe est ser­vie !) cria la mère. Allons, vite ! »

Le repas fut inter­rom­pu par l’entrée d’un grand jeune homme vêtu de noir, qui deman­dait l’hospitalité. Une nou­velle assiette fut mise sur la table et l’étranger s’empressa de faire hon­neur à la soupe au lard et au bon vin rouge de Mon­te­mor-o-Novo.

Histoire pour les enfants scouts de saint Jean de Dieu
Il s’arrête sur le pont de bois

Ce soir-là, Joao se cou­cha tard. Lon­gue­ment l’étranger avait par­lé du long voyage qu’il avait fait ; du par­cours plus long encore qu’il lui res­tait à faire pour gagner Sala­manque en Espagne. Il avait décrit les belles églises du pays, les hôpi­taux. Quel mirage pour le petit rêveur de Por­tu­gais. Une cin­quan­taine d’années plus tard, la petite Thé­rèse d’Avila par­ti­ra avec son frère Rodrigue pour le pays des Maures, dans l’espoir d’y subir le mar­tyre ; le petit Jean Ciu­dad décide de suivre l’étranger pour voir les églises de Madrid. Ensuite, il revien­dra à la mai­son ! Plus ten­dre­ment que de cou­tume, il embrasse sa mère avant de se cou­cher, et de grand matin il rejoint l’inconnu sur la route.

Rude voyage ! L’homme et l’enfant couchent sur la dure, mangent rare­ment à leur faim. À chaque étape, ils tâchent de gagner quelques cen­ta­vos. Ain­si font les rou­tiers, chan­tant leurs bal­lades en s’accompagnant sur la gui­tare.

Ils marchent long­temps, long­temps… Ils passent la fron­tière espa­gnole et arrivent à la petite ville d’Oropesa. Joao ne peut aller plus loin. Ses soixante lieues de marche (249 kilo­mètres) l’ont épui­sé. Il est si las, si las, qu’il en a oublié jusqu’au nom de sa petite ville. Un chef de ber­gers le recueille, tan­dis que l’étranger pour­suit sa route…