Bientôt on aperçut une troupe d’hommes portant des torches et armés de lances et de bâtons. Celui qui les conduit, c’est Judas. Le traître s’avance vers Jésus et le baise. S’adressant alors à cette bande, le Sauveur leur dit : « Qui cherchez-vous ? » Ils répondirent « Jésus de Nazareth ! ». « C’est moi, fit-il, et,…
Et maintenant une histoire ! Posts
François naquit vers 1416 à Paule, dans le royaume de Naples. Il vint au monde contre toute espérance grâce à l’intercession de saint François d’Assise. À 13 ans, il fut mis chez les Cordeliers, mais Dieu ne permit point qu’il y restât. François, rentré dans sa famille, eut bientôt l’idée de vivre en ermite dans des rochers escarpés sur le bord de la mer. Sa réputation de sainteté lui attira des disciples, parmi lesquels son père devenu veuf. Avec eux, il fonda l’ordre des Minimes, dont la règle impose les pieds nus, le coucher sur la dure, une nourriture restreinte et uniforme comportant pour l’ordinaire du pain et de l’eau. Nombreux furent les miracles accomplis par saint François de Paule, qui jouissait en même temps du don de prophétie. Le roi de France Louis XI, informé de tant de prodiges, voulut absolument que le saint homme vînt en son château de Plessis-lez-Tours ; François finit par céder à ses instances : il ne guérit pas le roi, mais lui obtint une bonne mort. Les vingt-cinq dernières années du saint se passèrent en France, où il réussit à répandre son ordre des Minimes malgré la sévérité des règles. Il mourut au couvent de Plessis-lez-Tours, le 2 avril 1507.
Cette dernière Cène fut, hélas, troublée par le crime. Jésus avait dit à tous : « Vous êtes purs, mais vous ne l’êtes pas tous. L’un de vous me trahira ! ». Les Apôtres, alors, de s’écrier tour à tour : « Est-ce moi, Seigneur ? » Pendant que saint Jean reposait sa tête sur le…
Jésus, qui devait remonter vers son Père, ne voulait pourtant pas nous laisser orphelins. Il savait bien que, s’il ne restait pas parmi nous, nous l’aurions vite oublié. Aussi, la veille de sa mort, durant son dernier repas avec les Apôtres, il prit du pain, le bénit et leur dit :…
Sous Louis-Philippe, écrit Armand de Pontmartin, l’esprit d’irréligion régnait dans les collèges de Paris. Il y avait pourtant des exceptions… la plus originale et la plus touchante m’était apparue sous les traits de Paul Savenay, natif de Guérande.
Doué, ou plutôt armé d’une piété angélique et robuste tout ensemble, il bravait le respect humain, défiait la raillerie, et il aurait mis au besoin tout l’entêtement de sa race pour affronter la persécution et le martyre. Cette piété se révélait jusque sur son visage, qui prenait une expression céleste au moment de la prière.
Ainsi, lorsque, sur un signe de notre professeur indolent, je récitais, au début et à la fin de la classe, le Veni Sancte Spiritus et le Sub tuum praesidium, c’était pour presque tous les élèves, le signal d’un concert charivarique d’éternuements, de quintes de toux, de pupitres disloqués, et de dictionnaires tombant à grand bruit. Paul Savenay s’isolait de ce tapage, et l’on pouvait suivre sur sa figure le sourire de la sainte Vierge dont il implorait la protection, et le contact de l’Esprit-Saint qui l’effleurait de ses ailes.
Cette piété fervente l’avait fait prendre en grippe par le plus mauvais sujet de la classe, fanfaron d’impiété et de libertinage, liseur et colporteur des livres de Parny et de Voltaire, et pourtant Breton comme Paul ; mais entendons-nous, ce Breton-là, nommé Jacques Faël, était un Breton de contrebande. On disait que son père, Nantais d’origine, avait pris part à quelques-unes des plus sanglantes scènes de la Révolution, s’était enrichi en achetant des terres de Vendéens, puis ruiné dans des spéculations équivoques. Tout irritait Jacques contre Paul Savenay ; un héritage de haine, le retour des Bourbons, l’animosité instinctive du vice contre la vertu, du mal contre le bien, de l’athéisme contre la foi, du diable contre le bon Dieu ; mais ce qui l’exaspérait le plus, c’était la douceur de Paul, sa patience inaltérable que, naturellement, Jacques taxait de lâcheté et d’hypocrisie.
— Tu es donc un lâche ? lui disait-il en lui montrant le poing.
— Je ne le crois pas, répondait Paul avec un accent de résignation qui aurait désarmé un tigre.
Son persécuteur ne lui laissait pas un moment de trêve, et le harcelait de la façon qui devait le plus cruellement blesser cette âme tendre, chaste, exquise et pieuse. Non content de le traiter de cagot, de Basile, de tartufe et de cafard, Jacques joignait le blasphème à l’insulte, le sacrilège à l’outrage. Il glissait de mauvais livres dans le pupitre de Paul et lui jouait les plus vilains tours. Nous sûmes plus tard que ses brutalités s’étaient parfois envenimées jusqu’aux voies de fait : bourrades, brimades, coups de poing, coups de règle : un jour même, un coup de canif qui fit couler le sang. La plupart des élèves feignaient de ne pas s’apercevoir de ces abominables violences. Quelques-uns avaient l’infamie d’applaudir avec des ricanements stupides. Jacques n’avait pas, en somme, l’air bien féroce ; mais était grand, bien découplé, taillé en athlète. On le redoutait et il avait sa petite cour de complaisants et de flatteurs.
Lorsqu’indigné de sa méchanceté et attiré vers Paul Savenay par d’irrésistibles sympathies, je risquais, moi chétif, quelques reproches : « Tais-toi ou je t’assomme ! me disait cet enragé ; tais-toi, mauvaise graine d’émigré ! » J’aurais certainement eu ma part de ses injures et de ses coups, si je n’avais trouvé un admirable défenseur en la personne de Gaston de Raincy.
Jésus voyant une foule qui le suivait, joyeuse, sans se douter des sacrifices qu’il demande à ceux qui veulent aller avec lui, s’écria : « Quiconque ne porte pas sa croix, et ne me suit pas, ne peut pas être mon disciple ! ». Parole qui fait trembler la nature. Jésus, innocent, est venu…




