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6 juin 2026Saint Norbert, Archevêque de Magdebourg

Nor­bert vit le jour à Xan­ten, en Basse-Lotha­rin­gie vers l’an 1080. D’a­bord clerc cour­ti­san, il se lais­sa gri­ser par ses suc­cès mon­dains. Mais, un jour d’o­rage, il fut désar­çon­né, pré­ci­pi­té dans la pous­sière et contraint de deman­der grâce : « Sei­gneur, s’é­cria-t-il, comme Paul sur le che­min de Damas, que faut-il que je fasse ? » Une réponse frap­pa son oreille : « Cesse de faire le mal et pra­tique le bien ». Sur-le-champ, Nor­bert se reti­ra dans une abbaye pour tra­vailler à l’a­men­de­ment de son âme. Reve­nu à la col­lé­giale de Xan­ten tout trans­for­mé, il essaya de déter­mi­ner ses confrères à une vie plus réglée, mais ils ne vou­lurent rien entendre. Se sou­ve­nant alors que « nul n’est pro­phète en son pays », il dis­tri­bua ses biens aux pauvres et par­tit pour le Lan­gue­doc où rési­dait le pape Gélase II. Celui-ci l’in­ves­tit de la mis­sion de prê­cher par­tout où le por­te­raient ses pas. Nor­bert, tout heu­reux, reprit la route du Nord, s’ad­joi­gnit un com­pa­gnon en la per­sonne d’Hugues de Fosse et mar­cha sans argent et sans chaus­sures, ne se sou­ciant ni du gîte ni du cou­vert. À l’é­tape, les deux errants conver­tis­saient, paci­fiaient, gué­ris­saient. Le pape Calixte II exhor­ta Nor­bert à la créa­tion d’un Ordre reli­gieux en vue de pro­mou­voir la régé­né­ra­tion clé­ri­cale. Le saint choi­sit comme empla­ce­ment un affreux désert, aux éma­na­tions insa­lubres, du nom de Pré­mon­tré ; il ins­tal­la ses dis­ciples dans des abris de for­tune grou­pés autour d’une pauvre cha­pelle. Tan­dis que son Ordre se répan­dait rapi­de­ment, l’ac­cla­ma­tion popu­laire, sanc­tion­née par le légat du pape, le fit arche­vêque de Mag­de­bourg. Les abus pul­lu­laient dans son dio­cèse : il lui fal­lut reprendre les clercs dévoyés et les sei­gneurs cupides : ce ne fut pas sans exci­ter des récri­mi­na­tions, des ran­cunes et des repré­sailles. Saint Nor­bert mou­rut dans la nuit du 5 au 6 juin 1134.


Ouvrage : Autres textes

Un de nos lec­teurs de Bel­gique, M. Édouard van Spey­brouck, vient de publier, au pro­fit d’une bonne œuvre, un ouvrage très cap­ti­vant sur le Père Paul, le célèbre thau­ma­turge belge [1]. En France, on ignore géné­ra­le­ment ce qu’était le Père Paul. Aus­si, sommes-nous heu­reux de pou­voir aujourd’hui, grâce à M. Edouard van Spey­brouck, le faire connaître à nos lecteurs.

Voi­ci d’abord l’histoire de sa vie à grands traits :

Père Paul naquit à Moll, com­mune de la pro­vince d’Anvers, le 15 jan­vier 1824, et reçut au bap­tême le nom de Fran­çois. Il était fils de Vincent Luy­ckx et d’Anne-Catherine van Balen.

Le jeune Fran­çois Luy­ckx fré­quen­ta d’abord l’école pri­maire de Mil­le­ghem-Moll, et voi­ci à ce sujet ce qu’on raconte : la plu­part des élèves habi­taient assez loin de la demeure où l’instituteur tenait école ; or, quand il fai­sait beau, celui-ci ne trou­vait sou­vent rien de plus natu­rel que de venir à la ren­contre des enfants, jusqu’à l’endroit nom­mé de Rei-Boo­men, où l’on voit encore une ran­gée d’arbres, et là, tous s’asseyaient à l’ombre des grands chênes, pour entendre la leçon du maître.

Fran­çois fut envoyé ensuite au col­lège de Gheel, pour y faire ses huma­ni­tés. Cette célèbre ins­ti­tu­tion était située à six kilo­mètres de la mai­son pater­nelle ; il lui fal­lait donc faire tous les jours douze kilo­mètres pour suivre les cours !

Dès son jeune âge, Fran­çois s’était sen­ti appe­lé à l’état reli­gieux, et fut heu­reux lorsque, le 25 juin 1848, il vit s’ouvrir devant lui les portes du monas­tère des Béné­dic­tins, à Termonde.

Le 24 août sui­vant, il reçut l’habit de Saint-Benoît. Dès lors, il se pré­pa­ra de loin au grand jour où il pour­rait à jamais renon­cer aux folles espé­rances du monde, et s’unir défi­ni­ti­ve­ment à la grande famille du Patriarche des moines d’Occident. Après une année d’épreuves, il fut admis, le 30 sep­tembre 1849, à la Pro­fes­sion, et à se lier au Sau­veur par les veaux de pau­vre­té, de chas­te­té et d’obéissance.

En 1856, il se ren­dit en Ita­lie pour conti­nuer ses études théo­lo­giques au célèbre col­lège des Béné­dic­tins de Parme, et ce fut dans cette ville que, pour la pre­mière fois, il mon­ta trem­blant les degrés de l’autel, afin de sacri­fier pour les vivants et les morts.

Il revint dans sa patrie en 1859, rési­da à Ter­monde jusqu’en 1869, année où il fut char­gé du réta­blis­se­ment de l’abbaye d’Afflighem, et fon­da, en 1879, le monas­tère de Steen­brugge dont il fut supé­rieur jusqu’en 1886, et qu’il quit­ta en 1887, pour ren­trer à Termonde.

Dès sa pre­mière rési­dence à Ter­monde, le bon peuple fla­mand com­prit que la Pro­vi­dence avait sus­ci­té au monas­tère un homme d’une ver­tu extra­or­di­naire, et la renom­mée du Père Paul s’étendit rapidement.

On peut éva­luer à plus d’un mil­lion le nombre de per­sonnes qui eurent recours aux bons offices et aux conseils de Père Paul. Du carac­tère le plus doux et le plus bénin, il accueillait à bras ouverts tous ceux qui s’adressaient à lui ; mais il fut sur­tout le pro­tec­teur et l’ami des pauvres et des éprou­vés, un mot le démontre : une dame des envi­rons du monas­tère étant dan­ge­reu­se­ment malade, on deman­da au bon reli­gieux si déjà il était allé la voir.

— Non, répon­dit le Père, je ne vais chez les riches que s’ils le demandent ; pour les pauvres, c’est différent.

Il sem­blait que ce fût un besoin inné de sa nature cha­ri­table, de venir en aide au pro­chain. À son gré, on ne lui deman­dait jamais assez, et sou­vent, sur le point de quit­ter ses visi­teurs, il s’enquérait avec une insis­tance tou­chante s’ils n’avaient plus rien à lui demander…

Un jour, ayant reçu, par l’obligeante entre­mise d’un ami, une lettre d’un savant de ses connais­sances, lec­ture faite, Père Paul dépo­sa le pli avec un geste de désap­poin­te­ment, disant :

  1. [1] Titre : Quelques traits de la vie du Très Révé­rend Père Paul de Moll, béné­dic­tin, 1824 – 1896. Le volume : 2 francs. Fran­co : 2 fr. 50. Écrire à l’auteur à Bruges.
Ouvrage : Le deuxième livre d'André

Sainte Féli­ci­té était une dame romaine de haute consi­dé­ra­tion. Elle vivait au milieu du IIe siècle, sous l’empereur Anto­nin. Vers l’an 160, elle devint veuve. Elle avait sept fils, jeunes encore : Jan­vier, Félix, Phi­lippe, Sil­vain, Alexandre, Vital et Mar­tial ; sa pié­té, ses leçons, ses exemples en firent des saints. Les…

Ouvrage : Revue Bernadette

Saint Malo et la baleine Saint Malo s’é­tait embar­qué depuis peu de temps, sur un grand bateau avec son maitre et de nom­breux moines et laïcs pour un voyage de 7 ans. Il voguait vers les Îles For­tu­nées, ves­tiges, croyait-on, du para­dis ter­restre où les hommes menaient une vie angélique…

Ouvrage : Tout l'Évangile en images | Auteur : Baeteman, R. P. J.

Jésus va par­tir. Son his­toire ter­restre est finie : il est né, il a tra­vaillé, il a prê­ché, il a souf­fert, il est mort. Il lui reste à remon­ter au ciel pour y jouir d’un triomphe qu’il a si glo­rieu­se­ment méri­té. Marie est là, avec elle, les apôtres et une centaine…

Ouvrage : La revue des saints

Mère de saint Augustin (332 – 387)

Fête le 4 mai


C’est dans l’A­frique chré­tienne du Nord, où l’É­glise était si pros­père, que Dieu pla­ça le ber­ceau de Monique. Elle naquit à Tha­gaste en 332. Le nom de son père nous est incon­nu ; sa mère s’ap­pe­lait Faconda.

Enfance.

Grâce aux soins de ses parents, qui étaient chré­tiens, et à la sur­veillance d’une vieille ser­vante toute dévouée sa jeune maî­tresse, Monique gran­dit dans la crainte et l’a­mour de Dieu ; c’é­tait un lis de pure­té. On put entre­voir dès son enfance le degré émi­nent de sain­te­té qu’elle attein­drait un jour. Elle était encore toute petite que déjà elle sor­tait seule de la mai­son pater­nelle, pour aller prier à l’é­glise, au risque d’être répri­man­dée au retour. Quel­que­fois elle quit­tait ses com­pagnes de jeu ; on la retrou­vait à genoux der­rière un arbre. Sou­vent même, pen­dant la nuit, elle se levait et réci­tait à Dieu les prières que sa pieuse mère lui avait apprises. 

Un jour, cepen­dant, elle suc­com­ba à une ten­ta­tion de gour­man­dise. Ses parents l’a­vaient char­gée d’al­ler, avec une ser­vante, pui­ser à la cave le vin des­ti­né aux repas. Monique éprou­vait jusque-là pour le vin une cer­taine répu­gnance ; cepen­dant, par espiè­gle­rie d’en­fant, elle pro­fi­ta de sa liber­té pour en boire une gor­gée. Elle réci­di­va. Peu à peu elle s’y habi­tua et même y prit un cer­tain goût, au point, a‑t-on dit, de pas­ser son doigt le long des réci­pients pour en recueillir quelques gouttes.

Mais Dieu veillait sur elle. Il se ser­vit pour la cor­ri­ger de la ser­vante, témoin trop com­plai­sant de sa faute. Cette ser­vante, s’é­tant un jour dis­pu­tée avec sa jeune mai­tresse, lui jeta à la face cette insulte : « Buveuse de vin pur. » Monique rou­git, recon­nut la lai­deur de sa gour­man­dise, et dès ce moment elle s’en cor­ri­gea pour toujours. 

Elle en pro­fi­ta pour être désor­mais plus humble, plus atten­tive à se mor­ti­fier et à veiller sur ses sens. 

Son coeur s’ou­vrit de bonne heure aus­si à l’a­mour des pauvres. Elle ne négli­geait rien pour les secou­rir : elle don­nait tout, jus­qu’au pain qu’on lui ser­vait à table ; elle le cachait dans les plis de sa robe et le leur dis­tri­buait. C’é­tait pour elle un bon­heur de leur laver les pieds, selon l’u­sage du temps, et de les ser­vir autant qu’elle pou­vait le faire à cet âge. Enfin, on remar­quait en elle une dou­ceur et une patience inal­té­rables, ver­tus que nous lui ver­rons pra­ti­quer jus­qu’à l’hé­roïsme une fois qu’elle sera deve­nue épouse et mère. 

Mariage et épreuves. 

Sor­tie de l’a­do­les­cence, elle fut deman­dée en mariage. Patrice, né à Magots, comme Monique, et comme elle d’une famille noble, aspi­rait à sa main ; il l’ob­tint. Il parais­sait pour­tant peu digne d’une telle alliance : un païen violent, bru­tal, débau­ché, tel était le futur époux de Monique. Qu’on ajoute à cela une grande dif­fé­rence d’âge ; Monique avait à peine vingt-deux ans, et Patrice plus du double. On serait ten­té de se deman­der com­ment les parents de Monique consen­tirent à une union qui ne pré­sa­geait que des tris­tesses, si on ne savait com­bien, mal­heu­reu­se­ment, les parents, même chré­tiens, se font faci­le­ment, illu­sion quand il s’a­git de marier leurs enfants. 

Du reste, ce fut sans doute ici un effet de la Pro­vi­dence divine, qui per­mit que Monique méri­tât par d’a­mères dou­leurs l’hon­neur d’être la mère d’un fils tel que saint Augustin. 

Les épreuves ne man­que­ront pas. Elles vien­dront de Patrice lui-même, elles vien­dront aus­si de la belle-mère, païenne comme son fils et comme lui d’une humeur vio­lente, exci­tée encore contre sa belle-fille par les calom­nies des ser­vantes. Pauvre Monique ! la voi­là iso­lée, mal­heu­reuse dès les pre­miers jours de son mariage ; mais c’est pré­ci­sé­ment ici qu’elle est admi­rable. C’est dans le creu­set de la souf­france qu’on recon­naît les grandes âmes. 

Sachant qu’elle peut tout en Celui qui la for­ti­fie, elle ne recule pas devant les dif­fi­cul­tés, elle accepte dans toute leur éten­due les devoirs de son nou­vel état. Elle com­prend que Dieu l’a unie à Patrice pour le conver­tir ; elle se fait l’a­pôtre du petit monde qui l’en­toure. Sa pré­di­ca­tion, c’est l’exemple ; ses moyens de conver­sion, la dou­ceur et la prière. Et quels exemples de ver­tu, en effet, ne don­na-t-elle pas ? Exemple de dou­ceur vis-à-vis des empor­te­ments de Patrice, exemple de patience en pré­sence de ses infi­dé­li­tés ! Jamais une plainte ne sor­tit de sa bouche contre son mari, nous apprend saint Augus­tin, et pour­tant comme elle souf­frait ! Comme elle pleu­rait — et des larmes d’au­tant plus amères qu’elles étaient ver­sées en secret ! Elle se conten­tait de deman­der à Dieu la foi pour Patrice, sachant bien que les autres ver­tus suivraient. 

Cette méthode de dou­ceur, de silence et d’ab­né­ga­tion pleine de dévoue­ment, elle la conseillait à ses amies, lorsque celles-ci venaient se plaindre à elle des vio­lences de leurs maris : « Pre­nez-vous-en à votre langue », leur disait-elle. En effet, celles qui, à son exemple, rem­pla­çaient les répliques par un silence plein de dou­ceur, n’a­vaient qu’à s’en louer. Mal­gré toute son impé­tuo­si­té, jamais Patrice n’o­sa lever la main sur cet ange de bonté.

Augustin.

Ce fut au milieu de ces tris­tesses que Dieu lui don­na les joies de la mater­ni­té, en 354. Elle mit au monde cet Augus­tin qu’elle devait enfan­ter une seconde fois à la vie spi­ri­tuelle, au prix de tant de larme ; puis Navi­gius et Per­pé­tue, dont la sain­te­té devait être dépas­sé par celle de leur frère aîné. Elle leur fit boire à tous, avec son lait, le nom et l’a­mour de Jésus-Christ. De ses trois enfants, elle fera trois saints, tant est puis­sante l’in­fluence d’une mère ! Cepen­dant, selon la cou­tume de l’é­poque, le bap­tême fut ren­voyé à plus tard. Tout semble d’a­bord conspi­rer contre elle, et un père païen et une belle-mère païenne et des ser­vantes men­teuses. Mais tous ces obs­tacles sont s’é­va­nouir devant sa dou­ceur et sa rési­gna­tion. La belle-mère se rend la pre­mière. Elle recon­naît la faus­se­té des calom­nies de ses ser­vantes. Les esclaves elles-mêmes laissent gagner leur cœur. « Alors je croyais, dit saint Augus­tin, ma mère croyait aus­si, toute la mai­son croyait avec nous ; il n’y avait que mon père qui ne croyait pas. »