Jésus voyant une foule qui le suivait, joyeuse, sans se douter des sacrifices qu’il demande à ceux qui veulent aller avec lui, s’écria : « Quiconque ne porte pas sa croix, et ne me suit pas, ne peut pas être mon disciple ! ». Parole qui fait trembler la nature. Jésus, innocent, est venu…
Et maintenant une histoire ! Posts
Issu d’une noble famille espagnole. Turibe fut élevé par le roi Philippe II à la haute dignité de président de la cour judiciaire de Grenade. Il remplit cette charge avec tant de prudence et de vertu, que l’évêché de Lima étant venu à vaquer, personne ne parut plus digne que lui d’évangéliser le Pérou. Malgré la répugnance de son humilité, il accepta et fit voile vers son lointain diocèse en 1581. Le territoire de Lima s’étendait sur une longue bande de terre bordée par 800 kilomètres de côtes et comprenant de vastes districts montagneux et des villes populeuses. L’immoralité de la population indigène, la cruauté et les rapines des colons espagnols rendaient bien ingrate la tâche de l’évêque. Néanmoins, dès son arrivée, Turibe commença la visite de tous les pays : il lui fallut sept années de courses, faites souvent à pied, pour visiter les villages perdus dans les neiges des Andes ou les sables brûlants du littoral. Il multiplia les églises, les séminaires et les hospices, réorganisa l’administration de son diocèse et usa de toute son autorité pour corriger les abus qui s’étaient glissés parmi le clergé et les fidèles. Saint Turibe mourut le 23 mars 1606.
I
L’enfant fait sa prière
Sept heures !
Vite enfant, lève-toi ! Donne ton cœur au bon Dieu !
— Petit Jésus, c’est pour vous ma journée ! …ma prière et mes jeux, ma leçon de lecture, mes joies, mes petites peines…
Quand vous aviez mon âge, Jésus, mon petit frère, vous donniez tout ainsi à votre Père des cieux ! Oh ! donnez-lui encore tout ce que je vous donne : il faut toujours ! toujours ! faire plaisir au bon Dieu !
Avec vous, mon Jésus, je serai bon et sage !
— C’est bien, petit enfant :
Dieu t’a mis sur la terre pour le louer, l’aimer, le servir. C’est lui qui a choisi ta maison, ton pays ; c’est lui qui t’a confié à papa, à maman ; tu es à lui ; Il est ton Père.
Tout est à vous, mon Dieu les oiseaux et les fleurs, les maisons, le soleil, même les jouets de mon étagère : mon ours et mon cheval, mes poupées et mes livres… Et moi je suis à vous ! Et vous voulez que je vous aime ! C’est là ce que je veux faire toute la journée !
…
— Oh ! maman, pendant que je m’habille, dites-moi ce que veut le bon Dieu !
— Ne sais-tu pas la belle histoire de Moïse ? Il était dans le désert avec le peuple hébreu, se rendant à la Terre-Promise. Et le Dieu Tout-Puissant l’appela sur le Mont Sinaï. Il monta et se mit en prière. Alors la voix de Dieu se fit entendre et Moïse reçut les tables de la loi deux grandes pierres sur lesquelles étaient gravés dix commandements.
— C’était pour les Hébreux ?
— C’était pour tous les hommes : c’était pour toi, enfant !
— Avant Moïse, l’on pouvait donc être méchant ?
— Ces commandements écrits sur les tables de pierre étaient écrits déjà.
— Où donc, maman ?
— Mais dans le cœur, dans la conscience. Chacun avait son ange pour l’aider à les lire.
— Ces commandements, je voudrais les savoir ! Ils disaient la même chose ?
— Oui, mon enfant ; écoute bien :
Il n’y a qu’un seul Dieu et tu l’adoreras.
Respecte et bénis son saint nom.
Sanctifie le jour du Seigneur.
Sois bon pour ton père et ta mère.
Ne tue pas ; ne fais de mal à personne.
Garde ton âme et ton corps purs.
Ne prends pas ce qui est aux autres.
Dis toujours la vérité.
Ne sois ni envieux, ni jaloux.
Jésus avait passé en faisant le bien. Il avait guéri tous les malades qui lui étaient présentés, rendu la vue aux aveugles, ressuscité les morts. Il voulait ainsi prouver sa divinité. Mais les Juifs orgueilleux et terrestres attendant un Messie guerrier qui les eût mis à la tête des nations,…
Ce matin-là, — un matin du mois de mai de l’année 1610 — le petit roi Louis XIII jouait, dans ses appartements du palais du Louvre, à promener son petit carrosse vert. Il y avait mis Cupidon, qui était la poupée de sa sœur Élisabeth. Il aurait aimé promener aussi les poupées de Madame Chrétienne et de Madame Henriette, ses autres petites sœurs : elles n’avaient pas voulu s’en séparer. Il les eût, en d’autres temps, exigées avec violence, mais il était en trop grand trouble et chagrin pour agir à sa manière accoutumée, laquelle était impérieuse et péremptoire.
Le bon roi Henri IV, en effet, venait de mourir assassiné, et l’enfant, de cette mort tragique, demeurait tout bouleversé. Promenant Cupidon dans le carrosse vert, il n’y trouvait point de réconfort.
Il avait essayé d’atteler à la voiture son chien Cavalon, mais le chien ne s’était pas prêté au jeu. Cavalon voulait bien aller derrière le carrosse, mais point devant. Louis XIII commençait d’éprouver qu’un roi ne fait pas toujours faire aux gens ce qu’il veut. Ceci le porta à réfléchir. Il laissa là son jeu et il se prit à songer sérieusement à sa nouvelle situation.
Il était en grande perplexité à cause de trop de choses qui, dans sa vie, avaient changé.
Il avait, le matin, l’habitude d’aller en la chambre du roi, où étaient suspendus les deux grands portraits d’Henri IV et de Marie de Médicis, et il disait aux portraits : « Bonjour, papa ! Bonjour, maman ! » Il pouvait encore dire « bonjour, maman », mais que fallait-il dire au roi et comment ferait-il comprendre au portrait qu’il avait tant de chagrin ?
Et que de choses encore qu’il ne savait comment accorder à sa vie nouvelle !
Ainsi, il aime beaucoup sa sœur Élisabeth, c’est la « Madame » qu’il préfère — surtout ce matin où elle lui a prêté Cupidon. Il joue souvent à la servir à table, il se tient derrière son siège, la serviette sur l’épaule, fait « l’essai » des viandes, mange, selon l’usage, la mie de pain qui les a touchées, — c’est pour s’assurer qu’on n’y a point mis de poison, — va quérir à boire, fait avec cérémonie les fonctions de cavalier servant. Cela l’amuse énormément. Mais on lui a dit que ce n’était plus permis parce qu’un roi est un trop grand personnage pour servir à table personne. Mais ce qu’il en faisait, ce n’était pas pour servir sa sœur, c’était pour s’amuser ; alors, un roi ne peut donc jamais s’amuser ?
Ces réflexions sur la grandeur royale l’entraînent aux pensées graves. C’est une grosse charge que d’être roi à neuf ans. Il va falloir qu’il s’occupe de marier ses sœurs. Quelle affaire ! Madame Henriette, qui a un an, va être très difficile à marier.
Jésus aima les petits enfants. Ils sont simples, candides, purs, confiants, vertus qui plaisent tant au Sauveur. Les Apôtres, gens rudes, chassaient les petits qui, se glissant dans la foule, sans même être aperçus, voulaient, eux aussi, voir le Bon Maître. Mais Jésus, dans sa douce bonté, disait : « Laissez venir…




