Un roi voulant régler ses comptes, fit appeler ses serviteurs. L’un d’eux lui devait environ dix mille talents, somme très forte. Il obtint par ses instantes supplications d’être déchargé de cette dette énorme. Mais, étant sorti, ce serviteur rencontra un de ses compagnons qui lui devait cent deniers, quatre-vingt de…
Et maintenant une histoire ! Posts
Né à Alcantara, en Espagne, Pierre Garavit montra dès l’enfance un naturel doux et agréable, discret, ami de la solitude et de la pauvreté. À 15 ans, il entra chez les Frères Mineurs, se montra un religieux austère, humble, actif, au milieu des extases dont il était favorisé. Ordonné prêtre en 1524, il fut employé soit au ministère évangélique, soit au gouvernement de ses frères. On lui doit en Espagne l’usage des plantations de croix à la suite des missions. Il convertit une multitude de pécheurs, enrôla dans le Tiers-Ordre de saint François des hommes du plus haut rang, fit ériger plusieurs monastères de Clarisses. Surtout, il fut le premier et le principal collaborateur de sainte Thérèse dans la réforme du Carmel : il la soutint à un moment où tout le monde était contre elle. Un jour, en particulier, comme elle rencontrait des oppositions du fait de la pauvreté absolue qu’elle voulait imposer, il lui écrivit : « Je crois fermement à la parole du Maître ; j’estime les conseils évangéliques excellents, parce qu’ils sont divins ; et, tout en reconnaissant qu’ils n’obligent pas sous peine de péché, je crois plus parfait et plus agréable à Dieu de les suivre que de ne les suivre pas. » Saint Pierre d’Alcantara mourut le 18 octobre 1562. Il apparut ensuite à sainte Thérèse et lui dit : « Bienheureuse pénitence qui m’a mérité une si grande gloire » Il nous a laissé un Traité de l’Oraison particulièrement célèbre.
Le Troubadour d’Assise

Un triste jour d’hiver, François s’en allait vers Gubbio. Mais voici que partout on lui dit de rebrousser chemin. Un loup terrible, bien plus fort et plus mauvais que les autres, sème la terreur à Gubbio et aux environs.
— On n’ose plus sortir !
— Je vais m’occuper de ça, dit François.
Et le voilà parti à la recherche du loup. Pas difficile de le trouver, avec ses traces dans la neige. D’ailleurs, sûr de sa force, il ne se cachait guère. Dans une clairière, ils se trouvèrent subitement face à face la grande bête mauvaise et le petit Frère aux yeux rayonnants.
Ils se regardèrent un moment sans bouger. Puis François fit un grand signe de croix.
— Frère loup, approche !
Lentement, comme à regret, mais déjà obéissant, il avance et paraît plus énorme encore près du chétif François. Il se couche à ses pieds comme un chien fidèle qui aurait fait des bêtises.

Le Troubadour d’Assise

Plusieurs, en l’écoutant, ont envie de faire comme lui et le suivent. Il y aura d’abord Bernard de Quintavalle, un homme riche, grave et réfléchi ; Pierre de Cattani, le conseiller de l’évêché ; Égide le paysan, Ange le chevalier, le prêtre Sylvestre. Et, un peu plus tard, le grand Masseo, le doux Léon, l’amusant Genièvre, Divini, le roi des troubadours…
Bientôt, des centaines, puis des milliers, surtout après l’approbation du Pape Innocent III.
Que de belles choses à raconter sur ces débuts de la vie franciscaine des histoires si jolies qu’on en a fait un livre qui s’appelle Fioretti,
parce que la vie des saints c’est comme un bouquet de fleurs, douces à regarder et bonnes à sentir. Tenez, vous voulez savoir ce que fit un jour le Frère cuisinier, notre malicieux Genièvre ? Il avait remarqué que les Frères se préoccupaient un peu trop de leur nourriture et que lui passait beaucoup de temps à préparer les repas.

Le Troubadour d’Assise

Un an passa, puis deux. Le petit maçon de Jésus avait fini de reconstruire Notre-Dame-des-Anges. Après la Chandeleur, le printemps risque un œil et les ruisseaux recommencent à rire. François avait un peu moins froid dans la petite cabane qu’il s’était construit
dans le bois, près de l’église. Et même, ce matin-là, le 24 février 1209, jour de Saint-Mathias, il avait tout à fait chaud au cœur et il chantait fort, comme juste avant qu’il vous arrive un grand bonheur sans que vous vous en doutiez.
Le curé de Saint-Damien vint dire la messe. Il lut l’Évangile plus lentement que d’ordinaire.
Allez et prêchez. Dites : le royaume des cieux est proche !… N’emportez ni or, ni argent, ni sac pour la route, ni deux tuniques, ni chaussures, ni bâton…
François eut comme un éblouissement. Bien des fois il avait entendu ces paroles, mais, ce matin, il comprenait qu’elles s’adressaient directement à lui. Quand Jésus lui

Le Troubadour d’Assise

À partir de ce moment, il ne se demande plus qu’une chose comment vais-je servir Notre-Seigneur ? Il allait souvent prier dans la petite église de Saint-Damien, bâtie en pleine campagne, à flanc de coteau, au milieu des oliviers et bien en face de la plaine. Un joli coin pour penser au bon Dieu.
François aimait prier devant le grand Crucifix de bois peint qui domine l’autel. Et voilà qu’un jour, la peinture se met à bouger, les yeux s’animent et une voix douce prononce bien distinctement :
— Va, François, reconstruis ma maison…, elle s’écroule.
C’est vrai, elle était bien délabrée, la pauvre petite église de Saint-Damien. Et plus haut, dans la montagne, Saint-Pierre tombait en ruine. Et plus bas, dans la plaine, le clocher de Sainte-Marie-des-Anges faisait pitié. Eh bien ! François deviendra le maçon du bon Dieu.
Oui, mais il y a quelqu’un à qui tout cela ne plaisait guère…





