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1 novembre 2026Fête de la Toussaint

Au début du VIIe siècle, l’empereur Pho­cas don­na au pape Boni­face IV ce qu’on appe­lait le Pan­théon : c’é­tait un édi­fice construit autre­fois par Agrip­pa en l’hon­neur d’Au­guste et dédié à tous les dieux du paga­nisme. Le Pape trans­for­ma ce temple en église : il y fit trans­por­ter une grande quan­ti­té de saintes reliques et dédia l’é­di­fice à sainte Marie et aux Mar­tyrs. Plus tard, par une légère modi­fi­ca­tion dans le titre, l’é­glise fut consa­crée à sainte Marie et à tous les Saints. Le pape Gré­goire VII fixa au 1ᵉʳ novembre l’an­ni­ver­saire de cette dédi­cace. Quoi qu’il en soit, actuel­le­ment l’É­glise, par la fête de la Tous­saint, a l’in­ten­tion d’ho­no­rer dans son ensemble l’im­mense famille des élus. Jour de joie, comme le chante l’In­troït Gau­dea­mus. Mais aus­si jour de réflexion : car, si l’é­pître nous montre les saints dans l’é­clat de leur gloire, l’é­van­gile nous indique la voie étroite par laquelle ils ont dû pas­ser : « Bien­heu­reux les pauvres… Bien­heu­reux les doux… Bien­heu­reux ceux qui pleurent… Bien­heu­reux ceux qui ont faim et soif de la jus­tice… Bien­heu­reux les misé­ri­cor­dieux…, les cœurs purs…, les paci­fiques… Bien­heu­reux ceux qui souffrent per­sé­cu­tion pour la justice… ».


Ouvrage : Bayard | Auteur : Sève, André | Illustration : Hi-Ta

Le Troubadour d’Assise

Saint François chante le Cantique du Soleil

Un matin qu’il souf­frait d’une façon presque into­lé­rable, Fran­çois s’a­che­mi­na péni­ble­ment vers Saint-Damien. Il y avait là sainte Claire, dont j’au­rais vou­lu vous par­ler aus­si, mais ce sera pour une autre fois. Du haut du petit bal­con qui domine la plaine, Fran­çois res­pi­ra lon­gue­ment la fraî­cheur et l’al­lé­gresse de l’au­rore. Puis, sa voix,

qui était deve­nue si faible, retrou­va sou­dain la fer­me­té et le velou­té des années de jeu­nesse, et il chan­ta le Can­tique du Soleil. C’est un des plus beaux chants d’a­mour de Dieu jaillis du cœur d’un homme.

Loué sois-tu, ô mon Dieu ! et toutes tes créa­tures. Et d’a­bord mes­sire notre frère le Soleil ; il nous donne le jour et tu nous éclaires par lui ; il est beau et rayon­nant avec grande splen­deur : il est ton sym­bole, ô Très-Haut !

Loué sois-tu, mon Dieu, pour notre sœur la Lune et nos sœurs les Étoiles, pré­cieuses et belles.

Loué sois-tu, mon Dieu, pour notre frère le Vent, pour l’air et les nuages, et le ciel bleu et tous les temps, par les­quels toutes les créa­tures peuvent vivre.

Loué sois-tu, mon Dieu, pour notre sœur l’Eau, qui est ser­viable, humble, fraîche et pure.

Loué sois-tu, mon Seigneur, pour ceux
qui pardonnent par amour pour toi
Ouvrage : Bayard | Auteur : Sève, André | Illustration : Hi-Ta

Le Troubadour d’Assise

Saint François prêche les croisés

Les Frères deve­naient si nom­breux qu’à la Pen­te­côte 1219 on put en comp­ter plus de 3 000 qui cam­pèrent dans les bois de la Por­tion­cule. On déci­da d’en­voyer des mis­sion­naires à Tunis, au Maroc et en Égypte. Fran­çois prit la tête de l’ex­pé­di­tion d’É­gypte, et il arri­va un beau jour au milieu des Croi­sés qui fai­saient le siège de Damiette.

Vous com­pre­nez bien qu’il n’é­tait pas venu pour faire la guerre, mais pour conqué­rir des âmes à Dieu. II s’oc­cu­pa d’a­bord des chevaliers : 

— Vous por­tez une croix sur vos habits : il fau­drait aus­si la por­ter dans le cœur. Mal­heur à celui qui ne se bat pas pour déli­vrer le Tom­beau du Christ, mais pour la vio­lence et la rapine !

Puis il fait une chose folle. Le voi­là qui s’en va vers les tentes des Maures en criant :

— Sul­tan ! Sultan !

Sur­pris, les Sar­ra­sins, tout en le mal­me­nant, le conduisent quand même devant Malek-el-Kamil. Le sul­tan regarde un moment ce petit homme maigre qui a osé venir jus­qu’à lui. Un signe, l’éclair

Saint François parle au sultan
Ouvrage : Tout l'Évangile en images | Auteur : Baeteman, R. P. J.

Un roi vou­lant régler ses comptes, fit appe­ler ses ser­vi­teurs. L’un d’eux lui devait envi­ron dix mille talents, somme très forte. Il obtint par ses ins­tantes sup­pli­ca­tions d’être déchar­gé de cette dette énorme. Mais, étant sor­ti, ce ser­vi­teur ren­con­tra un de ses com­pa­gnons qui lui devait cent deniers, quatre-vingt de…

Ouvrage : Bayard | Auteur : Sève, André | Illustration : Hi-Ta

Le Troubadour d’Assise

Le loup de Gubbio

Un triste jour d’hi­ver, Fran­çois s’en allait vers Gub­bio. Mais voi­ci que par­tout on lui dit de rebrous­ser che­min. Un loup ter­rible, bien plus fort et plus mau­vais que les autres, sème la ter­reur à Gub­bio et aux environs.

— On n’ose plus sortir !

— Je vais m’oc­cu­per de ça, dit François.

Et le voi­là par­ti à la recherche du loup. Pas dif­fi­cile de le trou­ver, avec ses traces dans la neige. D’ailleurs, sûr de sa force, il ne se cachait guère. Dans une clai­rière, ils se trou­vèrent subi­te­ment face à face la grande bête mau­vaise et le petit Frère aux yeux rayonnants.

Ils se regar­dèrent un moment sans bou­ger. Puis Fran­çois fit un grand signe de croix.

— Frère loup, approche !

Len­te­ment, comme à regret, mais déjà obéis­sant, il avance et paraît plus énorme encore près du ché­tif Fran­çois. Il se couche à ses pieds comme un chien fidèle qui aurait fait des bêtises.

Le loup se soumet à saint François
Ouvrage : Bayard | Auteur : Sève, André | Illustration : Hi-Ta

Le Troubadour d’Assise

Les Fioretti de saint François

Plu­sieurs, en l’é­cou­tant, ont envie de faire comme lui et le suivent. Il y aura d’a­bord Ber­nard de Quin­ta­valle, un homme riche, grave et réflé­chi ; Pierre de Cat­ta­ni, le conseiller de l’é­vê­ché ; Égide le pay­san, Ange le che­va­lier, le prêtre Syl­vestre. Et, un peu plus tard, le grand Mas­seo, le doux Léon, l’a­mu­sant Genièvre, Divi­ni, le roi des troubadours… 

Bien­tôt, des cen­taines, puis des mil­liers, sur­tout après l’ap­pro­ba­tion du Pape Inno­cent III.

Que de belles choses à racon­ter sur ces débuts de la vie fran­cis­caine des his­toires si jolies qu’on en a fait un livre qui s’ap­pelle Fio­ret­ti,

parce que la vie des saints c’est comme un bou­quet de fleurs, douces à regar­der et bonnes à sen­tir. Tenez, vous vou­lez savoir ce que fit un jour le Frère cui­si­nier, notre mali­cieux Genièvre ? Il avait remar­qué que les Frères se pré­oc­cu­paient un peu trop de leur nour­ri­ture et que lui pas­sait beau­coup de temps à pré­pa­rer les repas.