Un roi voulant régler ses comptes, fit appeler ses serviteurs. L’un d’eux lui devait environ dix mille talents, somme très forte. Il obtint par ses instantes supplications d’être déchargé de cette dette énorme. Mais, étant sorti, ce serviteur rencontra un de ses compagnons qui lui devait cent deniers, quatre-vingt de…
Et maintenant une histoire ! Posts
Après l’ère des martyrs auxquels l’Église avait exclusivement réservé les honneurs d’un culte public, on se mit à placer sur les autels les serviteurs de Dieu qui, sans avoir eu la gloire de verser leur sang pour Jésus-Christ, s’étaient illustrés par leurs hautes vertus, Saint Hilarion en Orient, et saint Martin en Occident, ouvrent la série de ces saints que l’on désigne sous le nom de Confesseurs » 1. Hilarion, né de parents idolâtres, à Tagathe, en Palestine, fut envoyé à Alexandrie pour ses études et s’y distingua par sa vertu et ses talents. Ayant reçu le baptême, il fit de merveilleux progrès vers la perfection. Comme, en Égypte, on parlait beaucoup de saint Antoine, il partit au désert pour le voir et, pendant les deux mois qu’il passa près de lui, il étudia tout son genre de vie. Rentré en Palestine, il n’y retrouva plus ses parents, morts pendant son absence : il abandonna tous ses biens et s’en vint habiter le désert de Majuma, où il pratiqua de dures austérités jusqu’à l’âge de 80 ans. Il fonda pour ses disciples plusieurs monastères en Palestine, visita l’Égypte, la Sicile, la Dalmatie, et alla mourir dans l’île de Chypre, en 372. La vie de saint Hilarion a été écrite par saint Jérôme.
- Missel de Dom Lefebvre. ↩︎
Le Troubadour d’Assise

Un triste jour d’hiver, François s’en allait vers Gubbio. Mais voici que partout on lui dit de rebrousser chemin. Un loup terrible, bien plus fort et plus mauvais que les autres, sème la terreur à Gubbio et aux environs.
— On n’ose plus sortir !
— Je vais m’occuper de ça, dit François.
Et le voilà parti à la recherche du loup. Pas difficile de le trouver, avec ses traces dans la neige. D’ailleurs, sûr de sa force, il ne se cachait guère. Dans une clairière, ils se trouvèrent subitement face à face la grande bête mauvaise et le petit Frère aux yeux rayonnants.
Ils se regardèrent un moment sans bouger. Puis François fit un grand signe de croix.
— Frère loup, approche !
Lentement, comme à regret, mais déjà obéissant, il avance et paraît plus énorme encore près du chétif François. Il se couche à ses pieds comme un chien fidèle qui aurait fait des bêtises.

Le Troubadour d’Assise

Plusieurs, en l’écoutant, ont envie de faire comme lui et le suivent. Il y aura d’abord Bernard de Quintavalle, un homme riche, grave et réfléchi ; Pierre de Cattani, le conseiller de l’évêché ; Égide le paysan, Ange le chevalier, le prêtre Sylvestre. Et, un peu plus tard, le grand Masseo, le doux Léon, l’amusant Genièvre, Divini, le roi des troubadours…
Bientôt, des centaines, puis des milliers, surtout après l’approbation du Pape Innocent III.
Que de belles choses à raconter sur ces débuts de la vie franciscaine des histoires si jolies qu’on en a fait un livre qui s’appelle Fioretti,
parce que la vie des saints c’est comme un bouquet de fleurs, douces à regarder et bonnes à sentir. Tenez, vous voulez savoir ce que fit un jour le Frère cuisinier, notre malicieux Genièvre ? Il avait remarqué que les Frères se préoccupaient un peu trop de leur nourriture et que lui passait beaucoup de temps à préparer les repas.

Le Troubadour d’Assise

Un an passa, puis deux. Le petit maçon de Jésus avait fini de reconstruire Notre-Dame-des-Anges. Après la Chandeleur, le printemps risque un œil et les ruisseaux recommencent à rire. François avait un peu moins froid dans la petite cabane qu’il s’était construit
dans le bois, près de l’église. Et même, ce matin-là, le 24 février 1209, jour de Saint-Mathias, il avait tout à fait chaud au cœur et il chantait fort, comme juste avant qu’il vous arrive un grand bonheur sans que vous vous en doutiez.
Le curé de Saint-Damien vint dire la messe. Il lut l’Évangile plus lentement que d’ordinaire.
Allez et prêchez. Dites : le royaume des cieux est proche !… N’emportez ni or, ni argent, ni sac pour la route, ni deux tuniques, ni chaussures, ni bâton…
François eut comme un éblouissement. Bien des fois il avait entendu ces paroles, mais, ce matin, il comprenait qu’elles s’adressaient directement à lui. Quand Jésus lui

Le Troubadour d’Assise

À partir de ce moment, il ne se demande plus qu’une chose comment vais-je servir Notre-Seigneur ? Il allait souvent prier dans la petite église de Saint-Damien, bâtie en pleine campagne, à flanc de coteau, au milieu des oliviers et bien en face de la plaine. Un joli coin pour penser au bon Dieu.
François aimait prier devant le grand Crucifix de bois peint qui domine l’autel. Et voilà qu’un jour, la peinture se met à bouger, les yeux s’animent et une voix douce prononce bien distinctement :
— Va, François, reconstruis ma maison…, elle s’écroule.
C’est vrai, elle était bien délabrée, la pauvre petite église de Saint-Damien. Et plus haut, dans la montagne, Saint-Pierre tombait en ruine. Et plus bas, dans la plaine, le clocher de Sainte-Marie-des-Anges faisait pitié. Eh bien ! François deviendra le maçon du bon Dieu.
Oui, mais il y a quelqu’un à qui tout cela ne plaisait guère…





