Et maintenant une histoire ! Posts


4 juillet 2026Saint Valentin, Prêtre

Valen­tin appar­te­nait à une puis­sante famille de France. Éle­vé à la cour du roi Chil­de­bert Ier, il n’at­ta­cha point son cœur aux richesses ni aux gran­deurs humaines. Il ne trou­vait, au contraire, de satis­fac­tion qu’à venir en aide aux mal­heu­reux et à visi­ter les églises et les monas­tères. Quand il eut 20 ans, son père vou­lut lui faire épou­ser la fille d’un riche citoyen de Troyes, nom­mé Pal­la­dius. Valen­tin deman­da un sur­sis de cinq ans. Ce temps écou­lé, son père renou­ve­la sa pro­po­si­tion, mais le saint jeune homme ne put se résoudre à céder aux dési­rs de ses parents. Pour échap­per à de plus vives ins­tances, il s’en­fuit et se cacha dans un four à chaux. Décou­vert, après de nom­breuses recherches, par les chiens de chasse de son père, Valen­tin com­prit que Dieu vou­lait son retour à la mai­son pater­nelle. Il revint donc, mais res­ta inébran­lable dans sa réso­lu­tion de ne connaître d’autre amour que celui de son Dieu. Le père admi­ra la ver­tu de son fils et ne le contrai­gnit pas davan­tage. Valen­tin pro­fi­ta de sa liber­té : il se reti­ra sur une mon­tagne voi­sine, s’y bâtit un ora­toire et bien­tôt, par la sain­te­té de sa vie, méri­ta de rece­voir le sacer­doce des mains de l’é­vêque de Langres. Après avoir opé­ré de nom­breux miracles et édi­fié tous ceux qui eurent le bon­heur de le connaître, il s’en­dor­mit dans le Sei­gneur en 547 : il n’a­vait que 28 ans.


Ouvrage : La revue des saints | Auteur : Lacoste

Fondatrice de la Visitation (1872 – 1641)

Fête le 21 août

« J’ai trou­vé à Dijon, disait saint Fran­çois de Sales, ce que Salo­mon était en peine de trou­ver à Jéru­sa­lem : la femme forte, en Mme de Chan­tal. » Éloge admi­rable, confir­mé par l’É­glise et que cette Sainte a plei­ne­ment jus­ti­fié par une longue vie dont chaque pas fut un sacrifice.

Vertus naissantes.

Jeanne-Fran­çoise naquit à Dijon le 23 jan­vier 1572, de la noble famille des Fré­myot, qui occu­pait un rang consi­dé­rable au Par­le­ment de Bour­gogne. Elle n’a­vait que dix-huit mois quand sa mère mou­rut, lais­sant trois petits enfants. Dès ses pre­mières années, Jeanne mani­fes­ta une filiale ten­dresse envers la Sainte Vierge et un atta­che­ment extra­or­di­naire à la reli­gion catholique.

Un jour, à peine âgée de cinq ans, elle enten­dit un gen­til­homme pro­tes­tant, qui dis­cu­tait avec son père, nier la Pré­sence réelle. Aus­si­tôt, arrê­tant sur l’hé­ré­tique un regard ému :

— Mon­sei­gneur, lui-dit-elle, il faut croire que Jésus-Christ est au Saint Sacre­ment de l’au­tel, puis­qu’il l’a dit. Si vous ne croyez pas ce qu’il a dit, vous le faites menteur.

Le pro­tes­tant entre­prit de dis­cu­ter avec elle, mais elle l’ar­rê­ta court par la sagesse de ses réponses. Pour ter­mi­ner le débat, il lui don­na quelques bon­bons ; mais elle, sans y tou­cher, les prit dans son tablier et cou­rut les jeter au feu, en disant :

— Voyez-vous, Mon­sei­gneur, voi­là comme brû­le­ront dans le feu de l’en­fer tous les héré­tiques, parce qu’ils ne croient pas ce que Notre-Sei­gneur a dit.

M. Fré­myot, homme d’une rare ver­tu et d’un cou­rage héroïque célèbre pen­dant la Ligue, ne négli­gea rien pour déve­lop­per de si heu­reuses dis­po­si­tions. Il fit don­ner à ses enfants, par des maîtres choi­sis, une ins­truc­tion forte et brillante, tan­dis que lui-même, selon les bonnes tra­di­tions de cette époque, se réser­vait l’en­sei­gne­ment religieux.

Maîtresse de maison.

Jeanne fut bien­tôt recher­chée en mariage par les plus illustres sei­gneurs. Elle refu­sa de brillants par­tis, parce que sa foi et sa ver­tu eussent été expo­sées, disant qu’elle aime­rait mieux pour son séjour une per­pé­tuelle pri­son que le logis d’un huguenot.

Dieu récom­pen­sa cette fer­me­té et lui don­na un époux digne d’elle dans la per­sonne du baron de Chan­tal, sei­gneur de Bour­billy, qui joi­gnait à la bra­voure et à la foi d’un che­va­lier du Moyen Âge la dis­tinc­tion d’es­prit et de manières d’un gen­til­homme du XVIᵉ siècle. Le mariage eut lieu à Bour­billy, près de Semur, le 29 décembre 1592. Mais bien­tôt, Hen­ri IV man­da près de lui le baron de Chan­tal, « qu’il aimait et dont il fai­sait cas ».

Pen­dant l’ab­sence de son mari, Mme de Chan­tal se char­gea de la direc­tion de tous ses biens, et en peu de temps elle mit dans les affaires tout l’ordre que récla­mait une longue négli­gence. Son pre­mier soin fut de réta­blir la messe quo­ti­dienne au châ­teau et d’y faire assis­ter tous ses domes­tiques. Elle leur don­nait en toutes choses le bon exemple, et, avec le talent de se faire obéir, elle pos­sé­dait à un plus haut degré encore celui de se faire aimer.

Amour des pauvres.

Le ser­vice des pauvres et des malades était une de ses plus chères Occu­pa­tions. Elle por­tait elle-même des aumônes jusque dans les cabanes les plus enfu­mées, et soi­gnait les mala­dies les plus repous­santes avec une si exquise cha­ri­té que, selon la tou­chante expres­sion des pauvres de Bour­billy, « il Ꭹ avait plai­sir à être malade pour avoir les visites de la sainte baronne ».

Pen­dant la ter­rible famine de 1600, les pauvres accou­raient de six lieues à la ronde. Mme de Chan­tal n’en ren­voyait aucun. Plu­sieurs pro­fi­taient de leur grand nombre pour deman­der l’au­mône deux fois de suite. Elle n’eut jamais le cou­rage de les renvoyer :

— Mon Dieu, disait-elle, je men­die sans cesse à la porte de votre misé­ri­corde ; vou­drais-je, à la seconde ou troi­sième fois, être chas­sée ? Mille et mille fois vous souf­frez béni­gne­ment mon impor­tu­ni­té, n’en­du­re­rai-je pas celle de votre créature ?

Il ne res­ta bien­tôt plus qu’un ton­neau de farine. Quand il fal­lut y tou­cher, les plaintes des domes­tiques écla­tèrent. « Qu’on puise à pleines mains et qu’on donne sans comp­ter », dit Mme de Chan­tal. Ain­si fut fait, et, six mois après, ce mon­ceau de farine n’a­vait pas diminué.

Premières épreuves. — Séjour à Monthelon.

Depuis huit ans, « les deux époux offraient le modèle du plus saint mariage qu’on puisse conce­voir » et s’ai­maient « avec des ten­dresses extra­or­di­naires », quand, un jour de l’hi­ver de 1601, M. de Chan­tal fut griè­ve­ment bles­sé d’un coup d’ar­que­buse, au cours d’une par­tie de chasse. Après neuf jours d’a­go­nie, il mou­rut, à trente-cinq ans, avec la rési­gna­tion et le cou­rage d’un grand chré­tien. De six enfants, fruits de leur union bénie, quatre sur­vi­vaient, un fils et trois filles, dont la der­nière n’a­vait pas un mois. 

La dou­leur de Mme de Chan­tal fut si vio­lente qu’elle fit craindre pour sa vie ; au bout de trois mois, la mal­heu­reuse veuve était deve­nue comme un squelette.

Elle se consa­cra dès lors com­plè­te­ment au pur amour de Dieu, fit vœu de chas­te­té per­pé­tuelle. Elle rédui­sit son train de mai­son pour se dévouer à l’é­du­ca­tion de ses enfants et au sou­la­ge­ment des pauvres.

Vers la fin de 1602, le vieux baron de Chan­tal vou­lut avoir auprès de lui sa belle-fille et ses petits-enfants. Elle se ren­dit aus­si­tôt à Mon­the­lon, près d’Au­tun, où habi­tait son beau-père.

Elle y souf­frit atro­ce­ment, tant de la mau­vaise humeur de ce vieillard auto­ri­taire et maniaque que des manières impé­rieuses d’une femme de charge qui com­man­dait en maî­tresse au châ­teau. L’in­so­lence de cette ser­vante n’a­vait pas de bornes ; elle réus­sit à indis­po­ser l’es­prit du baron contre sa belle-fille, et Mme de Chan­tal fut trai­tée, pen­dant sept ans que dura ce « pur­ga­toire », comme une étran­gère qu’on admet par cha­ri­té au foyer domestique.

Son admis­sion dans le Tiers-Ordre de Saint-Fran­çois d’As­sise, le 6 avril 1603, l’ai­da à sup­por­ter avec cou­rage et humi­li­té une si longue épreuve.

Mme de Chantal et saint François de Sales.

Depuis long­temps Mme de Chan­tal deman­dait à Dieu de lui don­ner un direc­teur. Un jour, pen­dant la fer­veur de son orai­son, elle vit un prêtre en sou­tane noire, avec un rochet et un camail. En même temps, une voix lui disait : « Voi­là le guide bien-aimé de Dieu et des hommes entre les mains duquel tu dois repo­ser ta conscience. »

Ouvrage : Bayard | Auteur : Michel, Jacques

APRÈS avoir vic­to­rieu­se­ment lut­té devant Lagny et cap­tu­ré Fran­quet d’Ar­ras, qu’elle dut remettre au bailli de Sen­lis, Jeanne d’Arc, par petites étapes, se ren­dait à Cré­cy avant de rejoindre le comte de Ven­dôme qui l’at­ten­dait à Sois­sons. Elle était entou­rée de ses fidèles, Pierre son frère, Dunois, Poton de Xain­trailles et les autres.

Ce soir-là, sa petite troupe, fati­guée par une route pleine d’embûches, arri­va dans un bourg où tout déjà dor­mait dans le silence inquiet des nuits de guerre. Le couvre-feu, sans doute, était depuis long­temps son­né. Jeanne et Ses com­pa­gnons, que les escar­mouches du che­min avaient fati­gués, déci­dèrent de ne pas pour­suivre plus avant et de frap­per à la pre­mière porte pour y deman­der logis. 

Un gros homme, emmi­tou­flé jus­qu’aux oreilles, vint ouvrir :

— Que veut-on ? deman­da-t-il d’une voix bourrue.

Xain­trailles pour par­le­men­ter, avait mis pied à terre, tan­dis que les autres, dont les che­vaux piaf­faient de las­si­tude, sur­veillaient la rue. Il expli­qua fort cour­toi­se­ment ses désirs :

— Il nous suf­fi­rait d’une chambre pour le plus fati­gué des nôtres, confia-t-il ; quant aux autres, ils se conten­te­raient d’une grange bien gar­nie de paille ou de foin.

— Je n’ai ni chambre ni grange, répon­dit l’homme. Et je vous conseille de pas­ser votre chemin !

Raf­fer­mis­sant le ton de sa voix, Xain­trailles insista :

— Nous sommes tous che­va­liers de France, et c’est au nom de notre roi que nous vous deman­dons l’hos­pi­ta­li­té pour cette nuit.

— Anglais, Arma­gnacs, Bour­gui­gnons, vous êtes tous de la même graine ! cria le vil­la­geois qui, déci­dé­ment, ne se sou­ciait pas de loger chez lui des gens d’armes.

Une ombre se glissa

Il faut dire qu’à cette époque les armées étaient en par­tie com­po­sées de sou­dards nomades, pilleurs de pro­fes­sion, qui par­cou­raient le pays en pro­fi­tant du désar­roi pour ran­çon­ner les pay­sans. Et cette engeance n’a­vait pas de patrie tan­tôt Arma­gnacs, tan­tôt Bour­gui­gnons, selon que l’oc­ca­sion se pré­sen­tait de com­battre avec l’un ou l’autre parti.

Ceci dit, on com­prend sans doute la méfiance du brave vil­la­geois qui, ouvrant sa porte en pleine nuit, se trou­vait ain­si devant un groupe de sol­dats inconnus… 

Che­va­liers de France ? Bah ! Cela n’é­tait pas prouvé !

Pierre, impa­tient, était à son tour des­cen­du de che­val et joi­gnait sa voix à celle de Xaintrailles.

— Qu’au moins, dit-il, vous rece­viez Jeanne la Pucelle, elle est avec nous. Son écuyer veille­ra devant la porte…

— Jeanne ? La Pucelle d’Or­léans ? fit avec éton­ne­ment le gros bour­geois à qui ce nom sem­blait cau­ser plus de peur qu’il ne seyait. 

Ouvrage : Bayard | Auteur : Pergame

CETTE his­toire, c’est un vieux curé qui me l’a contée, le vieux curé d’un petit vil­lage des Cha­rentes. Je revois encore son aimable et bon visage et son joli jar­din plein de soleil. 

Nous par­lions du plai­sir de donner :

— Moi, me dit le vieux prêtre, ce que j’ai jamais don­né de meilleur cœur, c’est une petite sta­tue de la Sainte Vierge, en plâtre peint.

— À qui l’a­vez-vous don­née, Mon­sieur le curé ? 

— À un petit enfant, Mon­sieur ; mais c’est toute une histoire.

Mon hôte se recueillit un ins­tant, puis commença : 

— Ils étaient trois qui venaient me voir chaque matin José, Julien et Vincent, trois frères ; l’aî­né mar­chait sur ses 7 ans, le troi­sième, Vincent, comp­tait à peine quatre printemps.

Tous les jours, régu­liè­re­ment, ils arri­vaient vers les 8 heures, tenant à la main la tar­tine de leur déjeu­ner ; nous allions d’a­bord saluer la bonne Sainte Vierge, dont j’a­vais mis une sta­tue dans le creux du mur, tout au fond du jar­din ; leurs petits bérets à la main, ils disaient sage­ment un Ave Maria, puis nous retour­nions tous quatre à la cui­sine, et Mar­thon, ma vieille ser­vante, éta­lait sur les tar­tines une couche abon­dante de confi­tures ou de miel. Sou­vent nous par­lions de la Sainte Vierge ; je venais de gagner cette sta­tue dans une tom­bo­la de cha­ri­té ; elle était toute neuve, avec des cou­leurs tendres, une cou­ronne dorée et des étoiles sur son man­teau ; elle sou­le­vait une grande admi­ra­tion chez les trois frères.

Un jour, José me dit :

— Alors, Mon­sieur le curé, quand nous la don­ne­rez-vous votre Sainte Vierge ?

— Mais, mon petit José, je ne t’ai jamais dit que je vou­lais te la donner !

— Vous ne l’a­vez pas dit, reprit le bam­bin avec assu­rance, mais vous en avez des tas de Saintes Vierges il y en a une grande dans votre salon, une au-des­sus de la porte, une dans votre chambre, sans comp­ter celle de l’é­glise… et nous, nous n’en avons pas une seule ! Vous croyez que c’est juste ? 

Évi­dem­ment, en toute logique, ce n’é­tait pas juste ; je cher­chai une expli­ca­tion, ne la trou­vai pas, et brus­que­ment, pre­nant mon parti :

— Eh bien, je vous la don­ne­rai un jour où vous aurez été bien sages.

— À qui vous la don­ne­rez ? À moi « que » je suis le plus grand ?

— Non, implo­ra Vincent, à moi, « que » je suis le plus petit ?

— À moi ! à moi ! cria Julien, « pasque » je ne suis pas le plus grand et pas le plus petit ?

— Ce sera pour celui qui l’au­ra méri­tée, dis-je d’une voix ferme.

Et depuis, chaque matin, dès l’ar­ri­vée, on me posa inva­ria­ble­ment la même question :

— Quand nous la ferez-vous méri­ter, votre Sainte Vierge, Mon­sieur le curé ?

Ils disaient d’a­bord « votre » Sainte Vierge, puis, très vite, ce fut « notre » Sainte Vierge.

Enfin, le jour où José me dit d’un ton amer « Je vois bien que vous vou­lez la gar­der notre Sainte Vierge ! Alors, Mon­sieur le curé, vous n’a­viez qu’à ne pas nous la pro­mettre ! » je vis qu’il n’y avait plus à reculer.

— Ce sera pour aujourd’­hui, répon­dis-je réso­lu­ment ; vous avez toute la mati­née devant vous : met­tez-vous en cam­pagne et rap­por­tez-moi quelque chose pour la Sainte Vierge ; je don­ne­rai la sta­tue à celui qui lui offri­ra le plus beau cadeau. 

José réflé­chit un instant :

— Je vais prendre mon fusil et mes flèches ! s’é­crie-t-il, frap­pé d’une ins­pi­ra­tion sou­daine, et je vais lui don­ner une per­drix à la Sainte Vierge ; je pense que cela lui fera plai­sir, Mon­sieur le curé ?

— La chasse n’est pas ouverte, observai-je. 

Mais, sans m’é­cou­ter, il était parti.

Ouvrage : Autres textes

Un de nos lec­teurs de Bel­gique, M. Édouard van Spey­brouck, vient de publier, au pro­fit d’une bonne œuvre, un ouvrage très cap­ti­vant sur le Père Paul, le célèbre thau­ma­turge belge [1]. En France, on ignore géné­ra­le­ment ce qu’était le Père Paul. Aus­si, sommes-nous heu­reux de pou­voir aujourd’hui, grâce à M. Edouard van Spey­brouck, le faire connaître à nos lecteurs.

Voi­ci d’abord l’histoire de sa vie à grands traits :

Père Paul naquit à Moll, com­mune de la pro­vince d’Anvers, le 15 jan­vier 1824, et reçut au bap­tême le nom de Fran­çois. Il était fils de Vincent Luy­ckx et d’Anne-Catherine van Balen.

Le jeune Fran­çois Luy­ckx fré­quen­ta d’abord l’école pri­maire de Mil­le­ghem-Moll, et voi­ci à ce sujet ce qu’on raconte : la plu­part des élèves habi­taient assez loin de la demeure où l’instituteur tenait école ; or, quand il fai­sait beau, celui-ci ne trou­vait sou­vent rien de plus natu­rel que de venir à la ren­contre des enfants, jusqu’à l’endroit nom­mé de Rei-Boo­men, où l’on voit encore une ran­gée d’arbres, et là, tous s’asseyaient à l’ombre des grands chênes, pour entendre la leçon du maître.

Fran­çois fut envoyé ensuite au col­lège de Gheel, pour y faire ses huma­ni­tés. Cette célèbre ins­ti­tu­tion était située à six kilo­mètres de la mai­son pater­nelle ; il lui fal­lait donc faire tous les jours douze kilo­mètres pour suivre les cours !

Dès son jeune âge, Fran­çois s’était sen­ti appe­lé à l’état reli­gieux, et fut heu­reux lorsque, le 25 juin 1848, il vit s’ouvrir devant lui les portes du monas­tère des Béné­dic­tins, à Termonde.

Le 24 août sui­vant, il reçut l’habit de Saint-Benoît. Dès lors, il se pré­pa­ra de loin au grand jour où il pour­rait à jamais renon­cer aux folles espé­rances du monde, et s’unir défi­ni­ti­ve­ment à la grande famille du Patriarche des moines d’Occident. Après une année d’épreuves, il fut admis, le 30 sep­tembre 1849, à la Pro­fes­sion, et à se lier au Sau­veur par les veaux de pau­vre­té, de chas­te­té et d’obéissance.

En 1856, il se ren­dit en Ita­lie pour conti­nuer ses études théo­lo­giques au célèbre col­lège des Béné­dic­tins de Parme, et ce fut dans cette ville que, pour la pre­mière fois, il mon­ta trem­blant les degrés de l’autel, afin de sacri­fier pour les vivants et les morts.

Il revint dans sa patrie en 1859, rési­da à Ter­monde jusqu’en 1869, année où il fut char­gé du réta­blis­se­ment de l’abbaye d’Afflighem, et fon­da, en 1879, le monas­tère de Steen­brugge dont il fut supé­rieur jusqu’en 1886, et qu’il quit­ta en 1887, pour ren­trer à Termonde.

Dès sa pre­mière rési­dence à Ter­monde, le bon peuple fla­mand com­prit que la Pro­vi­dence avait sus­ci­té au monas­tère un homme d’une ver­tu extra­or­di­naire, et la renom­mée du Père Paul s’étendit rapidement.

On peut éva­luer à plus d’un mil­lion le nombre de per­sonnes qui eurent recours aux bons offices et aux conseils de Père Paul. Du carac­tère le plus doux et le plus bénin, il accueillait à bras ouverts tous ceux qui s’adressaient à lui ; mais il fut sur­tout le pro­tec­teur et l’ami des pauvres et des éprou­vés, un mot le démontre : une dame des envi­rons du monas­tère étant dan­ge­reu­se­ment malade, on deman­da au bon reli­gieux si déjà il était allé la voir.

— Non, répon­dit le Père, je ne vais chez les riches que s’ils le demandent ; pour les pauvres, c’est différent.

Il sem­blait que ce fût un besoin inné de sa nature cha­ri­table, de venir en aide au pro­chain. À son gré, on ne lui deman­dait jamais assez, et sou­vent, sur le point de quit­ter ses visi­teurs, il s’enquérait avec une insis­tance tou­chante s’ils n’avaient plus rien à lui demander…

Un jour, ayant reçu, par l’obligeante entre­mise d’un ami, une lettre d’un savant de ses connais­sances, lec­ture faite, Père Paul dépo­sa le pli avec un geste de désap­poin­te­ment, disant :

  1. [1] Titre : Quelques traits de la vie du Très Révé­rend Père Paul de Moll, béné­dic­tin, 1824 – 1896. Le volume : 2 francs. Fran­co : 2 fr. 50. Écrire à l’auteur à Bruges.
Ouvrage : Le deuxième livre d'André

Sainte Féli­ci­té était une dame romaine de haute consi­dé­ra­tion. Elle vivait au milieu du IIe siècle, sous l’empereur Anto­nin. Vers l’an 160, elle devint veuve. Elle avait sept fils, jeunes encore : Jan­vier, Félix, Phi­lippe, Sil­vain, Alexandre, Vital et Mar­tial ; sa pié­té, ses leçons, ses exemples en firent des saints. Les…