Un roi voulant régler ses comptes, fit appeler ses serviteurs. L’un d’eux lui devait environ dix mille talents, somme très forte. Il obtint par ses instantes supplications d’être déchargé de cette dette énorme. Mais, étant sorti, ce serviteur rencontra un de ses compagnons qui lui devait cent deniers, quatre-vingt de…
Et maintenant une histoire ! Posts
Yves naquit en 1253 au manoir de Kermartin, près de Tréguier, en Bretagne. Il fit ses études de droit à Paris, puis à Orléans. L’évêque de Rennes le choisit alors comme Official, c’est-à-dire juge des causes ecclésiastiques, charge qu’il exerça ensuite à Tréguier. Avant chaque procès, il essayait de réconcilier les plaideurs, et sa charité faisait de lui l’avocat des pauvres, des veuves et des orphelins. Ordonné prêtre en 1285, il fut nommé curé de Trédrez. Pour mieux remplir ses nouveaux devoirs, il se démit de sa charge d’Official. Yves fut le modèle des pasteurs. Son humilité ne pouvait souffrir la plus petite louange. Tertiaire de saint François, il faisait toujours ses visites à pied, portant des sandales comme les Franciscains. Étant simple étudiant à Paris, il avait commencé à s’abstenir de viande, à Orléans, il cessa de boire du vin et entreprit de jeûner tous les vendredis. Son lit n’était qu’un peu de paille sur une claie d’osier, et sa Bible, ou une pierre, lui servait d’oreiller. Il distribuait aux pauvres les revenus de son bénéfice et de son patrimoine. Un jour que le tailleur lui essayait un habit, il aperçut dans la cour un pauvre demi-nu ; aussitôt il lui fit donner l’habit neuf et garda le vieux. Saint Yves mourut le 19 mai 1303. Des miracles nombreux se produisirent à son tombeau. Sa fête se célèbre le 19 mai ; le 29 octobre est l’anniversaire de l’exhumation et de la translation de ses reliques, qui eut lieu en 1347 au moment de sa canonisation. Sous le vocable de saint Yves, les avocats ont formé en divers lieux des confréries pour défendre la cause des pauvres.
Le Troubadour d’Assise

Un triste jour d’hiver, François s’en allait vers Gubbio. Mais voici que partout on lui dit de rebrousser chemin. Un loup terrible, bien plus fort et plus mauvais que les autres, sème la terreur à Gubbio et aux environs.
— On n’ose plus sortir !
— Je vais m’occuper de ça, dit François.
Et le voilà parti à la recherche du loup. Pas difficile de le trouver, avec ses traces dans la neige. D’ailleurs, sûr de sa force, il ne se cachait guère. Dans une clairière, ils se trouvèrent subitement face à face la grande bête mauvaise et le petit Frère aux yeux rayonnants.
Ils se regardèrent un moment sans bouger. Puis François fit un grand signe de croix.
— Frère loup, approche !
Lentement, comme à regret, mais déjà obéissant, il avance et paraît plus énorme encore près du chétif François. Il se couche à ses pieds comme un chien fidèle qui aurait fait des bêtises.

Le Troubadour d’Assise

Plusieurs, en l’écoutant, ont envie de faire comme lui et le suivent. Il y aura d’abord Bernard de Quintavalle, un homme riche, grave et réfléchi ; Pierre de Cattani, le conseiller de l’évêché ; Égide le paysan, Ange le chevalier, le prêtre Sylvestre. Et, un peu plus tard, le grand Masseo, le doux Léon, l’amusant Genièvre, Divini, le roi des troubadours…
Bientôt, des centaines, puis des milliers, surtout après l’approbation du Pape Innocent III.
Que de belles choses à raconter sur ces débuts de la vie franciscaine des histoires si jolies qu’on en a fait un livre qui s’appelle Fioretti,
parce que la vie des saints c’est comme un bouquet de fleurs, douces à regarder et bonnes à sentir. Tenez, vous voulez savoir ce que fit un jour le Frère cuisinier, notre malicieux Genièvre ? Il avait remarqué que les Frères se préoccupaient un peu trop de leur nourriture et que lui passait beaucoup de temps à préparer les repas.

Le Troubadour d’Assise

Un an passa, puis deux. Le petit maçon de Jésus avait fini de reconstruire Notre-Dame-des-Anges. Après la Chandeleur, le printemps risque un œil et les ruisseaux recommencent à rire. François avait un peu moins froid dans la petite cabane qu’il s’était construit
dans le bois, près de l’église. Et même, ce matin-là, le 24 février 1209, jour de Saint-Mathias, il avait tout à fait chaud au cœur et il chantait fort, comme juste avant qu’il vous arrive un grand bonheur sans que vous vous en doutiez.
Le curé de Saint-Damien vint dire la messe. Il lut l’Évangile plus lentement que d’ordinaire.
Allez et prêchez. Dites : le royaume des cieux est proche !… N’emportez ni or, ni argent, ni sac pour la route, ni deux tuniques, ni chaussures, ni bâton…
François eut comme un éblouissement. Bien des fois il avait entendu ces paroles, mais, ce matin, il comprenait qu’elles s’adressaient directement à lui. Quand Jésus lui

Le Troubadour d’Assise

À partir de ce moment, il ne se demande plus qu’une chose comment vais-je servir Notre-Seigneur ? Il allait souvent prier dans la petite église de Saint-Damien, bâtie en pleine campagne, à flanc de coteau, au milieu des oliviers et bien en face de la plaine. Un joli coin pour penser au bon Dieu.
François aimait prier devant le grand Crucifix de bois peint qui domine l’autel. Et voilà qu’un jour, la peinture se met à bouger, les yeux s’animent et une voix douce prononce bien distinctement :
— Va, François, reconstruis ma maison…, elle s’écroule.
C’est vrai, elle était bien délabrée, la pauvre petite église de Saint-Damien. Et plus haut, dans la montagne, Saint-Pierre tombait en ruine. Et plus bas, dans la plaine, le clocher de Sainte-Marie-des-Anges faisait pitié. Eh bien ! François deviendra le maçon du bon Dieu.
Oui, mais il y a quelqu’un à qui tout cela ne plaisait guère…





