18 avril 2026La bienheureuse Marie de l’Incarnation, Converse carmélite
Elle naquit à Paris en 1565. À onze ans, elle fut mise en pension dans une maison religieuse, où elle donna tous les exemples de la piété. Par obéissance à ses parents, elle renonça à son attrait pour la vie religieuse et épousa à 18 ans Pierre Acarie de Villemor. De ce mariage naquirent six enfants : trois filles et trois garçons. Notre sainte mit un soin extrême à leur éducation. Ils se levaient de bonne heure, récitaient ensemble la prière du matin, faisaient la méditation et allaient entendre la messe ; venaient ensuite l’étude et les récréations. La mère présidait à tout : elle les avait tellement accoutumés à sa présence qu’ils ne pouvaient s’en passer, et il lui fallait prendre part à leurs divertissements. Ces enfants profitèrent admirablement d’une telle éducation : les trois filles devinrent Carmélites et les trois fils, engagés dans les différentes carrières de la magistrature, du sacerdoce et des armes, conservèrent toujours dans leur cœur les sentiments que leur sainte mère s’était efforcée de leur inspirer. En celle-ci d’ailleurs les qualités d’épouse et de maîtresse de maison valaient les qualités de mère : on admirait son dévouement à l’égard de son mari, sa bonté à l’égard des domestiques. Lorsque Pierre Acarie fut banni par Henri IV comme partisan de la Ligue et que ses biens furent confisqués, Marie supporta cette ruine complète avec une patience admirable. Elle aida M. de Bérulle à introduire en France l’Ordre des Carmélites, récemment réformé en Espagne par sainte Thérèse. Devenue veuve en 1613, elle entra elle-même chez les Carmélites comme sœur converse, et ses infirmités croissantes ne l’empêchèrent pas de se charger des plus humbles offices. Elle mourut en 1618 dans la communauté de Pontoise. On cite d’elle cette parole adressée à ses enfants : « Quand vous auriez tout perdu ou renversé la maison, si vous l’avouez lorsqu’on vous le demandera, je vous pardonnerai de bon cœur ; mais je ne vous pardonnerai jamais la plus petite dissimulation. Seriez-vous aussi hauts que le plafond, je louerai des hommes s’il le faut, mais je ne laisserai pas vos mensonges impunis. »
ASSISE au sommet d’un tas de grosses pierres, bien abritée du mistral par deux touffes de genêts géants, Miette, la petite bergère du mas des Alouettes, réfléchissait profondément. Autour d’elle, sur la lande, des moutons et quelques chèvres paissaient les maigres ajoncs, les pauvres bruyères… Tout paraissait calme et la fillette, rassurée par la bonne conduite de son troupeau, s’en donnait, à cœur joie, de rêvasser… Elle songeait, la pauvrette, à la fête toute proche, aux cadeaux, généralement reçus et échangés autour d’elle, par les guardians[1] et les servantes de la ferme…
Elle pensait que tout le monde aurait, dans deux jours, son œuf de Pâques… et elle n’ignorait pas que nul n’aurait l’idée de lui en offrir un… même minuscule…
Justement, la veille, en allant faire une commission pour sa maitresse, elle avait aperçu, à la devanture du grand confiseur de la place des Arènes, un œuf gigantesque de taille et de grosseur, tendu d’une riche étoffe damassée d’or, et enrubanné de galons scintillants.
À ce souvenir, les paupières de Miette papillotaient. Elle se croyait encore devant la boutique du marchand de bonbons. Hélas ! elle était en Camargue, au milieu de la lande désolée, où chantait le mistral, auprès de ses brebis et de son chien…
Un bruit de paroles étouffées la tira de sa torpeur.
TOUTES les heures du jour et de la nuit ont leur fête dans l’année.
En juillet, la Fête Nationale, par ses feux d’artifice, est la fête du soir. À Noël, la fête de minuit fait oublier le froid. Le jour des Rois, le gâteau, que l’on partage à midi, marque la fête du déjeuner dans la famille.
Mais Pâques, c’est la fête du matin. La lumière fleurit les églises comme le soleil fleurit le ciel. Avez-vous remarqué qu’il fait presque toujours un temps magnifique, le jour de Pâques ? Et, même s’il ne fait pas très beau, à regarder seulement les gens passer par les rues et par les routes, avec leurs habits neufs, on sent qu’il y a de la joie dans l’air. Dans les églises, où les cloches sont revenues, la semaine sainte étant finie, on a rallumé tous les cierges et même un de plus, énorme, dans lequel on a mis des grains d’encens, le fameux cierge pascal.
Deux brigands, eux aussi condamnés à mort, étaient montés au Calvaire. Jésus, regardé comme plus coupable, fut crucifié au milieu. Ces larrons se moquaient d’abord de la douce Victime. Mais l’un d’eux, témoin de sa bonté, de sa douceur, comprit qu’il ne méritait aucune condamnation. Il fit taire son compagnon…
Durant toute cette horrible journée, Jésus était resté presque nu, recouvert seulement d’un lambeau d’étoffe rouge. Mais puisqu’il devait être crucifié et traverser la ville, on lui rendit ses vêtements, que, sur le Calvaire, les bourreaux auraient à se partager. Jésus, alors, fut chargé d’une lourde croix qu’il devait porter…
Pour expier les péchés de la chair, Jésus voulut être flagellé. Mais il y avait nos fautes d’orgueil, et celles-là aussi devaient être effacées par les humiliations du Bon Maître. Il s’était dit Roi. Aussi les soldats, pour ridiculiser sa royauté, lui mirent en mains un sceptre de roseau. Au…