Travaux manuels : Voici ta Mère

Pour se préparer au Vendredi saint, voici une activité de découpage et de coloriage à réaliser :

Cliquer sur ce lien pour télécharger le modèle à imprimer : Maquette 7-10 ans - Voici
I. Les vêtements du prêtre
Qu'est-ce qu'une chasuble?
Jacques — Ce que je voudrais d'abord savoir, mon Père, c'est pourquoi vous avez un petit tapis sur le dos quand vous dites la messe.

Françoise — Un petit tapis! Ça
L'écu du baptême


Joseph Frank frappa son rabot contre l'établi pour le débarrasser des copeaux, et, d'un geste de la main, fit tomber la sciure de ses cheveux bouclés.

« Père, c'est l'heure où le travail s'arrête
Le grand schisme d'Occident
∼∼XX ∼∼
Colette, les yeux brillants, les joues rouges, de son mouchoir minuscule se tamponnant le front, entre, Annie sur les talons, dans le tout petit jardin attenant à l'hôtel. Là, sous
Le Salut des Bêtes
La vieille Séphora habitait le village de Bethléem.

Elle vivait d'un troupeau de chèvres et d'un petit champ planté de figuiers.

Jeune, elle avait été servante chez un prêtre, en sorte qu'elle

Et maintenant une histoire ! Posts

Auteur : Par un groupe de pères et de mères de familles | Ouvrage : Histoire Sainte illustrée .

Temps de lec­ture : 10 minutes

XIV

Il ne s’a­git pas d’ou­blier ce que tate a pro­mis. Et puis, c’est jeu­di. Les grands doivent être là ; c’est beau­coup plus amu­sant quand ils s’en mêlent. Et Nicole et Bru­no, se tenant par la main, arrivent en sau­tillant chez Colette.

Assis près du divan de sa sœur, Jean, qui en effet les voit venir, souffle :

— Que leur racontes-tu en ce moment ?

— Aujourd’­hui je m’in­quiète de ce que j’ai à leur dire. Com­ment leur faire sai­sir le gou­ver­ne­ment de Moïse ? Tu m’ai­de­ras, dis ? Soyons clairs.

Pen­dant que les enfants s’ins­tallent, Jean redresse les cous­sins afin que « le pro­fes­seur » soit aus­si confor­table que pos­sible, mal­gré son immo­bi­li­té.

— Là, tu as une vraie chaire ; parle, main­te­nant !

Colette dis­si­mule der­rière un sou­rire la souf­france que lui cause encore le moindre mou­ve­ment et s’ap­puie gaie­ment sur la pile de cous­sins.

— Dis un peu, Nicole, où en étions-nous ?

— Le Bon Dieu avait par­don­né aux Hébreux.

— Moi, déclare Bru­no, je trouve que le Bon Dieu par­donne tout le temps.

— Fort heu­reu­se­ment pour les Hébreux, riposte Jean, et non moins heu­reu­se­ment pour nous. Que devien­drions-nous, mon pauvre Bru­no, si le Bon Dieu ces­sait de nous par­don­ner ! Mais tout de même, atten­tion ! Sa jus­tice égale sa bon­té. Les Hébreux s’en sont bien aper­çu, n’est-ce pas, Colette ? Tu vas nous dire com­ment. Nous t’é­cou­tons.

Cepen­dant Colette, appuyée sur son coude, se tait et réflé­chit, puis elle semble se déci­der et pose une drôle de ques­tion :

— Dans une famille, dans une armée, dans un pays, il faut quel­qu’un pour com­man­der, n’est-ce pas ?

Moïse et les dix commandementsÉton­nés, les deux petits répondent :

— Bien sûr.

— Et si per­sonne ne com­man­dait ?

Bru­no écar­quille les yeux.

— Tout le monde s’a­mu­se­rait, mais per­sonne ferait ce qu’est ennuyeux. Moi, j’ap­pren­drais pas ma table de mul­ti­pli­ca­tion et Maria­nick ferait pas la cui­sine. Et on man­ge­rait pas, alors on mou­ri­rait.

— À moins qu’on ne se batte pour « chi­per » les bons plats à ceux qui auraient le cou­rage d’al­lu­mer leur four­neau, dit Jean.

— Exac­te­ment, déclare Colette. Il est impos­sible de vivre plu­sieurs ensemble sans une auto­ri­té qui com­mande, et c’est jus­te­ment cela que je veux vous faire com­prendre. Or Celui qui seul pos­sède par Lui-même le droit de com­man­der aux hommes qu’il a créés, c’est Dieu. Quand Il jugea bon de leur don­ner une loi écrite par l’en­tre­mise de Moïse, Il enten­dait faire res­pec­ter cette loi et gar­der pour Lui-même le gou­ver­ne­ment de son peuple.

Aux hommes qu’Il choi­sis­sait pour être en quelque sorte ses ministres sur la terre, Il don­nait direc­te­ment ses ordres. Le seul Roi des Hébreux, c’é­tait le Bon Dieu.

Mais une expres­sion de souf­france enva­hit le visage de Colette. Elle ferme les yeux mal­gré elle, en se lais­sant aller sur ses cous­sins. Puis, essayant éner­gi­que­ment de se redres­ser, elle mur­mure à son frère :

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XIII

— Yamil cou­ri avec petite dami­selle.

Nicole, hési­tante :

— Maman l’a défen­du.

— Li maman sor­tie ; li sau­ra pas.

Et Yamil esquisse le plus ten­tant des entre­chats.

Nicole, de plus en plus hési­tante :

— Je serai gron­dée.

— Yamil pas dire, petite dami­selle non plus.

Là-des­sus le petit Bédouin se met à dan­ser autour de Nicole, avec une sou­plesse digne du meilleur numé­ro d’un cirque.

Nicole n’y tient plus et la pour­suite com­mence.

Mais Yamil ne se contente plus de cou­rir, il fait à l’a­dresse de Nicole des gri­maces qui l’exas­pèrent et, par des sauts invrai­sem­blables, lui échappe indé­fi­ni­ment. Bien­tôt com­plè­te­ment dépas­sée, Nicole hurle, et sa colère est déchaî­née.

Colette, de son lit, voit pas­ser les deux enfants et devine à leur allure éche­ve­lée qu’ils sont capables de toutes les sot­tises. Elle essaye de domi­ner le vacarme et crie fer­me­ment :

— Nicole,… viens ici !

Mais Nicole n’en­tend rien ou ne veut rien entendre. Elle ren­verse les chaises qui sont devant la porte du ves­ti­bule, agrippe un bout de la robe de Yamil au moment où il passe devant elle, s’arc-boute pour l’ar­rê­ter. Yamil tire de toutes ses forces en sens inverse et la robe se déchire brus­que­ment. Au moment où elle craque, les deux petits perdent l’é­qui­libre. Nicole tombe sur le dos, par-des­sus le tas de chaises sens des­sus des­sous, et Yamil va don­ner contre la fenêtre du ves­ti­bule avec une si belle vio­lence, qu’il brise un car­reau et se coupe pro­fon­dé­ment.

Devant le désastre et le sang qui com­mence à cou­ler sérieu­se­ment sur la nuque de Yamil, les deux enfants sont dégri­sés.

On devine la suite. Yamil, en sen­tant pas­ser l’iode sur la plaie, regrette pas­sa­ble­ment son esca­pade, sans par­ler du compte qu’il fau­dra rendre au retour du maître de mai­son et de ce qui s’en­sui­vra.

Nicole, qui expie en péni­tence sa course folle, réflé­chit mélan­co­li­que­ment aux suites de la colère et de la déso­béis­sance.

De toute la jour­née, elle n’au­ra pas la per­mis­sion de jouer, ni dans le jar­din ni ailleurs. Elle a déjà copié son verbe et appris ses leçons. Que faire main­te­nant ? Tri­co­ter jus­qu’à ce soir ? Ce sera long. Tiens, mais, si on allait chez tante Colette se faire racon­ter quelque chose de nou­veau !

La bible - École du dimanche
Nicole agrippe un bout de la robe de Yamil.

— Toc… toc…

— Entrez. Ah ! c’est toi, Nicole. Es-tu enfin cal­mée ?

Nicole a bien envie de prou­ver que Yamil a eu tous les torts ; mais tate n’aime pas qu’on s’ex­cuse, et puis elle a tout vu,… alors ? Eh bien, alors, Nicole baisse le nez et ne répond pas.

— C’est du joli, reprend Colette avec un ton sévère qu’on ne lui connaît pas d’ha­bi­tude. Tu croyais déso­béir sans être vue ! Regarde dans quel état sont les chaises du jar­din. Penses-tu qu’elles se soient cas­sées toutes seules ?…

De fait, la pauvre Maria­nick est en train d’es­sayer de les remettre debout, mais deux pieds manquent à l’ap­pel et Nicole com­mence à com­prendre que sa sot­tise a des consé­quences qu’elle ne soup­çon­nait pas.

Tate conti­nue du même ton :

— Va me cher­cher Bru­no. C’est tout à fait le moment de conti­nuer l’his­toire de Moïse, vous com­pren­drez pour­quoi.

Nicole n’est qu’à moi­tié ras­su­rée. Il se pour­rait bien que l’his­toire fût un ser­mon.

Dix minutes plus tard, tou­jours sérieuse, Colette com­mence sans autre pré­am­bule :

— Nous avons lais­sé les Hébreux dans le désert. Là, ima­gi­nez l’in­quié­tude de Moïse, à la pen­sée de nour­rir tout un peuple dans un pays sans res­sources. Mais Moïse avait la Foi. Il était sûr que le Bon Dieu, qui avait déjà fait pour sau­ver son peuple des choses aus­si mer­veilleuses, ne l’a­ban­don­ne­rait pas.

Les Hébreux, bien loin d’i­mi­ter leur chef, mur­mu­raient, décla­rant qu’ils allaient mou­rir de faim et de soif, et deman­dant à retour­ner en Égypte.

— Mer­ci ! grogne Bru­no. Retour­ner pour être esclaves là-bas…

— Tu penses bien que Moïse leur a sévè­re­ment repro­ché leur manque de confiance, et puis il a prié. Aus­si­tôt un grand vol de cailles s’est abat­tu sur le désert, mais ce ne fut pas tout ; les nuits sui­vantes, le sol se cou­vrait d’une sub­stance blanche incon­nue. C’é­tait une nour­ri­ture extra­or­di­naire ; elle tom­ba chaque nuit pen­dant qua­rante ans, excep­té la nuit du sab­bat, qui cor­res­pon­dait à notre dimanche.

Bru­no, curieu­se­ment :

— Com­ment çà s’ap­pe­lait, cette affaire-là ? Ç’avait‑y bon goût ?

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XII

Là-bas, dans les deux petites mai­sons, à l’a­bri des lau­riers-roses, les enfants, las d’at­tendre le retour de l’Oi­seau-Bleu, se sont endor­mis ; mais maman, Gene­viève et Jacques, se cachant mutuel­le­ment leur angoisse, sont demeu­rés au jar­din, inter­ro­geant à tout ins­tant le ciel de leurs regards inquiets. Les étoiles luisent par mil­liers, sur un fond de velours saphir, dont rien ne peut peindre la pro­fon­deur et la beau­té… C’est une admi­rable nuit d’O­rient, silen­cieuse, enve­lop­pante, belle jus­qu’à l’in­fi­ni.

Mais, pour ceux qui, ce soir la contemplent, une seule pen­sée domine : sera-t-elle tra­ver­sée bien­tôt du bruit d’un moteur qui approche ? Celui qui a jeté dans ses pro­fon­deurs ces mil­lions d’é­toiles a‑t-il vou­lu sou­te­nir et pro­té­ger l’oi­seau frêle, construit de main d’homme, qui ne rentre pas ?

Les heures se suc­cèdent. De temps à autre, les trois guet­teurs coupent le silence de quelques mots, puis de nou­veau se taisent, devant l’an­goisse de plus en plus enva­his­sante.

Maman égrène son cha­pe­let, on entend les grains se heur­ter sur ses genoux. Jacques, la main dans sa poche, en fait autant. Gene­viève, mal­gré son affreuse inquié­tude, remer­cie Dieu d’a­voir gar­dé près d’elle ses deux petits ; … mais Ber­nard !

Il est 2 heures du matin et la nuit devient froide.

— Ren­trons, dit Jacques fer­me­ment. Il ne s’a­git pas d’at­tra­per mal. De la mai­son, nous sur­veille­rons aus­si bien. Venez…

Et l’on rentre,… mais pour demeu­rer près de la fenêtre ouverte, le cœur tenaillé par l’an­goisse.

Brus­que­ment maman sur­saute :

— Cours, Jacques, c’est la son­ne­rie du télé­phone !…

Et elle essaye de suivre l’of­fi­cier, tout en se cram­pon­nant aux meubles, pour ne pas tom­ber, tant est atroce son inquié­tude.

Elle entend vague­ment : Allo… oui,… puis plus rien. On en dit long à l’autre bout du fil. Alors les deux femmes demandent ensemble, comme mal­gré elles :

— Sont-ils morts ?

D’un signe de la main, Jacques fait signe que non, et demeure l’o­reille ten­due, col­lée au récep­teur.

Enfin sa phy­sio­no­mie prend une expres­sion de détente :

— Bien, j’y vais.

Et il rac­croche. Puis, se tour­nant vers maman :

— Rien de grave, j’es­père, une panne inex­pli­cable dans le désert aux envi­rons de Ram­leh. Les offi­ciers anglais ont pré­ve­nu notre centre, qui me donne l’ordre de par­tir à l’ins­tant cher­cher les res­ca­pés. Je file.

— Mais enfin, sont-ils bles­sés ?

Jacques esquisse un nou­veau geste ras­su­rant, tout en ouvrant la porte :

— Je ne crois pas, les offi­ciers m’ont don­né peu de détails, mais ils m’ont affir­mé qu’il n’y a rien de grave. Lais­sez-moi par­tir, ça presse, et priez bien.

D’un coup sec, la porte se referme.

On devine ce que fut le reste de la nuit, l’in­ter­mi­nable mati­née. Enfin, vers 13 heures, une auto stoppe devant la mai­son. Jacques est au volant, Ber­nard et Jean ouvrent les deux por­tières à la fois, mais l’aî­né, les traits dou­lou­reux, sort dif­fi­ci­le­ment de la voi­ture ; Jean lui aide. Ensuite, dou­ce­ment, pen­chés tous les deux vers l’in­té­rieur, ils cherchent à déga­ger un mate­las.

Très len­te­ment, avec le secours de Jacques, ils l’at­tirent au dehors. Colette, qui héroï­que­ment cherche à sou­rire, y est allon­gée.

Maman a tout vu. En une seconde elle est là, mur­mu­rant :

— Ma petite fille ché­rie, qu’as-tu, mon Dieu ? Et puis, où est ton père ?

Mais déjà les jeunes gens ras­surent Papa va ren­trer avec l’oi­seau. Tout va bien. C’est seule­ment Colette qui a un peu mal à la jambe.

— J’ai deman­dé le chi­rur­gien, dit Jacques posé­ment. Jus­qu’à ce qu’il arrive, lais­sons-la éten­due, ici dans le bureau, pour ne pas la remuer inuti­le­ment.

Non seule­ment, selon l’ex­pres­sion des gar­çons, Colette avait un peu mal à la jambe, mais bien une frac­ture grave. Pen­dant des jours et des jours elle devrait demeu­rer sur place, allon­gée dans un appa­reil de plâtre, elle, la vivante et alerte Colette, que rien n’ar­rête jamais !

Mais, sachant à quel péril grave tous ont échap­pé, elle ne se plaint pas. Dès qu’elle est assez bien pour « cau­ser », les trois petits entre­prennent de la dis­traire, en se fai­sant racon­ter par le menu cette pas­sion­nante aven­ture. Pas un ins­tant ils ne songent que la dis­trac­tion sera pour eux et que Colette se fatigue vite.

Elle, cher­chant à oublier son mal, se prête au jeu ; et puis, pour tout de bon, son rôle de pro­fes­seur la reprend tout entière, et elle raconte indé­fi­ni­ment. Le mer­veilleux vol de Bey­routh au Caire, les des­crip­tions de l’É­gypte, entre­mê­lées des détails de la vie de Moïse, sa nais­sance, son sau­ve­tage, sa fuite, son retour, les plaies d’É­gypte, l’en­tê­te­ment du Pha­raon… comme c’est cap­ti­vant ! mais ce qui pas­sionne posi­ti­ve­ment les trois petits, c’est le voyage de retour, et cet acci­dent dans le désert des Hébreux.

Jamais les petits yeux noirs de Nicole n’ont brillé d’un plus ardent inté­rêt, tan­dis que, se tré­mous­sant sur sa chaise basse, contre le lit de sa tante, elle dit de sa voix impa­tiente et futée

— Alors, Tate, vous êtes par­tie du Caire de très grand matin ?

— Oui, de très grand matin. L’eau du Nil était ravis­sante, un peu rose et miroi­tante, et, à cause de vous, nous avons volé très bas.

gravure : Les Israélites mangent la Pâque en Égypte

— À cause de nous, pour­quoi ?

— Pour tout voir, tout regar­der, afin de bien vous expli­quer au retour.

La veille au soir, papa nous avait lu, dans la Bible, les pages qui racontent la fin de l’his­toire de Moïse. Nous nous sommes mis à en recons­ti­tuer tous les détails, dès que nous avons atteint ce que fut jadis la terre de Ges­sen.

Nous nous ima­gi­nions là, au des­sous de nous, toutes les tentes et les mai­sons des Hébreux, mêlées aux habi­ta­tions égyp­tiennes, si bien mélan­gées que, pour dési­gner les demeures du peuple de Dieu, il fal­lut les mar­quer d’une croix au moment du pas­sage de l’ange exter­mi­na­teur.

— Qui c’é­tait l’ange exter­mi­na­teur ? Celui que Dieu avait char­gé de punir les Égyp­tiens, en fai­sant mou­rir leurs fils aînés.

| Ouvrage : La semaine de Suzette .

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Le 16 mars 2020, c'est l'exact centenaire de la canonisation de sainte Jeanne d'Arc. Voici un petit hommage à notre grande sainte nationale !

Lorsque Jeanne d’Arc 1 était encore à Dom­ré­my, elle avait pour voi­sins de pauvres gens dont le fils unique était infirme. Petit Pierre avait sept ou huit ans de moins que Jeanne.

Le pauvre enfant était bos­su et ne mar­chait qu’a­vec des béquilles ; ne pou­vant se mêler aux jeux des autres gar­çons, il était rebu­té et sou­vent raillé par eux.

Sa vie eût donc été fort triste sans Jeanne qui l’a­vait pris en affec­tion ; elle le cares­sait, le conso­lait, l’emmenait gar­der les bêtes avec elle dans les champs ; et lui contait des his­toires.

Petit Pierre ado­rait Jeanne. Quand celle-ci lui apprit qu’elle avait une mis­sion à rem­plir, qu’elle allait par­tir pour la bataille contre les Anglais, il pen­sa mou­rir de cha­grin.

Jeanne le conso­la de son mieux. « Quand le roi sera sacré à Reims, dit-elle, je revien­drai ! — Oh ! s’é­cria Petit Pierre, les yeux brillants, j’i­rai à Reims te cher­cher ! »

Notes :

  1. Cette bande des­si­née est parue dans la Semaine de Suzette en 1915 ; aus­si Jeanne d’Arc n’é­tait pas encore cano­ni­sée. C’est pour­quoi le scé­na­riste ne la nomme pas « sainte Jeanne d’Arc », mais seule­ment « Jeanne d’Arc ».
Auteur : Par un groupe de pères et de mères de familles | Ouvrage : Histoire Sainte illustrée .

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XI

— Quand finit ta per­mis­sion, Ber­nard ?

— Dans quatre jours, mon oncle.

— Que dirais-tu d’une ran­don­née en Égypte ? Il faut que j’aille au Caire. Nous sommes abso­lu­ment sûrs de l’oi­seau désor­mais, et j’ai une envie rouge d’emmener Colette et Jean, qui a deux jours de congé cette semaine. Pour plus de sûre­té, je t’au­rais sous la main… Qu’en penses-tu ?

— Que ça m’en­chante.

— Alors nous décol­le­rons demain matin de très bonne heure.

— Enten­du, mon oncle, et mer­ci.

.… .… .… .… .… .… .… .…

Colette, enthou­sias­mée d’être du voyage, s’ins­talle la pre­mière dans l’Oi­seau-Bleu, lequel est un avion der­nier modèle, extrê­me­ment confor­table.

Les deux petits assistent au départ, conster­nés. On ne les emmène pas. Nicole pleure, le nez dans un mou­choir trop petit. Les larmes coulent des deux côtés…

— Si Jacques était libre, explique Ber­nard, il serait venu à ma place et vous eût pris avec lui ; mais c’est trop grave d’emmener deux gosses comme vous sans leur papa. Arran­gez-vous pour obte­nir qu’il soit du pro­chain départ.

Là-des­sus, Ber­nard et Jean sautent à leur tour dans la car­lingue et, quelques minutes plus tard, les ailes bleues montent vers le ciel, toutes brillantes de la splen­dide lumière du matin.

— Papa, crie Colette, ne volez pas trop haut. J’ai tel­le­ment pro­mis aux petits de tout regar­der pour leur racon­ter ensuite.

— Au retour, mon­sieur le pro­fes­seur. Pour l’al­ler, nous allons piquer direc­te­ment sur le Caire, en sur­vo­lant la mer. En reve­nant, je te le pro­mets, nous sui­vrons Moïse et tra­ver­se­rons la mer Rouge.

— Oh ! mon oncle, réclame Ber­nard, si nous pou­vions faire escale quelques heures à Saint-Jean d’Acre ? Il y a là de tels sou­ve­nirs des Croi­sés !

— Impos­sible, mon gar­çon, nous n’a­vons pas le temps. Je veux bien sur­vo­ler len­te­ment la ville, c’est tout ce que je puis vous accor­der.

L’at­mo­sphère est déli­cieuse. Pas de vent, pas de nuages. L’a­vion file comme une hiron­delle. Un peu plus tard au milieu d’in­nom­brables pal­miers, des mos­quées et des ruines se des­sinent.

— Voi­là ! voi­là Saint-Jean d’Acre ! crie Ber­nard.

Jean et Colette se penchent légè­re­ment pour voir. Hélas ! impos­sible de dis­tin­guer quoi que ce soit. Quel dom­mage ! Ce doit être tel­le­ment pre­nant ces ves­tiges des Croi­sades, ces ruines des vieilles for­ti­fi­ca­tions et ces restes des somp­tueuses demeures de ceux qui, jadis, ont fui jusque-là, pour échap­per aux Turcs !

Ber­nard se résigne, mais en revanche quelle vue d’en­semble ! Saint-Jean d’Acre s’a­vance en pro­mon­toire. Juste en face, le mont Car­mel, et, dans l’anse, la mer, d’une teinte intra­dui­sible. L’eau est tel­le­ment lumi­neuse et pour­tant si pro­fonde, que Colette émer­veillée s’é­crie :

— On dirait que les vagues sont faites en ailes de papillons, vous savez ces papillons des Indes qui sont brillants comme du cris­tal et pour­tant bleus, et pour­tant verts… Oh ! que c’est joli !

Mais déjà l’a­vion quitte la côte. Bien­tôt, c’est la pleine mer. L’oi­seau, tout bleu lui-même, vole entre le bleu du ciel et le bleu de l’eau… Per­sonne ne parle, cha­cun est comme gri­sé par cette fée­rie…

Puis les heures coulent et c’est l’Égypte,… le del­ta, qui rap­pelle les plaines de Camargue ou de Beauce, sauf qu’i­ci ou là, entre les canaux, de grandes colonnes effon­drées gisent à terre, pro­ve­nant de quelque monu­ment loin­tain, dont les restes dorment là…

La des­cente et l’at­ter­ris­sage se font sans encombre sur le ter­rain d’a­via­tion du Caire. Repas joyeux dans l’un des res­tau­rants extra­mo­dernes, au bord du Nil.

Puis, comme le chef de famille s’en va très vite à ses affaires, Colette demande :

— Où nous retrou­ve­rons-nous, papa ?

— Ici même, ce soir, pour dîner.

La jeu­nesse a donc toute liber­té de flâ­ner à tra­vers la ville, mais avec quelle joie elle revient, quelques heures plus tard, vers la ter­rasse ombrée, au bord de l’eau, car la cha­leur est intense.

Le fleuve immense coule, lent et mou, por­tant une quan­ti­té de bateaux vil­las, véri­tables mai­sons de plai­sance, où viennent cher­cher un peu de fraî­cheur les habi­tants du Caire.

Jean, obser­va­teur et réflé­chi, fait remar­quer :

— Quelle drôle de ville ! Des vil­las sur l’eau, des construc­tions anciennes comme des siècles,… des églises et des mos­quées ; des bâti­ments d’un moderne inouï et le vieux quar­tier qui est aus­si sale que mer­veilleux au point de vue artis­tique ; quant au nou­veau, on se croi­rait aus­si bien en France ou en Angle­terre…

Colette, les yeux loin­tains, sou­rit à sa pen­sée :

— Si Moïse reve­nait main­te­nant, que dirait-il ?