Étiquette : Calvaire

Auteur : Babeth | Ouvrage : Et maintenant une histoire II, Fêtes de l'année liturgique .

Samedi.

En des­cen­dant du Cal­vaire, hier, après la mort de Jésus, j’étais tel­le­ment fati­guée et impres­sion­née par tout ce que j’avais vu que je me suis éten­due sur ma natte pour dor­mir et oublier.

Récit de la mort et de la résurrection pour les enfants - Marco Palmezzano, Crucifixion Mais, sans cesse, dans ma tête et devant mes yeux, les scènes ter­ribles que j’avais vues pas­saient et repas­saient, comme un rêve. Tous les évé­ne­ments de ces der­niers jours défi­laient, et je n’arrivais pas à com­prendre com­ment Jésus, que la foule accla­mait, était deve­nu l’ennemi public numé­ro un, que tous vou­laient faire mou­rir et qu’on avait cloué sur une croix. On ne l’appelle plus Jésus, ici. Tout le monde dit : « Le Christ ! »

Je revoyais sa figure cou­verte de sang et de cra­chats, je revoyais sa mort… Et, comme tous les autres, je pen­sais « C’est bien fini, Il est mort. » Pour­tant, mal­gré ces moments de déses­poir, au milieu de mes larmes, je voyais tout de même le visage de Marie, sa maman, lorsqu’elle est redes­cen­due du Cal­vaire : la paix et la lueur d’espérance que j’y avais lues et qui m’avaient tant frap­pée !

De temps en temps, je me levais de ma natte et je sor­tais sur le pas de la porte pour voir de loin la croix se dres­ser dans le ciel, ne pou­vant croire encore que la jour­née d’hier n’était pas un cau­che­mar ! Non, la croix était bien là : Jésus, le Christ, était bien mort.

A la tom­bée de la nuit, il m’a sem­blé aper­ce­voir des formes qui s’agitaient au som­met du Cal­vaire, allant et venant. J’ai eu envie de savoir ce qui se pas­sait et, me fau­fi­lant dans les rues, je suis grim­pée le plus vite pos­sible au som­met du Cal­vaire, refai­sant tout le che­min par­cou­ru. J’ai com­pris, en arri­vant en haut, ce qui se pas­sait. Aujourd’hui, c’est ici le sab­bat, c’est-à-dire le jour où per­sonne ne doit tra­vailler : il ne fal­lait pas que le Corps de Jésus res­tât sur la croix aujourd’hui, il fal­lait donc l’enterre avant la nuit, puisque les gens ne peuvent rien faire pen­dant le sab­bat.

Alors, Joseph d’Arimathie, un ami de Jésus qui fait par­tie du Grand

| Ouvrage : 90 Histoires pour les catéchistes II, I. Sous la houlette de Jésus .

Rédemption et Grâce

Honfleur, Calvaire de la Côte de Grâce - COROT - été 1830Vous avez remar­qué par­fois, en vous pro­me­nant dans la cam­pagne, de grands cal­vaires pla­cés au car­re­four des che­mins. Près d’un petit vil­lage de l’Ouest de la France on pou­vait voir, avant la guerre de 1939. un de ces vieux Christ plu­sieurs fois cen­te­naire. Il était là, invi­tant les gens à prier… Mais hélas les pas­sants ne s’en sou­ciaient pas beau­coup ! Il n’y avait plus de prêtre dans la paroisse et c’est à peine si l’église s’ouvrait pour les bap­têmes, les mariages et les enter­re­ments. Autre­fois cepen­dant les habi­tants étaient pieux. C’étaient les ancêtres qui jadis avaient pla­cé au bord de la route, comme une sen­ti­nelle, ce grand Christ de chêne.

Au moment de la Libé­ra­tion des sol­dats impies osèrent prendre pour cible ce cal­vaire. Le Christ, cri­blé de balles, était tom­bé au milieu des ronces. Chaque jour cepen­dant un pieux vieillard pas­sait devant ces débris et, navré, s’arrêtait pour faire une courte prière. Un-soir, comme il reve­nait de la ville en com­pa­gnie de sa petite-fille, il s’approcha du buis­son qui enva­his­sait le socle. C’était pitié de voir ce Christ gisant à terre, la poi­trine trans­per­cée, les bras et les jambes bri­sées, la tête trouée de balles ! Alors le vieillard et l’enfant se regar­dèrent et, sans rien dire, se com­prirent. Lui prit les bras et les jambes, elle la tête et ce qui res­tait de la poi­trine puis, sans se faire voir des pay­sans tra­vaillant à l’entour, ils allèrent dépo­ser leur pré­cieux far­deau au milieu des fou­gères, sous un gros chêne. A la tom­bée de la nuit ils revinrent pour trans­por­ter ces pieuses reliques chez eux. Là, per­sonne ne les pro­fa­ne­rait plus !

Outrage au Christ - calvaire détruitLe grand-père cepen­dant avait sont idée… Il ne vou­lait pas que le vil­lage res­tât sans cal­vaire. Mais où trou­ver