Catégorie : 90 Histoires pour les catéchistes II

Auteur : Schnebelin, Marguerite | Ouvrage : 90 Histoires pour les catéchistes II, III. Dévotion à la Sainte Vierge .

Sor­tant de l’usine où elle a tra­vail­lé tout le jour, une femme aux traits amaigris s’engage dans l’étroit chemin qui mène hors de la ville jusqu’à une « grotte de Lour­des ». Voilà huit jours qu’elle fait ce tra­jet. L’inquiétude et la peine courbent ses épaules lass­es. Au logis, son mari est couché depuis six mois, souf­frant cru­elle­ment. De son tra­vail à elle dépend l’existence de tous. Mais la mal­heureuse, épuisée de sur­me­nage et de pri­va­tions, voit venir l’heure où la mis­ère fera suite à la gêne au foy­er désolé.

À peu de dis­tance se dresse le rocher où ray­onne la blanche stat­ue de la Sainte Vierge. Celle qui monte vers ce but s’arrête dans le sen­tier, indé­cise, l’âme angois­sée.

— Qu’est-ce que je fais !… Moi, protes­tante, venir la prier ! Qu’est-ce que j’espère ! De quel droit réclamer sa pitié ?…

Mais une voix s’élève au fond de l’âme trou­blée, une voix qui ras­sure et invite à l’espoir « Ton mari et tes enfants sont catholiques et c’est pour eux que tu viens. » « Et puis, mur­mure la pau­vre femme, j’ai fait ce que je devais : j’ai respec­té les croy­ances du père, j’ai veil­lé à ce que les petits con­nais­sent et pra­tiquent leurs devoirs… »

Auteur : Aveluy, A. | Ouvrage : 90 Histoires pour les catéchistes II, II. Les sept péchés capitaux .

L’envie

Le long de la grande allée, bor­dée d’eucalyptus, s’avance un gamin aux yeux ronds et vifs, aux cheveux laineux et frisés… C’est Yosé­fou, un gra­cieux négril­lon que sa démarche nerveuse et sac­cadée a fait surnom­mer Guigué, ce qui veut dire, dans la langue de sa tribu : la sauterelle.

L'église d'une mission catholique au GabonÀ l’autre bout de l’allée appa­raît une forme blanche, c’est Sœur Claire. Pour se garan­tir con­tre les ardeurs d’un soleil implaca­ble elle porte sur son voile un grand casque dou­blé de vert.

« Où vas-tu, Yosé­fou ? » demande-t-elle à la Sauterelle. « Je vais à l’église saluer Mwana-Jésus », le Petit Jésus, répond la Sauterelle. « Très bien, dit Sœur Claire ; salue-le aus­si de ma part ! »

Arrivé à l’église le jeune négril­lon se prosterne devant le taber­na­cle puis, d’un brusque mou­ve­ment de jar­ret, se redresse comme s’il avait des ressorts dans les jambes. C’est la génu­flex­ion habituelle de la Sauterelle ! Aus­sitôt après, il se dirige vers la crèche. Le voici en face de Mwana-Jésus ! Ses yeux ronds et blancs bril­lent de joie et aus­si d’envie. Il est si beau ce petit Jésus et si blanc… tan­dis que lui, Yosé­fou, est noir comme l’ébène Mais Jésus regarde surtout la couleur des âmes ! Et celle de la Sauterelle est blanche comme un beau lys. Et parce que son petit cœur est tout à lui voici que notre négril­lon impro­vise une éton­nante litanie : « Mon Dieu, notre Père, que votre Fils est beau ! Je vous félicite !… Sainte Vierge Marie, que votre enfant est beau ! Je vous félicite !… Berg­ers, que vous êtes gen­tils d’être venus vis­iter Jésus… Je vous félicite !… Rois-Mages, je vous félicite de lui avoir apporté des cadeaux ! »

| Ouvrage : 90 Histoires pour les catéchistes II, III. Dévotion à la Sainte Vierge .

Vous avez tous plus ou moins enten­du par­ler de ce petit habit, rem­placé aujourd’hui par une médaille, que l’on impose aux enfants le lende­main de leur Com­mu­nion Solen­nelle.

Peut-être con­nais­sez-vous moins bien son his­toire ?

La voici, en quelques mots…

scapulaire carmel - sainte Therese de Lisieux - Histoire pour les veillées scoutes.Le scapu­laire était, tout d’abord, une sorte de tabli­er que les Moines met­taient par-dessus leurs vête­ments pour éviter de les salir lorsqu’ils allaient tra­vailler aux champs. Par la suite cette sorte de blouse devint une sim­ple pièce d’étoffe, beau­coup plus longue que large qui, munie d’une ouver­ture ronde pour pass­er la tête, descendait dans le dos et sur la poitrine. La plu­part des moines la por­taient, entre autres les Pères Carmes. Vous n’avez peut-être jamais enten­du par­ler de ces religieux ? Cepen­dant, vous avez tous vu des images représen­tant sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus ! La petite Sainte apparte­nait à cet Ordre du Carmel, et c’est pour cela que l’on dit qu’elle était Car­mélite.

Or, vers le milieu du XIIe siè­cle, la Sainte Vierge apparut à un Père Carme, du nom de Simon Stock. C’était un Anglais. On dit qu’avant d’entrer au Carmel il se serait retiré, vers l’âge de 12 ans, dans une épaisse forêt où il aurait vécu pen­dant vingt ans, logeant dans le tronc d’un vieux chêne ! D’où son surnom de « Stock » qui, en anglais, veut dire « tronc ». Quand la Vierge se présen­ta à lui Elle tenait en main le scapu­laire du Carmel. Le lui mon­trant Elle lui dit : « Voici le priv­ilège que je te donne, à toi et à tous les enfants du Carmel. Quiconque mour­ra revê­tu de cet habit sera sauvé ! »

| Ouvrage : 90 Histoires pour les catéchistes II, IV. Le culte de saint Joseph .

La vieille Yvonne s’assit un jour près de son rou­et et nous dit :

— Oui, mes enfants, le plus grand des saints du par­adis, c’est saint Joseph. Écoutez bien ce que je vais vous racon­ter, et vous ver­rez si je vous ai men­ti.

Nous nous approchâmes plus près encore de mère Yvonne, et elle com­mença :

Histoire de saint Joseph pour les enfants - Cabane du père Joseph « Per­son­ne n’aimait Joseph Mahec, dans le pays de Kervéh qu’il habitait ; aus­si vivait-il soli­taire dans une cabane délabrée. On dis­ait que le soleil lui-même avait telle­ment en hor­reur Joseph Mahec, que jamais il ne pro­je­tait ses joyeux rayons sur sa maison­nette enfumée !

Un soir de mars où Joseph Mahec allait pénétr­er dans sa cabane, il se sen­tit tir­er légère­ment par le pan de son habit. Il se retour­na sur­pris, presque en colère, car il n’était point accou­tumé à ces manières. On le fuyait, mais on ne le touchait pas. Der­rière lui était un vieil­lard cour­bé sous le poids des années et de la mis­ère. Des cheveux blancs, une longue barbe, des traits vénérables préve­naient en faveur de cet incon­nu, en dépit de ses pau­vres habits. Mais Joseph Mahec n’avait de pitié pour per­son­ne. Il regar­da à peine cet étranger dont le front avait pour­tant un doux ray­on­nement emprun­té sans doute à la résig­na­tion de son âme.

— Que me voulez-vous ? deman­da-t-il brusque­ment.

— Assis­tez-moi, dit le pau­vre homme.

Mahec par­tit d’un grand éclat de rire.

| Ouvrage : 90 Histoires pour les catéchistes II, III. Dévotion à la Sainte Vierge .

Histoire pour les scouts et louveteau - Miracle de Jean Bosco à nd AuxiliatriceC’était en mai 1869, un same­di soir. Une jeune fille, les yeux cou­verts d’un épais ban­deau noir et guidée par deux dames, entra dans le sanc­tu­aire de N.-D. Aux­il­i­atrice à Turin. Elle venait du vil­lage de Vino­vo et se nom­mait Marie Stardero.

Atteinte depuis deux ans d’un mal d’yeux par­ti­c­ulière­ment vio­lent, elle avait fini par per­dre com­plète­ment la vue. Inca­pable de se con­duire elle fai­sait un pèleri­nage au Val­doc­co, accom­pa­g­née par sa tante et une char­i­ta­ble voi­sine.

Après une fer­vente prière faite devant l’autel de la Vierge, l’infirme deman­da à par­ler à Don Bosco. Celui-ci la reçut à la sac­ristie.

« Depuis com­bi­en de temps avez-vous mal aux yeux ? lui deman­da-t-il.

— Il y a très longtemps, mon Père, répon­dit la jeune fille. Mais il n’y a qu’un an que je n’y vois plus du tout.

— Avez-vous con­sulté quelque spé­cial­iste et suivi un traite­ment ?

— Nous avons essayé toutes sortes de remèdes, répon­dit la tante. Aucun ne lui a procuré la moin­dre amélio­ra­tion. Quant aux médecins, ils dis­ent que les yeux sont per­dus et qu’il n’y a rien à faire. »

A ces mots, la jeune infirme se mit à pleur­er…

« Dis­tinguez-vous les gros objets des petits ? reprit Don Bosco.

— Je ne dis­tingue absol­u­ment rien.

— Otez votre ban­deau », ordon­na le Saint.

Et plaçant la malade face à une fenêtre bien éclairée il lui deman­da :

« Voyez-vous la lumière de cette fenêtre ?

— Je ne vois absol­u­ment rien !

— Voudriez-vous voir ?

— De tout mon cœur ! Je ne suis qu’une fille du peu­ple et la perte de mes yeux va me ren­dre mal­heureuse pour le reste de mes jours.