Étiquette : Lourdes

Auteur : Schnebelin, Marguerite | Ouvrage : 90 Histoires pour les catéchistes II, III. Dévotion à la Sainte Vierge .

Sor­tant de l’usine où elle a tra­vail­lé tout le jour, une femme aux traits amaigris s’engage dans l’étroit chemin qui mène hors de la ville jusqu’à une « grotte de Lour­des ». Voilà huit jours qu’elle fait ce tra­jet. L’inquiétude et la peine courbent ses épaules lass­es. Au logis, son mari est couché depuis six mois, souf­frant cru­elle­ment. De son tra­vail à elle dépend l’existence de tous. Mais la mal­heureuse, épuisée de sur­me­nage et de pri­va­tions, voit venir l’heure où la mis­ère fera suite à la gêne au foy­er désolé.

À peu de dis­tance se dresse le rocher où ray­onne la blanche stat­ue de la Sainte Vierge. Celle qui monte vers ce but s’arrête dans le sen­tier, indé­cise, l’âme angois­sée.

— Qu’est-ce que je fais !… Moi, protes­tante, venir la prier ! Qu’est-ce que j’espère ! De quel droit réclamer sa pitié ?…

Mais une voix s’élève au fond de l’âme trou­blée, une voix qui ras­sure et invite à l’espoir « Ton mari et tes enfants sont catholiques et c’est pour eux que tu viens. » « Et puis, mur­mure la pau­vre femme, j’ai fait ce que je devais : j’ai respec­té les croy­ances du père, j’ai veil­lé à ce que les petits con­nais­sent et pra­tiquent leurs devoirs… »

| Ouvrage : 90 Histoires pour les catéchistes II, III. Dévotion à la Sainte Vierge .

Quelques miracles entre beaucoup

— Doc­teur, dites-moi la vérité

— Mon pau­vre ami, il est per­du… Seul un mir­a­cle pour­rait le sauver…

Lente­ment, Pierre L… fer­ma la porte. Ain­si, son petit Jean allait mourir… et cela, à la fleur de l’âge ; dans huit jours il aurait treize ans ! Irait-il seule­ment jusque-là ?

Histoire pour le catéchisme, le miracle de la guérison d'un enfant maladeDepuis quelques jours Pierre voy­ait la pro­gres­sion du mal. Cepen­dant les paroles du doc­teur aujourd’hui l’ont boulever­sé. Il est dur d’admettre l’évidence dans un pareil cas ! Abat­tu, mais faisant le fort, il revient vers la salle à manger où un lit a été instal­lé pour son enfant. Un moment il s’arrête près de sa couche et regarde son fils comme si c’était la pre­mière fois. Jean ne le voit même pas ; sa tête repose sur l’oreiller, ses traits sont tirés, ses joues creusées par la souf­france. La tristesse envahit le cœur du mal­heureux père… Ah ! s’il pou­vait pren­dre sa mal­adie et souf­frir à sa place ! Et les dernières paroles du doc­teur réson­nent à ses oreilles seul un mir­a­cle pour­rait le sauver ! Un mir­a­cle !… Mais il n’y a pas de mir­a­cles ! Ce sont des his­toires d’enfants… Quant à lui, il n’y croit plus depuis longtemps. D’ailleurs, s’il y avait un Dieu, son enfant ne serait pas malade ! Qu’ont-ils fait dans sa famille pour être traités de la sorte ? Certes, lui ne pra­tique pas mais il n’est pas con­tre la reli­gion ! Cha­cun fait comme il l’entend ! Sa femme, elle, va à l’église, et jamais il ne s’y est opposé ! Quant à son Jean, voilà plusieurs années qu’il est enfant de chœur à la paroisse Saint-Pierre. Non, non, Dieu n’existe pas, sinon il ne per­me­t­trait pas de sem­blables mal­heurs. Et le pau­vre père affolé se tait… Des larmes coulent sur ses joues… mais craig­nant que son fils ou sa femme ne s’en aperçoivent il les essuie furtive­ment puis se dirige vers la cui­sine où son épouse pré­pare le repas. D’un seul regard elle voit que son mari a pleuré… Les mamans voient tou­jours quand il y a quelque chose qui ne va pas ! En vain Pierre essaie de cacher la triste nou­velle. Finale­ment, il doit rap­porter les paroles du médecin : Seul un mir­a­cle pour­rait sauver leur enfant !

— C’est tout ce qu’il t’a dit ? ques­tionne la mère.

— Oui… Mais ce sont des his­toires… et je ne crois pas aux mir­a­cles.

— Pierre, ne par­le pas comme cela, je t’en prie. Moi j’y crois ! dit la mère. Veux-tu m’accorder quelque chose ?

Auteur : Daniel-Rops | Ouvrage : Légende dorée de mes filleuls .

Au pied des Pyrénées, dans un site beau, mais sévère, le vil­lage de Lour­des menait, il y a cent ans, la vie sim­ple, laborieuse, monot­o­ne, de tant de vil­lages de par le monde, et rien n’indiquait qu’un jour il deviendrait un des lieux les plus célèbres de la terre. Les bergères y gar­daient leurs mou­tons dans les pâturages ; le Gave soli­taire roulait ses eaux vives sur les cail­loux ; les gens n’y étaient ni meilleurs ni pires qu’en d’autres pays… Et pour­tant, des faits mer­veilleux allaient s’y dérouler, et l’humanité chré­ti­enne entière tourn­erait les yeux vers ce pau­vre vil­lage, et les foules y accour­raient, innom­brables. Pourquoi ? A cause d’une très hum­ble petite fille, à qui la Sainte Vierge par­la…

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Portrait de Ste Bernadette SoubirousDonc, le jeu­di 11 févri­er 1858, vers neuf heures et demie du matin, les sœurs Toinette et Bernadette Soubirous, accom­pa­g­nées de leur insé­para­ble amie Jean­nette, sor­tirent pour aller ramass­er du bois mort. Le besoin d’un peu de feu se fai­sait cru­elle­ment sen­tir dans la mis­érable mai­son des Soubirous ! Toinette et Jean­nette mar­chaient d’un bon pas, en riant ; Bernadette suiv­ait, ser­rant sur ses épaules un petit capu­chon de laine qu’une voi­sine char­i­ta­ble lui avait prêté. Pas bien bril­lante, Bernadette ! Une frag­ile enfant de qua­torze ans, qui en parais­sait dix à peine, vis­i­ble­ment une qui ne mangeait pas à sa faim. De temps en temps, elle tou­s­sait, comme chaque hiv­er, et ce n’était pas sa robe de futaine qui aurait pu la pro­téger bien du froid. Mais si vous l’aviez ren­con­trée, cette enfant souf­fre­teuse, si vous aviez regardé son vis­age à l’ovale par­fait, au nez déli­cat, au front large et pur, surtout si vous aviez croisé son lumineux regard, assuré­ment vous n’auriez pu man­quer de vous dire : « Quelle petite fille aimable, et quelle jolie âme elle doit avoir ! »

« Fais comme nous, déchausse-toi et passe le gué ! cri­ent Toinette et Jean­nette, avec de grands rires. Paresseuse ! tu nous laiss­es ramass­er seules le bois mort ! »

Pour attein­dre le coin de forêt où l’on trou­ve des branch­es tombées, il fal­lait franchir le canal qui, du tor­rent, menait l’eau vers le moulin et comme sa mère lui avait recom­mandé de bien faire atten­tion et de ne pas pren­dre froid, Bernadette ne voulait pas se mouiller les pieds. Elle res­ta donc dans l’île entre le canal et le gave, seule… Et soudain…

Ce fut pour elle un moment inimag­in­able, extra­or­di­naire. Que se pas­sa-t-il exacte­ment ? Elle avait l’impression d’être entourée par un vent ter­ri­ble qui aurait voulu l’emporter, mais en même temps, elle se rendait bien compte que

Auteur : Poinsenet, Marie-Dominique | Ouvrage : Les sept voiles de mon bateau .

Les dons du Saint-Esprit racontés aux enfantsLe don d’Intel­li­gence nous est don­né par l’Esprit-Saint pour que notre foi soit plus vive, puisque, déjà, d’une cer­taine façon, ce don d’Intel­li­gence nous fait voir, ou au moins « devin­er Dieu ».

Le don de Sci­ence aus­si va nous aider à mieux croire, parce qu’il nous donne de com­pren­dre la parole de Dieu : la Bible, l’Évangile, le catéchisme… Il y a dans les psaumes une jolie phrase qui dit ceci : « Votre parole, ô Seigneur, est une lumière, et elle donne l’intelligence aux tout petits. »

 

Don d'intelligence - Sainte Bernadette - portraitBernadette a qua­torze ans : elle ne sait ni lire ni écrire. Petite, maigri­chonne – elle a des crises d’asthme qui la font bien souf­frir et l’empêchent de se dévelop­per – elle aide comme elle peut sa maman à soign­er ses petits frères et sœurs dans la mis­érable mai­son de Lour­des, si pau­vre, si noire qu’on l’appelle « le cachot ». Par­fois, elle passe quelques semaines, quelques mois, dans un petit vil­lage voisin, chez sa nour­rice, et elle garde les mou­tons dans la mon­tagne. Sa nour­rice voudrait bien qu’elle sache lire : à qua­torze ans, tout de même ! Elle essaye. Mais c’est fou ce que Bernadette a la tête dure.