Étiquette : Vierge Marie

Auteur : Schnebelin, Marguerite | Ouvrage : 90 Histoires pour les catéchistes II, III. Dévotion à la Sainte Vierge .

Sor­tant de l’usine où elle a tra­vail­lé tout le jour, une femme aux traits amaigris s’engage dans l’étroit chemin qui mène hors de la ville jusqu’à une « grotte de Lour­des ». Voilà huit jours qu’elle fait ce tra­jet. L’inquiétude et la peine courbent ses épaules lass­es. Au logis, son mari est couché depuis six mois, souf­frant cru­elle­ment. De son tra­vail à elle dépend l’existence de tous. Mais la mal­heureuse, épuisée de sur­me­nage et de pri­va­tions, voit venir l’heure où la mis­ère fera suite à la gêne au foy­er désolé.

À peu de dis­tance se dresse le rocher où ray­onne la blanche stat­ue de la Sainte Vierge. Celle qui monte vers ce but s’arrête dans le sen­tier, indé­cise, l’âme angois­sée.

— Qu’est-ce que je fais !… Moi, protes­tante, venir la prier ! Qu’est-ce que j’espère ! De quel droit réclamer sa pitié ?…

Mais une voix s’élève au fond de l’âme trou­blée, une voix qui ras­sure et invite à l’espoir « Ton mari et tes enfants sont catholiques et c’est pour eux que tu viens. » « Et puis, mur­mure la pau­vre femme, j’ai fait ce que je devais : j’ai respec­té les croy­ances du père, j’ai veil­lé à ce que les petits con­nais­sent et pra­tiquent leurs devoirs… »

Auteur : Bastin, R., O.M.I | Ouvrage : La simple histoire de la Vierge Marie .

A lire en ligne : les noces de Cana

Les mariés de Cana - Histoire à lire au catéchismeA plu­part d’entre vous ont déjà par­ticipé à un mariage.

Vêtus d’un cos­tume de satin bleu, d’une robe crème, ten­ant en main un petit bou­quet d’œillets ros­es, ils ont suivi la mar­iée en por­tant la traîne blanche de sa robe jolie. Puis, après le cortège, le dîn­er des grandes per­son­nes presque ter­miné, ils sont entrés dans la salle du fes­tin, timides, un peu rougis­sants et, dans les excla­ma­tions de joie, se sont fau­filés à une place réservée pour y savour­er une bonne glace aux frais­es et boire un doigt de cham­pagne pétil­lant et mousseux, qui leur cha­touil­lait le bout du nez et le fond de la gorge, déli­cieuse­ment.

Et vous tous à qui cela est arrivé, vous avez cer­taine­ment pen­sé durant la messe à cette réjouis­sance qui vous attendait, et vous étiez très impa­tients de voir arriv­er le moment de vous présen­ter devant les grandes per­son­nes et de pren­dre part à leur joie.

Or imag­inez-vous votre décep­tion si, en arrivant dans la grande salle toute bleue de la fumée des cig­a­res, vous vous trou­viez devant le maître de la mai­son qui vous dirait :

« Mes chers enfants, je suis ravi de vous voir, mais il ne reste plus rien à vous offrir. Nous avons tout mangé, tout bu… Les plats, les bouteilles sont vides. Vous arrivez trop tard. Embrassez la mar­iée et retirez-vous ! »

C’est char­mant d’embrasser une mar­iée, rose, fraîche et jolie, mais cela ne vaut pas un gros bais­er de cham­pagne et une déli­cieuse glace qui vous fond dans la bouche avec un goût de fraise !

Eh bien ! cette désagréable aven­ture allait arriv­er aux enfants qui, le matin, avaient assisté aux céré­monies religieuses des noces de Cana. Ils s’étaient tenus sage­ment durant le long office, avaient recon­duit la mar­iée à la mai­son du ban­quet, en por­tant non sa traîne, car elle n’en avait pas, mais des plateaux sur lesquels se trou­vaient du sel, de la farine, du lev­ain, ces sym­bol­es de la vie ménagère que la jeune épouse devrait men­er. Puis, ils avaient été s’amuser dans un coin de la cour, en essayant de ne pas trop salir leurs robes de céré­monie. À quoi jouer, quand on ne peut ni se traîn­er par terre, ni se pour­suiv­re, ni se bat­tre ?

histoires bibliques illustrées : les noces de Cana

Ne sachant trop que faire, les enfants s’étaient approchés de la cui­sine et de ses dépen­dances. Ils jouiraient à l’avance des excel­lents mets dont ils pour­raient se régaler et se dis­trairaient au spec­ta­cle ani­mé qui se déroulait sous leurs yeux. Sans cesse, l’on voy­ait pass­er des servi­teurs, por­tant solen­nelle­ment de grands plats de terre cuite sur lesquels repo­sait un mou­ton rôti, avec tant de sauce autour qu’elle en dégouli­nait et que les chiens du voisi­nage léchaient les longues traînées brunes sur le sol pous­siéreux. Des esclaves affairés couraient sans arrêt rem­plir à de grandes urnes ven­trues les brocs de vin, dont les invités sem­blaient faire une énorme con­som­ma­tion. Il faut dire qu’ils étaient très nom­breux (plus d’une cen­taine), que la chaleur était acca­blante, et puis qu’ils étaient tous très émus : et l’émotion donne soif. Pensez donc, à ce mariage, c’était la pre­mière fois que Jésus se mon­trait en pub­lic, et tout le monde savait que Jean-Bap­tiste, qui était très célèbre, l’avait déclaré bien plus grand que lui !

Lorsqu’on ren­con­tre pour la pre­mière fois un impor­tant per­son­nage, l’on est tou­jours un peu angois­sé. Pour se don­ner du courage, volon­tiers l’on boit un petit coup de vin. Cela fou­ette le sang, donne du nerf, de la verve. On se sent plus assuré. Puis lorsqu’on l’a vu, ce grand homme, lorsqu’on a com­pris com­bi­en il est sim­ple, gen­til, accueil­lant, une grande joie vous envahit et l’on se sent si heureux qu’on reprend encore un petit verre de vin. Un verre de vin de fête. C’est pourquoi les invités de la noce témoignaient d’une telle soif.

Auteur : Bastin, R., O.M.I | Ouvrage : La simple histoire de la Vierge Marie .

Histoire pour les petits

La Vierge Marie racontée aux Jeannettes et LouveteauxL était une fois, dans la cap­i­tale de la Pales­tine, deux vieux époux, cassés par l’âge et le tra­vail.

Ils habitaient une petite mai­son blanche et pro­prette, au bout de la grand’rue de Jérusalem, juste devant le Tem­ple. Le soir, lorsqu’il fai­sait beau, ils aimaient s’asseoir sur le pas de leur porte et regarder, sans rien dire, le soleil tout rouge entr­er dans son lit de nuages der­rière les tours et les coupoles du mon­u­ment.

Mais ils n’étaient pas heureux, car ils n’avaient pas d’enfant et se trou­vaient bien seuls.

Un soir, comme ils se sen­taient plus tristes que jamais, Joachim prit la main d’Anne, la ser­ra très fort et lui dit :

« Puisque c’est ain­si et que nous devenons vrai­ment très âgés, nous allons faire encore un immense sac­ri­fice…

— Quel sac­ri­fice encore ? dit Anne, sen­tant un petit pince­ment du côté de son cœur.

— Eh bien ! dit Joachim, tout bas et tout lente­ment, nous allons nous sépar­er !

— Quoi ! pleu­ra la pau­vre Anne.

— Oui, nous allons vivre pen­dant quelque temps cha­cun très loin l’un de l’autre. Nous offrirons ain­si au Bon Dieu ce qui nous coûte le plus parce que c’est cer­taine­ment cela qui sera le plus dur ».

Ils s’aimaient telle­ment, ces deux bons vieux, que la pen­sée de n’être plus ensem­ble leur fendait le cœur.

Joachim, qui savait très bien ce qu’il voulait, ne se lais­sa pas atten­drir par les larmes d’Anne ; il pré­para son petit balu­chon (en Ori­ent, il faut bien moins de bagages que par ici pour voy­ager) et, le lende­main matin, après avoir embrassé sa femme très fort, s’en alla seul sur la grand’route blanche. Anne pleu­rait telle­ment qu’elle ne put regarder longtemps ; et qua­si toute la journée, elle demeu­ra, la tête dans le coude, à san­glot­er silen­cieuse­ment.

Saint Anne et Saint Joachim les parents de Marie

En ce temps-là, la Pales­tine pos­sé­dait de vastes régions cou­vertes d’une herbe drue et sèche, dont se nour­ris­saient d’innombrables trou­peaux de mou­tons. Comme il eût été dan­gereux de les laiss­er ain­si se promen­er seuls, des berg­ers les accom­pa­g­naient. Vêtus d’une houp­pelande brune ou verdâtre, appuyés sur un long bâton ter­miné par une petite bêche et qu’on nomme une houlette, ils restaient de longs mois loin de chez eux, pas­sant la journée en plein air à sur­veiller leurs trou­peaux. Le soir, assis en cer­cle autour d’un feu, ils se racon­taient des his­toires sous le beau ciel clair d’Orient. C’est eux que Joachim alla rejoin­dre lorsqu’il eut quit­té sa femme et sa blanche petite mai­son. Les berg­ers étaient de braves gens, pas curieux. Ils le reçurent sans rien lui deman­der. Alors, en gar­dant les mou­tons, Joachim pen­sait au Bon Dieu, à Anne, sa femme, au petit enfant qu’ils voudraient tant avoir ; et ses journées et par­fois même ses nuits n’étaient qu’une longue prière.

Saint Joachim priant Dieu et gardant son troupeauQuand on prie le Bon Dieu avec per­sévérance, on finit tou­jours par être exaucé. Il faut con­tin­uer pen­dant longtemps. Puis, ne pas avoir peur d’un sac­ri­fice pour accom­pa­g­n­er cette prière. Anne et Joachim en avaient déjà fait beau­coup : jamais de plus grand que de se quit­ter. Parce qu’ils furent vrai­ment généreux, le Bon Dieu se mon­tra, à son tour, par­faite­ment bon.

Un soir que Joachim, assis sur un rocher, regar­dait ses mou­tons se per­dre douce­ment dans la brume, il aperçut une lumière flot­tant à l’horizon. Intrigué, il scru­ta ce point lumineux, ten­dant en avant son vis­age ridé. La lumière parais­sait approcher, briller davan­tage. Joachim se mit debout pour mieux observ­er ; mais alors qu’il se rel­e­vait pénible­ment, tant ses mem­bres étaient gourds et tor­dus par les rhu­ma­tismes, il dut quit­ter des yeux, un instant, l’étrange clarté. Lorsqu’il se fut dressé, il fut stupé­fait de voir un ange : un bel ange dont les ailes fris­son­naient encore avec un bruit si doux, si léger et si frais que Joachim crut le print­emps devant lui. Ahuri, il s’appuya de tout son poids sur sa houlette et ouvrit bien grande sa vieille bouche éden­tée, mais il n’eut pas le temps de pos­er des ques­tions. L’ange par­lait, et sa voix était déli­cieuse comme une musique de fête :

Histoire pour veillée scout : la naissance de Marie« Joachim, tu vas être exaucé ! — (Ce n’est jamais pos­si­ble ! se dit Joachim). — Le Bon Dieu a été touché de tes prières, de tes sac­ri­fices. Il a été con­tent de voir que tu ne dés­espérais pas, qu’au con­traire tu con­tin­u­ais de Le servir de ton mieux. Tu auras bien­tôt une petite fille : une char­mante petite fille que tu appelleras Marie. Elle sera si exquise que, dès qu’elle pour­ra marcher, tu la con­fieras aux prêtres du Tem­ple afin qu’ils l’offrent au Bon Dieu.

« Tu avais longtemps espéré. Tu avais longtemps atten­du. Ta récom­pense est mag­nifique, car tu vas pos­séder le plus beau cadeau que jamais Dieu ait fait aux hommes.

« Ren­tre chez toi. La vieille Anne s’inquiète de ta longue absence et part à ta ren­con­tre.

« Pour te prou­ver la vérac­ité de ma promesse, je t’annonce que tu retrou­veras ta femme auprès de la fontaine, à l’entrée de la ville ».

Joachim n’en croy­ait ni ses yeux, ni ses oreilles. Ses vieilles mains trem­blantes agi­taient son bâton, et l’ange avait dis­paru depuis longtemps déjà qu’il demeu­rait encore sur place, aba­sour­di.

Lorsqu’il revint à lui, il voulut immé­di­ate­ment se met­tre en route ; il ramas­sait son sac et ses pro­vi­sions épars­es, quand il se sou­vint des mou­tons. La nuit était venue. On dis­tin­guait à peine, sur le pacage, la masse grise de tous ces dos, ser­rés les uns con­tre les autres, d’où mon­taient de tristes bêle­ments.

Auteur : Filloux, H. | Ouvrage : Autres textes .

Dans les pages d’un vieux livre

Hen­ri. — Comme c’est amu­sant, toutes ces petites maisons, per­chées sur la pente de la mon­tagne !

— Cette mon­tagne, c’est la mon­tagne amie de Greno­ble, celle qu’on voit au bout de chaque rue : le Saint-Eynard. Je sais à son sujet une bien jolie légende, cueil­lie dans un vieux livre qui garde encore le par­fum des œil­lets ros­es con­servés entre ses pages jau­nies.

Légende de Savoie racontée aux petits : Saint Pierre, La Sainte Vierge et Jésus

« Sachez 1 d’abord que jadis, Dieu, la Vierge et les saints fai­saient sur la voûte céleste de longues prom­e­nades. Quand ils arrivaient au-dessus de cette val­lée, c’était pour leurs yeux un émer­veille­ment.

« Ils aperce­vaient les Sept-Laux, les crêtes du Belle­donne toutes blanch­es de neige… Au soleil lev­ant, le mas­sif de la Char­treuse et le glac­i­er lil­ial du Mont-Blanc.

« A leurs pieds, l’Isère coulait avec ses flots argen­tés à tra­vers des clair­ières bor­dées de chênes, de châ­taig­niers et de peu­pli­ers… Saint Pierre s’asseyait pour mieux voir ; la Vierge Marie joignait les mains d’admiration… Dieu souri­ait…

« Mon Dieu ! dit un jour la Vierge Marie, pourquoi les bor­ds de cette riv­ière, ces forêts et ces pâturages sont-ils inhab­ités ! Les hommes y seraient si heureux !

— Il n’y a pas de maisons, dit saint Pierre, un peu bour­ru. Et com­ment dia­ble ! voulez-vous que les pau­vres humains trans­portent des matéri­aux dans ces mon­tagnes ?…

— Eh bien ! saint Pierre, dit le Père Éter­nel, tu vas tout de suite en apporter.

— Oh ! dit saint Pierre, des chantiers du Par­adis à cette val­lée, le tra­jet est long. Des maisons, c’est lourd. Je ne suis plus jeune… Que saint Eynard s’en charge !…

Notes :

  1. Cette légende est tirée de Sous le signe des Dauphins (de Paul Berret), édi­tions Didi­er et Richard, à Greno­ble.
Auteur : Tharaud, Jérôme et Jean | Ouvrage : Les contes de la Vierge .

Troubadour et jongleurGuinocha­tus quidam, un cer­tain Guine­ho­chet, racon­tent les Actes des Saints, prince des sauteurs, ambas­sadeur de la lune, maître-fou, empereur des ânes, ayant fail­li se rompre le cou en état de péché mor­tel, se sen­tit touché par la grâce et fit vœu de se con­sacr­er à la Vierge Marie. À l’un, il don­na ses cerceaux, à l’autre, la corde qui lui ser­vait à sauter, à celui-ci, à celui-là, tous les instru­ments de son méti­er, spe­ciosa quae histri­ones expe­di­unt, et il se ren­dit, les mains vides mais le cœur plein de foi, vers le monastère le plus proche.

Le Prieur du cou­vent fut bien sur­pris de voir l’étrange pèlerin, et plus sur­pris encore quand il con­nut le vœu qu’il avait fait. C’était un homme de grande sci­ence et de haute ver­tu, vir sapi­ens et egre­gia vir­tute ador­na­tus, mais trop enclin à met­tre la con­nais­sance avant les œuvres, inge­nio autem ad sapi­en­ti­am prius opera propen­so.

– Mon fils, lui deman­da-t-il, que sais-tu faire pour le ser­vice de Dieu ?

– Hélas ! répon­dit l’autre, je ne sais guère faire que freins pour vach­es, gants pour chiens, coiffes pour chèvres, hauberts pour lièvres, et sot­tis­es pareilles, comme saign­er les chats, ven­touser les bœufs ou cou­vrir les maisons d’œufs frits. J’imite le cri du renard, l’appel de la colombe, je puis par­ler avec mon ven­tre et faire mille autres tours pour amuser le monde. Mais il n’est que trop vrai de dire que je ne me suis jamais élevé vers le saint Par­adis plus haut que la hau­teur d’un saut.

– Passe donc ton chemin, mon ami, répon­dit le Prieur, et sois homme de bien dans ton méti­er. Ta place n’est pas dans ce cou­vent. On y adore Dieu le Père, son divin Fils et la Vierge Marie, par la prière, la médi­ta­tion et le chant, hym­nis et can­ti­cis, et cela ne s’apprend plus à ton âge.

Mais le jon­gleur insista telle­ment, tam vehe­menter Pri­orem precibus obse­crav­it, qu’il finit par obtenir qu’on le gardât dans le monastère en qual­ité de frère lai.

Mul­to modo, en cent manières divers­es, le nou­veau frère se ren­dit utile. Jar­dinier, menuisi­er, cor­don­nier, tailleur, pêcheur, cuisinier, que sais-je encore, omnibus art­ibus prae­celle­bat, il excel­lait en tous métiers. De ses dix doigts il était incom­pa­ra­ble, manu peri­tis­simus, mais de l’esprit il était mal­ha­bile, imbe­cil­li­tate quadam ingenii. Mys­tère pour lui, les livres écrits dans le lan­gage que les Anges par­lent entre eux dans les prairies du Par­adis, ser­mo quem usurpant Angeli inter pra­ta Par­a­disii. Mys­tère aus­si, les notes de musique posées sur les antiphonaires comme des oiseaux sur les branch­es, tan­quam aves in ramis.