Étiquette : Sainte Vierge

Auteur : Schnebelin, Marguerite | Ouvrage : 90 Histoires pour les catéchistes II, III. Dévotion à la Sainte Vierge .

Sor­tant de l’usine où elle a tra­vail­lé tout le jour, une femme aux traits amaigris s’engage dans l’étroit chemin qui mène hors de la ville jusqu’à une « grotte de Lour­des ». Voilà huit jours qu’elle fait ce tra­jet. L’inquiétude et la peine courbent ses épaules lass­es. Au logis, son mari est couché depuis six mois, souf­frant cru­elle­ment. De son tra­vail à elle dépend l’existence de tous. Mais la mal­heureuse, épuisée de sur­me­nage et de pri­va­tions, voit venir l’heure où la mis­ère fera suite à la gêne au foy­er désolé.

À peu de dis­tance se dresse le rocher où ray­onne la blanche stat­ue de la Sainte Vierge. Celle qui monte vers ce but s’arrête dans le sen­tier, indé­cise, l’âme angois­sée.

— Qu’est-ce que je fais !… Moi, protes­tante, venir la prier ! Qu’est-ce que j’espère ! De quel droit réclamer sa pitié ?…

Mais une voix s’élève au fond de l’âme trou­blée, une voix qui ras­sure et invite à l’espoir « Ton mari et tes enfants sont catholiques et c’est pour eux que tu viens. » « Et puis, mur­mure la pau­vre femme, j’ai fait ce que je devais : j’ai respec­té les croy­ances du père, j’ai veil­lé à ce que les petits con­nais­sent et pra­tiquent leurs devoirs… »

Auteur : Filloux, H. | Ouvrage : Autres textes .

Au bord du lac

Qu’elle est belle, cette route Napoléon ! Elle longe le beau lac de Laf­frey, aux reflets d’azur… Voici main­tenant le lac de Pétichet moiré d’argent, plus loin, le lac de Pierre-Châ­tel plein de mys­tère, par­mi le chu­chote­ment des roseaux. N’est-ce pas une bonne grand mère, qui ren­tre, chargée de bois mort, dans le soir tombant ?

— Grand’mère, il doit en pass­er des autos sur la route !

GRAND-MÈRE. — L’été, ça ne cesse pas. Si vous aviez été ici, l’autre année, en sep­tem­bre, vous en auriez comp­té des mille. C’était le Cen­te­naire de la Salette.

FRANÇOISE. — Qu’est-ce que la Salette ?

Grand-mère racontant l'histoire de la Salette aux enfantsGRAND-MÈRE. — Une haute mon­tagne, à près de deux mille mètres et bien sauvage. Quelques prairies avec beau­coup de pier­res et de rochers. Pas un arbre, pas un buis­son. Et tout là-haut, une mag­nifique église où l’on vient de partout prier Notre-Dame. Ah ! j’y suis allée tant de fois quand j’étais jeune. On se met­tait en route, avant le soleil, à pied, par les sen­tiers de la mon­tagne, en chan­tant des can­tiques. Ces veil­lées en plein air, ces pro­ces­sions aux flam­beaux, c’était très beau !

ANNE-MARIE. — Pourquoi a-t-on bâti une église si haut ?

GRAND-MÈRE. — C’est une mer­veilleuse his­toire. Ren­trez donc. Mon fourneau est « éclairé ». Nous serons mieux au chaud. Et je m’en vais “puis” vous faire une — “pogne” 1. Vous goûterez ça !

Notes :

  1. Pogne, sorte de brioche.
Auteur : Maldan, Juliette | Ouvrage : Petites Vies Illustrées pour enfants .

Estelle Faguette

Estelle Faguette naquit en Cham­pagne, dans une famille pau­vre et chré­ti­enne. Ses par­ents cul­ti­vaient la terre et gag­naient pénible­ment le pain de leurs enfants.

Estelle allait à l’école tenue par les Sœurs. C’était une petite fille sim­ple, sérieuse, douée d’un bon juge­ment. Elle aimait la Sainte Vierge et mon­trait une grande pitié pour les mal­heureux. Volon­tiers, elle eût don­né tout ce qu’elle avait sous la main.

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Estelle, bonne d’enfants

Après sa pre­mière com­mu­nion, faite pieuse­ment dans l’église Notre-Dame de Châlons-sur-Marne, Estelle par­tit avec ses par­ents pour Paris.

Là, elle est reçue « enfant de Marie », à Saint-Thomas-d’Aquin. Puis, à 18 ans, désir­ant se don­ner au Seigneur et aux pau­vres, elle entre chez les religieuses de l’Hôtel-Dieu. La novice se met de tout son coeur au ser­vice des malades, mais la faib­lesse de sa san­té l’oblige, à son grand cha­grin, à quit­ter l’hôpital.

Estelle à peu près rétablie entre­prend, pour vivre, des journées de cou­ture, puis se place comme bonne d’enfants chez la Comtesse de la Rochefou­cauld.

Chaque année, le print­emps venu, la jeune bonne suit ses maîtres au château de Poiri­ers, à Pellevoisin, où l’on passe la belle sai­son.

Mais avec le temps, la san­té d’Estelle devient de plus en plus mau­vaise. La tuber­cu­lose atteint ses poumons et rav­age tout son corps. Mme de la Rochefou­cauld entoure sa domes­tique des soins les meilleurs. Mal­gré tout, l’état devient très grave. Une grande tristesse acca­ble la pau­vre Estelle. Elle com­prend que les médecins ne peu­vent pas la guérir. Que devien­dront ses par­ents qui ont besoin de son tra­vail ?… Qui élèvera une petite nièce dont elle a pris la charge ?… Elle fait plusieurs neu­vaines à la Sainte Vierge pour implor­er sa guéri­son ; la bonne Mère du Ciel ne sem­ble pas l’entendre.

A l’automne de 1875, Estelle, en voy­ant jau­nir et tomber les feuilles du parc, peut penser qu’elle aus­si, sera bien­tôt emportée par la mort.

Pour­tant, elle veut encore sup­pli­er Marie.

| Ouvrage : Petites Vies Illustrées pour enfants .

Trois petits bergers

En l’année 1917, le Por­tu­gal tra­ver­sait une triste péri­ode. Dirigé par un gou­verne­ment qui per­sé­cu­tait la reli­gion, ce pays, divisé, ruiné, envahi par le com­mu­nisme, sem­blait aller à sa perte.

En même temps, les armées por­tu­gais­es par­tic­i­paient à la grande guerre, et, dans plus d’un foy­er, on pleu­rait les sol­dats tombés bien loin, là-bas, sur une terre étrangère.

Récit des apparitions de Fatima raconté aux enfants
Un éclair, brusque­ment, frappe leurs yeux.

À cette époque, le vil­lage de Fati­ma restait encore à peu près incon­nu. Situé à une cen­taine de kilo­mètres de Lis­bonne, ses mod­estes maisons se dres­saient sur les pentes de la mon­tagne d’Aire, dans une con­trée par­ti­c­ulière­ment aride et rocailleuse. Pour­tant, cette région gar­dait le sou­venir d’une écla­tante vic­toire, rem­portée en 1385, par le roi Jean 1er de Por­tu­gal, avec une poignée de braves. Le roi, en recon­nais­sance, fit con­stru­ire à cet endroit un beau cou­vent en l’honneur de Notre-Dame de la Vic­toire. Il en con­fia la garde aux Domini­cains. Ceux-ci répandirent autour d’eux la dévo­tion du saint rosaire. L’usage s’en était si bien con­servé à tra­vers les siè­cles que, dans cette par­tie du pays, beau­coup de familles réc­i­taient encore fidèle­ment le chapelet. Les petits enfants eux-mêmes, élevés dans cette habi­tude, aimaient à le dire.

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Par une belle journée du print­emps de 1917, trois berg­ers de Fati­ma gar­daient leurs mou­tons dans un champ nom­mé

Auteur : Poinsenet, Marie-Dominique | Ouvrage : Les sept voiles de mon bateau .

Les dons du Saint-Esprit racontés aux enfantsLe don d’Intel­li­gence nous est don­né par l’Esprit-Saint pour que notre foi soit plus vive, puisque, déjà, d’une cer­taine façon, ce don d’Intel­li­gence nous fait voir, ou au moins « devin­er Dieu ».

Le don de Sci­ence aus­si va nous aider à mieux croire, parce qu’il nous donne de com­pren­dre la parole de Dieu : la Bible, l’Évangile, le catéchisme… Il y a dans les psaumes une jolie phrase qui dit ceci : « Votre parole, ô Seigneur, est une lumière, et elle donne l’intelligence aux tout petits. »

 

Don d'intelligence - Sainte Bernadette - portraitBernadette a qua­torze ans : elle ne sait ni lire ni écrire. Petite, maigri­chonne – elle a des crises d’asthme qui la font bien souf­frir et l’empêchent de se dévelop­per – elle aide comme elle peut sa maman à soign­er ses petits frères et sœurs dans la mis­érable mai­son de Lour­des, si pau­vre, si noire qu’on l’appelle « le cachot ». Par­fois, elle passe quelques semaines, quelques mois, dans un petit vil­lage voisin, chez sa nour­rice, et elle garde les mou­tons dans la mon­tagne. Sa nour­rice voudrait bien qu’elle sache lire : à qua­torze ans, tout de même ! Elle essaye. Mais c’est fou ce que Bernadette a la tête dure.