Étiquette : 15 août

| Ouvrage : Autres textes .

Saint Tharcisius.

Thar­ci­sius répon­dait la Messe au Prêtre qui la célé­brait, lorsque celui-ci deman­da quelqu’un pour por­ter l’Eucharistie à un malade, comme c’était alors l’usage. L’enfant s’avance :

« Tu es trop jeune, mon fils, lui dit le Prêtre, c’est une mis­sion aus­si périlleuse que sainte. Si les païens te ren­con­traient, qu’adviendrait-il de toi ? Il faut être prêt à tout souf­frir, même la mort, plu­tôt que de livrer ce dépôt sacré !

— Mon Père, répond Thar­ci­sius, ne crai­gnez pas de me confier le Sacre­ment du Corps du Christ, je vous réponds de le por­ter sain­te­ment et de le gar­der avec fidé­li­té. J’endurerais mille morts plu­tôt que de me le lais­ser arra­cher ! »

Devant ce cou­rage, le Prêtre, après avoir levé les yeux au ciel, bénit l’enfant et sus­pen­dit à son cou la sainte cus­tode qui conte­nait le Corps de Jésus-Christ.

Saint Tarcisius, Martyre de l'eucharistie
Les bar­bares l’assassinent à coups de pierres.

Revê­tu d’un long man­teau qui cachait son pré­cieux tré­sor, Thar­ci­sius, les mains croi­sées sur sa poi­trine, par­tit en bénis­sant Dieu de l’honneur qui lui était fait. Pres­sant avec fer­veur son Jésus sur son cœur, il mar­chait sans lever les yeux. Des païens, enne­mis achar­nés du Christ et de ses dis­ciples, aper­ce­vant cet enfant si recueilli, enve­lop­pé d’un long man­teau, se doutent de sa mis­sion :

« C’est, bien sûr, un chré­tien ! Que porte-t-il ain­si avec tant de gra­vi­té ? »

Aus­si­tôt, Thar­ci­sius est entou­ré, arrê­té.

« Montre-nous ce que tu portes ain­si ? »

Pas de réponse. Ils essaient d’ouvrir les mains croi­sées sur la poi­trine. Impos­sible : Avec des forces décu­plées, l’enfant étreint son tré­sor ! Alors, ivres de colère, ils le menacent de mort s’il ne leur montre pas, à l’instant même, ce qu’il cache ain­si ; mais offrant à Dieu le sacri­fice de sa vie, Thar­ci­sius, les yeux levés au ciel, serre plus étroi­te­ment sur son cœur son Sei­gneur et son Dieu !

Les bar­bares alors l’assassinent à coups de pierres et d’épée, et d’une main sacri­lège veulent s’emparer du tré­sor si bien défen­du.

Auteur : Bastin, R., O.M.I | Ouvrage : La simple histoire de la Vierge Marie .

A lire en ligne : les noces de Cana

Les mariés de Cana - Histoire à lire au catéchismeA plu­part d’entre vous ont déjà par­ti­ci­pé à un mariage.

Vêtus d’un cos­tume de satin bleu, d’une robe crème, tenant en main un petit bou­quet d’œillets roses, ils ont sui­vi la mariée en por­tant la traîne blanche de sa robe jolie. Puis, après le cor­tège, le dîner des grandes per­sonnes presque ter­mi­né, ils sont entrés dans la salle du fes­tin, timides, un peu rou­gis­sants et, dans les excla­ma­tions de joie, se sont fau­fi­lés à une place réser­vée pour y savou­rer une bonne glace aux fraises et boire un doigt de cham­pagne pétillant et mous­seux, qui leur cha­touillait le bout du nez et le fond de la gorge, déli­cieu­se­ment.

Et vous tous à qui cela est arri­vé, vous avez cer­tai­ne­ment pen­sé durant la messe à cette réjouis­sance qui vous atten­dait, et vous étiez très impa­tients de voir arri­ver le moment de vous pré­sen­ter devant les grandes per­sonnes et de prendre part à leur joie.

Or ima­gi­nez-vous votre décep­tion si, en arri­vant dans la grande salle toute bleue de la fumée des cigares, vous vous trou­viez devant le maître de la mai­son qui vous dirait :

« Mes chers enfants, je suis ravi de vous voir, mais il ne reste plus rien à vous offrir. Nous avons tout man­gé, tout bu… Les plats, les bou­teilles sont vides. Vous arri­vez trop tard. Embras­sez la mariée et reti­rez-vous ! »

C’est char­mant d’embrasser une mariée, rose, fraîche et jolie, mais cela ne vaut pas un gros bai­ser de cham­pagne et une déli­cieuse glace qui vous fond dans la bouche avec un goût de fraise !

Eh bien ! cette désa­gréable aven­ture allait arri­ver aux enfants qui, le matin, avaient assis­té aux céré­mo­nies reli­gieuses des noces de Cana. Ils s’étaient tenus sage­ment durant le long office, avaient recon­duit la mariée à la mai­son du ban­quet, en por­tant non sa traîne, car elle n’en avait pas, mais des pla­teaux sur les­quels se trou­vaient du sel, de la farine, du levain, ces sym­boles de la vie ména­gère que la jeune épouse devrait mener. Puis, ils avaient été s’amuser dans un coin de la cour, en essayant de ne pas trop salir leurs robes de céré­mo­nie. À quoi jouer, quand on ne peut ni se traî­ner par terre, ni se pour­suivre, ni se battre ?

histoires bibliques illustrées : les noces de Cana

Ne sachant trop que faire, les enfants s’étaient appro­chés de la cui­sine et de ses dépen­dances. Ils joui­raient à l’avance des excel­lents mets dont ils pour­raient se réga­ler et se dis­trai­raient au spec­tacle ani­mé qui se dérou­lait sous leurs yeux. Sans cesse, l’on voyait pas­ser des ser­vi­teurs, por­tant solen­nel­le­ment de grands plats de terre cuite sur les­quels repo­sait un mou­ton rôti, avec tant de sauce autour qu’elle en dégou­li­nait et que les chiens du voi­si­nage léchaient les longues traî­nées brunes sur le sol pous­sié­reux. Des esclaves affai­rés cou­raient sans arrêt rem­plir à de grandes urnes ven­trues les brocs de vin, dont les invi­tés sem­blaient faire une énorme consom­ma­tion. Il faut dire qu’ils étaient très nom­breux (plus d’une cen­taine), que la cha­leur était acca­blante, et puis qu’ils étaient tous très émus : et l’émotion donne soif. Pen­sez donc, à ce mariage, c’était la pre­mière fois que Jésus se mon­trait en public, et tout le monde savait que Jean-Bap­tiste, qui était très célèbre, l’avait décla­ré bien plus grand que lui !

Lorsqu’on ren­contre pour la pre­mière fois un impor­tant per­son­nage, l’on est tou­jours un peu angois­sé. Pour se don­ner du cou­rage, volon­tiers l’on boit un petit coup de vin. Cela fouette le sang, donne du nerf, de la verve. On se sent plus assu­ré. Puis lorsqu’on l’a vu, ce grand homme, lorsqu’on a com­pris com­bien il est simple, gen­til, accueillant, une grande joie vous enva­hit et l’on se sent si heu­reux qu’on reprend encore un petit verre de vin. Un verre de vin de fête. C’est pour­quoi les invi­tés de la noce témoi­gnaient d’une telle soif.

Auteur : Par un groupe de pères et de mères de familles | Ouvrage : Petite Histoire de l'Église illustrée .

∼∼ VII ∼∼

Grande émo­tion, ce matin. On va assis­ter à la Messe aux Cata­combes. Che­min fai­sant, Colette cause avec sa mère.

— Com­ment est-ce construit, maman, ce monu­ment des Cata­combes ?

— Il ne s’agit pas de monu­ments, ma ché­rie, mais bien de cime­tières creu­sés en gale­ries sou­ter­raines, hors de la ville, et où un grand nombre de chré­tiens, de mar­tyrs sur­tout, eurent leurs sépul­tures ; au plus fort des per­sé­cu­tions, les chré­tiens y trou­vèrent aus­si un refuge pour le culte.

— Encore des sou­ter­rains ! mur­mure Colette, qui déci­dé­ment ne prend pas son par­ti de ces visites en pro­fon­deur.

De fait, il faut des­cendre dans le tuf et péné­trer dans de sombres gale­ries.

Yvon presse le mou­ve­ment : Nous visi­te­rons l’ensemble plus tard. Avant tout, entrons dans la crypte des Papes. La Messe va com­men­cer.

Oh ! cette Messe ! nul ne l’oubliera. Autour de l’autel de pierre, un groupe d’adolescents, vêtus de chla­mydes blanches, forment cou­ronne et répondent au prêtre tous ensemble. Les lumières se jouent sur leur blan­cheur et la rendent comme imma­té­rielle, se déta­chant sur les murs sombres.

— On dirait des anges, chu­chote Annie.

Mais Colette, sai­sis­sant la main de sa mère, lui souffle à l’oreille :

— Je recon­nais le cos­tume de Thar­ci­sius. Il est habillé un peu comme cela, sur les images.

Tout bas, maman répond :

— Oui, et songe qu’il est par­ti des Cata­combes pour por­ter le Bon Dieu aux chré­tiens qui allaient mou­rir. Tout à l’heure, ce Jésus qu’il a défen­du au prix de sa vie, nous allons tous le rece­voir.

Alors Colette plonge sa tête blonde dans ses deux mains et ne bouge plus jusqu’à la com­mu­nion.

Histoire de l'Église pour les scouts - Messe dans les Catacombes

Auteur : Goldie, Agnès | Ouvrage : Petites Vies Illustrées pour enfants .

racontée aux enfants

 

L’arrivée

« Elle va pas­ser ici !

— Qui ?

— Notre-Dame de Bou­logne !

— Qui c’est, Notre-Dame de Bou­logne ?

— Tiens, la Sainte Vierge ! Tu t’appelles Jean-Claude, ça ne fait pas deux gar­çons. Je m’appelle Marie-Fran­çoise-Jeanne, ça ne fait pas trois filles ! La Sainte Vierge c’est pareil ! Elle a beau­coup de noms mais que nous l’appelions Notre-Dame de Lourdes, ou Notre-Dame de Fati­ma, ou Notre-Dame de Bou­logne, ça ne fait pas plu­sieurs per­sonnes. C’est tou­jours la Sainte Vierge !

— C’est loin, Bou­logne ?

— Tout en haut de la France, dans le Pas-de-Calais ; en face de l’Angleterre. Figure-toi que la Sainte Vierge y est venue en bateau.

— En bateau ?

— Mais oui. Maman m’a racon­té l’histoire. Il y a très long­temps de cela, encore au temps des Gau­lois, les Chré­tiens avaient éle­vé à Bou­logne une pauvre église en bois sur l’emplacement d’un temple païen. Bien des années après, un jour, comme ils priaient dans cette église, la Sainte Vierge leur appa­rut et leur dit : « Les anges, par l’ordre de Dieu, ont conduit un vais­seau dans votre rade. Allez, vous y trou­ve­rez mon image, et vous la pla­ce­rez dans cette église. C’est ici que je veux rece­voir à per­pé­tui­té le témoi­gnage d’un culte tout par­ti­cu­lier. »

— Les Bou­lon­nais ont dû prendre leurs jambes à leur cou ?

— Oh oui ! Ils ont cou­ru bien vite au port, et ils y ont trou­vé le bateau, et dans le bateau une belle sta­tue de la Sainte Vierge por­tant l’Enfant Jésus.

— D’où venait cette sta­tue ?

— On ne sait pas. De très loin peut-être… Sans doute du pays de Jésus, là-bas en Orient car les Maho­mé­tans pillaient la Terre Sainte, mas­sa­craient les Chré­tiens, bri­saient les sta­tues. Pour sau­ver celle-là on a dû la cacher dans une barque comme autre­fois Moïse dans sa cor­beille, et à Dieu vat !… Seule­ment, cette fois, ce n’est pas la fille du Pha­raon qui l’a trou­vée ; les anges ont conduit le bateau chez nous ! Tu penses quel voyage ! Il fal­lait lon­ger tout le sud de l’Europe, contour­ner l’Espagne… tra­ver­ser la Médi­ter­ra­née, l’Océan et la Manche. Regarde un peu dans ta géo­gra­phie.

Histoire pour les scouts marins du Nord - Notre-Dame de Boulogne

— Et per­sonne n’a vu ce bateau arri­ver à Bou­logne ?

Auteur : Dardennes, Rose | Ouvrage : Et maintenant une histoire II, Fêtes de la Vierge .

Assomption

« Ciel ! comme nous voi­là faits !… »

Les Enfants jardiniers : Eté. Enfants arrosant et jouant avec un chien - Desportes François (d'après Charles Le Brun)Ils étaient par­tis endi­man­chés, vêtus de blanc ain­si que les lis des jar­dins et les mar­gue­rites des champs. Par­tis par une très longue route vers la Cité mer­veilleuse où leur père était roi, et où ils seraient princes.

Leur mère, sage et pru­dente, leur avait dit au départ :

« Pre­nez grand soin de vos vête­ments imma­cu­lés : votre père n’y tolé­re­rait ni tache ni accroc.

– Bien sûr ! » avaient répon­du filles et gar­çons, gaillards et fan­fa­rons.

Oui, mais…

En route, il leur avait pris fan­tai­sie de s’amuser : ils avaient joué, ri, chan­té, cha­hu­té, et puis cha­hu­té, chan­té, ri et joué, comme des fous, dans la pous­sière des villes et dans la bouc des champs, sans regar­der aux ronces du che­min, aux épines des buis­sons, sans se sou­cier le moins du monde de leurs beaux vête­ments cou­leur de mar­gue­rites et de lis…

Ils n’y avaient point pen­sé.

Mais voi­ci qu’en arri­vant aux portes de la Cité, un rayon de sa lumière les tou­cha, dans lequel, sou­dain, ils se figèrent, tran­sis.

« Ciel ! comme nous voi­là faits ! » répé­ta le plus grand en écho.

La nouvelle Jérusalem - Tapisserie d Angers - l 'Apocalypse de Saint Jean

Et le plus petit se mit à pleu­rer.

Et tous les autres à trem­bler.

Dans cette aube-là, qui ne res­sem­blait à aucune autre clar­té mais les dépas­sait toutes, ils se sen­taient eux-mêmes trans­pa­rents et