Un garçon s’enfuit dans la nuit

Auteur : Daniel-Rops | Ouvrage : Légende dorée de mes filleuls .

Un bruit, trou­blant la paix de la nuit, l’éveilla en sur­saut. Ce n’était pas le gron­de­ment fami­lier du Cédron dont les eaux sales, en cette sai­son de prin­temps, bouillon­naient sur les cailloux à une por­tée d’arc de la mai­son. Ce n’était pas non plus le cri régle­men­taire des sen­ti­nelles romaines qui, là-haut, sur les rem­parts de Jéru­sa­lem, de quart en quart d’heure, se ren­voyaient l’une à l’autre le mot de la garde. Que se pas­sait-il donc ? Dans ce coin de ban­lieue écar­té de la ville, tout était à l’ordinaire si tran­quille ! Le gar­çon bon­dit de son lit, — un simple tapis posé sur une paillasse de roseaux, — et cou­rut à la fenêtre.

Il se nom­mait Marc et avait à peine quinze ans. Depuis la mort de son père, sa mère Marie l’avait éle­vé ; pour le faire vivre, elle gérait un petit com­merce : dans cette pro­priété qu’elle pos­sé­dait à peu de dis­tance de la ville, plan­tée d’oliviers cen­te­naires, elle avait ins­tal­lé un pres­soir à huile, où les gens du voi­si­nage venaient appor­ter leurs récoltes ; cela lui assu­rait un modeste reve­nu. C’est pour­quoi le do­maine était connu de tout le monde sous le nom de Geth­sé­ma­ni, qui veut dire « pres­soir à huile ». À cette heure, il n’était pas pos­sible que ce fût un client !

Marc se pen­cha, scru­ta la nuit claire. La lune pleine navi­guait pai­si­ble­ment dans le ciel de nacre, et sa clar­té illu­mi­nait les puis­santes for­ti­fi­ca­tions au haut des­quelles s’apercevait le Temple majes­tueux. Le bruit sus­pect venait du che­min roide qui dégrin­go­lait de la porte vers le gué du tor­rent, un bruit de voix, de cli­què­te­ments d’armes, de lourds bro­de­quins son­nant sur les cailloux. Trouant l’om­bre, Marc aper­çut des lueurs de torches. Son cœur bat­tit plus vio­lem­ment.

D’un seul coup, il avait devi­né. Cette troupe qui descen­dait en hâte le rai­dillon… Il com­pre­nait quelle triste besogne elle venait faire. Il pen­sa à son grand ami et à ses compa­gnons qui devaient dor­mir, sans méfiance, au pied des oli­viers du jar­din, comme ils en avaient deman­dé l’autorisa­tion à sa mère. Les pré­ve­nir ! Dans sa hâte, il ne prit même pas le temps de s’habiller. Il ramas­sa son drap qui gisait à terre, s’en enve­lop­pa comme les Romains fai­saient de leur toge et, par la fenêtre, qui était peu haute, il sau­ta dans le jar­din.

Duccio di Buoninsegna. L’Arrestation de Jésus. Maestà, 1308-1311, SienneTrop tard ! Au moment où il allait rejoindre les trois Gali­léens, les sol­dats et les poli­ciers avaient déjà cer­né le coin de l’olivette où ils se trou­vaient. Marc se cacha der­rière le tronc d’un arbre, et, pas­sion­né­ment, la gorge ser­rée, regar­da. Il avait bien enten­du dire, depuis déjà pas mal de temps, que les chefs des prêtres vou­laient faire arrê­ter le mer­veilleux pro­phète… Pour­quoi ? Il en était indi­gné, mais il ne com­pre­nait pas. Qu’avait-il donc fait ? Rien de mal, rien que de géné­reux et de cha­ri­table. Lui, Marc, qui depuis six mois, l’avait sui­vi sur les routes de Judée, et l’avait si sou­vent écou­té, il pou­vait le jurer : non, Jésus n’avait rien fait de répré­hen­sible ! Il avait gué­ri des malades, ren­du la vue à des aveugles, mul­ti­plié les aumônes, conso­lé ceux qui souf­fraient. Était-ce donc cela qu’on lui repro­chait comme des crimes ? Son cœur d’enfant en était indi­gné. Il eût vou­lu pou­voir se jeter, une épée au poing, contre ces brutes, les frap­per, dis­per­ser leur troupe abjecte…

De sa cachette, à la clar­té rou­geoyante des torches, il sui­vit la scène. Il enten­dit la voix de son grand ami ré­sonner, étran­ge­ment calme, dans la nuit. « Qui cher­chez-vous ? —Jésus de Naza­reth ! répon­dit vio­lem­ment un des poli­ciers du Temple. — C’est moi. Arrê­tez-moi, si c’est moi que vous vou­lez, mais lais­sez par­tir mes com­pa­gnons. » A ce moment, une lueur l’éclaira, et Marc fut stu­pé­fait de voir l’étrange masque qui sem­blait recou­vrir son visage, un masque de souf­france et d’angoisse : on eût dit que le sang lui per­lait sur la peau.

Sou­dain, un violent tumulte écla­ta. Un des com­pa­gnons de Jésus, le plus âgé, avait sor­ti un glaive et frap­pé un des gardes, qui se met­tait à hur­ler en por­tant la main à son oreille. Puis, de nou­veau, la voix si belle et si calme par­la : « Remets ton épée au four­reau, Pierre, car il faut que tout ce qui est écrit arrive. Crois-tu que je ne puisse invo­quer mon Père du ciel, qui m’enverrait aus­si­tôt plus de douze légions d’anges ? Mais n’est-il pas annon­cé dans la Sainte Écri­ture que je dois mou­rir pour le salut des hommes ? » Et tou­chant de la main le sol­dat bles­sé, il le gué­rit. Puis, sans dire mot, il ten­dit les poi­gnets aux gardes et se lais­sa atta­cher.

Tout cela était trop bou­le­ver­sant ! Marc, pas­sion­né, remué jusqu’au fond de l’âme, pour mieux voir et mieux entendre, était, sans même s’en rendre compte, sor­ti de sa cachette et se trou­vait en pleine lumière. Les deux compa­gnons de Jésus, pro­fi­tant du tumulte qui venait de se pro­duire, s’étaient enfuis. « Ah, celui-là, nous le tenons ! » cria un garde en se jetant sur le jeune gar­çon. Sans prendre même le temps de réflé­chir, Marc se débat­tit, se déga­gea. Il glis­sa dans le drap enrou­lé autour de son corps et se lais­sa tom­ber à terre, puis, se rele­vant d’un bond, s’élança. L’homme ne tenait plus que la pièce d’étoffe, dont il ne savait que faire. D’olivier en oli­vier, rapide comme un che­vreau, Marc dis­pa­rut dans la nuit.

* * *

II cou­rut un bon moment. Ne le pour­sui­vait-on pas ? Non. Aucun bruit de pas ni d’armes. Leste, comme on l’est à son âge, sans doute avait-il dis­tan­cé ces sou­dards. Il ne fal­lait pas ren­trer tout de suite à la mai­son ; mais la nuit était assez froide et il était à peu près nu. Un moment, il se cacha dans le ves­ti­bule d’un des tom­beaux creu­sés au flanc dé la col­line, écou­tant de toutes ses oreilles, regar­dant de tous ses yeux. Il aper­çut net­te­ment les lueurs des torches qui remon­taient par le sen­tier vers la ville, puis qui dis­paraissaient par la porte de Jéru­sa­lem. Pru­dem­ment, en se tenant encore aux aguets, il revint à Geth­sé­ma­ni. Sa mère était debout et plu­sieurs de ses amies l’avaient re­jointe ; comme elle, ces saintes femmes étaient, depuis bien des mois, les dis­ciples du Christ ; elles l’avaient accom­pagné par­tout ; elles s’étaient mises à son ser­vice. Et main­te­nant, ter­ras­sées par la bru­ta­li­té de l’événement qui venait de se produire,elles pleu­raient. Jésus,leur ami, leur maître, leur Dieu vivant, aux mains de ses enne­mis ! per­du sans doute, pro­mis à l’on ne savait quelle fin affreuse…

Marc sur­git devant elles : il racon­ta ce qu’il avait vu, ce qui lui était arri­vé. « Mais main­te­nant, s’écria-t-il, je ne le lais­se­rai pas seul ! Les hommes se sont sau­vés, et je ne suis qu’un enfant. Mais j’irai là-haut, je le retrou­ve­rai ; qui sait, peut-être pour­rai-je l’aider à s’échapper de leurs griffes ? » Il s’habilla en hâte d’une tunique grise bien simple, comme en por­taient des mil­liers de gar­çons de son âge et il s’échappa sur le rai­dillon qui mon­tait aux rem­parts.

Vie de Saint Marc. gravure Gustave Doré - La Bible - Reniement de saint PierreIl ne lui fal­lut pas beau­coup de temps pour devi­ner où se trou­vait Jésus : dans le palais du Grand Prêtre. N’était-ce pas lui, Caïphe, qui, disait-on, vou­lait sa mort ? Marc se glis­sa dans la cour. Les domes­tiques et les sol­dats avaient allu­mé du feu et, assem­blés autour du bra­sier, se chauf­faient, assis ou debout, en par­lant de l’affaire. Au moment où le gar­çon se mêlait au cercle, sans que nul ne prît garde à lui, une dis­pute écla­ta. Une femme, d’une voix sur aiguë, cria : « Moi, je vous dis que celui-là était avec Jésus de Naza­reth ! » Et elle poin­tait le doigt vers un homme assez âgé, bar­bu ; Marc recon­nut Simon-Pierre, celui que Jésus avait nom­mé chef de ses par­ti­sans. Mal­heu­reux Pierre ! Il allait pro­cla­mer qui il était, cer­tai­ne­ment ; les gardes allaient l’arrêter… Mais non. D’une voix qui trem­blait (était-ce de peur ou de colère ?) Pierre répon­dait : « Ce n’est pas vrai ! Je n’ai jamais connu ce Jésus de Naza­reth ! Femme, tu mens ! » Ce fut, pour Marc, un ins­tant de stu­peur. Ain­si donc, même le meilleur des amis du Maître l’abandonnait… Puis l’indignation suc­cé­da en lui à l’étonnement, et dès ce moment-là, sa déci­sion fut prise : puisque les hommes adultes n’étaient pas capables de pro­cla­mer leur foi et de se sacri­fier pour leur chef, lui, le gar­çon de quinze ans, il se jurait à lui-même de ser­vir cette cause sacrée ! Il serait un témoin du Christ, quoi qu’il dût arri­ver…

A cet ins­tant Jésus sor­tait de la salle d’audience de Caïphe et appa­rut sur le seuil. Pierre se déme­nait encore, en criant : « Je jure que je ne sais pas ce que vous vou­lez dire ! » Le regard du Maître se posa sur lui, plein de pitié et de muet reproche, et l’apôtre se tut sou­dain, bais­sant la tête. Puis l’escorte entraî­na bru­ta­le­ment le condam­né.

Et Marc, mêlé à tout un groupe de curieux, de gardes, d’em­ployés du Temple, s’élança der­rière lui.

* * *

II vit tout. Il était dans la foule qui se tint mas­sée, plu­sieurs heures, devant le Palais for­ti­fié de Pilate, durant que le gou­ver­neur romain inter­ro­geait Jésus. Il se trou­vait au pre­mier rang quand on le mon­tra aux assis­tants, misé­rable, exté­nué, tenant à peine debout, le visage décom­posé, le corps tout ensan­glan­té des coups de la fla­gel­la­tion. Quand on emme­na son Sei­gneur à l’endroit où il devait être mis en croix, il s’arrangea pour le voir à plu­sieurs reprises, en cou­rant par les ruelles en esca­lier pour se pla­cer à un car­re­four, pour se per­cher sur une borne, afin de le retrou­ver. A plu­sieurs reprises le regard du Maître se posa sur lui, un regard extra­or­di­naire, qui sem­blait pas­ser à tra­vers lui, consi­dé­rer il ne savait quoi de ter­rible, de mys­té­rieux ; et il éprou­vait la cer­ti­tude que ce regard l’appelait, qu’il aurait, lui aus­si, un jour, à don­ner son témoi­gnage, que son vrai devoir serait désor­mais de ser­vir le Maître par delà sa mort.

Quand il redes­cen­dit, le soir, à la mai­son du Pres­soir, il était si fati­gué qu’il ne tenait plus sur ses jambes. Dans ses yeux, il gar­dait encore l’horreur de ce qu’il avait vu. Les deux mains clouées à la poutre de la croix, le sang cou­lant en longs filets, Jésus, recro­que­villé, cris­pé, les yeux révul­sés, la bouche ouverte comme pour un der­nier cri. Et tout au-des­sus de la contrée, cette obs­cu­ri­té stu­pé­fiante, épou­van­table, comme un nuage mor­tel, qui s’était abat­tue au moment où le Maître était entré en ago­nie.

Récit et légende de Saint Marc - Crucifixion - Véronèse

A Geth­sé­ma­ni, il retrou­va sa mère en pleurs ; elle aus­si, elle savait. Elle aus­si, elle avait le cœur bri­sé d’angoisse.

Marc l’embrassa lon­gue­ment. Et puis, brusque il se redres­sa. Quelle voix inté­rieure lui dic­tait de telles paroles ? « Mère ne pleure pas ! s’écria-t-il. Ne te sou­viens-tu pas que Jésus lui-même avait annon­cé toutes ces choses ? Et ne sais-tu pas qu’il a pro­mis, lui aus­si, qu’il res­sus­ci­te­rait d’entre les morts ? » Et tard dans la nuit, ren­dant cou­rage à sa mère, il par­la. Il rap­pe­la com­ment le Christ avait tout pré­dit, tout pré­vu ; puisqu’il ne s’était pas trom­pé, ne fal­lait-il pas encore le croire ? Il res­sus­ci­te­rait le troi­sième jour. On le rever­rait vivant, par­lant encore à ceux qui l’auraient aimé. « Dimanche matin, dès la pre­mière heure, il fau­dra mon­ter au Sépulcre. Jésus ne peut pas se trom­per, ni même trom­per ! Je sais, je te dis, moi, qu’il sera vivant… »

* * *

Cin­quante jours ont pas­sé depuis la nuit d’angoisse… Jésus est bien res­sus­ci­té. Au matin de Pâques, Marc a vu reve­nir sa mère en cou­rant, toute bou­le­ver­sée. « Le tom­beau est vide ! Il n’y est plus ! J’ai vu un Ange… c’était comme une lumière vivante et qui par­lait. Il nous a dit que Jésus était vrai­ment res­sus­ci­té. Ah, mon fils, mon enfant, comme elles sont grandes, les choses dont nous sommes les témoins indignes ! Il fau­dra t’en sou­ve­nir toute ta vie. Toi aus­si tu auras ton œuvre à accom­plir, pour le divin Maître… »

Marc l’a vu, de ses yeux vu. Le jour où Tho­mas affir­mait qu’il n’arrivait pas à croire à une telle aven­ture et où Jésus lui est appa­ru en lui disant : « Mets ta main dans mes plaies, touche mon flanc… », il était là, tout proche, le gar­çon fidèle. Et quand, sur la col­line, là-haut, exac­te­ment au-des­sus de leur mai­son, Jésus est par­ti vers le Ciel, mys­té­rieu­se­ment, s’élevant droit vers son Père, il a été encore témoin de ce suprême miracle. Sa foi est désor­mais si solide que, de toute sa vie, elle ne l’abandonnera plus. Il sera le ser­vi­teur obéis­sant du Maître. Jésus n’a-t-il pas dit aux siens avant de dis­pa­raître : « Allez et por­tez la bonne nou­velle à tous les hommes ! Ensei­gnez-leur le mes­sage que je vous ai appris, le mes­sage de l’amour et de la bon­té uni­ver­selle… » Lui aus­si, Marc, à sa façon, il serait le por­teur de la bonne nou­velle. Et chaque jour il se joi­gnait à la troupe des amis de Jésus qui se réunis­saient pour par­ler de lui, pour rap­pe­ler ses paroles, pour vivre fraternelle­ment unis.

Saint Marc et la Pentecôte - Anton Raphael Mengs. Pentecôte. c.1765. Or, le cin­quan­tième jour qui était celui d’une grande fête, celle de la Pen­te­côte, où l’on com­mé­mo­rait la promul­gation par Moïse des Dix com­man­de­ments, au Mont Sinaï, les amis du Christ étaient assem­blés quand il se fit entendre un bruit sem­blable à un vent impé­tueux, qui s’approcha, et qui sem­bla péné­trer dans la mai­son même où se tenait la réunion. Puis une sorte de boule de feu écla­ta et des langues de flamme s’éparpillèrent dans l’air pour venir se poser sur la tête de cha­cun des pré­sents. Ils com­prirent alors que c’était l’Esprit-Saint qui venait de se mani­fes­ter et qui désor­mais les empli­rait tous de sa force. Aus­si­tôt, il se pro­dui­sit un fait plus étrange encore ; tous, tous ceux qui étaient là, se mirent à par­ler en toutes les langues ; ils les savaient toutes sans les avoir apprises, évi­dem­ment parce que le Sei­gneur vou­lait qu’ils fussent com­pris de tous les peuples à qui ils por­te­raient la bonne nou­velle. Et lui, Marc, lui aus­si, le jeune gar­çon, il éprou­vait en son âme une force extra­or­di­naire : il savait que, désor­mais, il aurait assez d’énergie et de cou­rage pour consa­crer sa vie au Christ.

La foule s’était ras­sem­blée autour de la mai­son où s’était pro­duit un tel pro­dige. Et, en enten­dant les amis du Christ par­ler toutes ces drôles de langues, les gens se disaient l’un à l’autre : « Ils sont saouls ! Ils ont bu trop de vin doux ! » Mais alors Pierre se dres­sa. Il mon­ta sur un banc et se mit à par­ler. Ah, main­te­nant, il n’avait plus peur ! Ah, désor­mais, il ne son­geait plus à nier qu’il appar­tînt au Sei­gneur !

« Écou­tez-moi tous, habi­tants de Jéru­sa­lem ! Non, nous ne sommes pas ivres, mais c’est l’Esprit de Dieu qui est venu en nous et qui nous donne ces pou­voirs mys­té­rieux. Main­te­nant, nous sommes très déci­dés à crier la véri­té. Et la véri­té est ceci : Jésus de Naza­reth, celui que, dans votre per­ver­si­té, vous avez cloué à la croix, était le Mes­sie, le Sau­veur des hommes. C’est de lui que les Pro­phètes ont annon­cé la venue depuis des siècles et des siècles. C’est de lui qu’il a été pro­mis qu’il naî­trait et mour­rait pour appor­ter à tous la conso­la­tion et la paix. Et je vous le dis encore : II est res­sus­ci­té d’entre les morts. Nous en sommes tous témoins, nous qui nous pro­cla­mons ses fidèles. Comme il l’a pro­mis aus­si, son mes­sage va désor­mais conqué­rir la terre. Il se répan­dra dans toutes les Nations ! »

Magni­fique cou­rage ! Main­te­nant, c’était l’enthousiasme qui emplis­sait la poi­trine de Marc. Ah, ser­vir ces hommes qui allaient se lan­cer dans cette admi­rable entre­prise ! Ah, se don­ner au Christ et à sa Bonne Nou­velle ! Quand Pierre s’écarta, le gar­çon s’approcha de lui. « Moi aus­si, s’écria-t-il d’une voix fer­vente, moi aus­si je veux être des vôtres ! Moi aus­si je veux tra­vailler pour la cause du Maître… » Pierre le regar­da, posa affec­tueu­se­ment la main sur son épaule : « Je te le dis, au nom du Sei­gneur, toi aus­si, mon enfant, tu seras à son ser­vice. Tu auras ta part à accom­plir dans la grande œuvre qui nous attend tous. Et un jour le Maître te deman­de­ra le suprême sacri­fice : celui de mou­rir pour lui. Es-tu prêt ? »

« Je suis prêt ! » répon­dit Marc, d’une voix ferme. Et c’est ain­si que l’enfant du Jar­din des oli­viers fut un des pre­miers fidèles de la com­mu­nau­té chré­tienne. C’est lui qui écri­vit, plus tard, lorsqu’il eut envi­ron qua­rante ans, l’évan­gile qui porte son nom. Et, plus tard encore, à Alexan­drie d’Égypte, où il était allé prê­cher la Bonne Nou­velle, il mou­rut mar­tyr, pour le Christ.

Gravure à colorier Saint Marc évangéliste et Lion

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