Étiquette : Pèlerinage

Auteur : Goldie, Agnès | Ouvrage : Petites Vies Illustrées pour enfants .

Temps de lec­ture : 13 minutes

racontée aux enfants

 

L’arrivée

« Elle va pas­ser ici !

— Qui ?

— Notre-Dame de Bou­logne !

— Qui c’est, Notre-Dame de Bou­logne ?

— Tiens, la Sainte Vierge ! Tu t’appelles Jean-Claude, ça ne fait pas deux gar­çons. Je m’appelle Marie-Fran­çoise-Jeanne, ça ne fait pas trois filles ! La Sainte Vierge c’est pareil ! Elle a beau­coup de noms mais que nous l’appelions Notre-Dame de Lourdes, ou Notre-Dame de Fati­ma, ou Notre-Dame de Bou­logne, ça ne fait pas plu­sieurs per­sonnes. C’est tou­jours la Sainte Vierge !

— C’est loin, Bou­logne ?

— Tout en haut de la France, dans le Pas-de-Calais ; en face de l’Angleterre. Figure-toi que la Sainte Vierge y est venue en bateau.

— En bateau ?

— Mais oui. Maman m’a racon­té l’histoire. Il y a très long­temps de cela, encore au temps des Gau­lois, les Chré­tiens avaient éle­vé à Bou­logne une pauvre église en bois sur l’emplacement d’un temple païen. Bien des années après, un jour, comme ils priaient dans cette église, la Sainte Vierge leur appa­rut et leur dit : « Les anges, par l’ordre de Dieu, ont conduit un vais­seau dans votre rade. Allez, vous y trou­ve­rez mon image, et vous la pla­ce­rez dans cette église. C’est ici que je veux rece­voir à per­pé­tui­té le témoi­gnage d’un culte tout par­ti­cu­lier. »

— Les Bou­lon­nais ont dû prendre leurs jambes à leur cou ?

— Oh oui ! Ils ont cou­ru bien vite au port, et ils y ont trou­vé le bateau, et dans le bateau une belle sta­tue de la Sainte Vierge por­tant l’Enfant Jésus.

— D’où venait cette sta­tue ?

— On ne sait pas. De très loin peut-être… Sans doute du pays de Jésus, là-bas en Orient car les Maho­mé­tans pillaient la Terre Sainte, mas­sa­craient les Chré­tiens, bri­saient les sta­tues. Pour sau­ver celle-là on a dû la cacher dans une barque comme autre­fois Moïse dans sa cor­beille, et à Dieu vat !… Seule­ment, cette fois, ce n’est pas la fille du Pha­raon qui l’a trou­vée ; les anges ont conduit le bateau chez nous ! Tu penses quel voyage ! Il fal­lait lon­ger tout le sud de l’Europe, contour­ner l’Espagne… tra­ver­ser la Médi­ter­ra­née, l’Océan et la Manche. Regarde un peu dans ta géo­gra­phie.

Histoire pour les scouts marins du Nord - Notre-Dame de Boulogne

— Et per­sonne n’a vu ce bateau arri­ver à Bou­logne ?

Auteur : Baussan, Charles | Ouvrage : Autres textes .

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Il était 11 heures du matin.

Histoire pour les enfants - pèlerinage d'un basque - Agent de police à ParisÀ Paris, l’agent n° 217 reve­nait pour la cin­quan­tième ou la soixan­tième fois, le long du trot­toir, rue de la Cité, quand il aper­çut au milieu du par­vis Notre-Dame un ras­sem­ble­ment déjà énorme et qui gros­sis­sait tou­jours.

– Encore un acci­dent ! pen­sa-t-il.

Et, prêt à tirer son car­net pour le pro­cès-ver­bal, il quit­ta le trot­toir de son pas tran­quille et tra­ver­sa la foule. Au milieu, un homme était à genoux, la figure tour­née vers Notre-Dame.

Il avait une culotte courte, des guêtres de drap, une veste brune, et ser­rait dans ses mains un gour­din plan­té devant lui et coif­fé d’un béret. À côté de lui, une grande mule blanche har­na­chée de pom­pons rouges, le poi­trail enguir­lan­dé de gre­lots qui tin­taient, levait la tête, dres­sait les oreilles.

L’agent mit sa main sur l’épaule de l’homme :

— Levez-vous, que faites-vous là ? Com­ment vous appe­lez-vous ?

L’homme se retour­na, vit le képi, l’uniforme. Il se rele­va et mit son béret.

Récit pour les jeunes du catéchisme - Mule du pèlerin basqueIl était petit, mais tout car­ré, car­ré de tête, car­ré d’épaules. La mule ten­dit le cou, et, répon­dant à cette avance, il lui don­na une petite tape d’amitié qui fit carillon­ner les gre­lots. Après quoi, il dit à l’agent :

— Je m’appelle José Irri­goyen. Je suis mule­tier à Elhio­ga­ra, à trois lieues de Saint-Jean-de-Luz ; il y a deux mois, ma femme a eu de mau­vaises fièvres, et j’ai pro­mis, si elle gué­ris­sait, de venir faire ma prière, avec ma mule, à Paris, devant la grand’porte de Notre-Dame. Ma femme a gué­ri, et me voi­là. Je fais ma prière.

— Vous faites un ras­sem­ble­ment.

— Moi ? Je ne ras­semble rien du tout. Je n’ai besoin de per­sonne, et

Auteur : Goldie, Agnès | Ouvrage : Petites Vies Illustrées pour enfants .

Temps de lec­ture : 10 minutes

Yves Nicolazic

Sainte Anne, ô bonne mère,
Toi que nous implo­rons,
Entends notre prière,
Et bénis tes Bre­tons !

Tel était à Rome, le chant de ral­lie­ment de toute la Bre­tagne, pen­dant le pèle­ri­nage bre­ton de l’Année Sainte.

Ce ne sont pas les Bre­tons qui ont choi­si Anne pour patronne ; c’est Dieu lui-même qui a don­né à Sainte Anne la Bre­tagne, et sainte Anne aux Bre­tons. Belle et curieuse his­toire.

Il y a fort long­temps, s’élevait au vil­lage de Ker-Anna, (dans l’actuel Mor­bi­han), une cha­pelle dédiée à l’aïeule de Jésus. De cette cha­pelle, détruite vers l’an 700, il ne res­ta dans les siècles sui­vants qu’un sou­ve­nir de plus en plus vague ; des ves­tiges de plus en plus rares, au champ du Bocen­no.

Une nuit de l’année 1623, Yves Nico­la­zic, culti­va­teur au vil­lage de Ker-Anna est éveillé par une clar­té qui rem­plit sa chambre. Au milieu de cette grande lumière, il voit une chan­delle allu­mée.

Six semaines plus tard, même chose ; cette fois au Bocen­no.

Sainte Anne d'Auray raconté aux enfants - La chandelle de cire marche à côté de lui
La chan­delle de cire marche à côté de lui

Sou­vent encore, Nico­la­zic trouve sa chambre illu­mi­née par le mys­té­rieux cierge : le plus fort est que, lorsqu’il rentre à la ferme à la nuit tom­bée, « la chan­delle de cire « marche à côté de lui pour éclai­rer son che­min. Plus besoin de lan­terne ! Et, chose curieuse, si le vent balaie la lande, et incline les genêts, la flamme de la chan­delle ne vacille même pas.

Nico­la­zic s’inquiète. S’il avait bu, rien à cela d’étrange ; cha­cun sait que le cidre, ça donne des idées… Un brave homme n’a-t-il pas assu­ré avoir ren­con­tré sur sa route une marée de ser­pents. Un peu plus loin, une troupe d’éléphants… en Bre­tagne ! Et que sais-je encore !… Mais Nico­la­zic ne buvait pas ; nul ne l’avait vu titu­ber au long des mai­sons et dans les che­mins creux. Chré­tien exem­plaire, il jouis­sait de l’estime de tous. S’il aper­ce­vait des lumières à la mai­son, aux champs, il n’avait pour tant rien d’un illu­mi­né. Alors, que signi­fiait tout cela ?

Si encore il ne fai­sait que voir ; mais il entend : deux fois en cinq semaines, à l’endroit de l’ancienne cha­pelle, il a été char­mé par des chants angé­liques accom­pa­gnés d’une musique agréable et d’une intense clar­té qui éclai­rait jusqu’au vil­lage, à cent mètres de là.

| Ouvrage : Petites Vies Illustrées pour enfants .

Temps de lec­ture : 12 minutes

Trois petits bergers

En l’année 1917, le Por­tu­gal tra­ver­sait une triste période. Diri­gé par un gou­ver­ne­ment qui per­sé­cu­tait la reli­gion, ce pays, divi­sé, rui­né, enva­hi par le com­mu­nisme, sem­blait aller à sa perte.

En même temps, les armées por­tu­gaises par­ti­ci­paient à la grande guerre, et, dans plus d’un foyer, on pleu­rait les sol­dats tom­bés bien loin, là-bas, sur une terre étran­gère.

Récit des apparitions de Fatima raconté aux enfants
Un éclair, brus­que­ment, frappe leurs yeux.

À cette époque, le vil­lage de Fati­ma res­tait encore à peu près incon­nu. Situé à une cen­taine de kilo­mètres de Lis­bonne, ses modestes mai­sons se dres­saient sur les pentes de la mon­tagne d’Aire, dans une contrée par­ti­cu­liè­re­ment aride et rocailleuse. Pour­tant, cette région gar­dait le sou­ve­nir d’une écla­tante vic­toire, rem­por­tée en 1385, par le roi Jean 1er de Por­tu­gal, avec une poi­gnée de braves. Le roi, en recon­nais­sance, fit construire à cet endroit un beau couvent en l’honneur de Notre-Dame de la Vic­toire. Il en confia la garde aux Domi­ni­cains. Ceux-ci répan­dirent autour d’eux la dévo­tion du saint rosaire. L’usage s’en était si bien conser­vé à tra­vers les siècles que, dans cette par­tie du pays, beau­coup de familles réci­taient encore fidè­le­ment le cha­pe­let. Les petits enfants eux-mêmes, éle­vés dans cette habi­tude, aimaient à le dire.

* * *

Par une belle jour­née du prin­temps de 1917, trois ber­gers de Fati­ma gar­daient leurs mou­tons dans un champ nom­mé