Saint Simon Stock

| Ouvrage : Petites Vies Illustrées pour enfants .

En 1166 nais­sait un petit Anglais : Simon Stock.

Chez ses parents, de très noble famille, on menait grand train, sur­tout à l’époque de la chasse, mais aux récep­tions, Simon pré­fé­rait la soli­tude des bois.

Enfants d’aujourd’hui, nour­ris de ciné­mas et d’illustrés, vous rêvez d’extraordinaires aven­tures ; mais les petits d’alors, enten­daient plu­tôt par­ler des grands moines aux­quels l’Angleterre, l’Irlande, la France et la Ger­ma­nie devaient non seule­ment leur Foi, mais l’instruction et la Science ; cela les ouvrait au recueille­ment et les atti­rait au désert. Autre­fois, Mar­tin-éco­lier, vou­lait être ermite ; à douze ans, Simon Stock s’évade et se cache dans les bois. Près d’une petite fon­taine il trouve un chêne creux dont il fait sa cabane. Il vit là trente-trois ans, et ce n’est pas banal, vu son nom ou sur­nom : « Stock » : tronc, tas de bois. Nous disons nous aus­si un stock de bois.

Saint Simon Stock dans un chêne creux
Il trouve un chêne creux dont il fit sa cabane.

Dans son désert, notre ermite a pour­tant des « visites »… des visites du ciel… Un jour, la Sainte Vierge, pour laquelle il a une extrême dévo­tion, lui annonce que les Carmes membres d’un ordre reli­gieuse consa­cré à Marie viennent de débar­quer en Angle­terre, et ajoute qu’elle serait heu­reuse de le voir entrer dans son ordre : L’ordre de Notre-Dame du Mont-Car­mel.

Aus­si­tôt, Simon quitte son tronc d’arbre, sa claire fon­taine, et s’en va rejoindre les reli­gieux incon­nus, arri­vés d’Orient.

 

Le Mont-Carmel

À peine est-il Carme que Simon demande à par­tir en Terre-Sainte… Il visite Beth­léem, Jéru­sa­lem, Naza­reth et gagne le Mont-Car­mel qui n’en est pas très éloi­gné. Une mer­veille que cette mon­tagne cou­verte de fleurs, sur­vo­lée par des mil­liers d’oiseaux, du roi­te­let au grand aigle. Ici, ce n’est pas Blanche-Neige qui est reine, mais celle qui est plus blanche que la Neige : la Reine imma­cu­lée du ciel et de la terre ; et les habi­tants des bois ne sont pas d’affreux petits nains (si bon soient-ils), mais des moines innom­brables à man­teaux blancs.

L’histoire de Blanche-Neige n’est qu’un conte, inven­té pour le plai­sir des petits et des grands. Ici, c’est du vrai, et que l’histoire est belle ! Simon ne se lasse pas de l’entendre, de se la redire à lui-même. Autre­fois… neuf cents ans avant le pre­mier Noël, le pro­phète Élie habi­tait la mon­tagne du Car­mel, et les jeunes accou­raient vers lui pour qu’il leur apprenne à aimer Dieu. Du côté de la Médi­ter­ra­née, plus de mille grottes, qui ser­vaient d’abri aux ermites, sont creu­sées dans le rocher. Était-ce plus confor­table que le tronc d’arbre ?

Simon est très inté­res­sé par la visite de ces cavernes, sanc­ti­fiées par des siècles de péni­tence et d’oraison. Ce qui l’émeut le plus, c’est de s’agenouiller là où le pro­phète Elie a reçu sa grande grâce mariale… et c’est encore toute une his­toire !

Le royaume d’Israël était alors gou­ver­né par le roi Achab, marié à Jéza­bel ; une païenne très méchante. Sans doute, pour lui plaire, Achab fit mettre à mort les prêtres du vrai Dieu, et l’idole Baal eut son temple, des­ser­vi par quatre cent cin­quante prêtres ido­lâtres.

Les pro­phètes, vous le savez, avaient pour mis­sion, chez les Israé­lites, de dénon­cer le mal, et de remettre le peuple de Dieu dans le droit che­min ; au péril de leur vie. Élie va donc trou­ver le roi et lui dit : « Aus­si vrai que Dieu vit, pour te punir, il n’y aura plus pen­dant trois ans une goutte de pluie ni de rosée ! à moins que tu ne te repentes de suite.

Achab refuse de se repen­tir et Dieu rati­fie la parole de son ser­vi­teur : Plus d’humidité ; donc plus de pâtu­rages, plus de semailles qui lèvent, plus de récoltes… C’est la famine ; par­tout… Si Élie n’avait mira­cu­leu­se­ment mul­ti­plié l’huile et la farine de la veuve de Sarep­ta ; la pauvre femme et son fils seraient morts de faim !

Effrayé par tant de misère, le pro­phète monte avec quelques dis­ciples les escar­pe­ments du Car­mel, lequel domine la Médi­ter­ra­née de six cents mètres.

De là-haut, il aper­çoit, d’un côté cette mer d’un bleu intense, et de l’autre, au milieu des terres des­sé­chées, le lac de Tibé­riade ou mer de Gali­lée, main­te­nant plein de trous, de vase, de pois­sons morts et d’animaux pour­ris. Sur ce pay­sage déso­lé, darde un soleil de feu.

Pros­ter­né, Élie prie Dieu d’envoyer la pluie. Six fois de suite il inter­roge ses com­pa­gnons : « Ne voyez-vous pas une nuée mon­ter de la mer ?

— Non. »

Alors le pro­phète se replonge dans sa prière qui se fait plus fer­vente :

« Vrai, vous ne voyez rien ? »

Et la vigie de s’écrier joyeuse : « Un tout petit nuage ! Un nuage, là-bas ! »

Élie prie pour la pluie du sommet du Mont-Carmel.
Élie prie pour la pluie du som­met du Mont-Car­mel.

Le petit nuage s’élargit, et dans la nuée, que voit Elie ? — La femme pro­mise à nos pre­miers parents après la chute ; Celle qui écra­se­ra la tête du ser­pent ; la Sainte Vierge. La nuée, cepen­dant, s’étend sur la Terre-Pro­mise et enfin il pleut, alors tout rever­dit, tout renaît. La grande épreuve est ter­mi­née.

Cette pluie si dési­rée et bien­fai­sante, est l’image des grâces qui vont pleu­voir sur le pays et sur le monde par l’Incarnation du Mes­sie et par la Rédemp­tion : « Cieux, ver­sez votre rosée, et que les nuées fassent pleu­voir le juste ! »

À la suite de cela, Élie et ses com­pa­gnons, neuf cents ans (près de mille ans), avant la venue de Jésus, construisent sur la mon­tagne le pre­mier ora­toire dédié à Marie. Quand de Naza­reth, Jésus enfant, ado­les­cent, vien­dra en pro­me­nade au Car­mel avec ses cou­sins, ses amis ; quand il y revien­dra plus tard avec ses apôtres et dis­ciples, il pour­ra visi­ter ce petit sanc­tuaire dédié à sa mère. Après l’assomption de Marie, il a été rem­pla­cé par une cha­pelle en pierres blanches, que sainte Hélène mère de l’empereur Constan­tin fit enchâs­ser dans une grande église, au IVe siècle après Jésus-Christ, à la fin des grandes per­sé­cu­tions.

 

Les Croisades

Et Simon revit aus­si, sur place, l’histoire des Croi­sades.

Dans ce pays de Jésus, dévas­té par les Romains après la mort du Christ, arri­vèrent les Musul­mans. D’abord tolé­rants, ils per­mirent aux chré­tiens de venir libre­ment en Terre-Sainte. L’an 800, le Calife de Bag­dad, Haroun-al-Raschid, don­na même à Char­le­magne la pro­prié­té du Saint-Sépulcre.

Oui, mais au XIe siècle, les Turcs, musul­mans eux aus­si, mais moins conci­liants, arrivent à leur tour. Ils s’emparent de Jéru­sa­lem, du Mont-Car­mel. Plus moyen d’aller en Pales­tine.

Grand émoi dans la chré­tien­té ! Un cri reten­tit : « Dieu le veut ! Dieu le veut ! allons déli­vrer le tom­beau du Christ ! »

Un fris­son d’ardeur et d’enthousiasme secoue Simon à ce rap­pel. Que n’était-il là ! Gode­froy de Bouillon prend Jéru­sa­lem ; la mon­tagne du Car­mel est recon­quise par Ber­thold, un Croi­sé limou­sin ; lequel renonce à ren­trer en France et se joint aux reli­gieux du Car­mel, main­te­nant appe­lés « Frères de la Vierge ». Ils se font si nom­breux, qu’il faut construire plu­sieurs cou­vents, dont celui du Car­mel reste le prin­ci­pal. Ber­thold en est le supé­rieur, et il y meurt à cent dix-sept ans. Vous voyez que cela ne fait pas mou­rir d’être moine !

Hélas, les fils des Croi­sés ont peine à gar­der leur conquête. Les Croi­sades se pour­suivent et, mal­gré cela, la Terre-Sainte est per­due par mor­ceaux. Plu­sieurs Carmes sont mar­ty­ri­sés ; d’autres s’enfuient en France, en Flandres, en Écosse, en Irlande, en Angle­terre. C’est ain­si que Simon a fait leur connais­sance et qu’il est entré dans leur Ordre. Main­te­nant, après un magni­fique voyage et six mois pas­sés au pays de Jésus et de Marie, il reprend le che­min de son île.

De retour en Angle­terre, notre Carme n’a plus qu’une idée : par ses prières, ses péni­tences, sa parole, tra­vailler ardem­ment au règne de Dieu. Le pro­tes­tan­tisme n’a pas encore divi­sé l’Angleterre. Elle est toute catho­lique-romaine, mais peut-être n’est-elle plus, comme aux tout pre­miers temps du chris­tia­nisme, « l’île des saints ». Aux Carmes de reprendre et de conti­nuer l’œuvre des grands moines d’Occident, fils de Mar­tin de Tours et de Benoît… Seule­ment leur règle n’est pas recon­nue. Qui sont ces moines d’Orient ? Quand, élu Géné­ral de son Ordre, Simon Stock demande au Pape de l’approuver, il se trouve des gens pour le déni­grer.

Ne sachant qui croire, le Pape prie la Sainte Vierge de l’éclairer. Elle se montre à lui et lui dit : « Accorde aux Carmes, la grâce qu’ils te demandent. — l’approbation de leur Ordre. — Deux enne­mis de l’Ordre viennent d’être frap­pés de mort par puni­tion.

« Il ne faut pas déso­béir quand je com­mande,
« Ni résis­ter quand je pousse en avant. »

C’est le 16 juillet. Rete­nez cette date.

Sans plus tar­der, le Pape approuve la Règle de l’Ordre du Car­mel.

 

Le Scapulaire

Ain­si encou­ra­gé, Simon sup­plie Notre-Dame d’accorder de nou­velles faveurs : « Mon­trez que vous êtes notre mère ! Fleur du Car­mel, Mère incom­pa­rable, par un signe sen­sible, don­nez aux Carmes un pri­vi­lège de pro­tec­tion ».

La Sainte Vierge paraît alors en grand cor­tège, sca­pu­laire en main et lui fait don de ce saint habi­ta Le sca­pu­laire des Carmes et Car­mé­lites est une longue bande de tis­su brun, avec, vers le milieu, une large ouver­ture pour pas­ser la tête, de sorte qu’il retombe sur le dos et sur la poi­trine. Et la Sainte Vierge de lui dire : « Reçois mon fils, ce sca­pu­laire. Celui qui mour­ra revê­tu de ce saint habit, sera pré­ser­vé de l’enfer. C’est un signe de salut, une sau­ve­garde dans les périls, un gage de paix et d’alliance éter­nelle ».

Elle dit cela à Cam­bridge, le 16 juillet 1251.

Il y avait six ans que le Pape Inno­cent IV avait approu­vé l’ordre du Car­mel. Il bénit le sca­pu­laire et y atta­cha de nom­breux pri­vi­lèges.

Scapulaire brun de ND du mont CarmelEt voi­ci que la Sainte Vierge, dans sa bon­té, appa­raît de nou­veau ; cette fois, au Pape Jean XXII. Elle redit quel mer­veilleux pri­vi­lège elle accorde aux Carmes par son sca­pu­laire, et non seule­ment à eux, mais à tous ceux qui, de près ou de loin, font par­tie de la grande famille du Car­mel. Elle les pré­ser­ve­ra de l’enfer et, ajoute-t-elle, « si à leur départ de ce monde ils courent vers le pur­ga­toire, Moi, leur Mère j’y des­cen­drai par grâce le same­di d’après leur mort et je déli­vre­rai tous ceux que je trou­ve­rai dans le pur­ga­toire, et je les mène­rai au ciel ».

Avez-vous remar­qué ? le same­di ; c’est pour­quoi cette indul­gence est appe­lée indul­gence sabat­tine.

La pre­mière chose est de rece­voir le sca­pu­laire qui consiste pour l’ensemble des fidèles en deux petits mor­ceaux de drap, rete­nus sur les épaules par un cor­don. Depuis quelques années, l’Église a même per­mis de le rem­pla­cer par une médaille du sca­pu­laire. — Pas n’importe quelle médaille ! — Bien sûr, il faut y joindre une vie vrai­ment chré­tienne, pure, mor­ti­fiée, apos­to­lique, et puis deman­der à son confes­seur d’indiquer quelques prières à dire, par exemple le cha­pe­let ou seule­ment une dizaine…

Au len­de­main de la com­mu­nion solen­nelle, dans beau­coup de paroisses, tous les enfants reçoivent le sca­pu­laire. C’est hélas deve­nu une for­ma­li­té, trop sou­vent une rou­tine. La plu­part ne savent pas ce que cela signi­fie, à quoi cela les engage. Le prêtre leur en dit bien un mot, mais ils écoutent d’une oreille dis­traite, ou ils sont trop loin pour entendre, ou s’ils entendent, c’est tôt oublié. Ren­tré à la mai­son, on met le sca­pu­laire dans un tiroir où des années après on le retrouve traî­nant dans la pous­sière, sans aucun res­pect. Quelques-uns le rem­placent par une médaille… Quelques-uns seule­ment !… Com­ment faire tenir la médaille quand la mode est pas­sée de por­ter une chaîne ? Alors la médaille aus­si traîne dans le tiroir ou le porte-mon­naie, à moins qu’on ne l’attache à la tête du lit ou qu’on ne la perde. Que de manques de res­pect, d’inconséquences ! N’y a-t-il pas là de quoi pei­ner la Sainte Vierge ? Nous fai­sons fi de son habit, de ses pro­messes. Et pour­tant c’est sûr qu’elle a par­lé à Simon Stock, à Cam­bridge, le 16 juillet 1251.

Le 16 juillet 1951, à l’occasion du sep­tième cen­te­naire du sca­pu­laire, Sa Sain­te­té le Pape Pie XII a écrit au Père géné­ral des Carmes une lettre dans laquelle il lui dit : « Vête­ment marial, le saint sca­pu­laire est cer­tai­ne­ment un signe de garan­tie de la pro­tec­tion de la Mère de Dieu ».

Il faut donc remettre en hon­neur le port du sca­pu­laire.

 

Quelques preuves

Comme Simon se ren­dait à Win­ches­ter, un cava­lier vint à toutes brides au-devant de lui : « Père, je vous en conjure, venez por­ter secours à mon frère qui se meurt en déses­pé­ré ».

Wal­ter de Lihy­ton, en effet, refuse d’entendre par­ler de Dieu. Batailleur, livré à toutes sortes d’excès, il est pour­tant le fléau du pays. Il se voit mou­rir et blas­phème. Comme il n’écoute rien de ce que lui dit le Carme, celui-ci prend un sca­pu­laire et le lui jette sur les épaules. Aus­si­tôt le mori­bond fait le signe de la croix et s’écrie : « Mes péchés sont plus nom­breux que le sable de la mer. Je veux me confes­ser ! »

Saint Simon Stock convertit M. de Lihyton mourant.
Saint Simon Stock conver­tit M. de Lihy­ton mou­rant.

Il ordonne de res­ti­tuer les biens pris par vio­lence et par rapine, puis, absout, il meurt en chré­tien. Comme son frère doute de son salut, il lui appa­raît et lui dit : « All right ; tout va bien pour moi ! C’est grâce à la Sainte Vierge et au sca­pu­laire que j’ai échap­pé au démon. »

Un Napo­li­tain mort, sem­blait-il, revint à la vie le temps de rece­voir les der­niers sacre­ments et de dire aux siens : « J’ai reçu cette faveur à cause de ma grande dévo­tion au sca­pu­laire ».

Encore est-il qu’il faut se lais­ser sau­ver ! Tel mal­heu­reux, déci­dé à se sui­ci­der, se jette à plu­sieurs reprises dans la mer. Son corps remonte à la sur­face comme un bou­chon. S’apercevant que son sca­pu­laire lui sert de bouée de sau­ve­tage, il l’arrache, rageur, et coule.

Non seule­ment le sca­pu­laire est un gage de pro­tec­tion, mais il nous aide, avons-nous dit, à sor­tir du pur­ga­toire.

Un curé des envi­rons de Bar­ce­lone perd ses deux sœurs. L’une d’elles reçoit de Dieu la per­mis­sion de deman­der à son frère des prières : « Notre sœur, lui dit-elle, est déjà déli­vrée des flammes du pur­ga­toire. L’indulgence sab­ba­tine est bien vraie : chaque same­di Notre-Dame vient cher­cher ses enfants pri­vi­lé­giés. Oh ! que je regrette de n’avoir pas reçu le sca­pu­laire ! »

Une maman enlève son sca­pu­laire à sa fille malade. — Il la gêne. — Peu après, la jeune fille perd connais­sance. Reve­nue à elle, elle raconte que la Sainte Vierge lui a fait des reproches « Si tu ne reprends ton sca­pu­laire, m’a-t-elle dit, je ne te recon­nais plus pour ma fille ».

Fran­çois Yépès, frère de saint Jean de la Croix, part en voyage si pré­ci­pi­tam­ment qu’il en oublie chez lui son sca­pu­laire. — S’il l’avait eu sur lui, il ne l’aurait pas oublié ! — Bref, il est déjà loin quand il y pense, et il demande par­don à Notre-Dame de son étour­de­rie. Après déjeu­ner, il s’endort sous un arbre, et quelle n’est pas sa sur­prise au réveil, de trou­ver près de lui son sca­pu­laire que la Sainte Vierge lui a mira­cu­leu­se­ment appor­té.

Le frère de saint Jean de la Croix trouve son scapulaire miraculeusement apporté...
Le frère de saint Jean de la Croix trouve son sca­pu­laire mira­cu­leu­se­ment appor­té…

Com­bien d’histoires devait savoir le Bien­heu­reux Simon ! Il nous les racon­te­ra au para­dis. C’est en France, à Bor­deaux, qu’il est mort, le 16 juillet 1265, à quatre-vingt-dix-neuf ans. Son corps fut inhu­mé à la cathé­drale, où il est encore.

Et, si vous vou­lez d’autres his­toires, voi­ci celle du Géné­ral de Sonis. Tout enfant il aime la Sainte Vierge et se consacre à son ser­vice. Jeune homme, sa joie est grande quand ses deux sœurs entrent au Car­mel de Poi­tiers. Papa, il appelle ses filles Marie et Marthe-Car­mel. Sa croix de che­va­lier de la Légion d’honneur, il l’offre à Notre-Dame des Vic­toires, et sa croix de Com­man­deur à Notre-Dame de Lourdes. Plus que ses déco­ra­tions si méri­tées, il aime son sca­pu­laire qu’il ne quitte pas.

En 1870, à Loi­gny, Sonis se lance à l’assaut et tombe, la jambe bri­sée. Bien­tôt la neige le recouvre ; les Prus­siens lui passent sur le corps ; il entend les cris et les râles des mou­rants, puis sou­dain, nuit, neige, Prus­siens, bles­sés, tout dis­pa­raît ; il ne voit plus que la Sainte Vierge : « Elle ne m’a pas quit­té de la nuit. J’en oubliai ma jambe déchi­que­tée et l’autre gelée dit-il ensuite.

Antoi­nette Pey­ret, de Lourdes, l’amie de Ber­na­dette, aimait aus­si son sca­pu­laire.

Un jour, à la grotte, Ber­na­dette lui dit : « La Sainte Vierge te regarde en ce moment ».

Et Notre-Darne de Lourdes atten­dit le 16 juillet, fête de Notre-Dame du Mont-Car­mel et du sca­pu­laire, pour dire adieu à Ber­na­dette et lui sou­rire une der­nière fois.

Fati­ma. 19 octobre 1917. — 70.000 per­sonnes. — À onze heures trente du matin, Marie appa­raît pour la sixième fois : « Je suis, dit-elle, Notre-Dame du Rosaire, » et, pour illus­trer les mys­tères joyeux, elle se montre vêtue d’une robe rose, avec l’Enfant-Jésus et saint Joseph.

Puis ce sont les mys­tères dou­lou­reux : Marie, vêtue de noir, cœur trans­per­cé.

Et enfin les mys­tères glo­rieux : « C’était, dit Lucie, comme Notre-Dame du Mont-Car­mel. Elle était habillée de blanc avec un man­teau bleu, » ain­si qu’elle est repré­sen­tée là-bas, sur sa mon­tagne aux mille fleurs.

Notre-Dame de Lourdes, de Fati­ma, du Mont-Car­mel… C’est tou­jours la même… notre Mère qui nous demande de vivre en vrais chré­tiens, de dire nos « Ave », de por­ter res­pec­tueu­se­ment, amou­reu­se­ment ce sca­pu­laire qu’elle nous a don­né comme un gage de pro­tec­tion pour nous aider tous à échap­per aux flammes et à gagner le ciel. Mais encore une fois, atten­tion ! Le sca­pu­laire n’est pas une amu­lette, Pie XII le rap­pelle dans sa lettre du VIIe cen­te­naire : « Que ceux qui le portent ne pensent pas pou­voir obte­nir la vie éter­nelle dans la paresse et l’inertie. » Ce serait trop com­mode d’aller au ciel comme une lettre à la poste, sans s’être don­né aucune peine !

Et pour ter­mi­ner, chan­tons à Marie :

« Vois le Car­mel à tes genoux
« Qui te salue et qui t’acclame
« O Reine, ô Mère au Cœur si doux,
« O Notre-Dame !

Coloriage de Saint Simon Stock recevant le Scapulaire des mains de Marie


Extrait de la Bulle sabbatine du Pape Jean XXII
Promesse de la Sainte Vierge au Souverain Pontife

Ordre :
« Qui­conque, fai­sant pro­fes­sion, obser­ve­ra et gar­de­ra invio­la­ble­ment la Règle pres­crite par mon ser­vi­teur Albert, le patriarche, et approu­vée par mon cher fils Inno­cent IV, et qui aura per­sé­vé­ré dans la sainte obéis­sance, la pau­vre­té et la chas­te­té et qui entre­ra dans le Saint Ordre (le Car­mel) sera sau­vé.

 

Tiers-Ordre :

« Si d’autres, par motif de dévo­tion entrent dans la sainte Reli­gion, por­tant le signe du saint habit et s’appelant confrères et consœurs de mon Ordre sus­dit, à par­tir du jour où ils entre­ront dans cet Ordre, ils seront déli­vrés et absous de la troi­sième par­tie de leurs péchés, pour­vu que dans la vidui­té ils gardent la chas­te­té vir­gi­nale ou que, dans le mariage, ils conservent invio­la­ble­ment la fidé­li­té conju­gale, comme l’ordonne notre Mère la Sainte Église.

« Quant aux Frères pro­fès du dit Ordre, ils rece­vront pleine abso­lu­tion de la peine et de la coulpe, et si, non­obs­tant, à leur départ de ce monde, ils courent vers le Pur­ga­toire, moi, leur Mère, j’y des­cen­drai par grâce le same­di après leur décès et je déli­vre­rai tous ceux que je trou­ve­rai dans le Pur­ga­toire et je les ramè­ne­rai sur la sainte mon­tagne de la vie éter­nelle. «

médaille scapulaire« Pour jouir de cette faveur, il est vrai, confrères et consœurs eux-mêmes sont tenus à réci­ter de la manière conve­nable les heures Cano­niales, selon la règle don­née par saint Albert (ou l’office de la Sainte Vierge) ou, s’ils ne le peuvent, 25 Pater, Ave et Glo­ria.

« Pour ceux qui ignorent les lettres, ils devront jeû­ner aux jours pres­crits par la Sainte Église, à moins qu’ils n’en soient empê­chés par quelque néces­si­té. De plus, ils s’abstiendront de viande le mer­cre­di et le same­di, excep­té le jour de la nati­vi­té de mon Fils. »

La fête de Notre-Dame du Car­mel, d’abord spé­ciale aux églises de l’Ordre, a été éten­due à toute la chré­tien­té par Benoît XIII en 1726, comme la fête du sca­pu­laire.

Le pre­mier sca­pu­laire peut seul être bénit.

La médaille doit être bénie chaque fois qu’on la change et autant de fois qu’elle rem­place de sca­pu­laires.

 

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