Étiquette : Élie

| Ouvrage : Petites Vies Illustrées pour enfants .

Temps de lec­ture : 13 minutes

En 1166 nais­sait un petit Anglais : Simon Stock.

Chez ses parents, de très noble famille, on menait grand train, sur­tout à l’époque de la chasse, mais aux récep­tions, Simon pré­fé­rait la soli­tude des bois.

Enfants d’aujourd’hui, nour­ris de ciné­mas et d’illustrés, vous rêvez d’extraordinaires aven­tures ; mais les petits d’alors, enten­daient plu­tôt par­ler des grands moines aux­quels l’Angleterre, l’Irlande, la France et la Ger­ma­nie devaient non seule­ment leur Foi, mais l’instruction et la Science ; cela les ouvrait au recueille­ment et les atti­rait au désert. Autre­fois, Mar­tin-éco­lier, vou­lait être ermite ; à douze ans, Simon Stock s’évade et se cache dans les bois. Près d’une petite fon­taine il trouve un chêne creux dont il fait sa cabane. Il vit là trente-trois ans, et ce n’est pas banal, vu son nom ou sur­nom : « Stock » : tronc, tas de bois. Nous disons nous aus­si un stock de bois.

Saint Simon Stock dans un chêne creux
Il trouve un chêne creux dont il fit sa cabane.

Dans son désert, notre ermite a pour­tant des « visites »… des visites du ciel… Un jour, la Sainte Vierge, pour laquelle il a une extrême dévo­tion, lui annonce que les Carmes membres d’un ordre reli­gieuse consa­cré à Marie viennent de débar­quer en Angle­terre, et ajoute qu’elle serait heu­reuse de le voir entrer dans son ordre : L’ordre de Notre-Dame du Mont-Car­mel.

Aus­si­tôt, Simon quitte son tronc d’arbre, sa claire fon­taine, et s’en va rejoindre les reli­gieux incon­nus, arri­vés d’Orient.

 

Le Mont-Carmel

À peine est-il Carme que Simon demande à par­tir en Terre-Sainte… Il visite Beth­léem, Jéru­sa­lem, Naza­reth et gagne le Mont-Car­mel qui n’en est pas très éloi­gné. Une mer­veille que cette mon­tagne cou­verte de fleurs, sur­vo­lée par des mil­liers d’oiseaux, du roi­te­let au grand aigle. Ici, ce n’est pas Blanche-Neige qui est reine, mais celle qui est plus blanche que la Neige : la Reine imma­cu­lée du ciel et de la terre ; et les habi­tants des bois ne sont pas d’affreux petits nains (si bon soient-ils), mais des moines innom­brables à man­teaux blancs.

L’histoire de Blanche-Neige n’est qu’un conte, inven­té pour le plai­sir des petits et des grands. Ici, c’est du vrai, et que l’histoire est belle ! Simon ne se lasse pas de l’entendre, de se la redire à lui-même. Autre­fois… neuf cents ans avant le pre­mier Noël, le pro­phète Élie habi­tait la mon­tagne du Car­mel, et les jeunes accou­raient vers lui pour qu’il leur apprenne à aimer Dieu. Du côté de la Médi­ter­ra­née, plus de mille grottes, qui ser­vaient d’abri aux ermites, sont creu­sées dans le rocher. Était-ce plus confor­table que le tronc d’arbre ?