Étiquette : 30 mai

Auteur : Par un groupe de pères et de mères de familles | Ouvrage : Petite Histoire de l'Église illustrée .

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Colette, les yeux brillants, les joues rouges, de son mou­choir minus­cule se tam­pon­nant le front, entre, Annie sur les talons, dans le tout petit jar­din atte­nant à l’hôtel. Là, sous l’ombrage des oran­gers et des lau­riers-roses, maman tra­vaille pai­si­ble­ment.

— Oh ! quel dom­mage que ce méchant doc­teur vous oblige à res­ter ici, maman. Si vous saviez ce que nous avons vu !

— Nous avons cou­ru, cou­ru, inter­rompt Annie. Main­te­nant qu’on va par­tir, les gar­çons veulent aller par­tout. Nous deux, nous n’en pou­vons plus.

— Mais si j’en peux encore, moi, pro­teste Colette. Ce n’est pas parce qu’on a un peu chaud qu’on n’est plus bon à rien.

— Voyons, asseyez-vous toutes deux et contez-moi votre mati­née.

—D’abord, nous sommes allés à la messe, à l’église qu’on appelle Sainte-Marie-Majeure, et nous avons com­mu­nié tout près, tout près de la Crèche du petit Jésus. On voit très dis­tinc­te­ment (c’est éclai­ré) quelques pauvres vieilles planches ; alors, vous com­pre­nez, quand on pense que Celui qu’on a dans son cœur, après la com­mu­nion, et qui est le Roi de tous les rois, a cou­ché sur ce bois dur, on vou­drait le lui faire oublier à force de l’aimer.

Les deux fillettes racontent la visite de Rome - St Jean de Latran
Basi­lique Saint-Jean de Latran à Rome.

Maman sou­rit dou­ce­ment.

— Et après, Colette ?

— Après, papa nous fait déjeu­ner au galop… Ça c’est exact, Annie peut le dire… Ensuite, en tram, nous arri­vons à l’église Sainte-Croix de Jéru­sa­lem.

Et, maman, croyez-vous ? nous y avons vu la grande relique de la Croix, sur laquelle Notre-Sei­gneur est mort, et un des clous qui a per­cé ses mains et une longue épine. On regarde de tout près, on peut tou­cher le clou. La Vraie Croix ! les vrais clous ! Est-ce pos­sible ! Ce bois, le sang de Jésus a cou­lé des­sus, et ce clou a déchi­ré ses mains ou ses pieds.

Alors on prie, mais une prière sans mots, toute avec le cœur. Explique à ton tour, Annie. Dis où nous sommes allés ensuite.

— Mon oncle a vou­lu que nous nous asseyions dans le square qui est très tran­quille, pour nous faire regar­der de loin la grande façade de Saint-Jean de Latran, domi­née par je ne sais com­bien de sta­tues.

Puis, il a fal­lu repar­tir et aller jusque-là, pré­cise Annie, qui déci­dé­ment trouve qu’on se pro­mène un peu trop.

Colette ne par­tage pas son avis :

— Bien sûr, « on » y est allé. Et c’est joli­ment inté­res­sant. Vous savez, maman, que c’est Constan­tin qui a bâti là la pre­mière basi­lique et le palais des Papes. Ils y ont habi­té (les Papes, pas Constan­tin) du IVe au XIVe siècle.

— A la bonne heure, Colette ! Vous a-t-on dit aus­si com­ment, à cause de cette ancien­ne­té, on appelle la basi­lique de Saint-Jean de Latran « Mère et maî­tresse des autres églises » ?

— Oui, tante. Et Annie ajoute : Il parait que les bar­bares ont bien sac­ca­gé tout cela ; alors, au XIVe siècle, les Papes se sont déci­dés à faire construire le palais actuel du Vati­can.

— Entre temps, mes enfants, il y avait eu le grand schisme d’Occident.

— Ça, j’ai enten­du papa qui en par­lait avec les gar­çons, mais j’ai trou­vé que c’était bien com­pli­qué. Je ne suis pas sûre d’avoir com­pris. Et toi, Annie ?

Auteur : Christiane | Ouvrage : Et maintenant une histoire I, Les commandements à observer, les vertus à pratiquer .

 Vaillance, devoir d’état

Faire son devoir d'état, comme Sainte Jeanne d'Arc - Enluminure Quenouille et FilageGene­viève, sa que­nouille tenue non­cha­lam­ment, lais­sait errer son regard par delà la grande plaine de Cham­pagne qui s’étendait au pied du châ­teau. Dieu, que c’était donc ennuyeux de filer ain­si tout le jour tan­dis que les armées livraient bataille à l’ennemi ! Un gros sou­pir, lourd de tous ses dési­rs, s’exhala des lèvres de Gene­viève.

« Ah ! si je connais­sais Jeanne, j’irais la trou­ver et lui deman­de­rais de me prendre avec elle. »

Cette réflexion, pro­non­cée à voix haute, atti­ra sur la fillette, presque une jeune fille déjà, les regards de dame Eloïse, sa mère, qui, en face d’elle, était occu­pée à une bro­de­rie d’autel.

« Que feriez-vous à guer­royer avec les gens d’armes ? Vous ne savez pas mon­ter à che­val et le pre­mier bou­let vous ferait pous­ser de tels cris d’effroi que vous ne sau­riez res­ter dans la bataille. »

D’un geste orgueilleux, Gene­viève a rele­vé la tête :

« Pour­quoi alors Jeanne y reste-t-elle ?

— Jeanne, mon enfant, fut man­dée par Dieu pour déli­vrer le royaume.

— Eh bien ! pour­quoi ne le serais-je pas aus­si ? »

Pour­quoi pas moi ? Voi­là ce qui reve­nait sans cesse à l’esprit de Gene­viève ; et s’obstinant dans son rêve orgueilleux, elle for­mait des pro­jets insen­sés, n’écoutant pas les sages conseils que dame Eloïse, ali­gnant ses points de bro­de­rie, lui pro­di­guait.

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Histoire de Jeanne d'Arc - Jeanne d'Arc et le roi Charles VII à Reims

Dans la ville pavoi­sée, il y a grande ani­ma­tion : d’immenses tapis recouvrent les dalles de la cathé­drale, les portes sont ten­dues de velours écar­late, cha­cun s’affaire, pavoi­sant sa demeure pour faire digne accueil au Roi et à Jeanne, car

Auteur : Maldan, Juliette | Ouvrage : Petites Vies Illustrées pour enfants .

Maison natale de Jeanne - récit pour la catéchèse des jeunes
Mai­son natale de Jeanne

 

Jeanne, la « Sainte de la patrie », naquit en la fête de l’Épiphanie de l’année 1412, au petit vil­lage de Dom­re­my, en Lor­raine.

Son père, Jacques d’Arc, sa mère Isa­belle Romée, étaient de simples pay­sans, labo­rieux et bons chré­tiens.

« J’ai appris de ma mère, mon Pater, mon Ave Maria, et mon Cre­do », disait Jeanne plus tard. « Tout ce que je crois, je l’ai appris de ma mère. »

Jean­nette, comme on l’appelait au vil­lage, sem­blait atti­rée vers le bon Dieu. Elle assis­tait avec bon­heur aux caté­chismes de M. le Curé, aux ins­truc­tions et aux céré­mo­nies.

La petite mai­son où Jeanne vint au monde et gran­dit, existe encore, toute proche de l’église.

L’enfant pro­fi­tait de ce voi­si­nage pour cou­rir à l’église dès que la besogne lui lais­sait un ins­tant.

Sa foi vive lui mon­trait Nôtre-Sei­gneur tou­jours pré­sent dans le taber­nacle. Age­nouillée sur le pavé, devant l’autel, elle priait avec une fer­veur extrême.

Que de fois les habi­tants de Dom­re­my la sur­prirent ain­si, les mains jointes, tout absor­bée par sa conver­sa­tion avec le bon Dieu !

Elle assis­tait avec un pro­fond recueille­ment aux messes célé­brées par le curé de la paroisse.

A la tom­bée du jour, la cloche appe­lait les parois­siens pour la prière. Jean­nette s’empressait de cou­rir à l’église. Par­fois cepen­dant, son tra­vail la rete­nait au loin. Dès que le vent lui appor­tait le son de l’Angé­lus, elle s’agenouillait dans les champs pour prier. Elle aimait entendre les cloches qui sont la voix de l’église. Or, il paraît qu’au moment de la pre­mière Com­mu­nion de Jean­nette, le son­neur oubliait par­fois son office. L’enfant le sup­pliait d’être plus exact, et elle lui pro­met­tait en récom­pense les éche­veaux de laine blanche qui venaient de ses bre­bis.

Dès l’âge de rai­son, Jean­nette se confes­sait sou­vent, tant elle dési­rait puri­fier son âme des moindres taches.

Après sa pre­mière com­mu­nion, elle se confes­sa plus fré­quem­ment encore pour se pré­pa­rer au grand bon­heur de rece­voir Jésus dans son cœur.

Tous ceux qui connais­saient Jean­nette remar­quaient com­bien ten­dre­ment elle aimait la Sainte Vierge.

Dans l’église du vil­lage, on la trou­vait sou­vent age­nouillée devant la sta­tue de Marie. Elle y allu­mait des « chan­delles » comme elle disait, ou bien elle arran­geait en bou­quets les plus jolies fleurs de son jar­din.

Quand venait le mois de mai, chaque same­di, Jean­nette toute joyeuse s’en allait en pèle­ri­nage avec ses amies vers les cha­pelles des envi­rons dédiées à la sainte Vierge : Notre-Dame de Ber­mont, ou l’ermitage Sainte-Marie, situé sur une col­line qui domine la val­lée de la Meuse.

En che­mi­nant à tra­vers l’herbe fraîche des prés, les enfants cueillaient des fleurs qu’elles dépo­saient aux pieds de la Vierge et de l’Enfant Jésus.

Simple, franche, douce, joyeuse, Jeanne se fai­sait aimer de tout le monde. « Elle n’avait pas sa pareille dans la paroisse, disait le curé, jamais je n’en vis une meilleure. »

Les habi­tants conve­naient que c’était la véri­té. Ils admi­raient le cou­rage de la jeune fille au tra­vail. Tout le long du jour, elle aidait sa mère dans les soins du ménage, accom­pa­gnait son père et ses frères aux champs, gar­dant le trou­peau dans les prai­ries qui entou­raient le vil­lage.

Le soir, à la veillée, Jean­nette se met­tait à filer et à coudre. Elle le fai­sait avec tant d’adresse que plus tard, elle put dire fiè­re­ment : « Pour coudre et filer, je ne crains pas femme de Rouen ! »

Auteur : Daniel-Rops | Ouvrage : Légende dorée de mes filleuls .

En 2012, nous fêtons le 600e anni­ver­saire de la nais­sance de sainte Jeanne d’Arc. Pour inau­gu­rer cette année consa­crée à la ber­gère de Dom­ré­my, voi­ci ce joli texte :

Que c’est donc grande pitié au royaume de France ! Depuis bien­tôt cent ans que dure cette guerre, que de mi­sères et de dévas­ta­tions ! Recon­naît-on encore la France, la douce France, jadis le plus riche pays qui fût au monde, dans cette terre rava­gée, aux récoltes avares, au com­merce incer­tain, aux routes aban­don­nées ? France, très chère France, ne fini­ront-ils donc point par te quit­ter pour rega­gner leurs îles, les mau­dits Anglais, les « Godons » comme on dit, d’où est venu tout cet acca­ble­ment ? Que fau­dra-t-il encore pour que tes fils s’unissent contre l’ennemi com­mun au lieu de se déchi­rer en clans fra­tri­cides, Arma­gnacs contre Bour­gui­gnons ? Hélas, tout est si triste et l’horizon si noir que c’en est vrai­ment à perdre l’espérance… De quoi par­ler sinon du mal­heur des temps ?

Bataille - Guerre de Cent Ans - Pitié en royaume de FranceEt l’on en parle, on en parle par­tout, dans le moindre des vil­lages, où cha­cun se demande si, demain, une troupe d’Anglais ou de par­ti­sans de Bour­gogne ne vien­dra pas mettre le feu aux mai­sons, mas­sa­crer les familles, voler le bétail et piller l’église. Une petite fille née vers le début de ce XVe siècle, — en 1412 par exemple, — depuis qu’elle a été en âge d’écouter, n’aura guère enten­du que des récits de mas­sacres et de désastres. A trois ans a-t-elle pu com­prendre, quand son père a racon­té la ter­rible défaite subie par la fleur des che­va­liers fran­çais et l’odieux mas­sacre, ordon­né par le roi d’Angleterre, de trois mille des plus nobles pri­son­niers ? Mais elle se sou­vien­dra tou­jours d’avoir vu, à sept ans, de ses yeux vu, la bataille que se livrèrent, à une lieue de son vil­lage, les Fran­çais enne­mis, à grands coups de haine sau­vage, et où tant revinrent bles­sés, ensan­glantés, et d’où maints aus­si ne sont pas reve­nus… Encore toute petite, elle aura su par cœur la com­plainte qu’on chante

Auteur : Bernard, Jean | Ouvrage : Et maintenant une histoire II, Quelques fêtes de saints .

Sainte Jeanne d’Arc

Sur le rem­part qui s’avançait en bor­dure de la Loire jusqu’aux avant-postes enne­mis, Loïs, tapi der­rière un cré­neau, regar­dait son­geur l’énorme pont défen­du par le fort des Tou­relles, la plus redou­table bas­tille des Anglais.

Était-ce là que, demain, s’affronteraient hommes d’armes et archers pour libé­rer la ville d’Orléans dont les Anglais occu­paient les forts exté­rieurs ?

Histoire des saints pour les enfants - Sainte Jeanne d'ArcSou­dain, Loïs tres­saillit. Toute menue sous son armure de guerre, une ombre se dres­sait non loin de lui sur les cré­neaux, insou­cieuse des flèches anglaises.

La jeune fille était seule, et Loïs, qui l’aurait recon­nue entre mille, la regar­dait s’approcher en rete­nant son souffle. Tout à coup, il l’entendit sou­pi­rer tout haut tan­dis que ses yeux se rem­plis­saient de larmes :

« Las ! las ! mon doux Sei­gneur, fau­dra-t-il donc ici com­battre et ver­ser le sang chré­tien ? Ces hommes n’entendront-ils donc pas votre voix ? Ah ! si je pou­vais trou­ver mes­sa­ger capable de tou­cher leur cœur !

— J’irai, moi, si vous vou­lez… »

Sor­tant brus­que­ment de sa cachette, l’enfant venait de mettre un genou en terre devant Jeanne d’Arc, la jeune Lor­raine.

« Toi, petit ? Mais