Marie veillant sur l’Enfant-Jésus

Auteur : Bastin, R., O.M.I | Ouvrage : La simple histoire de la Vierge Marie .

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La Simple Histoire de la Vierge Marie

Temps de lec­ture : 13 minutes

Les rois mages adorent l'Enfant-Dieu

Récit pour la jeunesse : La sainte familleANT bien que mal, la sainte Famille s’installa dans la grotte. Les ber­gers les aidèrent en appor­tant quelque mobi­lier rudi­men­taire, suf­fi­sant pour faire le ménage, laver les langes et pré­pa­rer les repas.

Joseph avait été s’inscrire dans la liste des des­cen­dants de David, son ancêtre, et atten­dait avec impa­tience que Jésus eût quelques jours de plus pour ren­trer à Naza­reth et retrou­ver son com­merce.

La tem­pé­ra­ture était douce. Le soir seule­ment, le froid pin­çait ; heu­reu­se­ment, l’âne, de sa grosse cha­leur ani­male, réchauf­fait la petite grotte. Vrai­ment, per­sonne ne pou­vait se plaindre. D’ailleurs quand le Bon Dieu est avec nous, que peut-il nous man­quer encore ?

C’était vers la fin de la jour­née. Elle avait été très belle, très claire et pas trop chaude. Sur le ciel bleu, le soleil déjà bas avait un bon rire d’or et safra­nait la cam­pagne.

Marie et Joseph, assis à l’entrée de la grotte, goû­taient la paix du soir et contem­plaient Jésus, endor­mi en suçant son pouce. Un grand vol de pigeons, tour­noyant autour de la grotte, lui tra­çait une auréole mou­vante et soyeuse. Sou­dain, l’âne, qui pais­sait pai­si­ble­ment, dres­sa d’abord l’oreille, puis la queue, puis, trem­blant, s’arc-bouta sur les quatre pattes. Les pigeons élar­girent leur ronde et se déployèrent en une large roue au-des­sus du che­min creux dont le fos­sé borde l’étable.

Histoire de l'Évangile : l'arrivée des mages« Que se passe-t-il ? » deman­da Joseph à Marie.

« Je ne sais, dit la sainte Vierge. N’entends-tu pas du bruit ? »

Joseph ten­dit l’oreille. En effet, d’indistincts mur­mures bruis­saient dans la plaine et, bien­tôt, un nuage de pous­sière cou­rut sur la route. Dans la nuée étin­ce­lèrent tout à coup deux petits che­vaux pies, flan­qués de cava­liers jaunes et bleus.

Immé­dia­te­ment, Marie craint pour l’enfant. Rapi­de­ment, elle sai­sit Jésus et l’emporte. Joseph est debout et n’a pas assez de ses deux yeux pour voir se dérou­ler le cor­tège. Voi­ci dix cha­meaux de poil fauve, bien relui­sants, avec des coffres lourds aux fer­rures cui­vrées, accro­chés à leurs flancs. Voi­là trois dro­ma­daires, d’un blanc d’ivoire, dont la bosse est recou­verte d’une riche étoffe vio­lette sur laquelle sont assis, droits et majes­tueux, de superbes per­son­nages dont deux ont, pour le moins, une étrange figure. L’un est noir, avec des lèvres rouges. L’autre est jaune comme un citron, avec des petits yeux plis­sés et une figure toute chif­fon­née. Joseph a bien le temps de les exa­mi­ner, car ces trois-là avancent très len­te­ment.

Mais ce n’est pas tout. Pour ter­mi­ner le cor­tège, sou­te­nue par un ange, une étoile éclipse le soleil et va se poser au-des­sus de la grotte. Elle est si claire que ses rayons, per­çant les parois, jettent à l’intérieur une douce lumière dont un reflet coule par l’ouverture. Joseph demeure inter­lo­qué. Que vient donc faire dans son pauvre abri cette brillante caval­cade ? Car c’est bien devant la grotte qu’elle s’arrête. Les esclaves portent des tapis sous les pieds des dro­ma­daires qui s’agenouillent. Solen­nels, les trois grands per­son­nages en des­cendent. Joseph n’a jamais vu des hommes aus­si riche­ment vêtus. Le pre­mier porte une cou­ronne d’or éblouis­sante à la lumière de l’étoile. Le second, pré­cieu­se­ment, serre sur son cœur un cof­fret de laque, et sa noire figure et ses mains basa­nées tranchent vigou­reu­se­ment sur ses vête­ments de soie nei­geuse. En pas­sant, il fait à Joseph un large sou­rire (le pre­mier à peine a salué !) : et l’on eût dit la brusque ouver­ture d’un cla­vier de pia­no. Le troi­sième semble être plus âgé, car sa des­cente de dro­ma­daire ren­contre de grosses dif­fi­cul­tés. Petit et jaune, vêtu d’une robe vert clair avec de larges bandes pourpres, il est coif­fé d’un immense cha­peau en pain de sucre où des mil­liers de clo­chettes tin­tin­na­bulent. De ses yeux bri­dés et malins, il fait un clin d’œil à Joseph et se dépêche de rejoindre ses com­pa­gnons.

Image de l'Epiphanie : l'adoration des mages

Tous trois pénètrent dans la grotte. Les ser­vi­teurs se massent en foule à une dis­tance res­pec­tueuse. Joseph, d’un air enga­geant, les fait appro­cher (tout le monde a droit de voir Jésus) et à son tour s’engouffre dans l’étable.

Il y découvre les trois Rois, éten­dus de tout leur long, ser­rés les uns contre les autres en un admi­rable tapis mul­ti­co­lore, bai­sant avec amour les pieds nus de l’enfant, cou­ché sur les genoux de Marie.

 

Récit pour les jeunes : La fuite en Égypte

Récit pour les petits tiré du Nouveau TestamentETTE nuit-là, Joseph dor­mit mal, très mal. La visite tar­dive des Mages l’avait fati­gué et les mets lourds qu’ils avaient offerts pour le repas lui cau­saient quelque déran­ge­ment : cet espèce de poids que l’on res­sent en soi lorsqu’un ali­ment ne nous a pas conve­nu.…

Cou­ché dans un coin de la grotte, il se tour­na, se retour­na sur sa litière de paille fraîche. Il écou­ta dans le silence de l’étable la res­pi­ra­tion régu­lière de Marie et de Jésus. Eux dor­maient au moins !

La tem­pé­ra­ture fraî­chit. Reje­tant sa cou­ver­ture, Joseph se rele­va pour véri­fier l’ajustement de la cloi­son dont il avait clô­tu­ré l’ouverture de leur abri et, se pen­chant au dehors, appe­la l’âne à mi-voix. Joyeux, le bon ani­mal accou­rut, la queue bat­tant ses flancs creux. Joseph flat­ta d’une caresse les naseaux humides et le fit péné­trer dans la grotte. Sans bruit, l’âne se cou­cha contre la cloi­son ; et Joseph, appuyant sa tête contre ce mol oreiller, croi­sa ses bras sur sa poi­trine et atten­dit que le som­meil l’emportât dans un son­gé où trô­nait son cher Jésus.

Le sonte de Saint Joseph - la fuite en ÉgypteSou­dain une grande lumière le réveilla. Ami­cale et chaude, elle bai­gnait ses pau­pières de sa douce invite. Un ange se trou­vait devant lui et son cœur fut rem­pli de joie. Hélas ! son bon­heur fut de courte durée. « Prends l’Enfant et sa Mère, et fuis en Égypte ! » : tel était l’ordre qu’il rece­vait. Joseph ne sut s’il était bien réveillé. Ce devait être un cau­che­mar sans doute. Il se pin­ça rude­ment et se fit mal. Mais l’ange était bien visible devant lui, avec sa robe brillante et ses ailes fré­mis­santes, qui cares­saient le bout du naseau de l’âne dont les oreilles bou­geaient de plai­sir. Ce tableau était trop réel pour n’être qu’un rêve. Il fal­lait donc repar­tir !

D’un bond, Joseph fut debout… et l’âne aus­si. L’ange eut, pour les deux, un déli­cieux sou­rire et s’effaça pour lais­ser Joseph mettre dou­ce­ment la main sur l’épaule de Marie et lui annon­cer que, la vie de l’enfant étant en dan­ger, il était pré­fé­rable de s’en aller cam­per un peu plus loin.

La sainte Vierge prit fort bien la mau­vaise nou­velle. Elle se sou­ve­nait que Siméon lui avait pro­mis de grands mal­heurs ; et tant que Jésus demeu­rait avec elle, il n’y avait encore rien d’irrémédiable dans sa situa­tion.

L’Enfant dor­mait, emmaillo­té. Marie le bai­sa très ten­dre­ment, ramas­sa deux langes séchant sur la crèche, un man­teau vert éten­du sur le sol et quelques objets de toi­lette. Pen­dant ce temps, Joseph cachait dans une encoi­gnure les cadeaux des Mages, trop lourds et trop encom­brants à trans­por­ter ; il prit en poche une poi­gnée de dattes et de figues en cas de besoin. Ces pré­pa­ra­tifs furent rapi­de­ment menés. Un quart d’heure après l’apparition, Joseph quit­tait la grotte dans laquelle Jésus était né, tenant en bride l’âne tout guille­ret. (Ce der­nier ne croyait qu’à une petite expé­di­tion un peu mati­nale !)

Quel angois­sant voyage !

La nuit était par­ti­cu­liè­re­ment sombre, sans lune ni étoile, avec un grand vent froid qui vous pla­quait les vête­ments sur le corps.

lire une histoire en ligne : La fuite en Égypte

Dès qu’ils enten­daient une branche cra­quer, une pierre se déta­cher sous les sabots de l’âne, Marie et Joseph tres­saillaient d’angoisse. Ne les pour­sui­vait-on pas ? Effrayés, ils accé­lé­raient le pas et plus vite, tou­jours plus vite, ils se hâtaient par de vilains sen­tiers pier­reux où l’âne bron­chait quel­que­fois. Jésus dor­mait tou­jours.

Il ne se réveilla que lorsque le matin eut ten­du sur la cam­pagne un voile léger de brumes trans­pa­rentes. La sainte Vierge, saint Joseph et l’âne n’en pou­vaient plus. Trop rap­pro­chés encore des fron­tières du royaume d’Hérode, mal­gré leur fatigue ils n’osèrent s’arrêter. Alors des lèvres de Jésus s’éleva un léger gazouillis, un mur­mure frais comme une source, mélo­dieux comme un coli­bri. À l’entendre, la lourde fatigue se dis­si­pait, lais­sant place dans les corps à une aisance et à une légè­re­té telles que les trois voya­geurs purent conti­nuer jusqu’au soir la longue route.

Un vieux pal­mier, éten­dant ses feuilles comme des doigts cro­chus pour cueillir les étoiles, leur offrit le refuge de ses palmes. Il les abais­sa vers eux et for­ma ain­si une grotte aux parois fra­giles et mou­vantes que les anges, se glis­sant dans l’interstice des feuilles, cal­feu­traient de leurs ailes mul­ti­co­lores, l’ornant de ten­tures sans prix.

Lire la bible en ligne : Durant la fuite en Égypte

Ce ne fut qu’une halte. Une bonne nuit, puis la sainte Famille se remit en route et, après bien des fatigues endu­rées encore, arri­va en Égypte, un pays calme où des hérons roses, des ibis bleus et de grands papillons verts flâ­naient au bord d’un fleuve tran­quille.

Joseph bâtit une petite cabane de roseaux cou­pés au rivage, Marie l’installa de son mieux et Jésus, dès qu’il gran­dit, cou­rut après les libel­lules aux ailes d’or. Comme des fleurs vivantes et appri­voi­sées, les oiseaux-mouches et les lézards se posaient sur ses mains fraîches et inof­fen­sives.

Joseph, par de menus tra­vaux accep­tés aux vil­lages voi­sins, gagnait bien leur vie ; Marie s’occupait tran­quille­ment du ménage et ensei­gnait à Jésus ses pre­miers pas, ses pre­miers mots, ses pre­mières démarches d’homme.

Quand une étoile accro­chait sa fleur sur la ten­ture du ciel, tous trois se réunis­saient sur le sable rouge de la plage pour prier par­mi les lotus bleus, ouverts comme des calices.

La prière ter­mi­née, un per­ro­quet, tache­té de cou­leurs vives (un peintre s’était-il ser­vi de ses plumes pour essuyer ses pin­ceaux ?), leur criait gen­ti­ment bon­soir. Les claires années que vécurent ces trois-là, en ce séjour enchan­teur, loin des autres hommes, qui envient tou­jours le bon­heur et l’abîment de leurs remarques bles­santes ou de leurs vaines cri­tiques !

Mais Jésus n’était pas venu sur la terre pour connaître la dou­ceur de n’être qu’un enfant. Il était venu pour vivre par­mi les hommes, souf­frir par eux et pour eux et, fina­le­ment, les sau­ver tous.

C’est pour­quoi, lorsqu’il apprit la mort d’Hérode, Joseph déci­da de ren­trer à Naza­reth.

Tan­dis que les pal­miers, les lotus et les roseaux chan­taient leur peine, Joseph, Marie, Jésus et l’âne reprirent le che­min de Pales­tine où les atten­dait, dans leur petite mai­son humide et pleine de pous­sière, la vie mono­tone et régu­lière de l’humble devoir d’état accom­pli avec le sou­rire. Cet humble devoir d’état par lequel cha­cun de nous, comme Jésus, Marie et Joseph, se pré­pare à sa mis­sion future et conquiert le droit d’être heu­reux pour tou­jours dans le beau ciel du Bon Dieu…

 

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Livre de jeunesse à lire en ligne : la vie à NazarethN seul évé­ne­ment trou­blait annuel­le­ment la vie calme de Naza­reth : le pèle­ri­nage à Jéru­sa­lem exi­gé par la Loi. Des années durant, Joseph l’accomplit seul ; mais lorsque Jésus eut 12 ans, il l’emmena avec lui, et la sainte Vierge se joi­gnit à eux.

Avant de par­tir, Marie deman­da à une voi­sine de veiller sur la mai­son, d’arroser les fleurs et de ne pas oublier de don­ner à man­ger aux mou­tons. Joseph remi­sa ses outils et aver­tit les clients de son absence. Jésus, enchan­té d’un voyage à Jéru­sa­lem, n’oubliait pas que le but du pèle­ri­nage était, avant tout, d’aller prier le Bon Dieu, aus­si son­geait-il déjà à ce qu’il aurait à Lui dire. Il essaya de le faire com­prendre à ses cama­rades mais peu étaient de son avis. Ils pré­fé­raient se réjouir à la pen­sée d’une route amu­sante, bario­lée de foules et plus atti­rante que la prière.

Comme, à ce moment de l’année, tous les bons Juifs se ren­daient dans la ville sainte, un inces­sant défi­lé remuait de gros nuages de pous­sière à tra­vers la cam­pagne.

Lorsque les pre­miers pèle­rins pas­sèrent dans les petites rues de Naza­reth, Joseph se joi­gnit aux hommes, Marie aux femmes, et Jésus cou­rut bien vite rejoindre les enfants et les jeunes gens, qui mar­chaient les pre­miers, en chan­tant des can­tiques.

Raconter la bible aux enfants : sur le chemin de JérusalemPlus le cor­tège appro­chait de Jéru­sa­lem, plus la joie aug­men­tait. À l’entrée de la ville, les jeunes gens dont Jésus fai­sait par­tie enton­nèrent un psaume d’allégresse avec tant de force qu’ils firent taire les sau­te­relles (leur cri­cri mono­tone n’a pour­tant peur de rien !). Der­rière eux, les hommes repre­naient le refrain sur un ton nasillard encore plus bruyant, et lorsque le chant était fini, les voix gla­pis­santes des femmes juives se fai­saient entendre tout au bout de la colonne : fati­guées, échauf­fées, elles vou­laient cepen­dant prendre part au concert de louanges. C’est dans ce beau tin­ta­marre que le cor­tège péné­tra dans la ville. De leurs portes, les habi­tants fai­saient des signes de bon accueil et les galo­pins de Jéru­sa­lem cou­raient le long des groupes, en agi­tant des tam­bou­rins ornés de son­nettes de cuivre rouge.

Au milieu des cris, des excla­ma­tions de ses com­pa­gnons, Jésus se tai­sait. Stu­pé­fait de la beau­té et de la gran­deur du Temple, il son­geait au Bon Dieu, plus grand et plus beau que son palais.

La sainte Vierge essaya de rejoindre son fils, car elle aurait vou­lu, en cette fête, l’offrir à nou­veau au Bon Dieu comme lorsqu’il était petit enfant et unir sa prière à la sienne. Mais Jésus était déjà avec les hommes, et elle ne put dépas­ser la limite qui lui était assi­gnée.

Ses dévo­tions ter­mi­nées, elle redes­cen­dit faire répa­rer ses san­dales, dont les grosses pierres du che­min avaient déchi­ré les semelles. Elle retrou­va Joseph, qui la cher­chait pour lui deman­der de refaire l’ourlet de son man­teau, usé par la route. Ces menues répa­ra­tions ache­vées, ils se joi­gnirent tous deux à un pre­mier groupe de per­sonnes âgées qui pre­naient déjà les devants du che­min du retour, et les aidèrent de leur mieux.

De joyeuses bandes les dépas­saient en criant qu’ils allaient pré­pa­rer l’étape du soir.

Déjà le ciel était plus vert, plus lim­pide. Il n’y avait pas de vent. Les hiron­delles volaient très bas, frô­lant presque la tête des voya­geurs, glis­sant sous leur nez avec un bruit cris­sant d’étoffe déchi­rée. Une vieille, que sou­te­nait Marie, s’arrêta, un ins­tant, pour voir si sa robe n’était pas abî­mée, tant le bruit était inquié­tant ; et tous de se moquer d’elle, ce qui la mit fort en colère. Elle fut longue à cal­mer. Marie sup­por­ta patiem­ment ses récri­mi­na­tions et ses doléances, l’encouragea par un sou­rire et lui offrit des feuilles de menthe, odo­ri­fé­rantes et fraîches à sucer comme un bon­bon.

Tou­jours cha­ri­table, elle pré­fé­rait son­ger aux autres plu­tôt qu’à elle-même, car déjà fati­guée, elle était très inquiète au sujet de Jésus. Elle ne l’avait pas encore recon­nu dans les groupes joyeux qui la croi­saient au pas­sage. Aus­si dès l’étape, lorsqu’elle eut assis sa vieille sur un man­teau plié au bord du fos­sé, près d’un bon feu où cui­sait un appé­tis­sant ragoût, elle alla de groupe en groupe deman­der des nou­velles de son fils. Per­sonne ne l’avait vu.

Bible pour la jeunesse gratuite : Marie et Joseph cherchant JésusLe ciel était main­te­nant d’un mauve bleu que per­ce­raient bien­tôt les étoiles… Il fal­lait trou­ver Jésus avant la nuit.

Joseph, fort en peine, s’activait, inter­ro­geant tout le monde. Cer­tains lui répon­daient aima­ble­ment ; d’autres, bour­rus, lui disaient d’une grosse voix que c’était faire beau­coup d’affaire pour un grand gar­çon capable de retrou­ver seul sa route ; et d’autres enfin le rem­bar­raient dure­ment, arguant que Marie leur avait posé déjà trois fois la même ques­tion et qu’ils n’étaient ni un bureau de ren­sei­gne­ments, ni un dépôt d’enfants per­dus.

Il fai­sait tout à fait obs­cur lorsque Joseph et Marie se rejoi­gnirent, après leur vaine enquête.

Que faire ?

Joseph déci­da d’attendre l’aube, puis, si le matin Jésus ne les avait pas rejoints, de retour­ner à Jéru­sa­lem et d’interroger à son sujet parents et amis. Trois jours durant ils le cher­chèrent. Marie était à moi­tié morte d’inquiétude et de fatigue. Elle n’avait plus d’appétit et ses pieds étaient gon­flés de tant de courses inutiles.

Épui­sée, elle vou­lut mon­ter encore au Temple pour rendre une der­nière visite au Bon Dieu.

À tout hasard, elle enquê­ta auprès du por­tier. Il ne put la ren­sei­gner. Dans la cour des femmes, on ne savait rien ; et elle per­dit près d’une heure à four­nir force détails, récla­més par les com­mères pour satis­faire leur curio­si­té. Sou­dain Joseph vint l’interrompre :

« On dit qu’il y a, auprès des prêtres, un enfant qui les stu­pé­fie par sa science et sa sagesse. Si c’était Jésus ? »

Marie aban­don­na les vieilles dévotes et cou­rut avec Joseph frap­per à la porte de la sacris­tie.

Jésus parmi les docteurs du Temple - livre gratuit en ligne

Le cœur lui bat­tait bien fort lorsqu’elle enten­dit glis­ser sur les pavés cirés un bruit de vieilles savates. La porte ouverte, elle décou­vrit Jésus debout au milieu d’une assem­blée de prêtres et de doc­teurs, tel­le­ment atten­tifs à ses dis­cours que pas un ne leva la tête en enten­dant la porte s’ouvrir. Jésus par­lait si bien que Marie n’osa immé­dia­te­ment l’interrompre et retint Joseph qui vou­lait se pré­ci­pi­ter. Jésus expli­quait à tous ces savants ce que c’est que d’aimer le Bon Dieu et, n’ayant jamais enten­du si belles choses, ils le lais­saient dire comme s’il était l’un des leurs.

Jésus embrasse Marie - L'Evangile à lire aux enfantsJésus, le pre­mier, se tour­na vers sa Mère et, comme s’il l’eût quit­tée d’un ins­tant, lui deman­da avec un bon sou­rire :

« Pour­quoi me cher­chiez-vous ? »

Et Marie, pleine d’un doux reproche :

« Mais, mon fils, nous sommes fous d’inquiétude. Pour­quoi nous avoir aban­don­nés ? Votre père et moi, nous étions ter­ri­ble­ment mal­heu­reux. Vous n’avez vrai­ment pas bien agi ! »

Jésus se rap­pro­cha de Marie. Lui pas­sant le bras autour du cou, devant les doc­teurs stu­pé­faits, il lui mur­mu­ra dou­ce­ment :

« Vous savez bien que mon Père, c’est le Bon Dieu. Alors, il faut bien que je m’occupe un peu de ses affaires ».

Et pour lui mon­trer que, s’il lui avait fait de la peine, ce n’était vrai­ment pas de sa faute, il l’embrassa ten­dre­ment.

Les doc­teurs regar­daient, éton­nés, cette scène tou­chante et l’un d’eux s’avança pour faire un petit dis­cours de féli­ci­ta­tions. Il n’eut pas le temps de pla­cer un mot. Joseph décla­ra qu’on avait assez traî­né, qu’il était grand temps de repar­tir et, l’ayant salué très poli­ment ain­si que la docte com­pa­gnie, emme­na Marie et Jésus, en fer­mant brus­que­ment la porte der­rière lui.


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