Et maintenant une histoire ! Posts


28 avril 2026Saint Paul de la Croix, Confesseur

Paul de la Croix naquit à Uva­da, en Ligu­rie, le 3 jan­vier 1694. Dès l’en­fance, il eut une par­ti­cu­lière dévo­tion aux dou­leurs de Jésus cru­ci­fié. Enflam­mé du désir du mar­tyre, il se joi­gnit à l’ar­mée qui s’as­sem­blait à Venise pour com­battre les Turcs. Mais, s’é­tant ren­du compte que la volon­té de Dieu l’ap­pe­lait ailleurs, il lais­sa les armes, refu­sa un mariage très hono­rable et, revê­tu d’une tunique gros­sière, se mit à prê­cher. Benoît XIII vou­lut l’or­don­ner prêtre. Paul de la Croix se reti­ra ensuite dans la soli­tude du mont Argen­ta­ro, que la Bien­heu­reuse Vierge lui avait dési­gnée depuis long­temps déjà. C’est là qu’il jeta les fon­de­ments de la Congré­ga­tion des Pas­sion­nistes, dont les membres sont astreints par vœu à pro­pa­ger le sou­ve­nir de la Pas­sion du Christ. La flamme d’a­mour qui le consu­mait était telle que la par­tie de son vête­ment la plus voi­sine du cœur parut sou­vent comme brû­lée par le feu et que deux de ses côtes se sou­le­vèrent. Il fut favo­ri­sé du don de pro­phé­tie, du don des langues, du don de lire dans les cœurs. La puis­sance de sa parole était mer­veilleuse, sur­tout lors­qu’il prê­chait sur la Pas­sion. Saint Paul de la Croix mou­rut à Rome en 1775.


Ouvrage : L'Étoile noëliste | Auteur : Belcayre, Jean de

Conte pour l’Épiphanie

DE son palais aux mul­tiples colonnes de por­phyre, aux vastes toits plats qui for­maient des ter­rasses, aux salles à fresques ornées de per­son­nages, Gas­pard, le Roi Mage, venait de partir. 

Mon­té sur un cha­meau riche­ment capa­ra­çon­né, escor­té des esclaves aux torses de bronze, Gas­pard s’en allait, de com­pa­gnie avec Mel­chior et Bal­tha­sar [1], offrir ses hom­mages au nou­veau Roi dont une mer­veilleuse étoile leur avait révé­lé la venue… 

Mais voi­ci que, à quelque dis­tance de l’im­po­sant cor­tège, une forme gra­cile se glisse… C’est Ninus, le fils de Gas­pard ; il vient d’é­chap­per à la sur­veillance de la reine Maké­ri, sa mère, toute trou­blée par les récents adieux de son époux. 

Il marche, l’en­fant royal, bien déci­dé à suivre son père, car il a sur­pris le motif du voyage des trois Mages et il a fer­me­ment réso­lu d’al­ler ado­rer, lui aus­si, ce nou­veau prince… ce prince pour lequel une étoile vient de s’al­lu­mer au ciel !… 

Mais, avant de se mettre en route, Ninus s’é­tait deman­dé quel pré­sent il pour­rait appor­ter au futur Maître du monde… Ses jouets de terre cuite ou d’i­voire eussent été trop lourds… son arc et ses flèches trop encom­brants… puis, de tout ceci, il pos­sé­dait une abon­dance et, par suite, n’y tenait guère… Par contre, il aimait tant la mignonne hiron­delle qu’il avait éle­vée : or, à se pri­ver de ce que l’on aime, le mérite est grand ; Ninus le com­pre­nait déjà, aus­si empor­tait-il son hiron­delle pour l’of­frir au Roi Jésus. Une hiron­delle, quel léger far­deau ! Son petit maître ne sen­tait pas même son poids lors­qu’elle se posait sur son épaule. 

Il mar­chait tou­jours, le roi­te­let ; le soir était venu ; il mar­chait main­te­nant à tra­vers la nuit lim­pide, accro­chant par­fois sa longue tunique aux buis­sons de nopals et de juju­biers, frô­lant au pas­sage les tiges des­sé­chées des aspho­dèles ; il mar­chait, ses yeux fixés vers le sable pour y cher­cher là trace des pas de la cara­vane, et ses petits pieds, déjà bien las, s’en­fon­çaient dans ce sable que les rayons de la lune ren­daient rose. 

Au jour, la cara­vane fit halte, et lorsque l’en­fant la rejoi­gnit, il se ter­ra, se dis­si­mu­la afin de pas­ser inaperçu. 

— Encore, pen­sait-il, je ne puis me mon­trer. Nous ne sommes pas assez éloi­gnés du palais : mon père m’y ferait reconduire. 

Et Ninus, après avoir offert à son hiron­delle des grains de séne­vé dont il avait eu le soin d’emporter une petite pro­vi­sion, se conten­ta pour lui de quelques figues sèches. 

L'enfant se met à la suite des rois mages avec son cadeau pour Jésus.
Le roi­te­let s’a­van­çait der­rière la caravane.

Cepen­dant, après plu­sieurs heures de repos, les cha­meaux se remirent en marche ; l’en­fant dut repar­tir aus­si, mais, exté­nué, il lais­sait gran­dir la dis­tance entre lui et la cara­vane ; il se traî­nait, le roi­te­let, entre les troncs rugueux des pal­miers dont les feuilles, secouées par un simoun aigre, s’a­gi­taient, tels de gigan­tesques éven­tails. Mal­gré cela, un brillant soleil jetait des flèches d’or sur l’herbe rase de l’oa­sis que les rois et leur suite venaient de quitter… 

Puis, plus loin encore, les jambes rom­pues, le gosier des­sé­ché, l’en­fant pleu­ra en pen­sant que ses forces ne lui per­met­traient pas d’at­teindre le lieu de la deuxième étape. 

Cette étape, Ninus l’at­tei­gnit cepen­dant, mais bien des heures après la cara­vane, et il était si épui­sé qu’il n’eut pas la force de faire les cinq cents pas qui le sépa­raient de son père ; il avi­sa près de lui une source, il s’y désal­té­ra avec son hiron­delle et man­gea quelques fruits. 

— Je vais dor­mir une heure, pen­sa-t-il, en s’é­ten­dant avec délices sur l’herbe fraiche qui entou­rait la source et lorsque je serai repo­sé, j’o­se­rai me pré­sen­ter devant mon père. 

  1. [1] Noms des deux autres Rois Mages.
Ouvrage : Tout l'Évangile en images | Auteur : Baeteman, R. P. J.

Après la mort d’Hé­rode, la Sainte Famille revint en Gali­lée et s’ins­tal­la à Naza­reth où Joseph reprit son tra­vail de char­pen­tier — Un jour que tous les trois étaient allés à Jéru­sa­lem pour une fête, Jésus y res­ta, à l’in­su de ses parents qui, durant trois jours, le cher­chèrent par­tout, inuti­le­ment. Ils…

Ouvrage : Tout l'Évangile en images | Auteur : Baeteman, R. P. J.

Conduits par une étoile, les rois Mages vinrent d’O­rient, de très loin, pour voir ce que cet astre nou­veau leur annon­çait — Arri­vés à Jéru­sa­lem, l’é­toile dis­pa­rut. Mais quand ils sor­tirent de la ville, elle appa­rut de nou­veau, et les gui­da exac­te­ment là où se trou­vait Jésus. Se pros­ter­nant alors ils ado­rèrent l’En­fant…

Ouvrage : L'Étoile noëliste | Auteur : Valdor

DANS un vil­lage d’O­rient où ils étaient nés et où ils avaient tou­jours vécu, per­sonne cer­tai­ne­ment ne connais­sait, mieux les étoiles que le petit ber­ger Rhaël et sa sœur Noé­mie. Ils les avaient si sou­vent contem­plées pen­dant les belles nuits chaudes, alors qu’ils cou­chaient en plein air, à côté de leurs troupeaux.

Rhaël et Noé­mie étaient pauvres et orphe­lins, mais ils n’é­taient pas mal­heu­reux, car ils s’ai­maient ten­dre­ment, et savaient se conten­ter de leur très humble position. 

Ils avaient de petites âmes très poé­tiques et un vif sen­ti­ment du beau et de l’i­déal ; c’est pour­quoi les étoiles du ciel les atti­raient par leur clar­té et leur mystère.

Ils les appe­laient par leurs noms, savaient l’heure d’a­près leur posi­tion sur l’ho­ri­zon, et s’en ser­vaient très bien pour se guider. 

Aus­si, quel ne fut, pas leur éton­ne­ment, une nuit, d’en aper­ce­voir une nou­velle qu’ils n’a­vaient encore jamais vue !

Elle était petite, mais très brillante et parais­sait lointaine.

Le len­de­main, l’é­toile était un peu plus grosse et parais­sait plus près, et il en fut de même les nuits sui­vantes : l’astre gran­dis­sait, et se rap­pro­chait visiblement. 

Nuit étoilé - Noël, l'étoile des mages

Les petits ber­gers étaient ravis d’é­ton­ne­ment et d’ad­mi­ra­tion et for­maient mille conjec­tures concer­nant ce phé­no­mène ; mais ils n’en par­laient à per­sonne ; d’a­bord, ils vivaient presque tou­jours dans la soli­tude, éloi­gnés de toute habi­ta­tion, et puis ils étaient peu com­mu­ni­ca­tifs, se suf­fi­sant par­fai­te­ment l’un à l’autre.

Main­te­nant, l’é­toile occu­pait toutes leurs pen­sées ; ils, atten­daient la nuit avec impa­tience pour voir. Elle brillait d’un éclat, incom­pa­rable, jetant mille feux comme une escar­boucle et mon­tant chaque soir un peu plus haut dans le ciel.

Ouvrage : La semaine de Suzette | Auteur : Giraud, Mad H.

C’EST incroyable ! s’é­cria Cadiche, voi­ci encore la vieille Sophie qui fait un nou­veau gâteau ! C’est au moins le qua­trième depuis deux jours et elle n’a pas l’air dis­po­sée à s’arrêter !

Ata­lante, la jolie jument ale­zane, regar­da l’âne avec pitié : 

— Toi qui es tou­jours si bien infor­mé, dit-elle, je suis sur­prise que tu ne saches pas que c’est demain Noël, un grand jour de fête !

— D’au­tant plus, rumi­na Colombe, une grosse vache blonde, que tu devrais te rap­pe­ler l’his­toire que l’on t’a contée comme à moi, quand tu étais petit, et dans laquelle l’un de tes ancêtres, comme l’une des miennes, réchauf­fait le petit Jésus qui venait de naître…

— Beuhhh… dit le bœuf, vous vous trom­pez ma com­mère ! C’é­tait l’un de mes ancêtres, à moi !