Saint Antoine de Padoue et les poissons

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Saint Antoine de Padoue était com­pa­gnon de saint Fran­çois d’Assise. Il allait comme lui par les che­mins, prê­chant aux hommes la bon­té de Dieu et les invi­tant à être bons comme Lui. Mais les hommes ne l’écoutaient guère.

Saint Antoine lutte contre les vices

Le saint leur disait :

« Ne soyez pas gour­mands ! »

Mais eux conti­nuaient à se rendre malades à force de trop man­ger.

« Ne soyez pas pares­seux ! »

Mais les hommes pré­fé­raient dor­mir ou bavar­der plu­tôt que de tra­vailler.

« Soyez cha­ri­tables. Don­nez aux pauvres ! »

Mais les hommes pré­fé­raient tout gar­der pour eux-mêmes, en égoïstes.

Et saint Antoine deve­nait très triste.

Il s’approcha un jour de la mer, à l’embouchure d’un fleuve, et, sur un banc de sable, entre le fleuve et la mer, il se mit à par­ler aux pois­sons :

« Écou­tez la parole de Dieu, pois­sons de la mer et vous, pois­sons du fleuve, puisque les hommes méchants ne veulent pas l’entendre. »

Vie de Saint Antoine pour les enfants du Caté

Alors on vit accou­rir des extré­mi­tés du monde tous les pois­sons des mers, des océans et des fleuves, venus pour écou­ter saint Antoine.

Les gros, comme les thons, les sau­mons, les morues, les uns gris, les autres bruns, les autres brillants comme de l’argent, arri­vèrent, ran­gés comme une armée de sol­dats, et se tinrent en arrière, là où l’eau était plus pro­fonde. Les moyens, comme les dorades rose et or, les maque­reaux bleu et noir, nacrés de rose, les carpes et les tanches, se pla­cèrent en avant ; quant aux tout petits, timides et un peu effrayés, ils se blot­tirent tran­quille­ment sous les nageoires des gros.

Alors, tous les pois­sons, en bel ordre et sans se battre ou cher­cher à s’entre-dévorer, comme ils en ont l’habitude, ne bou­gèrent plus et tinrent leur tête un peu sou­le­vée hors de l’eau comme pour mieux entendre.

La ronde des poissons autour de Saint Antoine de Padoue

Saint Antoine com­men­ça à prê­cher :

« Mes frères les pois­sons, vous devez louer Dieu et le remer­cier de toutes vos forces. Il vous a don­né pour vivre le beau domaine de l’eau claire et trans­pa­rente, salée ou douce, selon vos goûts, et une nour­ri­ture facile et abon­dante. Il vous a don­né des nageoires pour cou­rir où il vous plaît.

Quand le déluge arri­va, quand tous les autres ani­maux mou­rurent — à l’exception de ceux que Noé avait recueillis dans son arche —, Dieu eut pitié de vous seuls, mes frères les pois­sons, et vos ancêtres purent alors par­cou­rir la terre entière.

À cause de toutes ces choses, vous devez louer et bénir Dieu qui vous a com­blés de ses bien­faits. »

À ces paroles, les pois­sons com­men­cèrent à ouvrir la bouche et à incli­ner la tête, louant Dieu à leur manière et du mieux qu’ils pou­vaient. Saint Antoine conti­nua à dire aux pois­sons pour­quoi ils devaient remer­cier le Sei­gneur, et plus il prê­chait, plus le nombre des pois­sons aug­men­tait ; cha­cun, cepen­dant, res­tait à la place qu’il avait choi­sie.

Quand les hommes virent le saint par­ler, seul devant la mer, ils se deman­dèrent ce qu’il fai­sait là, et tous, curieux, vinrent voir. Quel éton­ne­ment lorsqu’ils aper­çurent les pois­sons de la mer et des fleuves, ran­gés et immo­biles, écou­tant le ser­mon du moine qu’ils n’avaient pas écou­té eux-mêmes.

Celui-ci ter­mi­na et bénit les pois­sons : tous bais­sèrent la tête pour rece­voir la béné­dic­tion, puis ils dis­pa­rurent dans un grand cla­po­tis d’eau.

Saint Antoine bénie les poissons - Récit pour les jeunes

Les hommes furent si émer­veillés par ce miracle et si vexés de voir les ani­maux plus rai­son­nables qu’eux qu’ils se déci­dèrent enfin à écou­ter la parole de Dieu.

Ils ne devinrent pas tous bons, tra­vailleurs et cha­ri­tables, mais ils firent de sérieux efforts et saint Antoine loua Dieu dans son cœur.

(D’après M.-H. Pau­ly.)

Extrait de De Bon Matin par Bérier-Gil­bert, éd. de l’École

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