Et maintenant une histoire ! Posts
Gabriel, dont le nom signifie « force de Dieu », est appelé l’Ange de l’Incarnation. C’est lui, en effet, qui fut chargé d’indiquer au prophète Daniel que le Messie naîtrait au bout de soixante-dix semaines d’années. C’est lui qui se présenta devant Zacharie pour lui annoncer la naissance du Précurseur Jean-Baptiste, comme le rapporte l’Évangile de saint Luc : « Un ange du Seigneur lui apparut, debout à droite de l’autel de l’encens. Zacharie fut troublé à cette vue. Mais l’ange lui dit : Ne crains pas, Zacharie, car ta prière a été exaucée et ta femme Elisabeth te donnera un fils que tu appelleras Jean. Il sera pour toi un sujet de joie et d’allégresse, et beaucoup se réjouiront de sa naissance ; car il sera grand devant le Seigneur. Il ne boira ni vin ni rien qui enivre, et il sera rempli de l’Esprit-Saint dès le sein de sa mère. Il ramènera beaucoup de fils d’Israël au Seigneur leur Dieu et lui-même marchera devant lui dans l’esprit et la puissance d’Élie, pour ramener les cœurs des pères vers les enfants et les indociles à la sagesse des justes, afin de préparer au Seigneur un peuple parfait… Je suis Gabriel, qui me tiens devant Dieu ; j’ai été envoyé pour te parler et t’annoncer cette bonne nouvelle… » Enfin, c’est encore Gabriel qui reçut la sublime mission de prévenir la Vierge Marie de sa future maternité divine, comme nous le rappellera demain la fête de l’Annonciation.
Ouvrage : Les sept voiles de mon bateau |
Auteur : Poinsenet, Marie-Dominique
Le don d’Intelligence nous est donné par l’Esprit-Saint pour que notre foi soit plus vive, puisque, déjà, d’une certaine façon, ce don d’Intelligence nous fait voir, ou au moins « deviner Dieu ».
Le don de Science aussi va nous aider à mieux croire, parce qu’il nous donne de comprendre la parole de Dieu : la Bible, l’Évangile, le catéchisme… Il y a dans les psaumes une jolie phrase qui dit ceci : « Votre parole, ô Seigneur, est une lumière, et elle donne l’intelligence aux tout petits. »
Bernadette a quatorze ans : elle ne sait ni lire ni écrire. Petite, maigrichonne – elle a des crises d’asthme qui la font bien souffrir et l’empêchent de se développer – elle aide comme elle peut sa maman à soigner ses petits frères et sœurs dans la misérable maison de Lourdes, si pauvre, si noire qu’on l’appelle « le cachot ». Parfois, elle passe quelques semaines, quelques mois, dans un petit village voisin, chez sa nourrice, et elle garde les moutons dans la montagne. Sa nourrice voudrait bien qu’elle sache lire : à quatorze ans, tout de même ! Elle essaye. Mais c’est fou ce que Bernadette a la tête dure.
Publié le 9 juillet 2011
Ouvrage : Les Tables de Moïse |
Auteur : Hunermann, Père Guillaume
Le pape Pie X eut la visite, un jour, d’un très riche Américain, qui comptait ses millions comme d’autres leurs écus. Au cours de la conversation, le Pape tira sa montre pour voir l’heure.
« Quelle piètre montre avez-vous là, Saint Père », s’étonna le millionnaire. « Elle n’est pas digne d’un pape. »
La montre en question était vraiment quelque chose de grossier, en nickel et de forme démodée. « En Amérique on pourrait certainement acheter une montre de ce genre pour un dollar », dit le visiteur, avec un sourire. En même temps, il tirait de son gousset une lourde montre en or ornée de diamants. « Celle-ci a coûté mille dollars. » Le millionnaire pressa sur un petit bouton en perle fine, et l’heure sonna.
« C’est réellement une montre remarquable », approuva le pape.
« Eh ! bien », proposa le millionnaire. « J’aimerais tant un souvenir de Votre Sainteté ; donnez-moi votre montre en nickel si bon marché.
Publié le 2 juillet 2011
Ouvrage : Et maintenant une histoire I |
Auteur : Demetz L.
Les hommes battent le grain. Pierre regarde avec fierté ce flot de froment doré que déverse au sol la puissante batteuse.
Dans le vrombissement du moteur, les lourdes gerbes sont happées avec force, vidées de leurs grains, et retombent lasses et vides.
Le beau blé s’accumule en tas, sans arrêt ; on le vanne et on en remplit les grands sacs ventrus qui attendent.
Pierre en met un coup avec son père et les ouvriers. De toute la force de ses douze ans, il manie la pelle avec habileté.
« Quel métier de chien ! J’ai l’gosier sec », clabaude le gros Louis qui vient battre uniquement parce qu’il sait que Maître Renaud soigne son monde et qu’il y aura un mouton à manger.
Pierre s’est redresse comme une flèche : il aime déjà son futur métier et ne le laissera pas déprécier par personne.
« Tu ne sais pas ce que tu dis, Louis. Pense que sans nous l’humanité mourrait de faim. Le pays compte sur les paysans ; il faut que nous soyons dignes de sa confiance. »
Interdit, le gros Louis grogne encore pour le compte de son gosier altéré.
Pierre se remet à la besogne pendant que Louis parlemente avec ses inséparables cannettes de bière, alignées contre le mur.
Tout en remplissant son sac, Pierre réfléchit comme tous les paysans réfléchissent. Il se dit qu’il ne convertira pas Louis aujourd’hui et qu’il vaut mieux besogner que discuter. Mais les derniers mots adressés à son camarade lui reviennent à l’esprit… mourir de faim.
Sans la terre,
Publié le 25 juin 2011
Ouvrage : Autres textes
Je me souviens d’une histoire qui m’a été racontée il y a bien longtemps, car j’étais encore au collège à Stonyhurst, dans le nord de l’Angleterre ; là, ceux qui nous enseignaient avaient un art merveilleux pour se faire écouter par des enfants, alors même qu’ils parlaient des choses les plus graves et les plus sublimes.
Les pères de Stonyhurst ressemblaient à ces jésuites missionnaires au Canada, qui, pour attirer les peuplades sauvages autour de la croix qu’ils portaient au désert, avaient avec eux des harpes et des cithares ; et quand ils voguaient avec quelques néophytes sur les grands fleuves, ils se mettaient à chanter des cantiques, en s’accompagnant d’accords suaves et harmonieux ; l’attrait de cette musique amenait à eux des naturels du pays, et souvent, pour mieux entendre les hommes de la chair blanche, on voyait de ces sauvages qui se jetaient à la nage, et qui venaient se suspendre aux bords de la pirogue pour écouter ces hommes qui avaient appris leur langue et accouraient, à travers les mers et les dangers, leur parler de Dieu.
Nos maîtres de Stonyhurst n’avaient ni cithares ni harpes ; mais ils avaient des histoires qu’ils savaient mêler à tous leurs enseignements. En voici une que l’un des pères nous raconta à l’instruction du matin, le dimanche de la Trinité.
Un saint docteur, un homme qui avait cherché la solitude pour pouvoir se livrer, loin de tout bruit et de toute distraction, à la prière et à la méditation, un jour se promenait seul sur les bords de la mer ; là, livré à ses graves pensées, tantôt il regardait le ciel, tantôt il portait ses yeux sur l’immensité des flots.
La vue du ciel avec son azur et ses nuages, la vue de la mer avec son mouvement et ses vagues, sont deux grands aspects qui plaisent aux âmes méditatives ; il y a de l’infini dans ces deux spectacles, et l’infini mène à Dieu.
Ce qui préoccupait le saint dans sa promenade solitaire, c’était le mystère de la Trinité.
Publié le 18 juin 2011
Ouvrage : Et maintenant une histoire I |
Auteur : Falaise, Claude
Il y avait vingt minutes que Sonia rampait. Ses épaules étaient maintenant douloureuses, ses genoux et ses coudes en sang. Elle s’arrêta une minute pour respirer, mais le fit sans ouvrir la bouche pour que son souffle précipité ne fit pas de bruit. Cependant, elle ne permit à son oreille, tendue vers l’épaisseur de la nuit, nul répit : une minute d’inattention pouvait les perdre, elle et Michki.
Tout à coup, la lune sortit de derrière un nuage comme un ballon du foulard apparemment vide d’un prestidigitateur. Alors la fillette tressaillit : à moins de vingt mètres d’elle sur un talus naturel, un homme était assis. Du moins la silhouette massive et floue pouvait-elle être prise pour celle d’un homme.
« Mère de Dieu, protège-nous ! »
D’une main un peu nerveuse, Sonia tira sur la ficelle qui la liait au bras de son frère, aplati comme elle dans les herbes, quelques pas en arrière. Le coup était net, unique. Le petit bonhomme n’eut pas besoin de compter : cela voulait dire : « danger ». C’était la première fois, depuis leur départ, que sa jeune guide lui passait un tel message. Chacun des précédents l’avait inutilement ému, le temps entre le premier et le second coup lui ayant paru chaque fois une éternité. Cette fois-ci il ne s’était, au début, pas trop inquiété. Mais quand il eut compris que la ficelle ne sauterait pas de nouveau sur son bras, il saisit que le moment de leur destin avait sonné.
« Mère divine, protège-nous ! », murmura, comme l’avait fait celui de Sonia, le cœur du petit Ukrainien.
Publié le 11 juin 2011