L’Espérance
Avant-hier, un jeune scout est venu à la crèche de Sainte-Odile, avec sa mère, au sortir de la classe.
L’église est presque déserte… L’enfant arrive le premier, regarde, et, subitement, sur la pointe des pieds, retourne vers sa maman : « Vite… Viens voir ! » Et la maman aperçoit ceci : un amour de petit chat, tout pelotonné sur lui-même, dort dans la paille, sa tête appuyée sur celle de l’Enfant-Jésus !
Il dort d’un sommeil profond, confiant, comme s’il avait trouvé le havre suprême de la paix !
La scène est si charmante que le scout et sa mère restent là, silencieux, dans une sorte de contemplation… Puis le vicaire arrive… et quelques autres personnes. On leur fait signe de marcher doucement… très doucement… pour – c’est le cas de le dire – ne pas réveiller le chat qui dort !
Il n’est pas gras, le pauvre matou ! C’est probablement un de ces malheureux qu’on vient jeter sur le terrain vague de la zone et qui meurent souvent de faim, de froid et parfois de coups… Celui-ci ne mourra pas ainsi, car déjà une dame offre de l’adopter. Il ne sera pas dit qu’une créature du bon Dieu, réfugiée auprès de l’Enfant-Jésus, dans le même dénuement que lui, n’aura pas trouvé un bon cœur pour le secourir !
Mais voici qu’une porte se referme brusquement… Le petit chat se réveille en sursaut. Il ouvre des yeux effrayés… Tout ce monde autour de lui ! Ne va-t-on pas le prendre, le jeter en l’air comme font souvent les voyous ? Le martyriser… le tuer ? Il a vu peut-être sur la zone des brutes assommer ses frères à coups de pieds et à coups de pierres, pour s’amuser !
Pourtant, peu à peu, il se rassure. Ses oreilles, plaquées en arrière, dans un sentiment d’effroi, se redressent en avant… Une douce main de femme s’est étendue vers lui, le caresse, le prend, réchauffe son petit corps bien maigre, tout transi de froid. Et une autre main s’approche pour la même caresse. Le scout, bientôt, vient l’embrasser… Quant au bon abbé, il est déjà parti chercher un peu de lait.
Alors un tout petit ronron monte du pauvre corps… le premier peut-être de sa vie de misères. Et, avec des yeux


En ce temps-là, le lac de Tibériade ne portait pas ce nom. Ce ne fut que quelque temps après ce que je vais vous raconter, que le fils du cruel Hérode édifia sur ses bords la cité qu’il baptisa Tibériade, pour faire sa cour à l’Empereur. Le beau lac s’appelait Kinnereth, ce qui veut dire la Harpe, parce que ses contours harmonieux offrent exactement la forme de cet instrument de musique si cher au roi David.
L’autre prenait beaucoup de mal pour transformer sa boue en pélican et maintenir en équilibre l’énorme tête et la besace suspendue à son cou. Le troisième pétrissait de ses petites mains une mouette posée sur la rive.
La bouilloire s’étant mise à chanter, l’abbé Paul coupa le courant. Puis, tel qu’il était, trempé jusqu’aux os et tout grelottant, il s’affala dans un fauteuil qui gémit sous le poids de tous ses ressorts fatigués.
Quatre heures le séparaient de la messe de minuit. Il rentrait de l’une de ses « succursales » comme il appelait les paroisses voisines confiées à ses soins et déjà à l’église, devant son confessionnal, les gens faisaient queue.


L’antilope parut comprendre ce geste de bonté. Elle se traîna jusqu’au pied de l’arbre et s’y coucha pour attendre la pluie… ou la mort.