Étiquette : Enfant-Jésus

Auteur : Duval-Thibault, Anna | Ouvrage : Autres textes .

C’était la veille de Noël.

Fête de Noel, animation des ruesMal­gré les gros flo­cons de neige qui vol­ti­geaient dans les airs et tom­baient sur le sol, qu’ils recou­vraient d’un blanc et froid tapis tou­jours gros­sis­sant, les rues étaient pleines de pas­sants affai­rés qui allaient et venaient dans tous les sens en se croi­sant et se bous­cu­lant.

Par­mi cette foule pres­sée et bruyante, on aurait pu remar­quer un jeune enfant, mer­veilleu­se­ment beau, mais pau­vre­ment vêtu, qui errait de rue en rue, et s’arrêtait, de temps en temps, pour frap­per à quelque porte, appa­rem­ment dans le but de deman­der l’aumône.

Ce n’était autre que l’enfant Jésus qui, s’ennuyant dans sa crèche soli­taire à l’église, était sor­ti pour voir de plus près quelques-uns des enfants qu’il aimait tant.

Mais, comme il veut être aimé pour lui-même et non pour ses dons, il avait jugé à pro­pos de se dégui­ser en petit men­diant afin de ne pas être recon­nu.

À peine sor­ti de l’église il avait été atti­ré vers une des mai­sons voi­sines par le bruit joyeux qui s’en échap­pait : c’était comme un concert de voix et de rires enfan­tins.

– Il y en a là, des petits enfants ; allons les voir, pen­sa-t-il.

Il gra­vit les degrés du per­ron et son­na à la porte de cette mai­son qui était fort belle et devait appar­te­nir à des gens riches.

Une ser­vante vint lui ouvrir et fit d’abord la moue en voyant qu’elle s’était déran­gée pour un simple petit men­diant ; mais Jésus leva vers elle un regard si doux qu’elle se sen­tit prise sou­dai­ne­ment de pitié.

– Attends un peu, lui dit-elle, avec dou­ceur.

Auteur : Valens, Alfred | Ouvrage : 90 Histoires pour les catéchistes I, I. Les vertus théologales .

La Charité.

Le capi­taine bour­ra sa pipe pour prendre le temps de ras­sem­bler ses idées, en tira deux larges bouf­fées, puis nous dit :

histoire pour les enfants à Noel ; Marins chrétiens« Je me trou­vais au Havre un soir de Noël ; il fai­sait très froid. Les deux lieu­te­nants de la « Pro­vence » et moi avions sou­pé tard et len­te­ment, pour abré­ger autant que pos­sible la lon­gueur de la soi­rée. Tous les trois, anciens élèves des Jésuites, tous les trois fana­tiques des tra­di­tions, nous aurions renon­cé à nos galons plu­tôt qu’à la Messe de minuit, à laquelle les marins ont si rare­ment l’occasion d’assister. Dés­œu­vrés comme des offi­ciers qui ne sont pas « de quart », nous décré­tâmes d’aller faire un bridge au café Tor­to­ni pour pas­ser le temps et attendre minuit.

En tra­ver­sant la place du Théâtre, nous aper­çûmes, sur un banc de pierre, un enfant qui s’était endor­mi. Il était là sans doute depuis un cer­tain temps, car les plis de sa pauvre petite blouse com­men­çaient à être rai­dis par le froid. Nous l’éveillâmes dou­ce­ment. Il se dres­sa si pâle sous la clar­té du bec de gaz que nous pen­sâmes tout d’abord à le conduire chez un phar­ma­cien. Mais le petit gas, habi­tué à la misère, était de robuste consti­tu­tion, et nous com­prîmes vite que c’était la faim seule qui l’avait endor­mi. D’un mou­ve­ment ins­tinc­tif, nous plon­geâmes nos mains dans nos gous­sets pour lui don­ner de quoi man­ger. Nous allions lui remettre le pro­duit de notre col­lecte lorsqu’une idée me vint. Si nous don­nons de l’argent à ce petit men­diant, me dis-je, il va cer­tai­ne­ment le por­ter à sa famille. Il ne rece­vra peut-être en échange que quelques croûtes de pain, qui sait… quelques taloches pour n’avoir pas rap­por­té davan­tage. Pour­quoi donc, pen­sai-je, le petit Jésus qui passe ce soir chez tous les enfants sages qui ont un foyer ne vien­drait-il pas aus­si pour ce misé­reux ?

Auteur : Goldie, Agnès | Ouvrage : Petites Vies Illustrées pour enfants .

Ding-Dong… Deux petits moines, — des moi­nillons, — disent leur Ange­lus, leur béné­di­ci­té ; puis, tan­dis que les Pères prennent leur repas au réfec­toire, ils déballent leurs petites pro­vi­sions au pied d’une belle sta­tue de Notre-Dame. Demi-pen­sion­naires au Couvent des Frères Prê­cheurs (Domi­ni­cains), ils arrivent tôt, servent la messe, puis reçoivent les leçons du Père Ber­nard et l’aident dans son office de sacris­tain. Le soir seule­ment ils dévalent la col­line pour ren­trer chez eux, au vil­lage d’Alfange.

Cette his­toire se passe au Por­tu­gal, au XIIIe siècle. Voi­là cent ans, ce pays était encore aux mains des Maures, venus d’Afrique, et qu’ils avaient conquis cinq siècles plus tôt. Vers le XIe siècle, Alphonse VI, roi de Cas­tille, reprit par­tiel­le­ment ce ter­ri­toire et don­na ce qui était com­pris entre le Min­ho et le Dou­ro à Hen­ri de Bour­gogne, lequel prit le nom de Comte de Por­to ou de Por­tu­gal. Le fils d’Henri, Alphonse-Hen­ri­quez, gagna sur les Maures une vic­toire déci­sive. Pour des Fran­çais, il est inté­res­sant de savoir que la reprise de Lis­bonne, en 1147, a été due en très grande par­tie à l’aide appor­tée à Alphonse Hen­ri­quez par une flotte de Croi­sés francs qui s’en allaient en Terre Sainte pour la deuxième croi­sade. Il y avait par­mi eux des Cha­ren­tais, des Bre­tons, des Nor­mands, et aus­si des Anglais, des Rhé­nans, des Fla­mands, tout le lit­to­ral Nord-Ouest de la chré­tien­té. Dans cette vic­toire contre les Maures, les chré­tiens furent aidés très spé­cia­le­ment par saint Michel. On dit qu’il parut dans le ciel une aile et une main indi­quant les points où la petite armée devait por­ter l’effort, à la suite de quoi l’Ordre Mili­taire de l’aile de Saint Michel fut créé pour les Che­va­liers qui s’étaient signa­lés au com­bat ; il conti­nua à se recru­ter par­mi les plus valeu­reux.

Nos moi­nillons étaient fils d’un de ces che­va­liers, lequel, très fervent, avait réso­lu de les don­ner à Dieu dès l’enfance. Bien sûr, ils ne s’engageront par vœux que plus tard, si telle était leur voca­tion, mais déjà ils portent le cos­tume domi­ni­cain : robe blanche et man­teau noir ; leurs che­veux sont taillés en cou­ronne autour d’une tête rasée. Cela ne les empêche pas d’être de braves enfants joyeux. Ils aiment cette vie monas­tique et sans doute, seraient-ils tou­jours res­tés au couvent, s’il ne leur était arri­vé une étrange et belle aven­ture.

Quant à leur maître, le Père Ber­nard, il est ori­gi­naire de Mor­laàs, à 12 kilo­mètres de Pau, donc, Béar­nais. Ses parents, qui, contrai­re­ment au Che­va­lier d’Alfange, n’avaient nul envie d’en faire un moine, l’avait fian­cé très jeune, alors que lui vou­lait être Domi­ni­cain. Un beau jour, il s’enfuit, non dans quelque couvent de France ; ses parents l’y retrou­ve­raient ; non au nord de l’Espagne ; la bar­rière des Pyré­nées n’est pas infran­chis­sable ; mais au loin­tain Por­tu­gal, dans le couvent de San­ta­rem, fon­dé par un des pre­miers com­pa­gnons de saint Domi­nique, Sue­ro Gomez.

Coloriage Le Chapelet des enfants à Marie
« Ils reviennent d’eux-même dire ensemble des dizaines »

San­ta­rem… Recon­nais­sez-vous ce nom ? vous qui avez lu l’histoire des trois ber­gers de Fati­ma… San­ta­rem, ville prin­ci­pale du dis­trict ou dépar­te­ment du même nom, dont Fati­ma dépend. Notre-Dame du Rosaire n’est pas encore venue à la Cova, mais elle est déjà aimée, et com­bien ! par­ti­cu­liè­re­ment chez les Pères de San­ta­rem. En vrai Domi­ni­cain, Père Ber­nard conduit sou­vent ses élèves à la cha­pelle de Notre-Dame du Rosaire. Les Ave montent en guir­landes, en bou­quets… Les petits y prennent tel­le­ment goût que, sou­vent, ils reviennent d’eux-mêmes dire ensemble « des dizaines ». L’Espagne, le Por­tu­gal, ont une dévo­tion immense à la Sainte Vierge depuis que saint Jacques a évan­gé­li­sé cette terre. Marie, (Notre-Dame del Pilar — du pilier), est vrai­ment le pilier de la foi catho­lique. Au Por­tu­gal, cette dévo­tion s’est encore for­ti­fiée par le fait que les rois du Por­tu­gal, depuis le tout pre­mier, ont choi­si la mère de Dieu pour mère de la dynas­tie et de la nation. Le peuple por­tu­gais n’a pas oublié ce contrat, mal­gré tant de révo­lu­tions, et la Sainte Vierge pas davan­tage ; elle l’a prou­vé !

Bref, nos moi­nillons, impré­gnés d’esprit chré­tien, catho­lique et domi­ni­cain, nos moi­nillons, vrais Por­tu­gais, vont à Marie de toute leur âme. Trop loin d’Alfange pour y cou­rir déjeu­ner près de leur mère, avec leurs petits frères et sœurs, ils vont quand même déjeu­ner en famille, avec leur mère du ciel et leur frère Jésus. A nous, l’idée ne vien­drait pas de déjeu­ner dans une cha­pelle ; ceci encore est espa­gnol et por­tu­gais.

Auteur : Dardennes, Rose | Ouvrage : Et maintenant une histoire II, Fêtes de l'année liturgique .

Conte de Noël pour les enfants - paysage d'hiver - Joos de MomperElles s’en vont, Ninon, Ninette, Nina, jupette rouge et bon­net pareil, six petits sabots cla­quant sur la terre gelée.

« Vite, vite, les sœu­rettes, car le jour baisse, dit Ninette, la plus sage.

– Vite, vite, répond Ninon, la plus ardente, car un grand tra­vail nous attend.

– Vite, vite, mur­mure Nina, la plus douce, car Mère a dit qu’on ne s’attarde pas. »

Et les six petits sabots mar­tèlent en chœur : « Vite, vite, vite, vite, les petites sœurs. »

Mais que c’est donc lourd, tout ce qu’elles portent, les sœu­rettes !… Et encom­brant, donc !… Elles en ont plein les poches, et plein le giron, dans les mains, dans les bras et jusque sous le men­ton… Il y a du gui, de la mousse, du houx, du lierre, de la paille, du foin et du sapin… À peine voit-on, dans toute cette ver­dure, trois fri­mousses rondes et rouges comme des pommes d’api, éclai­rées de blanches que­nottes et de petits yeux de sou­ris…

« Elle sera belle, notre crèche…

– Et

Auteur : Corbie, Geneviève de | Ouvrage : 90 Histoires pour les catéchistes I, I. Les vertus théologales .

La charité

Dis, maman… il ne sera pas en retard le train ? »

Train en garePour la dixième fois depuis une heure Gil­berte pose la même ques­tion à sa maman !

« Je l’espère, ma ché­rie », répond Mme Del­vart éga­le­ment pour la dixième fois…

Jacques, le frère cadet, se montre moins patient ! Et lorsque sa sœur reprend pour la onzième fois son refrain, il lui répond, sans se sou­cier du res­pect dû au droit d’aînesse :

« Non, il sera en avance !

— Toi, je ne te demande rien, répond la fillette vexée.

— Tu nous casses les oreilles avec tes ques­tions idiotes, reprend Jacques en haus­sant les épaules d’un air dédai­gneux.

— Allons, cal­mez-vous mes enfants, inter­rompt Mme Del­vart qui sent que le dia­logue va se ter­mi­ner en bagarre ! Croyez-vous que l’oncle Hen­ri sera content de vous trou­ver en train de vous dis­pu­ter ? »

L’oncle Hen­ri est en effet le voya­geur que l’on attend avec une telle impa­tience ! Frère de Mme Del­vart, il est par­ti depuis huit ans comme mis­sion­naire au Gabon, quelques jours à peine après la nais­sance de son neveu. Là, il a bap­ti­sé, évan­gé­li­sé de toutes manières une petite tri­bu Pahouine de la Mis­sion des Makou­kou. Il y serait encore si ses Supé­rieurs ne l’avaient char­gé d’une tour­née de pro­pa­gande en Europe au pro­fit de ses enfants noirs. Après une semaine de repos en com­mu­nau­té, le Père avait été auto­ri­sé à pas­ser quelques jours en famille. Grande joie pour Mon­sieur et Madame Del­vart, heu­reux de revoir leur cher mis­sion­naire ; enthou­siasme de la part de Gil­berte et de Jacques qui ne le connais­saient guère que par des pho­to­gra­phies…

* * *

Cepen­dant les enfants ne purent cacher une moue de décep­tion lorsque le train, qui n’avait ni avance ni retard, dépo­sa sur le quai un voya­geur qu’accompagnait M Del­vart. Mince et de taille moyenne, le visage à demi caché par une barbe fauve, vêtu d’une simple sou­tane noire, l’oncle Hen­ri, à part sa belle barbe, n’avait rien de plus extra­or­di­naire