Étiquette : 28 août

Auteur : Par un groupe de pères et de mères de familles | Ouvrage : Petite Histoire de l'Église illustrée .

∼∼ XI ∼∼

Ostie. — Le che­min de fer élec­trique, par­tant de la porte Saint-Paul, y conduit en quelque trente minutes le Père X. et sa troupe, à laquelle, cette fois encore, Ber­nard et Jean se sont joints.

Ber­nard, tout à fait à son affaire, pro­voque les fous rires de ses cama­rades, et l’on tra­verse, presque sans y prendre garde, la plaine du Tibre, pour se trou­ver tout à coup devant les ruines d’Ostie.

Fer­mant les yeux à demi pour mieux embras­ser l’ensemble, un rou­tier très artiste s’écrie :

— Peut-on rien voir de plus joli ? Regar­dez donc, Père, ces pins para­sols qui ont pous­sé par­mi les ruines et semblent for­mer des colonnes sveltes et gra­cieuses. On est bien ici ; asseyons-nous dans l’herbe ; nous serons, à l’ombre de ces ruines, dans un cadre déli­cieux pour bien cau­ser.

Et l’on s’installe. A côté de Ber­nard, un tout jeune scout s’est glis­sé. Il est petit, deux yeux noirs brillent dans son étroit visage, et par­fois on y sent pas­ser quelque chose d’infiniment triste.

Tout à la joie de l’heure pré­sente, la troupe bruyam­ment fait cercle, joyeuse et sans sou­ci ; seuls le Père et le chef ont un regard un peu anxieux quand il s’arrête sur le petit scout.

Tou­te­fois, ils ne laissent rien voir de leur pré­oc­cu­pa­tion.

— Allons, main­te­nant, mes enfants, au tra­vail ! Je vous ai pro­mis hier de faire revivre devant vous les plus grands des Pères de l’Église, et d’abord, qui étaient-ils ?

Tout le groupe répond à la fois : des évêques, des soli­taires, des moines.

— Pas si vite, reprend le Père en riant, pro­cé­dons par ordre, si vous le vou­lez bien. Vous savez com­ment, dès les pre­miers siècles, des erreurs s’étaient glis­sées par­mi les croyances chré­tiennes. On appelle Pères de l’Église, les évêques et les prêtres qui, ayant étu­dié à fond la Foi chré­tienne, l’ont défen­due à tra­vers les neuf ou dix pre­miers siècles. Les conciles se sont ser­vis de leurs tra­vaux, les ont confir­més, et c’est ain­si que la Foi s’est conser­vée, à tra­vers les luttes les plus ter­ribles.

Ain­si, tout à fait au début de l’Église, saint Clé­ment, pape, troi­sième suc­ces­seur de saint Pierre à Rome, saint Ignace à Antioche, saint Poly­carpe à Smyrne, qui tous mou­rurent mar­tyrs, pour avoir défen­du la véri­té. A leur tour, ils eurent des dis­ciples : saint Jus­tin, saint Iré­née, qui devien­dra le grand évêque de Lyon et l’un des pre­miers mar­tyrs gau­lois 1.

Clé­ment et Ori­gène com­po­se­ront de mer­veilleux ouvrages en faveur de la Foi chré­tienne. Ces Pères, ont vécu entre le Ier et le IVe siècle, tout aux ori­gines de l’Église. Fai­sons ensuite connais­sance avec les grandes figures du IVe et du Ve siècle.

— Par­lez-nous de saint Atha­nase, Père, réclame Ber­nard. Je sais que, tout jeune encore, il tenait tête à Arius au Concile de Nicée. Qu’est-il deve­nu ensuite ?

Notes :

  1. On divise géné­ra­le­ment les Pères de l’Église en plu­sieurs caté­go­ries. D’abord, les Pères Apos­to­liques, ain­si nom­més parce qu’ils ont connu les Apôtres.

    Ensuite, du fait des pays aux­quels ils devaient leur ori­gine, leur langue et leur culture, il faut dési­gner sépa­ré­ment les Pères de l’Église grecque et les Pères de l’Église latine.

    Par­mi les pre­miers : Clé­ment et Ori­gène, etc…

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Récit de catéchisme - Statue de la Sainte TrinitéJe me sou­viens d’une his­toire qui m’a été racon­tée il y a bien long­temps, car j’étais encore au col­lège à Sto­ny­hurst, dans le nord de l’Angleterre ; là, ceux qui nous ensei­gnaient avaient un art mer­veilleux pour se faire écou­ter par des enfants, alors même qu’ils par­laient des choses les plus graves et les plus sublimes.

Les pères de Sto­ny­hurst res­sem­blaient à ces jésuites mis­sion­naires au Cana­da, qui, pour atti­rer les peu­plades sau­vages autour de la croix qu’ils por­taient au désert, avaient avec eux des harpes et des cithares ; et quand ils voguaient avec quelques néo­phytes sur les grands fleuves, ils se met­taient à chan­ter des can­tiques, en s’accompagnant d’accords suaves et har­mo­nieux ; l’attrait de cette musique ame­nait à eux des natu­rels du pays, et sou­vent, pour mieux entendre les hommes de la chair blanche, on voyait de ces sau­vages qui se jetaient à la nage, et qui venaient se sus­pendre aux bords de la pirogue pour écou­ter ces hommes qui avaient appris leur langue et accou­raient, à tra­vers les mers et les dan­gers, leur par­ler de Dieu.

Histoire pour la fête de la Sainte Trinité - Jacques Marquette - missionnaire jésuite, mort au Canada à 37 ans.Nos maîtres de Sto­ny­hurst n’avaient ni cithares ni harpes ; mais ils avaient des his­toires qu’ils savaient mêler à tous leurs ensei­gne­ments. En voi­ci une que l’un des pères nous racon­ta à l’instruction du matin, le dimanche de la Tri­ni­té.

Un saint doc­teur, un homme qui avait cher­ché la soli­tude pour pou­voir se livrer, loin de tout bruit et de toute dis­trac­tion, à la prière et à la médi­ta­tion, un jour se pro­me­nait seul sur les bords de la mer ; là, livré à ses graves pen­sées, tan­tôt il regar­dait le ciel, tan­tôt il por­tait ses yeux sur l’immensité des flots.

La vue du ciel avec son azur et ses nuages, la vue de la mer avec son mou­ve­ment et ses vagues, sont deux grands aspects qui plaisent aux âmes médi­ta­tives ; il y a de l’infini dans ces deux spec­tacles, et l’infini mène à Dieu.

Ce qui pré­oc­cu­pait le saint dans sa pro­me­nade soli­taire, c’était le mys­tère de la Tri­ni­té.