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23 mars 2026Saint Turibe, Évêque

Issu d’une noble famille espa­gnole. Turibe fut éle­vé par le roi Phi­lippe II à la haute digni­té de pré­sident de la cour judi­ciaire de Gre­nade. Il rem­plit cette charge avec tant de pru­dence et de ver­tu, que l’é­vê­ché de Lima étant venu à vaquer, per­sonne ne parut plus digne que lui d’é­van­gé­li­ser le Pérou. Mal­gré la répu­gnance de son humi­li­té, il accep­ta et fit voile vers son loin­tain dio­cèse en 1581. Le ter­ri­toire de Lima s’é­ten­dait sur une longue bande de terre bor­dée par 800 kilo­mètres de côtes et com­pre­nant de vastes dis­tricts mon­ta­gneux et des villes popu­leuses. L’im­mo­ra­li­té de la popu­la­tion indi­gène, la cruau­té et les rapines des colons espa­gnols ren­daient bien ingrate la tâche de l’é­vêque. Néan­moins, dès son arri­vée, Turibe com­men­ça la visite de tous les pays : il lui fal­lut sept années de courses, faites sou­vent à pied, pour visi­ter les vil­lages per­dus dans les neiges des Andes ou les sables brû­lants du lit­to­ral. Il mul­ti­plia les églises, les sémi­naires et les hos­pices, réor­ga­ni­sa l’ad­mi­nis­tra­tion de son dio­cèse et usa de toute son auto­ri­té pour cor­ri­ger les abus qui s’é­taient glis­sés par­mi le cler­gé et les fidèles. Saint Turibe mou­rut le 23 mars 1606.


Ouvrage : Autres textes

Histoire d'une Sainte et martyrs d'Algérie

À Tipa­sa vivait une femme jeune encore (elle n’a­vait que qua­torze ans), mais le glo­rieux mar­tyre qu’elle y souf­frit lui a don­né le res­pect qu’en­traîne la matu­ri­té de l’âge. Le cou­rage qu’elle mon­tra cou­vrit de gloire sa jeu­nesse, à ce point qu’elle parut née pour le mar­tyre. Elle s’é­tait don­née tout entière au Christ, avait fou­lé aux pieds toutes les séduc­tions et tous les plai­sirs de la terre, sachant qu’elle n’é­tait pas née pour le siècle. Il faut d’ailleurs se sou­ve­nir qu’on se pré­pare au mar­tyre par la pra­tique des ver­tus. La pre­mière palme à cueillir n’est-elle pas la vic­toire sur soi-même ? Les parents étaient païens, mais le soleil de la véri­té avait lui à ses yeux, et, renon­çant à tout ce que la nature pou­vait lui offrir, elle s’at­ta­cha seule­ment à ce que lui don­nait la grâce, afin de pou­voir vivre au ciel et mou­rir pour le Christ. Je ne parle pas de sa beau­té recon­nue de tous. Ceci après tout n’est pas motif à louanges ; car, dans les choses divines, ce n’est pas la beau­té cor­po­relle qui importe, mais la beau­té morale.

À cette époque, la super­sti­tion païenne était com­mune, rare la foi ; elle n’en était que plus vive. Pour échap­per aux tra­hi­sons per­fides et téné­breuses, elle se cachait oppri­mée et brillait modeste dans quelques âmes. Un temple s’é­le­vait sur une col­line de rochers domi­nant la ville et bai­gnant dans les flots sa base rocheuse.

Histoire pour les jeunes - Sainte Salsa, martyrs d'Algérie

Ce lieu avait été consa­cré dès les temps les plus recu­lés du culte aux faux dieux, et pour ce motif, on lui avait don­né le nom de col­line des Temples. Entre tous les édi­cules éle­vés aux démons, que la vieillesse fai­sait tom­ber en ruines, on en dis­tin­guait un qui ren­fer­mait un dra­gon d’ai­rain. La tête en était dorée et les yeux brillants comme des éclairs. C’est le démon qu’on ado­rait dans ce dra­gon ; c’est à lui qu’on offrait des liba­tions et des sacri­fices. Heu­reu­se­ment ce lieu a chan­gé de destination.

Depuis le temple des idoles a été rem­pla­cé par une syna­gogue juive, et un chan­ge­ment encore meilleur l’a fait pas­ser au Christ ; et dès lors, dans ce lieu où avaient régné les sacri­lèges, s’é­lève une église triom­phale en l’hon­neur de notre Dieu.

Un jour vint où les mal­heu­reux parents de cette mar­tyre véné­rable se réunirent à d’autres per­sonnes pour vaquer à leur culte sacrilège.

Histoire d'une jeune sainte d'Algérie - Tipaza - ruines du temple romain

Ils emme­nèrent avec eux leur fille,

Ouvrage : Et maintenant une histoire II

Ascension

Bali dresse l’o­reille : un bruit connu l’a aler­té : le « nia­ma-mail » n’est pas loin…

Récit d'Afrique - pardon - Africain à la sagaieTapi dans les racines aériennes d’un palé­tu­vier, le souffle rete­nu, l’o­reille ten­due, l’œil fure­teur, le Noir guette…

« Ah !… Bali a vu nia­ma-mail ! Bali cou­rir appe­ler tous les hommes du vil­lage, et tous ensemble tue­ront le niama-mail »

Un der­nier regard à l’hip­po­po­tame qui s’é­bat dans le fleuve, incons­cient du dan­ger, et le grand noir s’en­fonce à souples fou­lées dans la forêt.

Mais, au fait, pour­quoi mobi­li­ser tout le vil­lage pour tuer le nia­ma-mail ?… Bali s’im­mo­bi­lise… touche son front… hésite… puis se redresse, et rit de toutes ses dents blanches.

« Bali, pas besoin des autres pour tuer nia­ma-mail. Bali prendre ses sagaies, et retour­ner au fleuve ; et ceux du vil­lage joue­ront du tam-tam pour Bali qui aura tué tout seul le nia­ma-mail ; et tous diront : Bali est plus grand chas­seur que Mako ».

Dix minutes plus tard, l’homme est à l’af­fût, le regard tour­né vers la masse grise de l’hip­po­po­tame qui se baigne et lance des fusées d’eau. Tout à l’heure, la bête vien­dra man­ger sur la rive ; Bali connaît ses mœurs. Patiem­ment, il l’attend…

Un des meilleurs chas­seurs indi­gènes, ce Bali. Son seul rival est Mako, aus­si habile que lui à lan­cer la sagaie. Mais Mako n’a jamais atta­qué seul un hip­po­po­tame. Tan­dis que lui, Bali, va tuer celui-ci…

Récit d'Afrique pour les ado - hippopotame sortant de l'eauIl assure une sagaie dans sa main, car le monstre se rap­proche ; on dis­tingue à pré­sent ses formes mas­sives : le mufle car­ré, les courtes oreilles… Il vient à la rive… L’ins­tant est tra­gique ; le cœur de Bali s’ar­rête qua­si de battre ; mais sa main, len­te­ment, silen­cieu­se­ment, pointe la sagaie vers l’é­norme bête qui émerge, ruis­se­lante, de l’eau glauque…

« Mako lui-même n’o­se­rait l’at­ta­quer seul. Mais Bali ose­ra, lui. Et la tri­bu sau­ra que Bali est le roi des chasseurs. »

Tran­quille, la bête prend pied.

Bali rampe dans les hautes herbes, sans un effleu­re­ment, sans même faire trem­bler une tige grêle.

Il n’a pas peur.

Il est sûr de lui.

À bonne dis­tance, il se redresse, souple et silencieux.

Ouvrage : Et maintenant une histoire II | Auteur : Picard, Claude

Fête des Mères

Histoire de la fête des mères - Guilbert Narcisse - Jardin au printemps« Vite, vite » chante le vent, en se fau­fi­lant entre les branches.

« Dépê­chez-vous ! » se chu­chotent les roses des buissons.

« C’est bien­tôt ! bien­tôt ! bien­tôt ! » carillonnent les clo­chettes des muguets.

« Dans quinze jours ! » grogne Médor qui se couche en rond devant sa niche.

« Mais quoi ?… Quoi ?… Quoi donc ?… Quoi donc ?… Pour­quoi faut-il se dépê­cher et qu’arrive-t-il dans quinze jours ? » ques­tionne Pipiou, le moi­neau étour­di, en sau­tillant des rosiers aux muguets, et des muguets à la niche de Médor.

« Ne t’a­gite donc pas comme cela ! inter­vient le vieux pom­mier. Viens te per­cher sur une de mes branches. Tiens-toi tran­quille ; écoute, étour­neau : com­ment ne sais-tu pas que dans quinze jours c’est la fête de Madame Ladou­ceur, dame et maî­tresse de la vil­la Clair­joye, si bien nom­mée, et maman de Pau­line, Denis, Jean-Guy, Florent et de la toute petite Christelle ?

- Ah ! c’est la fête, chic alors ! Il y aura des gâteaux et on me don­ne­ra les miettes.

- Il n’y a pas seule­ment à son­ger aux pâtis­se­ries, rétorque sévè­re­ment le pom­mier ; mais à fêter digne­ment Madame Ladouceur.

- Pour­quoi donc faut-il se dépêcher ?

- Pour les cadeaux, par­di ! Pau­line, Denis, Jean-Guy, Florent et même Chris­telle veulent cha­cun offrir un pré­sent à leur maman.

- Quel présent ?

- Curieux ! Eh bien ! va voir ; tous tra­vaillent dans le jardin. »

Aimer sa mamant - moineauLe moi­neau s’en­vole, inté­res­sé. Il va rendre visite à la toute petite Chris­telle qui, assise sous la ton­nelle, tire un petit bout de langue rose en reco­piant le com­pli­ment qu’elle réci­te­ra. Puis, tout en sau­tillant, il suit Jean-Guy dans ses allées et venues le long de la haie.

Le gar­çon se pro­mène à grands pas, en fai­sant des gestes impé­tueux et en lan­çant vers le ciel de prin­temps des phrases bizarres… Chut ! dou­ce­ment… Pipiou s’é­loigne, ne trou­blons pas Jean-Guy ! il com­pose un poème.

Vole­tant de-ci de-là, l’oi­seau est atti­ré par un fruit splen­dide, un fruit comme jamais dans sa courte vie de moi­neau il n’en a vu de semblable.

Aus­si gour­mand qu’é­tour­di, Pipiou fonce à tire-d’aile vers l’ob­jet de sa convoi­tise qui repose doré, appé­tis­sant, sur un tapis vert.

Hor­reur !! Une énorme ombre noire et ges­ti­cu­lante vient sou­dain bou­cher l’ho­ri­zon du moineau,

Effrayé, Pipiou ne doit qu’à la rapi­di­té de ses réflexes d’exé­cu­ter le virage sur l’aile qui lui per­met d’é­chap­per à la col­li­sion. Le cœur encore bat­tant, il vient se réfu­gier sur le toit du vieil appen­tis. Les yeux tout ronds du moi­neau s’é­tirent de stu­peur : ce qu’il pre­nait pour un fruit posé sur la mousse est une plaque de car­ton que Denis, le pre­mier fils Ladou­ceur, bran­dis­sant un drôle de petit balai, zèbre de coups rageurs.

C’est amu­sant à voir faire, et très instructif !…

Denis tient sur le bras une grande assiette brune, cou­verte de petits tas de cou­leurs ; de l’autre main, avec son petit balai, le gar­çon prend un peu de cette cou­leur et la pose sur le car­ton ; avec cela, il fait des fruits, des feuilles, des fleurs.

« Vrai­ment curieux ! songe Pipiou. Dom­mage seule­ment que ce jeune homme ne puisse tra­vailler en silence : il ne cesse de sif­fler, et de sif­fler faux. »

Rien n’est plus hor­rible pour un moi­neau que d’en­tendre sif­fler faux ; Pipiou n’y peut tenir long­temps. Il s’en­vole. Du reste, il lui faut encore cher­cher dans les taillis Pau­line et Florent.

Pipiou se met à la recherche de Florent. Entre nous, le troi­sième fils Ladou­ceur est le pré­fé­ré de Pipiou.

Ima­gi­nez-vous que ce petit Florent n’a jamais 

Ouvrage : Et maintenant une histoire I | Auteur : Demetz L.

Catéchisme - le sacrement de l'ordreElle n’é­tait point riche, la vieille Maria… Durant de longues années, ses mains s’é­taient dur­cies au labeur de la terre, et main­te­nant elle pou­vait faire le bilan d’une rude vie de tra­vail, mais non pas celui d’un bas de laine gon­flé d’é­cus. Pour­tant, dame Maria n’é­tait pas dépen­sière. Elle savait se conten­ter de peu : le lait de sa chèvre, les œufs de ses poules et les légumes de ses champs avaient bien suf­fi durant de longues années à la sub­sis­tance de sa vie courageuse.

Res­tée veuve, sans enfant, elle n’a­vait pas vou­lu fer­mer son cœur à l’af­fec­tion. Elle avait adop­té Fran­çois, un petit voi­sin res­té, lui aus­si, tout seul sur la terre au soir d’un ter­rible orage qui avait lais­sé son papa et sa maman fou­droyés dans les champs à côté d’un cha­riot de foin.

Le petit était gen­tillet, bou­clé comme un ché­ru­bin, avec de grands yeux qui reflé­taient la pure­té du Bon Dieu.

Maria l’a­vait pris en disant sim­ple­ment : « Mon petit gars, c’est moi qui serai ta maman ! »

***

La vie est pénible pour une femme seule à la cam­pagne ; que de durs tra­vaux il lui avait fal­lu exécuter !

Rien ne rebu­tait dame Maria :

Ouvrage : Et maintenant une histoire I | Auteur : Demetz L.

C’est une humble cruche de grès, une cruche qui fait jaser tout le vil­lage de Vaux.

Légende - Histoire de vaillance et de courage - Tour du diable à VauxIl y a bien des mys­tères à Vaux, celui de la Tour du Diable, une tour en ruines toute cou­verte de lierre, où nul ne pénètre la nuit ; et puis il y a sur­tout le mys­tère de la cruche, celui dont tout le monde parle.

Oh ! cette cruche bleue et grise, qui trône en place d’hon­neur sur la che­mi­née de maître Pierre, juste en des­sous du cru­ci­fix, comme tout le monde la regarde !

Il est cer­tain qu’elle a dû avoir une car­rière tour­men­tée car elle n’est plus qu’un assem­blage de mor­ceaux savam­ment recollés.

Il paraît que cer­tains soirs, maître Pierre, le sym­pa­thique fer­mier, vient seul devant sa cruche : il la regarde très lon­gue­ment… bien soucieux.

Oh ! mys­tère. Après un cer­tain temps, tout à coup, la figure du fer­mier s’illu­mine, il s’en va…

Sa femme qui res­pecte la dite cruche ne laisse à per­sonne le soin de l’é­pous­se­ter ; aucune autre main que la sienne n’y touche.

Cette cruche de grès contient, au dire de maître Pierre, un grand secret.

Lequel ? Nul ne le sait.

***

Lecture pour la jeunesse - orage sur les champsEn ce soir de juillet, des pay­sans vont et viennent d’un air acca­blé sur les che­mins des champs ; ils se regardent quand ils se ren­contrent et n’ont qu’un mot à se dire :

« Tout est perdu ! »

Oui, tout est per­du. Il a grêlé.

En fin d’a­près-midi, après des heures suf­fo­cantes, l’o­rage a écla­té, le ciel s’est nappe d’un nuage cui­vré, et la grêle, ce ter­rible fléau, est tombée.

Elle est tom­bée bru­ta­le­ment, frap­pant sans pitié les pauvres plantes alan­guies. Main­te­nant les