Sainte Félicité était une dame romaine de haute considération. Elle vivait au milieu du IIe siècle, sous l’empereur Antonin. Vers l’an 160, elle devint veuve. Elle avait sept fils, jeunes encore : Janvier, Félix, Philippe, Silvain, Alexandre, Vital et Martial ; sa piété, ses leçons, ses exemples en firent des saints. Les…
Étiquette : <span>Fête des mères</span>
Fêtes des mères
Un beau jour, cela cassa… Simplement, la maîtresse du logis ne se leva pas ce matin-là. Les enfants, encore dans un demi-sommeil, n’entendirent pas, comme d’habitude, les volets de la salle commune claquer contre la muraille, le feu ne ronfla pas dans l’âtre, la corde du puits ne grinça pas. Personne n’ouvrit la porte du poulailler où la volaille piaillait et caquetait. Et la petite Élise resta à pleurer interminablement dans ses langes humides.
Ce fut le père qui donna l’alarme ; il vint frapper à la porte des enfants en criant rudement : « La mère est malade. Levez-vous. » Et un grand malaise, une grande angoisse, une grande désorganisation tombèrent sur la maison.
* * *
Le médecin vint ; il en vint même deux. Matin et soir, on alla au bourg pour faire faire des ordonnances, acheter des remèdes. Personne ne pouvait dire le mal qui minait la maîtresse. Pourtant, quelqu’un le savait : c’était l’innocent.
Thomas, l’innocent, avait été recueilli tout petit par la maîtresse. Elle l’avait recueilli parce que personne n’en voulait. Elle lui avait donné une place au foyer, en défendant qu’on lui fit des misères car, disait-elle, les souffrants portent Dieu. Et elle prétendait que s’il n’en savait pas tant que les autres, il avait cependant le secret des choses mystérieuses que les autres ne connaîtraient jamais.
Peut-être que c’était vrai. En tout cas, pendant que les médecins discutaient, écrivaient, cherchaient et prescrivaient, il branlait tristement la tête et répétait :
« Je sais ben, moué, je sais ben qui c’est qui l’a rendue malade… »
Gaspard, l’aîné des enfants, et José, la seconde, et Lucas, et Mathieu et même Mariette qui n’avait que six ans, le prirent à parti :
« Eh ! bien, dis-le, Thomas, si tu le sais ; dis-le nous qui lui a fait son mal à
Fête des Mères
« Vite, vite » chante le vent, en se faufilant entre les branches.
« Dépêchez-vous ! » se chuchotent les roses des buissons.
« C’est bientôt ! bientôt ! bientôt ! » carillonnent les clochettes des muguets.
« Dans quinze jours ! » grogne Médor qui se couche en rond devant sa niche.
« Mais quoi ?… Quoi ?… Quoi donc ?… Quoi donc ?… Pourquoi faut-il se dépêcher et qu’arrive-t-il dans quinze jours ? » questionne Pipiou, le moineau étourdi, en sautillant des rosiers aux muguets, et des muguets à la niche de Médor.
« Ne t’agite donc pas comme cela ! intervient le vieux pommier. Viens te percher sur une de mes branches. Tiens-toi tranquille ; écoute, étourneau : comment ne sais-tu pas que dans quinze jours c’est la fête de Madame Ladouceur, dame et maîtresse de la villa Clairjoye, si bien nommée, et maman de Pauline, Denis, Jean-Guy, Florent et de la toute petite Christelle ?
- Ah ! c’est la fête, chic alors ! Il y aura des gâteaux et on me donnera les miettes.
- Il n’y a pas seulement à songer aux pâtisseries, rétorque sévèrement le pommier ; mais à fêter dignement Madame Ladouceur.
- Pourquoi donc faut-il se dépêcher ?
- Pour les cadeaux, pardi ! Pauline, Denis, Jean-Guy, Florent et même Christelle veulent chacun offrir un présent à leur maman.
- Quel présent ?
- Curieux ! Eh bien ! va voir ; tous travaillent dans le jardin. »
Le moineau s’envole, intéressé. Il va rendre visite à la toute petite Christelle qui, assise sous la tonnelle, tire un petit bout de langue rose en recopiant le compliment qu’elle récitera. Puis, tout en sautillant, il suit Jean-Guy dans ses allées et venues le long de la haie.
Le garçon se promène à grands pas, en faisant des gestes impétueux et en lançant vers le ciel de printemps des phrases bizarres… Chut ! doucement… Pipiou s’éloigne, ne troublons pas Jean-Guy ! il compose un poème.
Voletant de-ci de-là, l’oiseau est attiré par un fruit splendide, un fruit comme jamais dans sa courte vie de moineau il n’en a vu de semblable.
Aussi gourmand qu’étourdi, Pipiou fonce à tire-d’aile vers l’objet de sa convoitise qui repose doré, appétissant, sur un tapis vert.
Horreur !! Une énorme ombre noire et gesticulante vient soudain boucher l’horizon du moineau,
Effrayé, Pipiou ne doit qu’à la rapidité de ses réflexes d’exécuter le virage sur l’aile qui lui permet d’échapper à la collision. Le cœur encore battant, il vient se réfugier sur le toit du vieil appentis. Les yeux tout ronds du moineau s’étirent de stupeur : ce qu’il prenait pour un fruit posé sur la mousse est une plaque de carton que Denis, le premier fils Ladouceur, brandissant un drôle de petit balai, zèbre de coups rageurs.
C’est amusant à voir faire, et très instructif !…
Denis tient sur le bras une grande assiette brune, couverte de petits tas de couleurs ; de l’autre main, avec son petit balai, le garçon prend un peu de cette couleur et la pose sur le carton ; avec cela, il fait des fruits, des feuilles, des fleurs.
« Vraiment curieux ! songe Pipiou. Dommage seulement que ce jeune homme ne puisse travailler en silence : il ne cesse de siffler, et de siffler faux. »
Rien n’est plus horrible pour un moineau que d’entendre siffler faux ; Pipiou n’y peut tenir longtemps. Il s’envole. Du reste, il lui faut encore chercher dans les taillis Pauline et Florent.
Pipiou se met à la recherche de Florent. Entre nous, le troisième fils Ladouceur est le préféré de Pipiou.
Imaginez-vous que ce petit Florent n’a jamais


