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13 mars 2026Sainte Euphrasie, Vierge

Sainte Euphra­sie eut pour père Anti­gone, proche parent de l’empereur Théo­dose le Grand ; elle naquit à Constan­ti­nople en 380. Sa mère, deve­nue veuve l’an­née sui­vante, refu­sa de se rema­rier et se reti­ra en Égypte avec son enfant, visi­tant les soli­tudes de la Basse-Thé­baïde et dis­tri­buant dans les monas­tères d’a­bon­dantes aumônes. La jeune Euphra­sie fut tel­le­ment édi­fiée de la fer­veur d’un des cou­vents qu’elle ne vou­lut plus le quit­ter. Sa mère l’y lais­sa et la fillette com­men­ça dès lors une vie tout angé­lique de prière, d’hu­mi­li­té, d’o­béis­sance et de mor­ti­fi­ca­tion. Elle balayait le couvent, fai­sait les lits, tirait de l’eau pour la cui­sine, s’exer­çait aux plus bas tra­vaux de la mai­son, tout cela avec une grande joie sur­na­tu­relle. Le démon, pré­voyant les heu­reux résul­tats de sa fer­veur, lui fit cruel­le­ment la guerre d’a­bord par de fortes ten­ta­tions inté­rieures, qu’elle sur­mon­ta en se mor­ti­fiant davan­tage et en pre­nant l’a­vis de sa supé­rieure ; puis par des vexa­tions exté­rieures into­lé­rables : il la jeta dans un puits, la pré­ci­pi­ta d’un troi­sième étage, ren­ver­sa sur elle une chau­dière d’eau bouillante. Aucune de ces épreuves ne vint à bout du cou­rage d’Eu­phra­sie. Mais l’empereur, son parent, lui rap­pe­la qu’elle avait été fian­cée à un jeune sei­gneur à l’âge de 5 ans et qu’il était temps de contrac­ter le mariage pro­mis. Déso­lée, elle plai­da si bien sa cause que Théo­dose lui-même s’in­ter­po­sa pour qu’elle pût res­ter au couvent. Elle conti­nua donc sa vie reli­gieuse jus­qu’au moment de sa mort, en 410.


Ouvrage : Lectures Catholiques

Il y a de cela bien, bien long­temps, les cloches son­naient à toute volée dans un vil­lage per­du des mon­tagnes d’Auvergne. 

Elles envoyaient au loin leurs notes allègres, joyeuses et claires, et annon­çaient aux pauvres pas­teurs la venue du Mes­sie, les conviant à aller ado­rer le Dieu de l’é­table dans la modeste cha­pelle à Lui consacrée. 

La neige cou­vrait la terre d’une couche épaisse. 

Le vent souf­flait avec vio­lence, et au loin avec un fra­cas hor­rible, on enten­dait rou­ler, se pré­ci­pi­ter dans la val­lée, empor­tant tout sur son pas­sage, la ter­rible avalanche. 

Aux buis­sons, aux arbres rares, étaient sus­pen­dus ces minces fils argen­tés d’un aspect tout à la fois si char­mant et si triste. 

Les femmes jetaient sur leurs épaules leurs pelisses épaisses et chaudes. 

Les hommes s’en­ve­lop­paient de leurs longs manteaux. 

Noël : en allant à la messe de minuit

On se dis­po­sait à s’a­che­mi­ner vers la mai­son du Sei­gneur pour y entendre célé­brer la Messe de minuit et y enton­ner de joyeux Noëls en l’hon­neur de l’Enfant-Dieu. 

De gaies jeunes filles d’un hameau voi­sin venaient de sor­tir de l’é­table où elles s’é­taient réunies en atten­dant l’heure solennelle.

Elles aus­si avaient pris le sen­tier qui menait à la vieille église. 

Sous leur pas alerte réson­nait la terre. 

Leurs joyeux caquets trou­blaient seuls le silence de la nuit.

Sou­dain, au milieu des rires, arri­va jus­qu’à elles un bruit, un bruit si étrange que toutes, au même moment, s’ar­rê­tèrent pour écouter. 

Près d’elles, à leurs pieds pour ain­si dire, se fai­saient entendre des vagis­se­ments plain­tifs sem­blables à ceux d’un nouveau-né. 

C’é­tait sans doute une illu­sion, car on était loin de toute habitation. 

Aus­si, après un ins­tant pen­dant lequel on n’en­ten­dit plus que souf­fler la bise, mugir la tem­pête et s’é­teindre les der­niers accents des cloches, les jeunes filles, bien per­sua­dées de s’être trom­pées, reprirent-elles leur route. 

Mais à peine eurent-elles fait quelques pas qu’é­cla­tèrent plus plain­tifs, plus pres­sants, de nou­veaux cris de détresse . 

Nul doute, prés de là gémis­sait un être, en proie à la souffrance. 

Elles se bais­sèrent, cher­chèrent et finirent par décou­vrir une petite masse noi­râtre qui se déta­chait sur l’im­ma­cu­lée blan­cheur de la neige. 

Elles s’ap­pro­chèrent, et que virent-elles ? 

Dans un de ces lourds et longs sabots, que chaussent les habi­tants de nos cam­pagnes, gisait une faible créa­ture si mignonne, si jolie, qu’on pou­vait aisé­ment la prendre pour un ange du bon Dieu. 

Le pauvre enfant était à demi-nu. Ses membres étaient engour­dis par le froid. Sa voix s’af­fai­blis­sait et mena­çait de se para­ly­ser tout à fait. 

Qui donc avait eu le cou­rage d’a­ban­don­ner ain­si son fils, son-nouveau-né ? 

Qui avait eu la bar­ba­rie d’ex­po­ser un si petit être à une tem­pé­ra­ture si rigou­reuse, et de le livrer en pâture cer­taine aux loups qui rôdaient affa­més sur la montagne ? 

Les joyeuses jeunes filles devinrent sérieuses tout-à-coup, prirent l’en­fant et se mirent en devoir de le réchauf­fer de leur mieux. 

Puis elles se deman­dèrent ce qu’elles feraient du ché­ru­bin qu’elles venaient de décou­vrir si inopinément.

Qui se char­ge­rait de sa personne ?

Ouvrage : Le deuxième livre d'André

I

Près du por­tail de la cathé­drale de Saint-Jean, de Lyon, on remar­quait un vieux pauvre qui venait, depuis vingt-cinq ans, s’as­seoir régu­liè­re­ment tous les jours à la même place. Sous les haillons et les lam­beaux de la misère qui le cou­vraient, per­çait une appa­rence de digni­té qui annon­çait que ce n’é­tait pas un pauvre ordi­naire. Il avait reçu une édu­ca­tion supé­rieure à celle qui accom­pagne géné­ra­le­ment la misère. Aus­si jouis­sait-il par­mi les autres pauvres d’une cer­taine considération. 

Le pauvre vieux mendiant près du portail de la cathédrale
Près du por­tail de la cathé­drale de Saint-Jean…

C’é­tait lui qui apai­sait les que­relles, et on le char­geait sou­vent de dis­tri­buer les aumônes. Sa vie et ses mal­heurs étaient un mys­tère pour tout le monde. Jean-Louis (c’é­tait son nom) ne met­tait jamais le pied dans l’é­glise, et Jean-Louis était catholique. 

Au moment des offices, le vieux pauvre se sen­tait entraî­né à confondre sa prière avec celle des fidèles. Le chant sacré, la lumière, des cierges, l’ap­pa­reil de l’au­tel[1], l’har­mo­nie de l’orgue, le recueille­ment de la foule, tout le frap­pait d’admiration.

Des ruis­seaux de larmes cou­laient à tra­vers les rides de son visage. Un grand mal­heur ou un pro­fond remords sem­blaient agi­ter son âme. Un prêtre, l’ab­bé Sorel, se ren­dait chaque matin à Saint-Jean pour célé­brer la messe, il était fort cha­ri­table ; Jean-Louis, son pauvre pri­vi­lé­gié, rece­vait chaque jour sa petite aumône.

II

Un jour, Jean-Louis n’é­tait pas à sa place accou­tu­mée. L’ab­bé Sorel, jaloux de ne pas perdre le fruit de son aumône, s’in­forme du pauvre, cherche sa demeure, la trouve enfin, et quelle est sa sur­prise de voir, au lieu d’un misé­rable réduit, un riche appar­te­ment, et dans un coin, au milieu de la richesse, un misé­rable gra­bat sur lequel gisait le vieux mendiant. 

La pré­sence du prêtre rani­ma le vieillard dans ses dou­leurs ; et d’une voix pleine de recon­nais­sance, il s’écria : 

« Mon­sieur l’ab­bé, vous dai­gnez vous sou­ve­nir d’un mal­heu­reux tel que moi ! 

  1. [1] L’ap­pa­reil de l’au­tel : la solen­ni­té et la pompe qui s’y déploient.
Ouvrage : Petites Vies Illustrées pour enfants | Auteur : Goldie, Agnès

Les Quarante Martyrs

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Il fal­lait un fameux cou­rage et une grande grâce de Dieu pour attendre de pied ferme l’ours qui doit vous étouf­fer, la lionne prête à vous dévo­rer. Il fal­lut non moins de cou­rage pour subir le mar­tyre si dif­fé­rent, qui consis­tait à res­ter cou­ché sur la glace jus­qu’à la mort. 

Tan­dis que Constan­tin le païen conver­ti par la croix et deve­nu empe­reur — tra­vaillait en Occi­dent au triomphe de l’Église, Luci­nus, qu’il s’é­tait asso­cié, la per­sé­cu­tait en Orient. 

Ce prince ordonne que toutes les légions fassent aux dieux des sacri­fices publics, cela, sous peine de mort.

À Sébaste, en Armé­nie, qua­rante offi­ciers et sol­dats refusent d’o­béir. « Nous sommes chré­tiens »

— On ver­ra si vous le serez encore quand vous cla­que­rez des dents ! Qu’on les couche sur l’é­tang gla­cé, aux portes de la ville !

Les Quarante Martyrs de Sébaste morts sur la glace
« …Len­te­ment il se traîne sur la glace…

Pour les ten­ter, un bain chaud est entre­te­nu sur la berge. La seule vapeur qui s’en dégage, donne envie de cou­rir s’y jeter… 

La prière sou­tient leur cou­rage. L’un d’eux aurait-il ces­sé de prier ?… Voi­ci que son cou­rage fai­blit… len­te­ment il se traîne sur la glace. Les païens qui entre­tiennent l’eau chaude l’aident à se his­ser dans la bai­gnoire. La dif­fé­rence de tem­pé­ra­ture le sai­sit et il expire presque aussitôt. 

Tan­dis que ceci se passe, une des sen­ti­nelles a vu le ciel se peu­pler d’anges qui tiennent des cou­ronnes au-des­sus des trente-neuf sol­dats res­tés fidèles. L’ange du trans­fuge n’a plus per­sonne à cou­ron­ner. Alors, ne fai­sant ni une ni deux, le sol­dat laisse tom­ber sa chaude cape et, gre­lot­tant, mais brave, va se cou­cher à la place vide : « Je crois en Dieu. Je suis chré­tien ! » dit-il.

Au petit jour, les qua­rante corps sont entas­sés sur un char­riot et jetés au feu… Et, grâce à la sen­ti­nelle, c’est bien au nombre de qua­rante qu’ils furent cou­ron­nés dans la gloire…

Saint Sébastien

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Sébas­tien naquit à Nar­bonne, d’une famille chré­tienne ori­gi­naire de Milan. Par­ve­nu à l’âge de choi­sir une car­rière, il s’en­ga­gea dans l’ar­mée de César. L’ar­mée romaine était fort nom­breuse et fort répu­tée et, pour tout sujet de l’Em­pire, c’é­tait une gloire d’y ser­vir et de por­ter les aigles romains de l’O­rient à l’Oc­ci­dent, du Finis­tère à la Pales­tine, sans oublier l’A­frique du Nord.

Ouvrage : Le Croisé

Jus­tus ut pal­ma flo­re­bit, sicut cedrus Liba­ni mul­ti­pli­ca­bi­tur.
Le juste fleu­ri­ra comme le pal­mier : comme le cèdre du Liban, il se mul­ti­plie­ra.
(Psaume 92 : 13)

Saint Char­bel Makh­louf doit sa renom­mée aux pro­diges et miracles qui entourent sa dépouille mor­telle. Nul, sans doute, n’au­rait pen­sé à faire un saint de ce pieux ermite liba­nais qui, par humi­li­té, s’é­tait soi­gneu­se­ment effa­cé du monde, si, après sa mort, la Pro­vi­dence n’a­vait obs­ti­né­ment atti­ré la fer­veur popu­laire sur sa tombe.

À cent qua­rante kilo­mètres au nord de Bey­routh, se trouve Bekaa Kafra, le plus haut vil­lage du Liban habi­té toute l’an­née, à 1650 mètres d’al­ti­tude. Il offre une vue pano­ra­mique sur la val­lée de la Qadi­sha, sur­nom­mée la Val­lée sainte, de nom­breux ermites y ayant vécu depuis le IVe siècle. C’est dans ce vil­lage que naît, le 8 mai 1828, le cin­quième enfant d’An­toun Makh­louf et de Bri­git­ta Chou­diac qui ont déjà deux fils, Jean et Becha­ra, et deux filles, Kaoun et War­da. Huit jours après sa nais­sance, il reçoit au bap­tême le nom de Yous­sef Antoun (Joseph Antoine).

La pié­té de la famille est simple, grande et forte. Bri­git­ta Makh­louf assiste à la Messe et récite son cha­pe­let quo­ti­dien­ne­ment. Deux de ses frères sont moines dans l’Ordre maro­nite liba­nais et vivent à l’er­mi­tage de Saint-Antoine de Qoz­haya, à cinq kilo­mètres de Bekaa Kafra. Antoun est un pauvre pay­san qui ne pos­sède qu’un modeste coin de terre, un âne et un petit éle­vage de chèvres et de moutons.

Bekaa Kafra, maison de la famille Makhlouf
Bekaa Kafra, mai­son de la famille Makhlouf

Un soir, Yous­sef Antoun est alors âgé de trois ans, un groupe de sol­dats vient réqui­si­tion­ner Antoun Makh­louf avec son âne pour trans­por­ter du maté­riel de l’ar­mée ; impos­sible de refu­ser. Sa mis­sion accom­plie, il tombe gra­ve­ment malade et meurt. Ce n’est qu’a­près des mois d’in­con­so­lable attente que Bri­git­ta com­prend qu’elle est veuve. Deux ans plus tard, en octobre 1833, crai­gnant de ne pou­voir sub­ve­nir aux besoins des siens, elle se rema­rie avec un homme très pieux du vil­lage. Peu après, celui-ci, avec l’ac­cord de Bri­git­ta et confor­mé­ment à la dis­ci­pline par­ti­cu­lière des Églises orien­tales, est ordon­né prêtre. Yous­sef lui sert la Messe et l’as­siste dans toutes les céré­mo­nies ; à la sor­tie de l’é­glise, l’en­fant se rend à l’é­cole où il apprend à lire, à écrire et à prier en syriaque, langue que par­lait Jésus. Il s’i­ni­tie éga­le­ment aux tra­vaux cham­pêtres et mène paître sa vache et ses bre­bis au flanc des col­lines. Un ami témoigne : Lorsque la vache avait bien brou­té l’herbe, il la lais­sait à son repos en lui disant : « Repose-toi main­te­nant, « Zah­ra », c’est mon tour et non plus le tien. Je veux prier ». Ain­si priait-il, et si sa vache se rele­vait pour pâtu­rer, il lui disait : « Ne recom­mence pas main­te­nant, attends que je finisse ma prière parce que je ne peux pas par­ler avec toi et avec Dieu ; Dieu est de prio­ri­té ». Il pas­sait des longues périodes, absor­bé par la prière.

Yous­sef va vers ses qua­torze ans et ses cama­rades le taquinent sur sa pié­té en l’ap­pe­lant « le saint ». Tous les jours il emmène paître son petit trou­peau et se rend dans une grotte où, à genoux devant une image de la Sainte Vierge, il prie. La grotte devient ain­si son lieu de prière et son pre­mier ermi­tage et, par la suite, un sanc­tuaire et un lieu de pèlerinage. 

Ouvrage : Les bons anges | Auteur : Lelong, M.-H.

Chapitre VII

MAINTENANT, je vais vous dire ce qui s’est pas­sé le jour de la fête Notre-Dame des Anges, ce qui s’est pas­sé dans les rues par­se­mées de bleuets, de mar­gue­rites et de fougères. 

La pro­ces­sion était déjà très belle, mais si l’on avait pu voir, comme les anges, ce qui se pas­sait dans le cœur des petites filles de la pro­ces­sion, on aurait vu quelque chose de plus beau encore.

D’a­bord, il fai­sait un grand soleil. 

Tous ceux qui ont vu, au moins 7 ou 8 fois, reve­nir les belles fêtes de l’an­née, savent que les sai­sons suivent le calen­drier. Les choses se passent un peu comme dans le livre des « Cinq cents recettes de cui­sine » : pour une belle fête de Noël, pre­nez une église de vil­lage, des sapins, sau­pou­drez-les de neige et de givre … Une Tous­saint bien réus­sie veut une petite pluie grise. La fête de Notre-Dame des Anges, elle, doit être ser­vie chaud. Thé­rèse l’a­vait défi­nie autre­fois : « C’est quand le Bon Dieu se pro­mène sous le soleil, et moi je lui jette des fleurs. » En effet, à Notre-Dame des Anges le Bon Dieu aime tel­le­ment se pro­me­ner qu’à l’As­somp­tion il fait comme si c’é­tait la Fête-Dieu ! Donc, il y avait, ce jour-là, beau­coup de soleil. 

Le petit vil­lage dont je vous parle est posé au croi­se­ment de deux routes. Comme, à chaque bout, un repo­soir a été dres­sé, le che­min du Saint Sacre­ment forme une croix, un grand signe de croix à tra­vers les fermes et les maisons. 

Les enfants de chœur suive la croix de procession

Cela com­mence, la veille au soir, par des écha­fau­dages de ton­neaux, de caisses, de poutres. On ne croi­rait jamais qu’il en sor­ti­ra quelque chose de bien. 

On a sac­ca­gé les parterres. 

Les fers à fri­ser du vil­lage sont mobi­li­sés : des têtes bou­clées, c’est encore ce qu’on a trou­vé de mieux pour repré­sen­ter des anges.

Sur le coup de 3 heures et demie, la pro­ces­sion débouche sur la place. 

Car elle sort, à Notre-Dame des Anges, la procession. 

Dans cer­tains pays, les gens sont si méchants, si méchants, qu’ils empêchent le Bon Dieu de sor­tir une mal­heu­reuse fois par an. Alors, comme un pauvre oiseau en cage, il fait seule­ment le tour de sa prison. 

Dans mon petit vil­lage, il sort, avec les ban­nières et la fan­fare muni­ci­pale au pas caden­cé, qui lance au ciel le ton­nerre de sa musique et l’é­clat de ses cuivres bien astiqués.