Croisé et lépreux !

Auteur : Daniel-Rops | Ouvrage : Légende dorée de mes filleuls .

Celui dont il va être main­te­nant ques­tion n’est pas un saint. L’histoire l’a presque oublié ; rares sont les livres où les éco­liers pour­raient lire sa vie exem­plaire. L’Église n’a pas consi­dé­ré que ses ver­tus fussent suf­fi­santes pour le pla­cer sur les autels. Pour­tant, par ses longues souf­frances héroï­que­ment sup­por­tées, par son éner­gie à rem­plir, mal­gré tout, ses devoirs, par sa tran­quilli­té en face de la mort ne méri­te­rait-il pas d’être pla­cé, non loin de saint Louis, dans la belle gale­rie de ces princes du Moyen Age qui sur­ent être de grands rois en demeu­rant de grands chré­tiens ? Et quand vous aurez lu ce que fut sa brève exis­tence tra­gique, sans doute pen­se­rez-vous que Celui qui connaît le plus pro­fond des cœurs et pèse au juste poids les actions des hommes, l’aura accueilli dans son amour, au Para­dis…

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Baudouin IV sur le champ de bataille CroisadeIl se nom­mait Bau­douin. Il avait treize ans lorsque son père mou­rut, le puis­sant Amau­ry, roi de Jéru­sa­lem, qui tant avait lut­té vaillam­ment contre l’infidèle, et mené jusqu’en Égypte l’offensive des armées franques. C’était un bel enfant, remar­qua­ble­ment doué ; char­mant de corps et de visage, prompt et ouvert, aus­si habile aux exer­cices phy­siques qu’appliqué à ceux de l’intelligence. Son esprit était vif, sa mémoire excel­lente et, dès son plus jeune âge, il avait com­pris com­bien il est utile, pour un prince, d’être très culti­vé. En même temps, cava­lier émé­rite, aus­si habile à mon­ter, sans selle, un fou­gueux petit che­val arabe qu’à mener un lourd des­trier de Bou­logne, capa­ra­çon­né de fer, aus­si expert en la chasse au fau­con qu’à la nage dans les eaux du lac de Tibé­riade. Vrai­ment, un magni­fique gar­çon.

Depuis son plus jeune âge, son pré­cep­teur, Mes­sire Guillaume de Tyr, qui écri­vait alors un énorme livre sur l’histoire des Croi­sades, lui en avait racon­té tous les évé­ne­ments ; Bau­douin n’ignorait rien de la gloire de ses ancêtres, ni des condi­tions où était né le royaume dont il héri­te­rait un jour. Et l’enfant, quand il che­vau­chait à tra­vers la cam­pagne de la Terre Sainte aimait à évo­quer l’épopée de ces hommes admi­rables qu’avaient été les pre­miers croi­sés.

Ce n’était pas à lui qu’il eût fal­lu apprendre com­ment, pour déli­vrer de l’occupation des Turcs musul­mans le Saint-Sépulcre où dor­mit, après la cru­ci­fixion, le corps de Notre-Sei­gneur, le grand Pape Urbain II, en 1095, dans la cathé­drale de Cler­mont-Fer­rand en France, avait appe­lé le monde à la croi­sade et com­ment, aus­si­tôt, des mil­liers d’assistants avaient fixé sur leur man­teau une croix d’étoffe rouge en jurant de par­tir pour la Pales­tine ! Ce n’était pas à lui qu’il eût fal­lu apprendre les noms des glo­rieux chefs qui avaient mené à la vic­toire la pre­mière croi­sade ; Gode­froy de Bouillon, le par­fait che­va­lier du Christ ; Hugues de Ver­man­dois, frère du roi de France ; Robert Cour­te­heuse, duc de Nor­man­die ; et les ducs de Sicile et les comtes de Tou­louse, et les évêques, et les légats du Pape, tous éga­le­ment pieux, tous éga­le­ment croyants.

Il se répé­tait sou­vent les phrases que son maître Guillaume lui avait lues, où il racon­tait com­ment les croi­sés, exté­nués, déci­més, presque à bout de cou­rage, étaient arri­vés en juin 1099 devant Jéru­sa­lem, la ville Sainte entre toutes.… « Lorsqu’ils enten­dirent que cette ville était Jéru­sa­lem, lors, ils com­men­cèrent à pleu­rer d’émotion. Tous se mirent à genoux et ren­dirent grâces à Dieu, parce qu’ils tou­chaient au but de leur pèle­ri­nage, et qu’ils allaient entrer dans cette ville que tant aima Notre-Sei­gneur durant qu’il vivait, homme, pour sau­ver les hommes. C’était grande émo­tion de voir et d’ouïr leurs larmes et leurs san­glots. Et lorsqu’ils furent appro­chés des murailles, en vue des tours de la cité, ils levèrent les mains au ciel dans une fer­vente prière, puis se mirent pieds nus, par humi­li­té de cœur, et bai­sèrent la terre qu’avait fou­lée Jésus. »

C’était de leurs efforts, de leurs sacri­fices, qu’était né ce royaume, le beau royaume chré­tien de Pales­tine, dont Bau­douin aurait la charge. Il pen­sait aux puis­sants châ­teaux, qu’on appe­lait les kraks, copiés des châ­teaux forts de France ou de Bel­gique, qui sur­veillaient tous les pas­sages par où le Musul­man aurait pu atta­quer de nou­veau. Il pen­sait aus­si aux solides milices des Che­va­liers moines, les Tem­pliers, les Hos­pi­ta­liers, qui consa­craient toute leur exis­tence à défendre la Terre Sainte contre les Turcs. Avec de tels hommes, avec de telles for­te­resses, qu’avait-on à craindre ? Et lui, Bau­douin, deve­nu à la mort de son père Bau­douin IV, il savait bien que, Dieu aidant, il com­bat­trait de toutes ses forces pour la sau­ve­garde du Sépulcre, la défense de son royaume et la sûre­té de tous les chré­tiens en Orient. Fidèle ! Il serait fidèle ! Et il pen­sait qu’un magni­fique ave­nir s’ouvrait devant lui.

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Il ne savait pas, le pauvre enfant…

Depuis plu­sieurs années, ses parents le fai­saient soi­gner par beau­coup de méde­cins. Cela l’agaçait fort. Que lui vou­laient-ils donc, ces « mires », avec leurs onguents et leurs drogues ? Fal­lait-il prendre tant garde à ces petits bou­tons puru­lents sur ses bras, à ces quelques plaques blan­châtres qu’on remar­quait sur sa poi­trine ? Cela ne lui fai­sait même pas mal et, à onze ou douze ans, un gar­çon n’aime pas beau­coup être soi­gné comme une fille douillette. Non, il ne savait pas…

Histoire de Baudouin, l'enfant roi lépreuxVoi­ci pour­tant ce qui s’était pas­sé, ce que son maître Guillaume de Tyr a rap­por­té dans son His­toire. Bau­douin aimait à jouer à la balle avec ses cama­rades ; il adve­nait, bien enten­du, que la balle tom­bât dans quelques-uns de ces four­rés de ronces, aux épines longues et très aiguës, comme on en voit beau­coup en Pales­tine. Lorsqu’il fal­lait aller la recher­cher, « Aïe ! aïe ! » criaient les autres en s’égratignant les bras. Mes­sire Guillaume obser­va que son élève Bau­douin, lui, ne criait jamais quand il fal­lait glis­ser le bras dans les four­rés : « C’est bien, Bau­douin, lui dit-il, d’être cou­ra­geux devant la souf­france ! — Oh, Mes­sire, répon­dit fran­che­ment le gar­çon, je ne souffre pas du tout. Mon bras droit et ma main ne sentent rien, et je puis m’égratigner, me pin­cer, me cou­per, cela m’est égal ! » Et de rire avec gaie­té, le mal­heu­reux ! Guillaume de Tyr pâlit : il avait tout de suite com­pris.

Il faut vous dire que la plus ter­rible mala­die du Moyen-Age, celle qu’on ne gué­ris­sait jamais alors (et que même aujourd’hui on n’est pas encore arri­vé à vaincre com­plè­te­ment), la « lèpre », com­mence ain­si. De grandes par­ties de peau deviennent insen­sibles, comme si elles étaient mortes ; des plaques blan­châtres appa­raissent, puis des sortes de bou­tons, des pus­tules. Len­te­ment, très len­te­ment même, car ce mal gagne sans hâte, mais sans se lais­ser arrê­ter, le corps entier est pris. Les chairs se bour­souflent, bour­geonnent de façon hor­rible. Le visage, ron­gé par la lèpre, prend l’aspect épou­van­table d’un muffle bes­tial. Très sou­vent les yeux se prennent et le malade devient aveugle. Enfin, quand le ter­rible mal atteint le cer­veau, sur­vient la mort…

C’était tout cela que Mes­sire Guillaume avait aper­çu en consi­dé­rant le bras de Bau­douin, un bras tout pâle, vague­ment mar­bré de blanc, sur lequel on voyait bien les marques des déchi­rures faites par les épines, mais aucune trace de sang. La lèpre ! Il n’y avait aucun doute : le jeune Prince, l’héritier du royaume franc de Jéru­sa­lem, était atteint de la mala­die la plus abo­mi­nable du temps. Le Pré­cep­teur cou­rut s’ouvrir de sa décou­verte au roi Amau­ry. Épou­van­té, celui-ci convo­qua tous les méde­cins de ses domaines et fit même venir d’Europe les plus répu­tés. En vain !

Et c’est ain­si que Bau­douin IV, roi à treize ans, ne devait pas tar­der à devi­ner qu’il était lépreux.

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Il savait quel sort l’attendait. Il savait qu’on ne gué­ris­sait pas de la lèpre. Il savait que sa jeune vie ne serait qu’une lente ago­nie, pro­lon­gée plus ou moins selon que le mal gagne­rait plus ou moins vite, mais dont la seule fin serait une mort affreuse, les chairs décom­po­sées tom­bant, vivantes, en pour­ri­ture, les yeux ron­gés par les pus­tules… Devant une telle pers­pec­tive, com­bien d’hommes eussent été déses­pé­rés ? Mais c’est en de sem­blables cir­cons­tances que l’âme d’un vrai chré­tien se révèle, et Bau­douin IV était un vrai chré­tien.

Le Sei­gneur lui impo­sait des souf­frances ter­ribles, mais lui-même, le Christ, n’a-t-il pas souf­fert, lui aus­si, ter­ri­ble­ment ? La mort était son seul ave­nir, à lui enfant des hommes, mais Jésus, fils de Dieu, n’était-il pas mort, lui inno­cent, pour rache­ter le monde de ses péchés ? À genoux devant le Saint-Sépulcre, bien sou­vent le petit roi lépreux médi­tait toutes ces choses et pui­sait dans l’amour du Christ, dans les pro­messes de salut éter­nel qu’il a faites, le cou­rage de vivre en roi, en chré­tien, mal­gré tout. La Sainte Pro­vi­dence l’avait pla­cé à la tête du royaume de Pales­tine ; ne devait-il pas accom­plir, jusqu’au bout, son métier de roi ? Ain­si sa vie serait-elle une ago­nie, mais une ago­nie cas­quée, une ago­nie à che­val, face à l’ennemi ! Lui vivant, l’Infidèle ne repren­drait pas Jéru­sa­lem ; le Musul­man ne souille­rait pas le Saint tom­beau !

Et Dieu sait pour­tant que la situa­tion était dif­fi­cile ! Un roi enfant, belle occa­sion pour tous les ambi­tieux d’essayer de se débar­ras­ser de sa tutelle ! Les intrigues foi­son­naient. Les grands barons rivaux com­plo­taient les uns contre les autres. On com­bi­nait déjà de s’emparer du trône lorsque la lèpre aurait enfin mené Bau­douin au tom­beau. Les mar­chands ita­liens et mal­tais tra­fi­quaient avec les infi­dèles et leur ven­daient des armes. Des prin­cesses, jalouses les unes des autres, pous­saient leurs maris à s’entendre avec les Turcs.

Ce n’était cepen­dant guère le moment, pour les chré­tiens, de se lais­ser aller aux dis­cordes ! Car, en face d’eux, au lieu d’une pous­sière de sei­gneu­ries musul­manes, venait de sur­gir un enne­mi redou­table, le sul­tan Sala­din ; maître de l’Égypte, menant ses troupes vic­to­rieuses de la Médi­ter­ra­née à la Méso­po­ta­mie, il venait de faire l’unité du monde musul­man et ne cachait pas son inten­tion de com­plé­ter ses États en s’emparant de la Terre Sainte. Mais Bau­douin, l’enfant lépreux, était un vrai des­cen­dant des Croi­sés, et Sala­din ne lui fai­sait pas peur.

Baudouin IV de Jerusalem Dominique Paladilhe - Via RomanaÀ l’automne de 1177, le sul­tan atta­qua avec une rapi­di­té ter­rible, dis­per­sa les pre­mières troupes franques qu’il ren­con­tra, fit pri­son­nier tout le corps des réserves que les barons chré­tiens venaient de lever et se mit à par­cou­rir la Pales­tine comme s’il était chez lui. Avec tout ce qu’il put ramas­ser de gens, Bau­douin s’enferma dans une place forte et se pré­pa­ra à contre-atta­quer. Et le 27 novembre, Sala­din, qui était bien per­sua­dé que le petit lépreux et sa poi­gnée d’hommes seraient inca­pables de lui tenir tête, se trou­va brus­que­ment, dans un défi­lé que les Croi­sés appe­laient Mont­gi­sard, en face d’une troupe réso­lue qu’il n’attendait pas.

Et quelle troupe ! Les chré­tiens venaient de voir les musul­mans rava­ger leurs champs, pro­fa­ner leurs églises, mas­sa­crer femmes et enfants ; une sainte colère enflam­mait en eux l’âme des pre­miers croi­sés. À un contre dix, ils se lan­cèrent à l’attaque, por­tant au milieu d’eux, en guise d’étendard, la Vraie Croix, celle sur laquelle est mort Jésus. Et l’on devait racon­ter qu’au plus fort du com­bat, il leur sem­bla à tous que la Croix deve­nait immense, gigan­tesque, tou­chant le ciel, et même qu’à un ins­tant dif­fi­cile, un che­va­lier mys­té­rieux était appa­ru au milieu des barons, revê­tu d’une armure étin­ce­lante, devant qui les Sar­ra­sins s’enfuyaient comme des vols de cailles, saint Georges lui-même, un des patrons du royaume de Pales­tine, des­cen­du du ciel pour aider ses com­pa­gnons d’armes.

Ce fut une admi­rable vic­toire, une vic­toire qui méri­te­rait d’être aus­si célèbre que Bou­vines… Au pre­mier rang de ses cava­liers, Bau­douin, le roi lépreux, avait mené lui-même charge sur charge. Il vit fuir devant lui Sala­din en déroute. Il avait alors à peine dix-sept ans.

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Mais son mal empi­rait. Main­te­nant per­sonne n’en pou­vait plus dou­ter et le monde chré­tien entier connais­sait la nou­velle : le roi Bau­douin était lépreux et ne gué­ri­rait jamais. Bien­tôt ses pieds et ses mains com­men­cèrent à se défor­mer, ron­gés, bour­sou­flés. De par­tout la peau pour­rie lui tom­bait et les abcès se mul­ti­pliaient. Son beau visage se défi­gu­ra, et un jour vint, — il avait alors dix-neuf ans, — où la lumière pour lui s’obscurcit, et il devint aveugle.

chateau de Kerak - Histoire du royaume de Jérusalem, Baudouin IV pour les enfantsMême dans cet état épou­van­table, l’enfant héroïque ne se lais­sa point abattre. De son lit, où, cadavre vivant, il gre­lot­tait sou­vent de fièvre, il ne ces­sait de com­man­der à ses gens, de les inter­ro­ger sur tout ce qui se pas­sait dans son royaume, de dic­ter des ins­truc­tions, que pour s’enfoncer dans des prières où il offrait au Christ ses souf­frances, les unis­sant à celles de la croix. Per­sonne ne l’approchait sans être bou­le­ver­sé par sa gran­deur d’âme. Un écri­vain musul­man lui-même, qui l’avait aper­çu, en par­lait dans son livre avec émo­tion et admi­ra­tion.

La situa­tion deve­nait de plus en plus cri­tique. Les intrigues des sei­gneurs se fai­saient plus achar­nées parce qu’on savait que le petit roi allait mou­rir. Son propre beau-frère était en révolte contre son auto­ri­té. Et Sala­din, ayant recons­ti­tué ses armées, repre­nait l’attaque.

Au mois d’août 1184, on apprit à Jéru­sa­lem que le sul­tan atta­quait le krak du Moab, le châ­teau-fort chré­tien qui défen­dait le pas­sage de la Mer Morte. Croyant Bau­douin à l’agonie, le Turc jugeait le moment favo­rable. C’était mal connaître le petit héros chré­tien. Un ordre ! « Qu’on me place dans une litière, por­tée à deux che­vaux ! Qu’on me guide au milieu de mes che­va­liers ! Et nous irons, avec l’aide du Christ, déli­vrer le krak de l’attaque des infi­dèles ! » Et l’on vit arri­ver, en effet, sur le champ de bataille, gisant dans la litière, tota­le­ment aveugle, le petit roi sublime et l’on vit, une fois encore, Sala­din décam­per devant lui.

Baudoin IV lépreux sur sa civière au milieu du champ de bataille

Ce fut le der­nier exploit de Bau­douin IV, le roi lépreux. Tout l’hiver, il souf­frit affreu­se­ment, le mal gagnant la tête et lui occa­sion­nant des migraines ter­ribles. Par­fois il déli­rait et on l’entendait mélan­ger des cris et des prières : « À moi, che­va­liers, par saint Georges et pour Notre-Sei­gneur ! » et « Mon Dieu, ayez pitié de moi ! » Dans les moments où sa mala­die le lais­sait un peu en repos, il assem­blait autour de sa couche ses meilleurs conseillers et déci­dait avec eux de sa propre suc­ces­sion. Après lui régne­rait son neveu, le petit Bau­douin V, « Bau­doui­net » comme on l’appelait, et un conseil de sages che­va­liers et pré­lats gou­ver­ne­raient en son nom.

Le 16 mars 1185, il mou­rut. On le mit en terre, près du som­met du Gol­go­tha, pas loin du Saint Sépulcre,à l’endroit où était mort l’Homme de dou­leur, le Dieu vivant en qui il avait pla­cé son espé­rance. Trois ans plus tard, Sala­din s’emparait de Jéru­sa­lem, et bien­tôt la Terre Sainte entière serait per­due pour les chré­tiens.

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