Une foule immense avait suivi Jésus sur la montagne, fascinée par son regard et par ses paroles. La nuit allait venir, et ces gens n’avaient rien à manger. Jésus demanda aux Apôtres de voir, si, parmi ce monde réuni, ils ne trouveraient pas quelqu’un ayant un peu de nourriture. Ils…
Et maintenant une histoire ! Posts
Cyrille s’adonna avec soin, dès ses plus tendres années, à l’étude des Saintes Écritures. Ordonné prêtre, il s’acquitta avec grand succès de la double charge de prêcher aux fidèles et d’instruire les catéchumènes ; il y joignit la composition de ces catéchèses vraiment admirables, où, ramassant, avec autant de clarté que d’éloquence, toute la doctrine de l’Église, il établissait solidement et défendait contre les ennemis de la foi chacun des dogmes de la religion. L’évêque de Jérusalem étant mort, il fut désigné pour lui succéder. La véhémence avec laquelle il combattit l’hérésie arienne lui valut l’exil à trois reprises : il ne fut tranquille qu’une fois la paix rendue à l’Église par l’empereur Théodose le Grand. La tradition nous apprend que Dieu illustra par des prodiges célestes la sainteté de Cyrille. La première année de son épiscopat, pendant les fêtes de la Pentecôte, une grande croix lumineuse apparut sur le Golgotha et s’étendit jusqu’au mont des Oliviers. Plus tard, vers 363, Julien l’Apostat, soit pour faire mentir la prédiction de Notre-Seigneur, soit pour s’attirer la sympathie des Juifs, entreprit de rebâtir le Temple de Jérusalem : or, quand les travaux commencèrent, un tourbillon dispersa les matériaux, des tremblements de terre rejetèrent les pierres des anciens fondements et comblèrent les tranchées ouvertes pour les nouveaux, des globes de feu sortant par les crevasses brûlèrent les ouvriers et empêchèrent toute approche : il fallut renoncer à l’entreprise… Après avoir assisté au concile de Constantinople, Cyrille mourut septuagénaire, le 18 mars 386.
— Quel plaisir ! quel bonheur ! encore une invitation ! Bravo, papa, qui annoncez la bonne nouvelle !
On saute au cou de son papa, on l’embrasse à grands bras comme si on était encore de petits enfants, et, rrring ! Laure et Christiane, les mains dans les mains, font un tour vertigineux. Elles ont quinze ans, elles sont charmantes. Elles aiment un peu le travail et beaucoup le plaisir, et sont expertes en cent ouvrages. Elles n’ont plus leur maman, et ont dû, bien jeunes, apprendre à mener la maison de leur papa, le bon docteur. Celui-ci trouve en elles son plus cher délassement aux rudes journées de dévouement. Leur plaisir est tout son plaisir ; on le sait bien, et les clients amis, qui sont nombreux, ne sauraient donner une fête enfantine sans y convier ses grandes filles.
— Nous comptons bien sur elles, n’est-ce pas, mon cher docteur ?
Et le cher docteur, muni de la bonne invitation, sourit d’avance de la joie qu’il apporte.
Cette fois, cela promet d’être plus amusant que jamais. Mme de Saintey donne une matinée pour le Mardi Gras, on sera costumé, et il y aura un concours de crêpes ; oui, on fera saute, les crêpes. Des prix seront distribués aux plus adroits qui enverront le plus haut la crêpe, la meilleure. Cette perspective provoque un délire de joie. Quinze jours, ce n’est pas trop pour s’entraîner aux crêpes, confectionner les costumes. Le docteur a ouvert son portefeuille :
— Voilà pour faire des merveilles, dit-il. Et dans chaque main il met un billet de cinquante francs, ce qui fait, bien compté, cent francs pour chacune. Puis d’un bon air heureux :
— Alors, tout le monde est content, et celle qui l’est le moins, ce n’est, à coup sûr, pas Marinette.
Qui, Marinette ? Mais cette vaillante enfant dont a déjà parlé papa, qui soigne sa maman malade, veille à la tripotée des petits frères, s’ingénie retenir le père dans le triste logis : elle n’y réussit pas toujours, la pauvrette. C’est une vie bien dure, bien sombre, sans joie jamais.
Papa poursuit : il explique que Mme de Saintely, cherchant une jeune fille pour tenir le vestiaire, il lui a recommandé Marinette dont la maman va mieux. Ce mardi-là, Marinette pourra sortir.
— Je viens de lui annoncer ma petite combinaison, la chère enfant n’en dormira pas de la nuit ! Cette journée lui apparait comme une féérie. Gentiment, elle pense déjà à l’emploi de l’argent qui lui en reviendra.
Le bon docteur, qui est un peu poète, s’enchante et s’émeut ; Laure, qui s’entend toujours très bien avec son papa, partage la douce impression.
— Voyez, conclut-il, elle aura une place bien humble, l’excellente enfant. Or, non seulement elle n’envie personne, mais il lui semble que personne ne sera aussi heureux qu’elle ce jour-là. « Je ne verrai rien d’aussi beau de ma vie ! » déclare-t-elle. Ce sera, on le sent, un gai rayon sur sa misérable jeunesse, ce souvenir.
— Il y a bien un hic, reprend papa. J’aurais voulu à Mariette un vêtement un peu convenable, elle ne possède qu’une pauvre robe et ne peut se rendre ainsi chez Mme de Saintely.
La vie s’écoulait, calme, tranquille, au milieu du labeur quotidien. Jésus, devenu grand, travaillait avec son père nourricier, et allait en ville porter le travail achevé. Un Dieu qui travaille ! Lui qui, d’un mot, a semé des millions d’arbres, rabote des planches, construit des charrues, gagne son pain à la…

Un lièvre qui, à l’extrémité de l’immense Asie, semble dresser ses oreilles et regarder vers nous, telle nous apparaît la Corée, surnommée par les Chinois « le pays du matin calme ».
Séparée de la Mandchourie, au Nord, par le fleuve Yalou ou du « canard vert », elle s’étend sur 1 700 kilomètres de long et 700 de large, entre la mer Jaune et la mer du Japon.
Tour à tour annexée par les Chinois et les Japonais, la Corée devint soi-disant indépendante en 1945. Son territoire fut alors divisé en deux parties par cette fameuse ligne de démarcation qui s’appelle le 38° parallèle : soit 10 millions d’habitants au Nord et 20 au Sud.
Et, depuis plus de deux ans 1, une guerre à la fois fratricide et internationale ravage le pays.
Voilà ce qu’est devenu « le pays du matin calme » !
Bernadettes2, cette situation tragique ne peut vous laisser indifférentes. Pourquoi ? Mais parce que les Coréens sont des hommes comme nous ! Mais parce qu’ils souffrent ! Mais parce qu’ils ont une âme comme vous !
Et quels hommes ! Un missionnaire qui les connaît bien a dit que dès le premier contact on est en sympathie avec eux !
Ils sont travailleurs, patients, généreux dans l’hospitalité. Et pourtant, la maison coréenne n’est qu’une chaumière sans fenêtre : toit de paille sur quatre poteaux de bois et cloisons de terre pétrie, deux compartiments : l’un pour les femmes, l’autre pour les hommes.
La Corée, continue le missionnaire, est le pays du courage simple et quotidien. Les enfants mêmes ne pleurent pas quand ils sont malades ou quand on les punit, et sur les joues des petites filles, les larmes coulent rarement.
Il est vrai que pour eux l’apprentissage du courage commence très tôt.
Tandis que les filles aident leur maman en portant le petit frère sur le dos, en travaillant dans les champs, en faisant la lessive, même en hiver dans l’eau glacée, les garçons rapportent sur leur dos de lourdes charges.
La Corée est le pays de la simplicité. Comme dans tous les pays du monde, les enfants jouent aux billes et au cerf-volant, et les jeunes gens tirent à l’arc. Mais le jeu national est la balançoire. Une planche posée sur une grosse pierre ou sur un rocher, et voici grands et petits ravis de plaisir. La fête de la balançoire, chaque année, rassemble jeunes et vieux dans la joie.
[1]Petite Jeanne n’y comprend plus rien : dans le jardin mystérieux, plein d’ombre et de bosquets, tout, depuis quelque temps devient encore plus mystérieux… Un vieil homme se promène dans les allées, vêtu de la livrée. Il se fait nommer Pierre. S’il est domestique, pourquoi ne va-t-il pas plutôt frotter les parquets ?… Et puis, ces paysans qui vont et viennent panier au bras… puis disparaissent, à moins que maman ne les fasse entrer sans bruit à la maison… maman ne fait plus toilette ; elle ne reçoit plus voisins et amis comme autrefois… si Jeanne la questionne, elle se tait… Tout cela aiguise la curiosité de la petite fille. Elle veut savoir et elle saura !… Le prétexte d’une course au papillon lui permettra de prendre cette allée que suit le serviteur. Elle lui demande : « Vous avez déjà fini votre travail, Pierre ? Qu’est-ce que maman vous a fait faire ? »
Pierre ne répond pas ; il se penche vers la petite fille et la regarde avec une grande bonté… Un autre jour, Jeanne s’aperçoit que les lèvres de Pierre remuent comme s’il priait tout bas… Puis, c’est le comble !… se réveillant, une nuit, la petite Jeanne voit Pierre habillé comme monsieur le Curé quand il disait la messe… et il dit la messe, en effet, an fond de la chambre d’enfants, sur une table garnie de nappes… Au fait, puisqu’elle a sept ans, pourquoi maman, si chrétienne, si pieuse, ne l’emmène-t-elle plus à l’église ? L’enfant s’y perd de plus en plus ; elle est entourée de mystères et de points d’interrogation, comme son lit de rideaux… mais la lumière des chandelles a traversé ceux-ci, tandis que son esprit reste dans l’obscurité la plus complète. Ce qui la bouleverse, c’est d’être trompé par sa mère… Pourquoi maman ne lui dit-elle pas tout simplement la vérité ? Si Pierre est prêtre, pourquoi ce déguisement de serviteur ?
Jeanne finit par se rendormir Le lendemain, après sa leçon, elle va jouer au jardin avec ses petites sœurs Antoinette et Claudine — Françoise est encore au berceau —.
Un papillon ! Vite, le filet ! Une fois encore, Jeanne se heurte à Pierre… elle en est toute saisie… mais Claudine la rappelle : « Jeanne, Jeanne ! Antoinette a pris ma poupée ! »

- [1] D’après L’apôtre du quartier Mouffetard : Sœur Rosalie, par Cécile Lhotte et Elisabeth Dupeyrat.↩




