Catégorie : Roguet, A.-M., O.P.

Auteur : Roguet, A.-M., O.P. | Ouvrage : Jacques et Françoise découvrent la messe .

Temps de lec­ture : 8 minutes

Fran­çoise — Mon Père, vous avez dit l’autre jour quelque chose qui m’a beau­coup tra­cas­sée… « La messe ne peut pas se sépa­rer de toute la Bible. » Mais la messe a été inven­tée par Jésus-Christ. Il n’y avait rien de pareil dans l’Ancien Tes­ta­ment.

Le Père — Mais si. Et voi­là jus­te­ment de quoi occu­per notre der­nier entre­tien, en vous fai­sant décou­vrir encore un aspect très impor­tant de la messe.

Jésus dans l’Ancien Testament

Jésus-Christ est le Fils de Dieu, bien sûr. Et quand il est venu sur terre ce fut une grande mer­veille, une grande nou­veau­té. Mais avant lui, dans l’histoire du peuple juif, il y avait eu des sau­veurs, des libé­ra­teurs, des guides du peuple dont la « figure » était comme une esquisse, une ébauche de la grande figure de Jésus-Christ.

Fran­çoise — Par exemple ?

Le Père — Par exemple Abel, le juste, mis à mort par son frère. Abra­ham, et son fils Isaac dont le sacri­fice, auquel il échappe fina­le­ment, « pré­fi­gure » le sacri­fice et la résur­rec­tion de Jésus. David, le roi pieux et misé­ri­cor­dieux, son ancêtre. Mais celui qui est peut-être la plus grande figure de Jésus-Christ, c’est Moïse. Pour­quoi ?

Fran­çoise — Parce qu’il a don­né la loi sur la mon­tagne.

Jacques — Mais sur­tout parce qu’il a sau­vé le peuple juif de l’esclavage des Égyp­tiens.

La Pâque des Juifs

Le Père — Très bien. Et cette grande libé­ra­tion s’appelle com­ment ?

La bible pour les enfants : La Pâque juive - Sacrifice de l'agneau pascal

Fran­çoise — La Pâque, ce qui veut dire pas­sage.

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Les prières de la messe : Le missel d'autelLe Père — Nous avons par­lé de tous les objets qu’on pose sur l’autel et qui font com­prendre qu’il est la table d’un sacri­fice : la croix enca­drée de cierges et le calice avec la patène. Il nous reste à par­ler d’un der­nier objet très impor­tant qui a sa place sur l’autel.  Jacques, c’est un objet qui inté­resse par­ti­cu­liè­re­ment le ser­vant de messe…

Jacques — Le mis­sel, qu’il faut trans­por­ter au bon moment, et qui est rude­ment lourd !

Le Père — Mais oui. On pour­rait se deman­der pour­quoi il faut un livre pour célé­brer un sacri­fice en forme de repas ?

Fran­çoise — C’est vrai. On nous dit tou­jours que ce n’est pas poli d’apporter un livre ou un jour­nal à table.

Le Père — Parce que, à table, on ne doit pas man­ger sans s’occuper des autres, comme un égoïste, mais il faut par­ti­ci­per à la conver­sa­tion…

Jacques — A condi­tion de ne pas par­ler la bouche pleine.

Le Père — Évi­dem­ment. Le livre pla­cé sur l’autel per­met pré­ci­sé­ment la conver­sa­tion avec Dieu. Com­ment appelle-t-on, d’un seul mot, la conver­sa­tion avec Dieu ?

Fran­çoise — La prière. Mais on peut par­ler avec Dieu sans paroles, sans livre, rien qu’avec son cœur.

Les prières de la messe. Le Canon

Le Père — C’est juste. Mais quand on est réuni, quand on doit prier ensemble, il faut bien que la prière se fasse avec des paroles fixées d’avance. Il y a beau­coup de prières dans le mis­sel. Savez-vous pour­quoi ?

Jacques — Parce que nous fai­sons à la messe ce que Jésus a fait à la Cène. Et Jésus a beau­coup prié à la Cène, avant et après.

Le Père — Eh oui ! Avec ses Apôtres, il a même chan­té des psaumes en se ren­dant au jar­din des Oli­viers. Le prêtre se sert du mis­sel pour dire des prières qui res­semblent à celles de Jésus. Ce sont sur­tout la Pré­face et le Canon — une longue prière qui se dit à chaque messe presque sans chan­ge­ment. (« Canon » signi­fie dans ce cas ce qui est réglé, fixé.)

Eplication de la messe pour le catéchisme - Jésus priant au Jardin des OliviersLes prières du Canon se trouvent au milieu du mis­sel. Pour les lire, le prêtre met le mis­sel en biais et tout près de lui afin de les suivre des yeux, sans s’éloigner du calice et de l’hostie qui demeurent tou­jours au centre de l’autel.

Fran­çoise — Alors, si le Canon se trouve au milieu du mis­sel, qu’est-ce qu’il y a au com­men­ce­ment et à la fin ?

Le Propre

Le Père — Les prières qui changent et qu’on appelle le propre. Au début il y a le propre du temps qui sert sur­tout le dimanche.

Jacques — Les dimanches d’Avent et de Carême où la cha­suble est vio­lette…

Le Père — En signe de péni­tence.

Jacques — Noël, Pâques et les dimanches qui suivent, où la cha­suble est blanche…

Le Père — En signe de joie, de lumière et de vic­toire.

Fran­çoise — Et tous les dimanches d’été, comme main­te­nant, où

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Le Père — Aujourd’hui, mes enfants, notre expli­ca­tion de la messe se dérou­le­ra dans l’église. J’en ai besoin pour vous mon­trer quelque chose… qui est indis­pen­sable pour dire la messe. Savez-vous quoi ?

Fran­çoise — C’est l’église !

Jacques — Pas du tout, voyons. En sor­tie de patrouille, nous avons sou­vent la messe en forêt ou en mon­tagne.

Le Père — Dans l’église de pierres il y a un objet qui est en pierre aus­si — et qui est abso­lu­ment indis­pen­sable pour célé­brer la messe, même en plein air. Voyons, je vous ai dit quelque chose qui peut vous aider à trou­ver… Regar­dez autour de vous.

Fran­çoise — La lampe du Saint-Sacre­ment.

Jacques — Que tu es bête ! Pour qu’il y ait le Saint-Sacre­ment, il faut qu’il y ait eu une messe avant. Et à la messe en plein air, il n’y a pas le Saint-Sacre­ment.

Réflexion sur la messe pour les enfants - l'autel à colorier

Le Père — Quelque chose qui repré­sente Jésus-Christ.

Jacques — Encore ! Le prêtre repré­sente Jésus-Christ, les fidèles repré­sentent Jésus-Christ — enfin, son Corps — le pain et le vin repré­sentent Jésus-Christ…

Le Père — Ils font même beau­coup plus que le repré­sen­ter : ils le rendent pré­sent. Jésus est pré­sent là où étaient aupa­ra­vant le pain et le vin… Vous ne trou­vez pas ?

Fran­çoise — Je donne ma langue au chat.

Les enfants suivent les explications du pretre - Pierre d'autel contenant les reliques

Le Père — Eh bien, c’est

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La messe est une action

Le Père — Nous avons vu que la messe a deux per­son­nages indis­pen­sables, le prêtre et le peuple des bap­ti­sés. Mais est-ce que cela suf­fit pour célé­brer la messe ?

Jacques — Oh non ! Il faut un mis­sel, des cierges, une son­nette…

Fran­çoise — Des nappes, un ciboire, la clé du taber­nacle…

Le Père — Ne nous per­dons pas dans les détails. Ce prêtre, qu’est-ce qu’il va faire ? Par­ler ? Et les fidèles, écou­ter et répondre ? La messe est donc un dis­cours, une conver­sa­tion ?

Jacques — Pas seule­ment. A la messe on fait quelque chose.

Fran­çoise — Jésus a dit à la Cène : « Faites ceci en mémoire de moi » !

Le Père — Et qu’est-ce qu’il avait fait ?

Jacques — Il avait pris du pain et du vin.

Le Père — Voi­là ce qui est impor­tant ! Et pour­quoi Jésus a-t-il pris du pain et du vin ?

Explication de l'Eucharistie aux jeunes - Le pain et le vin, offert à la messeJacques — Pour les don­ner à ses dis­ciples, en disant : « Pre­nez et man­gez, pre­nez et buvez… »

Fran­çoise — Attends ! Attends ! Il a dit aus­si : « Ceci est mon Corps. Ceci est mon Sang. » Parce qu’il a vou­lu que nous man­gions son corps et que nous buvions son sang.

Le Père — C’est cela : avant la com­mu­nion, et en vue de la com­mu­nion, il y a la consé­cra­tion. Et pour­quoi Jésus nous donne-t-il son corps à man­ger et son sang à boire sous les appa­rences du pain et du vin ?

Fran­çoise — Parce que nous ne pour­rions pas man­ger son corps et boire son sang comme ça, direc­te­ment. On n’oserait pas… et puis ça lui ferait mal !

Jacques — On n’est pas des anthro

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Temps de lec­ture : 6 minutes

Jacques — J’ai bien réflé­chi, mon Père, à ce que vous nous avez expli­qué hier. Mais, si le prêtre repré­sente Jésus-Christ, l’enfant de chœur, qu’est-ce qu’il repré­sente ?

Fran­çoise — Rien du tout ! La preuve c’est qu’on s’en passe très bien. Quand tu ne te réveilles pas pour la messe, c’est madame Gou­pil, la sacris­tine, qui dit les réponses et qui agite la son­nette.

Jacques — Peut-être. Mais moi, je mets une sou­tane rouge et un sur­plis. Et puis je trans­porte le mis­sel, je pré­sente les burettes, et vous, les femmes, vous ne pou­vez pas le faire !

Le Père — L’enfant de chœur, ou plus exac­te­ment l’acolyte, repré­sente le peuple de Dieu. Le prêtre n’a pas le droit de célé­brer la messe tout seul. La messe c’est l’affaire du prêtre et, avec lui, de tout le peuple chré­tien.

Fran­çoise — Pour­quoi ? Est-ce que Jésus-Christ n’était pas tout seul sur la croix ?

Le sacrifice de l’unité

Le Père — C’est bien vrai ! Mais pour­quoi est-il mort sur la croix ? Il nous l’a dit : « pour ras­sem­bler tous les enfants de Dieu dis­per­sés ». Par son sacri­fice du Cal­vaire il les a réunis en un seul Corps, son Corps, ce qu’on appelle l’Église. C’est pour­quoi, depuis qu’il est mort — et res­sus­ci­té —, Jésus ne peut plus offrir son sacri­fice tout seul. Son sacri­fice est en même temps celui de l’Église, qui l’offre avec lui.

Coloriage - Explications du role du Servant de messe ou servant d'autelEn outre, c’est bien vrai que le prêtre en célé­brant la messe repré­sente le sacri­fice du Cal­vaire, mais il fait ce que Jésus a fait à la Cène. C’est après la Cène qu’il a dit : « Faites ceci en mémoire de moi. » Et à la Cène, Jésus n’était pas tout seul. Il a pré­sen­té le pain et le vin à ses Apôtres en disant : « Pre­nez et man­gez-en tous… Pre­nez et buvez-en tous. »

Jacques — Alors, quand je sers la messe, je dois offrir le pain et le vin avec le prêtre ?

Le Père — Le prêtre est seul à prendre le pain et le calice dans ses mains, mais tous les chré­tiens doivent offrir avec lui, dans leur cœur. C’est pour cela que le prêtre se tourne si sou­vent vers les fidèles, les inter­pelle, leur dit : Domi­nus vobis­cum.

Jacques — Et je réponds : Et cum spi­ri­tu tuo.

Fran­çoise — Quand tu es seul. Mais quand nous sommes là, nous le disons aus­si.

Le Père — Et vous avez rai­son. Même si on ne sait pas le sens de ces paroles il est impor­tant de les dire, pour mon­trer qu’on s’unit au prêtre.