Étiquette : Élévation

Auteur : Roguet, A.-M., O.P. | Ouvrage : Jacques et Françoise découvrent la messe .

La messe est une action

Le Père — Nous avons vu que la messe a deux per­son­nages indis­pen­sables, le prêtre et le peuple des bap­ti­sés. Mais est-ce que cela suf­fit pour célé­brer la messe ?

Jacques — Oh non ! Il faut un mis­sel, des cierges, une son­nette…

Fran­çoise — Des nappes, un ciboire, la clé du taber­nacle…

Le Père — Ne nous per­dons pas dans les détails. Ce prêtre, qu’est-ce qu’il va faire ? Par­ler ? Et les fidèles, écou­ter et répondre ? La messe est donc un dis­cours, une conver­sa­tion ?

Jacques — Pas seule­ment. A la messe on fait quelque chose.

Fran­çoise — Jésus a dit à la Cène : « Faites ceci en mémoire de moi » !

Le Père — Et qu’est-ce qu’il avait fait ?

Jacques — Il avait pris du pain et du vin.

Le Père — Voi­là ce qui est impor­tant ! Et pour­quoi Jésus a-t-il pris du pain et du vin ?

Explication de l'Eucharistie aux jeunes - Le pain et le vin, offert à la messeJacques — Pour les don­ner à ses dis­ciples, en disant : « Pre­nez et man­gez, pre­nez et buvez… »

Fran­çoise — Attends ! Attends ! Il a dit aus­si : « Ceci est mon Corps. Ceci est mon Sang. » Parce qu’il a vou­lu que nous man­gions son corps et que nous buvions son sang.

Le Père — C’est cela : avant la com­mu­nion, et en vue de la com­mu­nion, il y a la consé­cra­tion. Et pour­quoi Jésus nous donne-t-il son corps à man­ger et son sang à boire sous les appa­rences du pain et du vin ?

Fran­çoise — Parce que nous ne pour­rions pas man­ger son corps et boire son sang comme ça, direc­te­ment. On n’oserait pas… et puis ça lui ferait mal !

Jacques — On n’est pas des anthro

Auteur : Par un groupe de pères et de mères de familles | Ouvrage : À la découverte de la liturgie avec Bernard et Colette .

Chapitre XX

 

Sur le talus mous­su, le groupe atten­tif ne témoigne aucune las­si­tude. Yvon cepen­dant consulte sa montre.

—    Avez-vous le cou­rage de m’accorder encore une heure ?

—     Une, deux, trois, tant que tu vou­dras, répond Colette avec son entrain habi­tuel.

—     Oui, oui, fait écho le reste de la bande.

—     Alors, en route, aux grandes allures, pour le pres­by­tère.

Tout le monde à la fois crie :
—    Pour­quoi ?

—    D’abord pour nous dérouiller les jambes. Ensuite, vous com­pren­drez.

En arri­vant à la porte de la cure, sur­prise ! Ber­nard et Jean en sortent.

Les deux petits groupes, dont les mou­ve­ments n’ont rien de pré­ci­sé­ment calme, se heurtent presque et s’immobilisent nez à nez, pour se crier mutuel­le­ment, avec de grands rires : Que diable faites-vous là ?

Ber­nard et Jean, qui viennent de ter­mi­ner la mon­ture d’un arc de triomphe, font demi-tour ; et l’on rentre tous ensemble dans le jar­din, où le bon vieux pas­teur récite son cha­pe­let fort tran­quille­ment.

—    Mon­sieur le Curé, dit Yvon, nous avons besoin de vous. Depuis deux jours, j’essaye d’expliquer la litur­gie de la Messe à la petite jeu­nesse. Nous voi­ci arri­vés au Canon, mais là, voyez-vous, je vou­drais vous pas­ser la parole. Vous trou­ve­rez mieux que moi les mots qui conviennent, j’en suis sûr.

—    Il fau­dra pour­tant t’y mettre le jour où ton Évêque te don­ne­ra un poste, mais enfin, passe pour aujourd’hui. Venez tous sous la ton­nelle ; il y fait bon.

Comme Ber­nard et Jean s’y ins­tallent, leur vieil ami les inter­pelle :

—    Vous aus­si… à votre âge ?

—     Qui sait si nous n’en avons pas plus besoin que ces petits ? répond Ber­nard en regar­dant Pier­rot et Nono, dont les phy­sio­no­mies reflètent deux petites âmes déli­cieuses.

—     Alors, va pour tout l’auditoire. Tu disais, Yvon, que vous aviez étu­dié les pre­mières par­ties de la Messe ?

—     Oui, jusqu’à la Pré­face.

—     Eh bien ! Jean, toi qui es si excellent enfant de chœur, dis-nous un peu ce que tu penses du dia­logue qui pré­cède cette Pré­face. Je ne t’apprends pas qu’il com­mence par les der­niers mots de la Secrète que le prêtre pro­nonce tout haut : « Dans tous les siècles des siècles… »

—     Et nous répon­dons : « Amen. » Ensuite, c’est un dia­logue :
« Que le Sei­gneur soit avec vous. »
« Et avec votre esprit. »
« Haut les cœurs. »
« Nous les tenons éle­vés vers le Sei­gneur. »

—     Très bien, mais que signi­fient ces paroles ?

—     Que le moment le plus solen­nel approche, qu’il faut essayer de pen­ser uni­que­ment aux choses divines qui vont s’accomplir là, tout près de nous, sur l’autel.

—     Par­fait ! Alors ! le prêtre ajoute : « Ren­dons grâce à Dieu. »

—     Et nous répon­dons : « Cela est digne et juste. »

—     Main­te­nant l’officiant redit : « Il est digne et juste de rendre grâce en tout temps et en tout lieu au Sei­gneur Saint, Père Tout-Puis­sant, Dieu éter­nel. »
Savez-vous ce que ces mots de louange rap­pellent tout spé­cia­le­ment ici ? Que Notre-Sei­gneur, avant d’instituer l’Eucharistie, « ren­dit grâce » à son Père. Et c’est ain­si que com­mence la Pré­face.
Selon la fête, les termes en varient un peu, mais le début et la fin sont tou­jours iden­tiques. Les sen­ti­ments de recon­nais­sance, de louanges, conte­nus dans la Pré­face, passent par Notre-Sei­gneur, la sainte Vierge, les Apôtres, et fina­le­ment s’unissent au concert des Anges au Ciel : Sanc­tus, Sanc­tus, Sanc­tus ; Saint, Saint, Saint est le Sei­gneur le Dieu des armées.