Étiquette : Canon

Auteur : Roguet, A.-M., O.P. | Ouvrage : Jacques et Françoise découvrent la messe .

Temps de lec­ture : 7 minutes

Les prières de la messe : Le missel d'autelLe Père — Nous avons par­lé de tous les objets qu’on pose sur l’autel et qui font com­prendre qu’il est la table d’un sacri­fice : la croix enca­drée de cierges et le calice avec la patène. Il nous reste à par­ler d’un der­nier objet très impor­tant qui a sa place sur l’autel.  Jacques, c’est un objet qui inté­resse par­ti­cu­liè­re­ment le ser­vant de messe…

Jacques — Le mis­sel, qu’il faut trans­por­ter au bon moment, et qui est rude­ment lourd !

Le Père — Mais oui. On pour­rait se deman­der pour­quoi il faut un livre pour célé­brer un sacri­fice en forme de repas ?

Fran­çoise — C’est vrai. On nous dit tou­jours que ce n’est pas poli d’apporter un livre ou un jour­nal à table.

Le Père — Parce que, à table, on ne doit pas man­ger sans s’occuper des autres, comme un égoïste, mais il faut par­ti­ci­per à la conver­sa­tion…

Jacques — A condi­tion de ne pas par­ler la bouche pleine.

Le Père — Évi­dem­ment. Le livre pla­cé sur l’autel per­met pré­ci­sé­ment la conver­sa­tion avec Dieu. Com­ment appelle-t-on, d’un seul mot, la conver­sa­tion avec Dieu ?

Fran­çoise — La prière. Mais on peut par­ler avec Dieu sans paroles, sans livre, rien qu’avec son cœur.

Les prières de la messe. Le Canon

Le Père — C’est juste. Mais quand on est réuni, quand on doit prier ensemble, il faut bien que la prière se fasse avec des paroles fixées d’avance. Il y a beau­coup de prières dans le mis­sel. Savez-vous pour­quoi ?

Jacques — Parce que nous fai­sons à la messe ce que Jésus a fait à la Cène. Et Jésus a beau­coup prié à la Cène, avant et après.

Le Père — Eh oui ! Avec ses Apôtres, il a même chan­té des psaumes en se ren­dant au jar­din des Oli­viers. Le prêtre se sert du mis­sel pour dire des prières qui res­semblent à celles de Jésus. Ce sont sur­tout la Pré­face et le Canon — une longue prière qui se dit à chaque messe presque sans chan­ge­ment. (« Canon » signi­fie dans ce cas ce qui est réglé, fixé.)

Eplication de la messe pour le catéchisme - Jésus priant au Jardin des OliviersLes prières du Canon se trouvent au milieu du mis­sel. Pour les lire, le prêtre met le mis­sel en biais et tout près de lui afin de les suivre des yeux, sans s’éloigner du calice et de l’hostie qui demeurent tou­jours au centre de l’autel.

Fran­çoise — Alors, si le Canon se trouve au milieu du mis­sel, qu’est-ce qu’il y a au com­men­ce­ment et à la fin ?

Le Propre

Le Père — Les prières qui changent et qu’on appelle le propre. Au début il y a le propre du temps qui sert sur­tout le dimanche.

Jacques — Les dimanches d’Avent et de Carême où la cha­suble est vio­lette…

Le Père — En signe de péni­tence.

Jacques — Noël, Pâques et les dimanches qui suivent, où la cha­suble est blanche…

Le Père — En signe de joie, de lumière et de vic­toire.

Fran­çoise — Et tous les dimanches d’été, comme main­te­nant, où

Auteur : Par un groupe de pères et de mères de familles | Ouvrage : À la découverte de la liturgie avec Bernard et Colette .

Temps de lec­ture : 11 minutes

Chapitre XX

 

Sur le talus mous­su, le groupe atten­tif ne témoigne aucune las­si­tude. Yvon cepen­dant consulte sa montre.

—    Avez-vous le cou­rage de m’accorder encore une heure ?

—     Une, deux, trois, tant que tu vou­dras, répond Colette avec son entrain habi­tuel.

—     Oui, oui, fait écho le reste de la bande.

—     Alors, en route, aux grandes allures, pour le pres­by­tère.

Tout le monde à la fois crie :
—    Pour­quoi ?

—    D’abord pour nous dérouiller les jambes. Ensuite, vous com­pren­drez.

En arri­vant à la porte de la cure, sur­prise ! Ber­nard et Jean en sortent.

Les deux petits groupes, dont les mou­ve­ments n’ont rien de pré­ci­sé­ment calme, se heurtent presque et s’immobilisent nez à nez, pour se crier mutuel­le­ment, avec de grands rires : Que diable faites-vous là ?

Ber­nard et Jean, qui viennent de ter­mi­ner la mon­ture d’un arc de triomphe, font demi-tour ; et l’on rentre tous ensemble dans le jar­din, où le bon vieux pas­teur récite son cha­pe­let fort tran­quille­ment.

—    Mon­sieur le Curé, dit Yvon, nous avons besoin de vous. Depuis deux jours, j’essaye d’expliquer la litur­gie de la Messe à la petite jeu­nesse. Nous voi­ci arri­vés au Canon, mais là, voyez-vous, je vou­drais vous pas­ser la parole. Vous trou­ve­rez mieux que moi les mots qui conviennent, j’en suis sûr.

—    Il fau­dra pour­tant t’y mettre le jour où ton Évêque te don­ne­ra un poste, mais enfin, passe pour aujourd’hui. Venez tous sous la ton­nelle ; il y fait bon.

Comme Ber­nard et Jean s’y ins­tallent, leur vieil ami les inter­pelle :

—    Vous aus­si… à votre âge ?

—     Qui sait si nous n’en avons pas plus besoin que ces petits ? répond Ber­nard en regar­dant Pier­rot et Nono, dont les phy­sio­no­mies reflètent deux petites âmes déli­cieuses.

—     Alors, va pour tout l’auditoire. Tu disais, Yvon, que vous aviez étu­dié les pre­mières par­ties de la Messe ?

—     Oui, jusqu’à la Pré­face.

—     Eh bien ! Jean, toi qui es si excellent enfant de chœur, dis-nous un peu ce que tu penses du dia­logue qui pré­cède cette Pré­face. Je ne t’apprends pas qu’il com­mence par les der­niers mots de la Secrète que le prêtre pro­nonce tout haut : « Dans tous les siècles des siècles… »

—     Et nous répon­dons : « Amen. » Ensuite, c’est un dia­logue :
« Que le Sei­gneur soit avec vous. »
« Et avec votre esprit. »
« Haut les cœurs. »
« Nous les tenons éle­vés vers le Sei­gneur. »

—     Très bien, mais que signi­fient ces paroles ?

—     Que le moment le plus solen­nel approche, qu’il faut essayer de pen­ser uni­que­ment aux choses divines qui vont s’accomplir là, tout près de nous, sur l’autel.

—     Par­fait ! Alors ! le prêtre ajoute : « Ren­dons grâce à Dieu. »

—     Et nous répon­dons : « Cela est digne et juste. »

—     Main­te­nant l’officiant redit : « Il est digne et juste de rendre grâce en tout temps et en tout lieu au Sei­gneur Saint, Père Tout-Puis­sant, Dieu éter­nel. »
Savez-vous ce que ces mots de louange rap­pellent tout spé­cia­le­ment ici ? Que Notre-Sei­gneur, avant d’instituer l’Eucharistie, « ren­dit grâce » à son Père. Et c’est ain­si que com­mence la Pré­face.
Selon la fête, les termes en varient un peu, mais le début et la fin sont tou­jours iden­tiques. Les sen­ti­ments de recon­nais­sance, de louanges, conte­nus dans la Pré­face, passent par Notre-Sei­gneur, la sainte Vierge, les Apôtres, et fina­le­ment s’unissent au concert des Anges au Ciel : Sanc­tus, Sanc­tus, Sanc­tus ; Saint, Saint, Saint est le Sei­gneur le Dieu des armées.