II. Le peuple des baptisés

Auteur : Roguet, A.-M., O.P. | Ouvrage : Jacques et Françoise découvrent la messe .

Jacques — J’ai bien réflé­chi, mon Père, à ce que vous nous avez expli­qué hier. Mais, si le prêtre repré­sente Jésus-Christ, l’enfant de chœur, qu’est-ce qu’il repré­sente ?

Fran­çoise — Rien du tout ! La preuve c’est qu’on s’en passe très bien. Quand tu ne te réveilles pas pour la messe, c’est madame Gou­pil, la sacris­tine, qui dit les réponses et qui agite la son­nette.

Jacques — Peut-être. Mais moi, je mets une sou­tane rouge et un sur­plis. Et puis je trans­porte le mis­sel, je pré­sente les burettes, et vous, les femmes, vous ne pou­vez pas le faire !

Le Père — L’enfant de chœur, ou plus exac­te­ment l’acolyte, repré­sente le peuple de Dieu. Le prêtre n’a pas le droit de célé­brer la messe tout seul. La messe c’est l’affaire du prêtre et, avec lui, de tout le peuple chré­tien.

Fran­çoise — Pour­quoi ? Est-ce que Jésus-Christ n’était pas tout seul sur la croix ?

Le sacrifice de l’unité

Le Père — C’est bien vrai ! Mais pour­quoi est-il mort sur la croix ? Il nous l’a dit : « pour ras­sem­bler tous les enfants de Dieu dis­per­sés ». Par son sacri­fice du Cal­vaire il les a réunis en un seul Corps, son Corps, ce qu’on appelle l’Église. C’est pour­quoi, depuis qu’il est mort — et res­sus­ci­té —, Jésus ne peut plus offrir son sacri­fice tout seul. Son sacri­fice est en même temps celui de l’Église, qui l’offre avec lui.

Coloriage - Explications du role du Servant de messe ou servant d'autelEn outre, c’est bien vrai que le prêtre en célé­brant la messe repré­sente le sacri­fice du Cal­vaire, mais il fait ce que Jésus a fait à la Cène. C’est après la Cène qu’il a dit : « Faites ceci en mémoire de moi. » Et à la Cène, Jésus n’était pas tout seul. Il a pré­sen­té le pain et le vin à ses Apôtres en disant : « Pre­nez et man­gez-en tous… Pre­nez et buvez-en tous. »

Jacques — Alors, quand je sers la messe, je dois offrir le pain et le vin avec le prêtre ?

Le Père — Le prêtre est seul à prendre le pain et le calice dans ses mains, mais tous les chré­tiens doivent offrir avec lui, dans leur cœur. C’est pour cela que le prêtre se tourne si sou­vent vers les fidèles, les inter­pelle, leur dit : Domi­nus vobis­cum.

Jacques — Et je réponds : Et cum spi­ri­tu tuo.

Fran­çoise — Quand tu es seul. Mais quand nous sommes là, nous le disons aus­si.

Le Père — Et vous avez rai­son. Même si on ne sait pas le sens de ces paroles il est impor­tant de les dire, pour mon­trer qu’on s’unit au prêtre.

Participer à la messe

Coloriage de la messe - Célabrant et la lecture de l'oraisonFran­çoise — Pour­tant on dit que les gens assistent à la messe. Quand on assiste à un film ou à un match, on n’a pas à se mêler de ce que font les acteurs ou les spor­tifs.

Le Père — Oui. Pour­tant, les spec­ta­teurs rient ou fré­missent de ce qu’ils voient, et ils applau­dissent quand ils sont contents. Mais la messe n’est pas seule­ment un spec­tacle. Per­sonne ne devrait y être simple spec­ta­teur. Tout le monde doit y par­ti­ci­per. Et com­ment y par­ti­cipe-t-on ?

Jacques — En répon­dant au prêtre, en chan­tant tous ensemble.

Fran­çoise — En don­nant à la quête.

Jacques — En se levant et en se met­tant à genoux quand il faut.

Fran­çoise — En fai­sant bien atten­tion, en priant.

Le Père — C’est vrai. Mais n’oubliez pas le prin­ci­pal ! Voyons… Je vous ai rap­pe­lé ce que Notre-Sei­gneur disait à ses Apôtres…

Jacques — Ah ! oui ! « Pre­nez et man­gez. » On par­ti­cipe à la messe sur­tout en com­mu­niant.

Le Père — Je vous pose une ques­tion, à mon tour. Pour­quoi les chré­tiens doivent-ils aller à la messe, au moins chaque dimanche ?

Fran­çoise — Parce que sans cela ils feraient un péché, puisque c’est obli­ga­toire.

Le Père — Et pour­quoi est-ce obli­ga­toire ?

Jacques — On va à la messe pour ren­con­trer Jésus-Christ, pour le prier.

Le Père— Mais tu peux prier dans ta chambre, ou sur la route. On n’a pas besoin d’aller à l’église pour ren­con­trer Jésus-Christ : il est dans ton cœur par la grâce.

Jacques — A la messe, on entend sa parole dans l’évangile, dans le ser­mon.

Le Père — Oui, et c’est très impor­tant. Mais tu peux aus­si lire l’évangile à la mai­son, tu peux entendre un ser­mon à la radio…

Fran­çoise — A la messe on peut com­mu­nier. On ne peut pas com­mu­nier en écou­tant la radio, ni même en regar­dant la télé­vi­sion.

Le Père — Oui. Mais il y a encore autre chose. Pour vous faire com­prendre ce que je veux dire, je vais faire une sup­po­si­tion impos­sible. Ima­gi­nons qu’il y a tel­le­ment de prêtres que chaque fidèle aurait un curé pour lui tout seul, comme autre­fois chaque sei­gneur avait son cha­pe­lain. Si chaque fidèle avait ain­si sa messe chaque dimanche pour lui tout seul, dans sa cha­pelle par­ti­cu­lière, est-ce que ce serait encore la messe ?

Jacques — Je ne sais pas. Il me semble que ça ne serait pas nor­mal, mais je ne vois pas pour­quoi.

Rassemblement du peuple de Dieu - Fidèles adorant le Christ a la messe

Le rassemblement de l’Église

Le Père — Je vais te le dire. Parce que la messe, c’est le ras­sem­ble­ment de toute l’Église. Nous n’y allons pas seule­ment pour ren­con­trer Jésus-Christ, ni même pour com­mu­nier avec lui, comme en tête à tête. Nous y allons pour nous ras­sem­bler avec nos frères, pour nous unir à eux dans une action com­mune. La messe, ce n’est pas seule­ment le sacri­fice de Jésus-Christ offert par le prêtre. C’est le sacri­fice de Jésus-Christ offert par l’Église et pour l’Église.

Jacques — Alors l’enfant de chœur repré­sente l’Église ?

Le Père — Mais oui : s’il n’y a per­sonne d’autre, ce petit bon­homme, à lui tout seul, repré­sente tous les parois­siens, et même tous les bap­ti­sés du monde entier.

Jacques — Alors je repré­sente aus­si mon­sieur Homais le phar­ma­cien et madame Bar­ba­zange la bura­liste, qui ne vont jamais à la messe ?

Le Père — Chut ! chut ! Regarde dans ton mis­sel ce que le prêtre dit aus­si­tôt après la consé­cra­tion.

Jacques (lisant) — « Nous, vos ser­vi­teurs… »

Le Père — C’est-à-dire les prêtres.

Jacques — « et tout votre peuple saint, nous vous offrons cette hos­tie… »

Le Père — Le « peuple saint » ce sont tous les bap­ti­sés qui entourent l’autel.

Comprendre la messe pour les jeunes - Fonds baptismaux et eau bénite

Baptême et messe

Fran­çoise — Alors, si quelqu’un qui n’est pas bap­ti­sé entre à l’église pen­dant la messe, il ne par­ti­cipe pas à la messe ?

Jacques — Bien sûr que non, parce qu’il ne fait pas par­tie du Corps du Christ. Il est un simple spec­ta­teur, un étran­ger.

Le Père — Tu as très bien com­pris. Et les parois­siens qui assistent à la messe sans rien dire, sans rien faire, en pen­sant à autre chose, se com­portent comme s’ils avaient oublié leur bap­tême. Pour­tant il y a une céré­mo­nie qui a jus­te­ment pour but de le leur rap­pe­ler. Savez-vous laquelle ?

Fran­çoise et Jacques — Euh…

Le Père — Mal­heu­reu­se­ment on ne l’explique pas sou­vent, et puis ceux qui en auraient le plus besoin n’y assistent jamais, parce qu’ils ne vont pas à la grand-messe, ou parce qu’ils arrivent en retard.

Jacques — Ah ! j’y suis : c’est l’aspersion.

Le Père — Avec l’eau bénite, qui rap­pelle l’eau du bap­tême.

Fran­çoise — Alors, quand je prends de l’eau bénite en entrant dans l’église, je rap­pelle mon bap­tême ?

Le Père — Oui, et tu le renou­velles, car l’eau bénite efface les petits péchés. Et c’est pour cela que les béni­tiers, comme le bap­tis­tère, sont à la porte de l’église. C’est par le bap­tême que nous entrons dans l’Église pour y offrir le sacri­fice de Jésus-Christ avec tout le peuple saint des bap­ti­sés.


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2 Commentaires

  1. Alonso a dit :

    Qu’elle théo­lo­gie de paco­tille que voi­là. Par l’intermédiaire de son ministre, DIEU puri­fie son peuple qui entre dans le Temple pour louer le Sei­gneur selon le psaume 12 d’Israel, en chœur alterne avec le Pretre. In per­son­na Chris­ti, ce der­nier offri­ra (Offer­toire) le saint sacri­fice de la Messe, à Son Pere.. L’Assemblee (ecclé­sia) s’associe au renou­vel­le­ment sym­bo­lique de la Pas­sion du Christ en com­mu­niant à son corps et à son sang. Comme il le deman­da la veille de sa Pas­sion. Le mythe de l’assemblée autour du pré­sident est here­tique.
    par ailleurś l’image de l’enfant fai­sant l’aspersion est faus­sé Il fait une encen­se­ment.

    15 septembre 2013
    Répondre
    • Le Raconteur a dit :

      Mer­ci pour votre long com­men­taire.
      Vous dites que l’idée du peuple assis­tant à la messe autour du célé­brant qui agit, comme vous le pré­ci­sez, « in per­son­na Chris­ti » est héré­tique ? Pou­vez-vous m’indiquer quel texte pon­ti­fi­cal condamne cela ?

      Cor­dia­le­ment
      Le racon­teur

      18 septembre 2013
      Répondre

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