Et maintenant une histoire ! Posts


10 mars 2026Les Quarante saints Martyrs de Sébaste

En l’an 320, sous l’empereur Lici­nius et le gou­ver­neur Agri­co­la, à Sébaste, en Armé­nie, qua­rante sol­dats d’une même légion mani­fes­tèrent un cou­rage inébran­lable dans leur atta­che­ment à la foi du Christ. Invi­tés à sacri­fier aux idoles confor­mé­ment aux édits impé­riaux, ils s’y refu­sèrent et furent expo­sés sans vête­ments sur un étang gla­cé : tout auprès se trou­vait un bain chaud pour ceux qui consen­ti­raient à apos­ta­sier. Les qua­rante sol­dats pas­sèrent la nuit dans cette épreuve atroce, priant pour leur com­mune per­sé­vé­rance. À la longue, l’un d’eux fit défec­tion et alla se jeter dans le bain chaud… Or, voi­ci que des anges appa­rurent, tenant qua­rante cou­ronnes. Le gar­dien consta­ta qu’il n’y avait per­sonne pour rece­voir la qua­ran­tième : il se conver­tit et, reje­tant ses vête­ments, alla rejoindre sur la glace les trente-neuf autres. Quand on vint pour recueillir les cadavres afin de les réduire en cendres, l’un de ces mar­tyrs res­pi­rait encore les bour­reaux le lais­sèrent sur place, espé­rant qu’il chan­ge­rait de réso­lu­tion ; témoin du stra­ta­gème, la mère de ce jeune homme pla­ça elle-même sur le cha­riot le corps expi­rant et l’ac­com­pa­gna jus­qu’au bûcher.


Ouvrage : À l'ombre du clocher - 1. Les sacrements | Auteur : Marie-France

Pierre dut appuyer sur la manette du star­ter pour don­ner les gaz. L’air, en ce beau matin du jeune été, sur­pre­nait par son carac­tère gla­cial ; le vélo-moteur par­tait mal.

Pour­tant, comme Pierre déva­lait la côte de Mou­­lin-Blanc, l’en­gin se lan­ça et ce fut, pour le gar­çon épris de vitesse, la gri­se­rie de la course.

Mobylette, cadeau pour récompenser la réussite à l'examenUne joie forte et pro­fonde péné­trait dans le cœur de l’a­do­les­cent, comme appor­tée par la pure­té extra­or­di­naire de l’air mati­nal. Mais cette joie avait de plus solides bases et Pierre ne put se défendre de son­ger à ce suc­cès, brillant et tout neuf, qu’il avait rem­por­té l’a­vant-veille à son examen.

— Reçu ! Je suis reçu ! Main­te­nant, à moi les vacances, les ran­don­nées sur deux roues moto­ri­sées (le magni­fique cadeau reçu la veille), l’es­pace, la liber­té. Quelle pêche je vais faire !

Natu­rel­le­ment, grand-père n’a­vait pas eu d’objec­tion à ce pro­jet du col­lé­gien, arri­vé en vacances chez lui avec toute cette gloire que lui méri­tait son suc­cès. Grand-père avait été lui-même pas­sion­né par ce « sport » du temps où il n’é­tait pas per­clus de rhumatismes.

— Prends tout mon atti­rail, fis­ton, avait-il dit. Et tâche de nous rame­ner un saumon.

Un sau­mon ! Grand-père le trou­vant digne d’es­sayer de tirer un de ces fabu­leux pois­sons, quelle consécration !

— Tu as vu, quelle est ma tech­nique quand tu m’ac­com­pa­gnais les autres années ; tu te sou­viens d’Oscar.

S’il se sou­ve­nait ! Oscar ! la plus belle prise que le vieillard eut jamais faîte ; un sau­mon de près de deux mètres de long…

— J’i­rai au bon endroit, avait déci­dé le gar­çon. Pour­quoi ne réus­si­rais-je pas à prendre aus­si un Oscar ?

Main­te­nant il était au bord de la tor­ren­tueuse petite rivière, se glis­sant à tra­vers les rochers pour joindre le « saut du géant », une fosse que

Ouvrage : Légende dorée de mes filleuls | Auteur : Daniel-Rops

Rab­bi Gama­liel fit un signe et se tut. Le cours était fini. Les dix ou douze ado­les­cents qui l’en­tou­raient se levèrent, s’é­brouèrent, com­men­cèrent à par­ler avec ani­ma­tion. Depuis près de trois heures qu’ils étaient là, assis en tailleur sur leurs petits tapis, les jambes croi­sées sous eux, et qu’ils écou­taient de toutes leurs oreilles les paroles de leur maître, ils avaient bien le droit de prendre un peu de mou­ve­ment. C’é­taient des jeunes gens de seize à dix-huit ans ; tous por­taient des vête­ments sombres et sans orne­ments aux­quels se recon­nais­saient les plus pieux des Juifs, les Phari­siens, et, accro­chés à leurs vête­ments, des sortes de petites boîtes qui conte­naient, reco­piés sur un mince rou­leau de par­che­min, quelques ver­sets de la Loi de Dieu.

Vie de Saint Paul pour les enfants - Ecole juive : Eleves écoutant le RabbitLa Loi de Dieu ! c’é­tait elle qu’ils étu­diaient, à lon­gueur de jour­née, avec une atten­tion infa­ti­gable. A cette époque, dans l’en­sei­gne­ment, on uti­li­sait peu de livres, mais, par contre, on fai­sait beau­coup appel à la mémoire. « Un bon élève, assu­rait un dic­ton, est comme une citerne sans fis­sures ; il ne laisse rien perdre de ce que son Maître a ver­sé en lui. » Donc, à lon­gueur de jour­nées, durant des années, les futurs « rab­bis » ou « doc­teurs de la Loi » écou­taient un Maître leur réci­ter des pas­sages du Livre Saint, puis les com­men­ter en citant tout ce que les anciens avaient pu dire à leur pro­pos. Tour à tour, ils appre­naient l’his­toire des Patriarches et celle des Rois ; ils chan­taient en chœur les admi­rables Psaumes ; ils s’en­thou­sias­maient à recher­cher, dans les écrits pro­di­gieux des Pro­phètes, les textes qui annon­çaient la venue du Sau­veur du monde, du Roi glo­rieux qui tire­rait Israël de sa misère, du Mes­sie. Et quand Rab­bi Gama­liel avait fini de par­ler, —comme il par­lait bien ! comme il était savant !— cha­cun des étu­diants devait se répé­ter en soi-même les phrases enten­dues pour être capable de les redire à son tour.

Ils s’é­loi­gnèrent par groupes, sor­tant de l’es­pla­nade du Temple, sous le por­tique duquel ils avaient assis­té au cours, se dis­per­sant à tra­vers Jéru­sa­lem par les petites rues en pente, cou­pées de marches. L’un d’eux, cepen­dant, demeu­ra seul. Quelques ins­tants il sem­bla médi­ter pro­fon­dé­ment. Puis, il sor­tit à son tour de l’es­pla­nade mais, au lieu de des­cendre en ville, s’en alla vers la porte for­ti­fiée, se diri­geant vers la cam­pagne. Quel âge avait-il ? On n’au­rait guère pu le dire. Son visage était déjà si grave, déjà si creu­sé pour un ado­lescent ! Il n’é­tait pas bien beau : de médiocre sta­ture, tra­pu, les jambes torses, l’air malingre ; sur sa tête les che­veux roux se clair­se­maient ; pour­tant pour qui consi­dé­rait son visage, aux sour­cils touf­fus et joints, au nez bom­bé, au regard d’une extrême viva­ci­té, il parais­sait bien évident que ce jeune homme était d’une intel­li­gence extra­or­di­naire. Pour faire ses études de Rab­bi, il était venu de la loin­taine ville où il avait vu le jour, Tarse en Cili­cie, et nul, depuis deux ans, par­mi les élèves du Maître Gama­liel, n’é­tait plus assi­du au labeur, ni plus atten­tif, plus avide d’ap­prendre et de com­prendre. Ce jeune homme tou­jours soli­taire se nom­mait Saul.

* * *

Comme il venait de sor­tir de la ville, se diri­geant vers un bois d’o­li­viers où il avait des­sein de s’é­tendre pour réflé­chir et se répé­ter la leçon du jour, des cris le firent retour­ner. Une foule hur­lante jaillis­sait par la porte forte, ges­ti­cu­lant, fré­né­tique. Elle entou­rait un homme, un grand gar­çon mince, au regard fier, qui sem­blait extra­or­di­nai­re­ment calme au milieu de ce déchaî­ne­ment. Saul le vit et un violent mou­ve­ment se pro­dui­sit dans son cœur, de colère et de haine.

Encore un de ces gens-là ! Alors, cela n’a­vait donc pas suf­fi qu’on eût mis à mort, —et de quelle façon infa­mante !— leur fameux pro­phète ! Depuis six ans que tout Jéru­sa­lem avait pu le voir pen­du à une croix, comme un voleur ou un assas­sin, ils ne ces­saient de

Ouvrage : Petites Vies Illustrées pour enfants | Auteur : Goldie, Agnès

Chers enfants, à vous qui aimez tant la sainte Vierge, je viens racon­ter briè­ve­ment l’his­toire d’un jeune saint qui l’ai­ma beau­coup lui aussi.

Louis de Gon­zague vivait en Ita­lie, voi­ci près de quatre cents ans. Il naquit le 9 mars 1568 dans un beau châ­teau, mi-for­te­resse et mi-palais, et le canon ton­na en son hon­neur. Son­gez donc ! Il était le pre­mier enfant de Dona Mar­ta et de Don Fer­rante, Sei­gneur de Cas­ti­glione : il était l’hé­ri­tier ! Son père le voyait déjà sei­gneur et brillant chef de guerre ; sa mère rêvait d’en faire un Saint.

Louis faillit mou­rir en nais­sant. À la pen­sée de le perdre, sa maman eut un moment de ter­rible angoisse. Elle savait heu­reu­se­ment que, depuis Beth­léem et le Cal­vaire, tous les enfants du monde ont au ciel une autre maman très puis­sante et très bonne : « Sainte Vierge, dit-elle, si vous sau­vez mon tout petit, je le condui­rai à Lorette ! »

Lorette est une petite ville d’I­ta­lie qui a le bon­heur de pos­sé­der la sainte Mai­son de Naza­reth, por­tée là par les anges.

La Vierge Marie enten­dit la prière de Dona Mar­ta ; Louis ne mou­rut pas, et la sainte Vierge le regar­da deux fois comme son enfant. Désor­mais les deux mamans de Louis, celle du ciel et celle de la terre, vont conspi­rer pour faire de Louis un saint et elles réussiront !

Vous devi­nez quelle joie régna dans la petite ville de Cas­ti­glione le jour du baptême !

Après la céré­mo­nie, tous les enfants du pays furent conviés à un bon goû­ter, puis ils jouèrent jus­qu’au soir dans les cours et jar­dins du logis sei­gneu­rial. Au moment du départ, cha­cun reçut une belle médaille de la sainte Vierge en sou­ve­nir du petit Louis. Il n’é­tait qu’un pou­pon, et déjà il contri­buait, sans le savoir, à faire aimer par les enfants sa Maman du ciel.

Dona Mar­ta éle­va avec grand soin son petit gar­çon, son ange, comme elle disait. Elle lui apprit dès que pos­sible les noms de Jésus et de Marie, le Pater et l’Ave. C’é­tait sa joie de prier Dieu et la sainte Vierge avec son fils. Ils prient si bien les tout petits enfants !

Quand ils gran­dissent, sou­vent ils se dis­sipent. Et donc Dona Mar­ta se disait ; « Que je serais heu­reuse si mon petit Louis res­tait tou­jours bon et pieux comme main­te­nant ! » Mais elle savait bien qu’à cinq ans, Louis serait confié à un gou­ver­neur et trai­té comme un homme, un tout petit homme ! Alors, en par­tie tout au moins, il lui échapperait…

Un beau jour, en effet, Don Fer­rante décla­ra : « Notre fils a cinq ans. Il est grand temps qu’il se débrouille ! Don­nez-le-moi que j’en fasse un brave. Je l’emmène au camp de Casal­mag­giore où je vais pré­si­der les manœuvres. Mon armu­rier appor­te­ra le cos­tume que j’ai fait faire pour Louis. »

Coloriage de Saint Louis de Gonzague enfant - récit pour le catéchisme, la vie des saints
Ce n’est pas sans fier­té que l’ar­tilleur en herbe endos­sa l’armure
Ouvrage : À l'ombre du clocher - 1. Les sacrements | Auteur : Dardennes, Rose

Confirmation

(histoire vraie)

Tous­saint 1867.

Depuis deux cents ans, à la suite de l’in­tré­pide Magel­lan décou­vrant le pas­sage mer­veilleux à la pointe sud de l’A­mé­rique, cor­vettes et fré­gates d’Eu­rope ont sillon­né les Mers du Sud (ain­si nom­mait-on, en ce temps-là, l’O­céan Paci­fique), abor­dé des îles incon­nues, ame­né bien­tôt les missionnaires…

Ile de toauA 500 lieues au nord-est de Tahi­ti, l’é­troite île d’A­naa allonge sur 80 kilo­mètres ses anneaux de corail en ellipse autour d’un vaste lagon cen­tral. Tout à l’en tour, la mer phos­pho­res­cente, à l’infini…

Sur la petite plage de sable étin­ce­lant, un homme debout scrute ces hori­zons illimitées…

— Ici, dit-il à quelques hommes au visage cou­leur de pain grillé, tous les Mao­ris sont deve­nus chré­tiens. Votre foi et votre fer­veur sont la joie de ma vie. Mais là-bas… plus loin ?…

Car « plus loin », sur des cen­taines de kilo­mètres d’o­céan, l’ar­chi­pel des Tua­mo­tous dis­perse ses îles basses « comme une immense cou­vée d’œufs qu’un méchant coq aurait bous­cu­lée… » Et par­mi celles-ci beau­coup, encore abso­lu­ment sau­vages à cette époque-là, ignorent le vrai Dieu et sont entou­rées d’une solide répu­ta­tion île féro­ci­té et de can­ni­ba­lisme. Les pre­miers Blancs qui y ont abor­dé étaient des pirates négriers : par force ou par ruse ils se sont empa­rés des popu­la­tions et les ont emme­nées tra­vailler sur les durs chan­tiers de Tahi­ti ou de Papeete… Deve­nus méfiants, les sur­vi­vants ont accueilli à coup de sagaies les autres Blancs venus pour ache­ter la nacre ou le coprah, et ils en ont offert plus d’un en sacri­fice expia­toire à leurs dieux offen­sés ; puis ils les ont dévo­rés en d’im­menses fes­tins rituels…

Un grand Mao­ri lève son regard d’es­car­boucle sur le mis­sion­naire pensif :

— Il y a dix-huit ans, nous étions comme eux, Ape­re­to. Mais tu es venu. Tu nous a annon­cé le Dieu qui aime tous les hommes et veut que tous les hommes s’en­tr’aiment. Tu nous as appris à construire des mai­sons, à creu­ser des puits, à gué­rir la fièvre. Nous vivons heu­reux et nous nous irons au ciel. Mais nous n’a­vons pas le droit de gar­der ce bon­heur pour nous. Veux-tu que nous le por­tions avec toi à nos frères des îles Basses ?

Ape­re­to — ain­si nomment-ils affec­tueu­se­ment dans leur langue caden­cée le Père Albert Mon­ti­ton, mis­sion­naire chez eux depuis long­temps — sou­rit à ces chré­tiens géné­reux et ren­dit grâce au Sei­gneur : « ceux-là sont pleins de l’Es­prit de Dieu »…

— Réflé­chis­sez. Je pars demain. Un voi­lier de com­merce consent à m’emmener. Il tou­che­ra de nom­breuses îles : j’y des­cen­drai, j’y annon­ce­rai Jésus. J’y lais­se­rai un caté­chiste pour conti­nuer l’œuvre amorcée…

Ils sont dix à s’of­frir, et les femmes ne sont pas les der­nières. Le Père les met en garde contre un enthou­siasme intempestif :

— Son­gez que nous ris­quons d’être accueillis à coups de lances…

— Nous ne

Ouvrage : Et maintenant une histoire II | Auteur : Lauriot-Prévost, Suzanne

Fêtes des mères

Un beau jour, cela cas­sa… Sim­ple­ment, la maî­tresse du logis ne se leva pas ce matin-là. Les enfants, encore dans un demi-som­meil, n’en­ten­dirent pas, comme d’ha­bi­tude, les volets de la salle com­mune cla­quer contre la muraille, le feu ne ron­fla pas dans l’âtre, la corde du puits ne grin­ça pas. Per­sonne n’ou­vrit la porte du pou­lailler où la volaille piaillait et caque­tait. Et la petite Élise res­ta à pleu­rer inter­mi­na­ble­ment dans ses langes humides.

Ce fut le père qui don­na l’alarme ; il vint frap­per à la porte des enfants en criant rude­ment : « La mère est malade. Levez-vous. » Et un grand malaise, une grande angoisse, une grande désor­ga­ni­sa­tion tom­bèrent sur la maison.

* * *

Histoire pour la Fête des mères - La maman est malade Le méde­cin vint ; il en vint même deux. Matin et soir, on alla au bourg pour faire faire des ordon­nances, ache­ter des remèdes. Per­sonne ne pou­vait dire le mal qui minait la maî­tresse. Pour­tant, quel­qu’un le savait : c’é­tait l’innocent.

Tho­mas, l’in­no­cent, avait été recueilli tout petit par la maî­tresse. Elle l’a­vait recueilli parce que per­sonne n’en vou­lait. Elle lui avait don­né une place au foyer, en défen­dant qu’on lui fit des misères car, disait-elle, les souf­frants portent Dieu. Et elle pré­ten­dait que s’il n’en savait pas tant que les autres, il avait cepen­dant le secret des choses mys­té­rieuses que les autres ne connaî­traient jamais.

Peut-être que c’é­tait vrai. En tout cas, pen­dant que les méde­cins dis­cu­taient, écri­vaient, cher­chaient et pres­cri­vaient, il bran­lait tris­te­ment la tête et répétait :

« Je sais ben, moué, je sais ben qui c’est qui l’a ren­due malade… »

Gas­pard, l’aî­né des enfants, et José, la seconde, et Lucas, et Mathieu et même Mariette qui n’a­vait que six ans, le prirent à parti :

« Eh ! bien, dis-le, Tho­mas, si tu le sais ; dis-le nous qui lui a fait son mal à