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9 mars 2026Sainte Françoise Romaine, Veuve

D’une grande famille de Rome, Fran­çoise naquit vers 1884. Atti­rée vers le cloître, elle dut cepen­dant, par sou­mis­sion filiale, épou­ser Loren­zo Pon­za­ni, jeune homme à la fois riche et noble. Dans l’é­tat du mariage, elle conser­va tou­jours, autant qu’elle le put, le genre de vie aus­tère qu’elle s’é­tait pro­po­sé, fuyant les spec­tacles et les fes­tins, por­tant des vête­ments très simples, don­nant à la prière ou au ser­vice du pro­chain le temps qui lui res­tait après l’ac­com­plis­se­ment de ses devoirs domes­tiques. Elle s’ap­pli­quait à reti­rer les dames romaines des vani­tés du monde : avec l’au­to­ri­sa­tion de son mari, elle fon­da dans ce but l’Ordre des Oblates régu­lières de saint Benoît. Elle sup­por­ta avec constance l’exil de son mari, la perte de ses biens, les mal­heurs de sa mai­son. Son mari étant mort, elle obtint d’être reçue comme la der­nière de toutes par­mi ces Oblates dont elle était la fon­da­trice. Son humi­li­té était extrême : sou­vent on la vit, elle, l’an­cienne grande dame, tra­ver­ser Rome, por­tant sur la tête un fagot de sar­ments ou condui­sant un âne char­gé de bois. Ses aus­té­ri­tés cor­po­relles étaient constantes : elle les dimi­nua cepen­dant sur l’ordre de son confes­seur. Elle fut favo­ri­sée de la pré­sence sen­sible de son ange gar­dien, avec lequel elle conver­sait fami­liè­re­ment. Sa mort sur­vint le 9 mars 1440.


Ouvrage : Les lèvres scellées ou le sacrement de pénitence raconté aux jeunes | Auteur : Hunermann, Père Guillaume
(Conte...)

Le vieux curé était res­té au confes­sion­nal jusqu’à la tom­bée de la nuit, jusqu’à ce que le der­nier pécheur eût quit­té l’église. Cepen­dant, il déci­da d’attendre encore un peu, au cas où un péni­tent en retard se pré­sen­te­rait encore.

Sacrement de la réconciliation - Honfleur - Eglise St Leonard - ConfessionnalIl était fati­gué et mal­gré lui ses pau­pières se fermaient.

Tout à coup, il sur­sau­ta. La porte de l’église avait bou­gé ; peut-être n’était-ce qu’un coup de vent car la tem­pête fai­sait rage autour de la mai­son de Dieu. Mais une sil­houette se déta­chait sur le mur : un homme s’avançait. Son pas réson­nait de façon étrange sur les dalles, comme s’il avait une jambe de bois. Il avait rele­vé le col de son man­teau, et à tra­vers les grilles du confes­sion­nal, le prêtre ne put dis­tin­guer du visage que deux yeux au regard sombre. L’étranger entra dans le confes­sion­nal après une brève hési­ta­tion et s’agenouilla.

« Quand vous êtes-vous confes­sé pour la der­nière fois ? » deman­da le prêtre.

« Je n’ai encore jamais reçu ce sacre­ment » répli­qua l’homme d’une voix étouffée.

« Jamais, dites-vous ? »

« Jamais. »

« Quel âge avez-vous donc ? »

« Je ne sais pas, il y a beau temps que j’ai ces­sé de comp­ter les années. »

« Mais vous devez bien savoir à peu près votre âge ? »

« Une demi-éternité. »

« Bien, disons alors soixante-dix ans ! De quoi vous accusez-vous ? »

« J’ai été orgueilleux » répli­qua le pécheur.

« Rien d’autre ? » insis­ta le prêtre, éton­né. « Vous n’avez été orgueilleux qu’une seule fois durant toutes ces années ? »

« Oui, une seule fois seulement. »

« Et rien d’autre ? »

« J’ai été envieux. »

« Envieux ? »

« Oui, envieux. J’étais jaloux de tout le monde. »

« De tout le

Ouvrage : Le plus beau cadeau | Auteur : Diethelm, P. Walther

Par­mi les plus belles pro­ces­sions du Saint-Sacre­ment, je place celle que j’ai faite un jour comme vicaire d’une paroisse. Elle ne comp­tait pas beau­coup de monde : Jésus, le petit Pier­rot et moi. Je vais vous la raconter.

Enfant accompagnant le prêtre portant le Saint SacrementJ’é­tais arri­vé depuis quelques jours dans la paroisse. Un soir, M. le Curé me dit : « Demain, il fau­dra por­ter la sainte com­mu­nion aux malades. » Il y avait cinq ma­lades à voir, et cha­cun habi­tait dans une autre rue. Pour m’in­di­quer le che­min et les mai­sons, M. le Curé me don­na Pier­rot, car les enfants de chœur étaient déjà à l’é­cole à cette heure, et le sacris­tain ne pou­vait pas venir.

Pier­rot était un petit bout d’homme ; cinq ans, à peine, mais il avait de l’es­prit. Je vis cela tout de suite quand il se pré­sen­ta à la sacris­tie le matin. Poli­ment il me don­na la main et salua : « Bon­jour, M. l’Ab­bé ». Il me sem­blait l’a­voir déjà vu à l’é­glise, pro­ba­ble­ment, par­mi les élèves de la petite classe.

Dans cette paroisse de ville, le prêtre porte la com­munion aux malades sans que cela se remarque, c’est pour­quoi, en che­min, je ques­tion­nai mon petit compagnon.

« Eh bien, Pier­rot, sais-tu qui j’ai avec moi ? »

— Oh, oui, c’est Jésus, répondit-il.
 — Mais où donc est-il, on n’en voit rien du tout ?
 — Il est là, dans l’hos­tie, dit-il en mon­trant ma poi­trine sur laquelle je por­tais le saint Sacrement.
 — Que penses-tu, que je vais faire de Jésus maintenant ?
 — Vous le por­tez aux malades ; à ma grand-maman aussi. »

C’é­tait juste, en effet. Je devais aus­si aller chez la grand’­ma­man de Pier­rot ! Curieux, je conti­nuai à questionner :

— Pour­quoi

Ouvrage : À l'ombre du clocher - 1. Les sacrements | Auteur : Dardennes, Rose

Extrême-Onction

« Ton père va mieux ?

— Oui, il est reve­nu de l’hô­pi­tal. Même, il désire te voir, je venais te le dire.

— Me voir ? Moi ?…

Gui­laine est intri­guée. Que peut lui vou­loir le père de Colette ? Elle a peur aus­si de le voir encore dans le sang et avec des pan­se­ments, comme le jour de l’ac­ci­dent. Il y a trois semaines de cela, mais elle en est encore impressionnée.

couvreur

Elle jouait à la marelle, avec Josette. Elles enten­daient, sans y prendre garde, le toc-toc léger d’un mar­teau de cou­vreur sur les ardoises sonores.

— Tiens ! dit Gui­laine, le père de Colette est sur le toit de votre grange.

Elles le regar­dèrent une minute aller et venir sur le vieux toit, arra­chant ici un cous­sin de mousse, pous­sant là une ardoise…

— Brr !… je n’ai­me­rais pas être à sa place…

— Sur­tout sur le bord…

Der­rière elles, une voix les fit sursauter :

— S’il n’y avait que des as de votre trempe, il pleu­vrait sur votre lit, je pense !

Le fac­teur avait enten­du leurs dires et les regar­dait en riant. Gui­laine ouvrit la bouche pour lui répondre que les fillettes ne vont pas sur les toits. Mais la phrase s’é­tran­gla… un cra­que­ment, une ef­froyable dégrin­go­lade d’ar­doises, un cri, figèrent tout le monde…

— Ah ! mon Dieu !…

Le cou­vreur n’é­tait plus sur le toit. À sa place on voyait un grand trou… Le fac­teur cou­rait à la grange. Les gens sor­taient des mai­sons voisines…

Ouvrage : Et maintenant une histoire I | Auteur : Dulac, O.

Vaillance, Devoir d’état

Dans l’a­te­lier de maître Guillot, le tailleur d’i­mages, règne une grande animation.

Echoppe du Moyen-Age à RouenC’est que ce jour-là, le pre­mier mai de l’an de grâce mil six cent trente, va avoir lieu, dans la demeure du brave ima­gier, l’é­lec­tion du maître sculp­teur de la ville de Rouen.

Une véri­table fièvre anime les concur­rents qui se hâtent, dans le secret de leur chambre, d’ap­por­ter à leur tra­vail le der­nier coup de ciseau ou de gouge.

A pré­sent, les sta­tues sont trans­por­tées dans la grande salle où, tout à l’heure, les notables vont s’assembler.

Maître Guillot compte les sta­tues dépo­sées sur les socles de bois blanc ran­gés autour de la chambre.

« Dix-neuf, vingt, vingt et un, vingt-deux, vingt-trois… Il en manque deux. Que font les retar­da­taires ? Il est vrai qu’ils ont jus­qu’à midi pour ter­mi­ner, mais ils devraient avoir fini. »

Cepen­dant, les deux jeunes artistes atten­dus ne perdent pas le temps qui leur reste. Cha­cun dans sa cel­lule se dépêche. Dans la pre­mière, à droite de l’es­ca­lier, se trouve un gar­çon d’une quin­zaine d’an­nées : Nico­las. Grand, bien décou­plé, gai com­pa­gnon, il a beau­coup de suc­cès dans les assem­blées où l’on rit et où l’on danse. Mais sa bonne humeur ne l’empêche pas d’être un franc paresseux.

Trop sou­vent, il délaisse l’é­choppe et le burin pour les courses au soleil et les assem­blées joyeuses. Le concours pour le titre de « Maître » l’a rame­né à l’a­te­lier. Au reste, son père lui a décla­ré tout net :

« Tu gagne­ras le titre ou je te ferai bûcheron. »

Et son père tient tou­jours parole.

Nico­las s’est donc mis bra­ve­ment à la tâche. Mais, hélas ! le dic­ton est bien vrai. Rien ne sert de cou­rir… Pen­dant ses longues périodes de paresse et d’i­nac­tion, il a per­du le tour de main ; le ciseau n’o­béit pas à sa volon­té et il en pleure de dépit.

Il avait rêvé d’exé­cu­ter (selon le sujet impo­sé) une Madone tenant dans ses bras l’En­fant nouvelet.

Quel beau sujet ! Il la voit, cette Madone. Mais com­bien est déce­vante la 

Ouvrage : Légende dorée de mes filleuls | Auteur : Daniel-Rops

QuStatue de Sainte Germaine Cousin dite de Pibrace se passe-t-il donc à Pibrac ? Pour­quoi cette ani­ma­tion à laquelle l’humble vil­lage gas­con n’est guère accou­tu­mé ? Pour­quoi ces arcs de fleurs et de feuillages, et ces draps ten­dus aux fenêtres tout de rosés par­se­més ? Regar­dez donc, sur la route de Tou­louse — qui n’est longue, que de trois lieues, — gra­vis­sant la col­line s’a­vance un grand cor­tège, car­rosses, cava­liers et sol­dats. C’est la reine-mère, Cathe­rine de Médi­cis, de noir vêtue, en robe à col­le­rette empe­sée, le jeune roi Hen­ri III tout ruti­lant de pas­se­men­te­rie d’or et le duc de Mont­pen­sier et la petite prin­cesse de Lor­raine et l’on ne sau­rait dire com­bien de cour­ti­sans et de nobles sei­gneurs. Où va donc tout ce beau monde ? Ren­con­trer les chefs des pro­tes­tants, avec qui la Roi est en guerre, et tâcher, une fois de plus, de faire la paix.

On est alors au cœur des guerres de reli­gion. Depuis bien des années la France souffre et saigne de ces luttes fra­tri­cides entre chré­tiens. Le sou­ve­nir des mas­sacres affreux de la Saint-Bar­thé­le­my, depuis plus de dix ans, demeure vif dans les mémoires, comme une plaie. Tout le monde est inquiet du len­de­main. Et puis a‑t-on confiance dans cette reine vio­lente, dans ce jeune prince fri­vole qui ne songe qu’à s’a­mu­ser ? Il n’a même pas d’en­fants ! Et son héri­tier, son cou­sin Hen­ri de Navarre est pro­tes­tant et ne veut pas abju­rer la reli­gion de Cal­vin ; que se pas­­se­ra-t-il s’il devient un jour Hen­ri IV ?

Ils parlent de tout cela, les pay­sans de Pibrac, tout en atten­dant le cor­tège royal. Bien sûr, on accla­me­ra le jeune Roi, la Reine et Mes­sieurs les Sei­gneurs, parce qu’il faut être poli envers des hôtes illustres, qui pas­se­ront tout au long de la grande rue et même qui s’ar­rê­te­ront pour déjeu­ner au châ­teau chez Mes­sire Guy du Faur ; on est très poli en ce temps-là, et quand même, c’est un hon­neur pour le vil­lage que cette visite de la cour, un hon­neur qui le ren­dra illustre ! mais on n’en pen­se­ra pas moins…

Ce qu’ils ne savent pas, les