(Conte...)
Le vieux curé était resté au confessionnal jusqu’à la tombée de la nuit, jusqu’à ce que le dernier pécheur eût quitté l’église. Cependant, il décida d’attendre encore un peu, au cas où un pénitent en retard se présenterait encore.
Il était fatigué et malgré lui ses paupières se fermaient.
Tout à coup, il sursauta. La porte de l’église avait bougé ; peut-être n’était-ce qu’un coup de vent car la tempête faisait rage autour de la maison de Dieu. Mais une silhouette se détachait sur le mur : un homme s’avançait. Son pas résonnait de façon étrange sur les dalles, comme s’il avait une jambe de bois. Il avait relevé le col de son manteau, et à travers les grilles du confessionnal, le prêtre ne put distinguer du visage que deux yeux au regard sombre. L’étranger entra dans le confessionnal après une brève hésitation et s’agenouilla.
« Quand vous êtes-vous confessé pour la dernière fois ? » demanda le prêtre.
« Je n’ai encore jamais reçu ce sacrement » répliqua l’homme d’une voix étouffée.
« Jamais, dites-vous ? »
« Jamais. »
« Quel âge avez-vous donc ? »
« Je ne sais pas, il y a beau temps que j’ai cessé de compter les années. »
« Mais vous devez bien savoir à peu près votre âge ? »
« Une demi-éternité. »
« Bien, disons alors soixante-dix ans ! De quoi vous accusez-vous ? »
« J’ai été orgueilleux » répliqua le pécheur.
« Rien d’autre ? » insista le prêtre, étonné. « Vous n’avez été orgueilleux qu’une seule fois durant toutes ces années ? »
« Oui, une seule fois seulement. »
« Et rien d’autre ? »
« J’ai été envieux. »
« Envieux ? »
« Oui, envieux. J’étais jaloux de tout le monde. »
« De tout le






C’est que ce jour-là, le premier mai de l’an de grâce mil six cent trente, va avoir lieu, dans la demeure du brave imagier, l’élection du maître sculpteur de la ville de Rouen.
e se passe-t-il donc à Pibrac ? Pourquoi cette animation à laquelle l’humble village gascon n’est guère accoutumé ? Pourquoi ces arcs de fleurs et de feuillages, et ces draps tendus aux fenêtres tout de rosés parsemés ? Regardez donc, sur la route de Toulouse — qui n’est longue, que de trois lieues, — gravissant la colline s’avance un grand cortège, carrosses, cavaliers et soldats. C’est la reine-mère, Catherine de Médicis, de noir vêtue, en robe à collerette empesée, le jeune roi Henri III tout rutilant de passementerie d’or et le duc de Montpensier et la petite princesse de Lorraine et l’on ne saurait dire combien de courtisans et de nobles seigneurs. Où va donc tout ce beau monde ? Rencontrer les chefs des protestants, avec qui la Roi est en guerre, et tâcher, une fois de plus, de faire la paix.