TanÂdis que M. le RĂ©gent est en converÂsaÂtion avec le nouÂveau Vicaire, les garÂçons de la deuxième classe se demandent s’il sera sĂ©vère ou indulÂgent, s’il donÂneÂra beauÂcoup ou peu de devoirs, et surÂtout, s’il raconÂteÂra des histoires ?
Tout en lui remetÂtant la liste des Ă©lèves, M. le RĂ©gent explique : « Il y en a 43. C’est beauÂcoup ! Mais je suis perÂsuaÂdĂ© que tous vous feront plaiÂsir, car ils traÂvaillent bien, et ne sont pas mĂ©chants. Il y a LĂ©on, avec qui il fauÂdra de la patience, car il est très lent Ă comÂprendre, encore plus lent Ă apprendre. ParÂfois, malÂgrĂ© sa bonne volonÂtĂ©, il n’arÂrive pas Ă savoir sa leçon. Le pauvre garÂçon souffre des suites d’une chute très grave alors que tout petit, sa maman traÂvaillant Ă la fabrique, il resÂtait seul Ă la maison. »
Après cette expliÂcaÂtion, M. le RĂ©gent introÂduit le nouÂveau vicaire. 43 garÂçons se lèvent et saluent joyeuÂseÂment : « BonÂjour M. le Vicaire », tout en insÂpecÂtant de haut en bas le nouÂvel AbbĂ©.
Celui-ci, de son cĂ´tĂ©, exaÂmine rapiÂdeÂment les visages de ses nouÂveaux Ă©lèves, puis il s’insÂtalle au pupitre et la leçon commence.
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PenÂdant la leçon, M. le Vicaire reconÂnut bienÂtĂ´t LĂ©on Ă sa taille qui dĂ©pasÂsait les autres de la hauÂteur de la tĂŞte. A parÂtir des leçons suiÂvantes, il le disÂtinÂgua surÂtout Ă son appliÂcaÂtion ; car pour se prĂ©ÂpaÂrer Ă la preÂmière comÂmuÂnion, LĂ©on suiÂvait les leçons de catĂ©Âchisme avec ardeur. VraiÂment on ne peut lui en vouÂloir d’aÂvoir mauÂvaise mĂ©moire. De plus, LĂ©on est proÂfonÂdĂ©Âment pieux ; lors de visites au Saint SacreÂment, M. le Vicaire peut constaÂter son recueilleÂment En cheÂmin dĂ©jĂ , il semble prier, mĂ©diÂter en silence, alors que ses camaÂrades bavardent, se disÂputent mĂŞme. En un mot, tout dans sa conduite prouve comÂbien LĂ©on se rĂ©jouit de pouÂvoir faire sa preÂmière comÂmuÂnion. Le pauvre garÂçon a dĂ» attendre si longÂtemps le bonÂheur de receÂvoir JĂ©sus, Quelques jours avant la preÂmière comÂmuÂnion, tout Ă coup, LĂ©on tombe malade. Des douÂleurs le tourÂmenÂtaient depuis pluÂsieurs jours. Mais il n’en laisÂsait rien voir ; perÂsonne ne remarÂquait avec quelle peine il se traĂ®Ânait aux leçons de catĂ©Âchisme et aux exerÂcices prĂ©ÂpaÂraÂtoires Ă la preÂmière comÂmuÂnion. ĂŠtre malade tout juste avant le jour de la preÂmière comÂmuÂnion ? Ah non ! Cela ne pouÂvait ĂŞtre, mainÂteÂnant qu’il allait enfin receÂvoir JĂ©sus ! AinÂsi raiÂsonÂnait le vaillant garçon.
PenÂdant deux, trois jours, LĂ©on rĂ©usÂsit Ă cacher son mal. BienÂtĂ´t il n’y tint plus. Une nuit, il gĂ©misÂsait si fort, que sa maman l’enÂtenÂdit. Vite elle se leva et alla voir ce qui se pasÂsait. Quelle ne fut pas sa frayeur en voyant que son cher LĂ©on avait si mal ! S’inÂquiĂ©Âtant, elle appelle tout de suite le docÂteur qui constate une appenÂdiÂcite, et ordonne l’oÂpĂ©ÂraÂtion, si ce n’est pas dĂ©jĂ trop tard !
LĂ©on proÂteste, natuÂrelÂleÂment, mais