Étiquette : <span>Absolution</span>

Ouvrage : Je me confesse | Auteur : Goldie, Agnès | Illustration : Hebbelynck, Jeanne

I
L’enfant fait sa prière

Sept heures !

Vite enfant, lève-toi ! Donne ton cœur au bon Dieu !

— Petit Jésus, c’est pour vous ma jour­née ! …ma prière et mes jeux, ma leçon de lec­ture, mes joies, mes petites peines…

Quand vous aviez mon âge, Jésus, mon petit frère, vous don­niez tout ain­si à votre Père des cieux ! Oh ! don­nez-lui encore tout ce que je vous donne : il faut tou­jours ! tou­jours ! faire plai­sir au bon Dieu !

Avec vous, mon Jésus, je serai bon et sage !

— C’est bien, petit enfant :

Dieu t’a mis sur la terre pour le louer, l’ai­mer, le ser­vir. C’est lui qui a choi­si ta mai­son, ton pays ; c’est lui qui t’a confié à papa, à maman ; tu es à lui ; Il est ton Père.

Tout est à vous, mon Dieu les oiseaux et les fleurs, les mai­sons, le soleil, même les jouets de mon éta­gère : mon ours et mon che­val, mes pou­pées et mes livres… Et moi je suis à vous ! Et vous vou­lez que je vous aime ! C’est là ce que je veux faire toute la jour­née !

— Oh ! maman, pen­dant que je m’ha­bille, dites-moi ce que veut le bon Dieu !

— Ne sais-tu pas la belle his­toire de Moïse ? Il était dans le désert avec le peuple hébreu, se ren­dant à la Terre-Pro­mise. Et le Dieu Tout-Puis­sant l’ap­pe­la sur le Mont Sinaï. Il mon­ta et se mit en prière. Alors la voix de Dieu se fit entendre et Moïse reçut les tables de la loi deux grandes pierres sur les­quelles étaient gra­vés dix commandements.

— C’é­tait pour les Hébreux ?

— C’é­tait pour tous les hommes : c’é­tait pour toi, enfant !

— Avant Moïse, l’on pou­vait donc être méchant ?

— Ces com­man­de­ments écrits sur les tables de pierre étaient écrits déjà.

— Où donc, maman ?

— Mais dans le cœur, dans la conscience. Cha­cun avait son ange pour l’ai­der à les lire.

— Ces com­man­de­ments, je vou­drais les savoir ! Ils disaient la même chose ?

— Oui, mon enfant ; écoute bien :

Il n’y a qu’un seul Dieu et tu l’a­do­re­ras.
Res­pecte et bénis son saint nom.
Sanc­ti­fie le jour du Sei­gneur.
Sois bon pour ton père et ta mère.
Ne tue pas ; ne fais de mal à per­sonne.
Garde ton âme et ton corps purs.
Ne prends pas ce qui est aux autres.
Dis tou­jours la véri­té.
Ne sois ni envieux, ni jaloux.

Ouvrage : Tout l'Évangile en images | Auteur : Baeteman, R. P. J.

Jésus conti­nue ses miracles. Comme il était dans une mai­son, prê­chant l’É­van­gile, des gens arri­vèrent por­tant un pauvre para­ly­tique. Mais la foule était si grande, qu’ils ne purent entrer. Mon­tant alors sur le toit plat de la mai­son, ils y firent une ouver­ture et, par là, des­cen­dirent le malade. Touché…

Ouvrage : À l'ombre du clocher - 1. Les sacrements | Auteur : Dardennes, Rose

Extrême-onction

histoire pour les enfants - accident dans un cerisierIl y avait du soleil plein le ciel, des chants d’oi­seaux plein le ver­ger. Et Jean-Paul chan­tait aus­si sa joie de vivre en cueillant à plein panier les cerises ruti­lantes du beau cerisier…

Sou­dain, un cra­que­ment, un double cri : Jean-Paul tom­bait du ceri­sier sur la terre dure, et sa mère accou­rait, épouvantée.

Ce fut aus­si­tôt un grand affai­re­ment : bran­card, coups de télé­phone, méde­cin… Et le ter­rible diag­nos­tic, cou­rant de bouche en bouche : « Il est per­du… il ne lui reste plus qu’une heure à vivre… »

Pâle sur son lit, souf­frant atro­ce­ment, Jean-Paul sent bien lui aus­si que sa vie s’en va. Alors il appelle sa maman :

— Je vais mou­rir, dit-il dou­ce­ment, mais il ne fau­dra pas pleu­rer : je vais au ciel.

Puis il ajoute :

— Les copains du « caté » vont sûre­ment venir avec Mon­sieur le Curé. Dis, tu les lais­se­ras entrer ?

Les parents de Jean-Paul ne sont pas « gens à curé », comme ils disent. Mais refu­se­raient-ils une der­nière joie à leur enfant ?

Jean-Paul, lui, attend. Car au caté­chisme, le jour où ils ont ensemble décou­vert que la mort est une mer­veilleuse pro­ces­sion de la terre au ciel, ils s’é­taient pro­mis d’être tous avec le prêtre autour du pre­mier qui partirait…

* * *

« Toc-toc !… »

C’est un rap­pel d’es­pé­rance dans la mai­son bru­ta­le­ment éprou­vée. Les gens qui ne savent pas, pleurent et fris­sonnent parce que la mort est là. Mais les cinq gars à la porte de Jean-Paul savent, eux, qu’ils apportent joie et paix : pour venir, ils ont mis leurs beaux habits, comme pour une fête, une fête grave, bien sûr, et dou­lou­reuse à leur cœur ému mais tout de même la fête de tout le ciel qui va venir au-devant de Jean-Paul, et ses amis seront là, comme pour une noce.

D’a­bord, le prêtre est entré seul, pour don­ner la der­nière absolution.

Les forces de Jean-Paul s’é­coulent très vite. Sous le par­don de Dieu, il a fer­mé les yeux. Il les rouvre seule­ment pour remer­cier d’un regard ses cama­rades qui entrent.

Ouvrage : Et maintenant une histoire I | Auteur : Vray, Domi­nique

Pénitence

« Tes réfé­rences, garçon ? »

Pour la dixième fois, Paul se heurte à cette demande. Pour la dixième fois, il répond sourdement :

« Je n’en ai pas.

— Quoi ! Tu n’as jamais tra­vaillé, à ton âge ? Quel âge au fait ?

— Vingt ans.

— Et tu n’as pas honte d’être res­té à fai­néan­ter jus­qu’à ce jour ?

— …

— Ah ! Ah ! Je vois ce que c’est ! Tu as déjà tra­vaillé ! Mais tu n’as pas de réfé­rences ! Tu n’es qu’un vaurien…

— …

— Allons ouste, je n’ai pas de temps à perdre avec toi. »

usineDur et gla­cé, l’employeur lui claque au nez le por­tillon du gui­chet d’embauche. Et pour la dixième fois aus­si, Paul se retrouve dans la rue, sous une petite pluie fine et froide qui détrempe tout et laisse des mares sur les pavés glissants.

« Tu n’as pas honte ? »

Les mots du gui­che­tier le pour­suivent, le mar­tèlent, l’ac­cablent. Sa grande taille se courbe un peu plus. On dirait un vieillard, ce gar­çon de vingt ans !

Honte ? Ah ! s’il savait !

Mais ne sait-il pas ce gui­che­tier ? Ne savent-ils pas tous ces gens qui le frôlent, ser­rés dans un imper­méable ou rata­ti­nés sous un para­pluie ? La « chose » doit appa­raître sur son front rouge et dans sa démarche qui hésite, et même dans ce bru­tal sur­saut qui le redresse comme pour défier le juge­ment du monde. La pluie le cingle, et la dure­té du monde.

Sa bra­vade ne dure qu’un ins­tant ; ses épaules retombent, lasses de por­ter sa honte. Et pour­tant, il faut la traî­ner encore. Il le sait bien, il n’est qu’un vau­rien. L’autre le lui a jeté au visage comme une gifle, et il n’a pu lui crier : « Tu mens ».

Ouvrage : Et maintenant une histoire I | Auteur : Demetz L.

Dixième commandement[1]

Brr… qu’il fait froid ! M’est avis qu’il va neiger ! »

image, catéchisme - GrandPere devant son chaletSur sa porte, grand-père Nau­dé scrute le ciel de son regard pro­fond. Chaque soir, il vient ain­si lire dans la cou­leur et la marche des nuages le temps qu’il fera le len­de­main. Il est si savant qu’il connaît toutes les lignes du ciel et, sou-vent, il arrive qu’à la veille d’une fête ou d’un mariage les vil­la­geois viennent pour le consulter.

« Père Nau­dé, f’ra t’y beau demain ? »

Et le grand-père Nau­dé sème de la joie ou de l’en­nui par l’an­nonce d’une belle jour­née ou par celle d’une pluie tenace. Ce soir-là, il rentre fri­leu­se­ment chez lui auprès du poêle ron­ron­nant de la cui­sine où ses petits-enfants Ber­nard et Pierre s’a­musent à cœur joie.

« Petits, soyez contents ; il y aura ben d’la neige demain ! Mieux vaut ça : Noël aux tisons, Pâques au balcon.

— Tant mieux, grand-père, tant mieux », s’é­crient les deux petits dont les yeux brillent déjà de joie à la pen­sée de s’en aller glis­ser en traî­neau sur les pentes nei­geuses des col­lines de Jussy.

* * *

Cette nuit-là, en effet, il neigea.

Peu à peu, le toit pen­chant de la mai­son se cou­vrit d’une mous­seuse cou­ver­ture blanche qui s’é­pais­sit d’heure en heure. Enca­pu­chon­né comme un moine, le vieux clo­cher égre­na les heures d’un ton assour­di, et les sapins médi­ta­tifs de la forêt se recueillirent dans un silence complet.

Il nei­gea ain­si jus­qu’au matin.

Quel beau réveil firent Ber­nard et Pierre en voyant d’in­nom­brables papillons blancs vol­ti­ger devant leur fenêtre, et comme ils furent vite habillés ! Toute la mati­née, ils guet­tèrent anxieu­se­ment l’é­clair­cie qui per­met­trait d’al­ler voir l’é­tat des pistes ; enfin, vers dix heures, le soleil suc­cé­da à la chute des flo­cons blancs et fit res­plen­dir la terre d’in­nom­brables scin­tille­ments de cris­taux de neige. Là-haut, à l’ombre des bois, elle dur­cis­sait sous l’âpre bise du nord.

  1. [1] Dixième com­man­de­ment : Bien d’au­trui ne convoi­te­ras pour l’a­voir mal­hon­nê­te­ment.