Catégorie : Le plus beau cadeau

Auteur : Diethelm, P. Walther | Ouvrage : Le plus beau cadeau .

2 premiers communiantsJean-Pierre, le fils du doc­teur, s’était réjoui depuis long­temps pour la ren­trée des classes après les vacances de Noël. Il aimait pour­tant bien les vacances, sur­tout en hiver, quand il y a de la neige et qu’on peut faire du ski ou aller en luge. Ce pre­mier jour de classe avait son impor­tance, car chaque pre­mier com­mu­niant devait tirer au sort son com­pa­gnon de pre­mière com­mu­nion.

Jean-Pierre, à ce sujet, a un désir secret : « Si seule­ment le sort tombe sur Albert Clé­ment. C’est le fils d’un riche fabri­cant, il a de si beaux jouets. Nous irions très bien ensemble : moi, le fils du doc­teur, et Albert, tou­jours si bien habillé ».

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Le Bon Dieu connais­sait ce désir secret, puisqu’il sait tout ! Et pour­tant — il ne l’a pas exau­cé, car ce désir n’était pas tout à fait bon.

Ain­si, quand on eut fini de tirer au sort, ce n’était pas Albert qui se trou­vait à côté de Jean-Pierre, mais le petit Charles, le plus pauvre de tous les gar­çons de la classe. Jean-Pierre, très déçu, le regar­dait à peine, d’un œil méchant.

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Tan­dis que M. le Régent est en conver­sa­tion avec le nou­veau Vicaire, les gar­çons de la deuxième classe se demandent s’il sera sévère ou indul­gent, s’il don­ne­ra beau­coup ou peu de devoirs, et sur­tout, s’il racon­te­ra des his­toires ?

Histoire pour la jeunesse - pretre faisant le Catéchisme aux garçonsTout en lui remet­tant la liste des élèves, M. le Régent explique : « Il y en a 43. C’est beau­coup ! Mais je suis per­sua­dé que tous vous feront plai­sir, car ils tra­vaillent bien, et ne sont pas méchants. Il y a Léon, avec qui il fau­dra de la patience, car il est très lent à com­prendre, encore plus lent à apprendre. Par­fois, mal­gré sa bonne volon­té, il n’arrive pas à savoir sa leçon. Le pauvre gar­çon souffre des suites d’une chute très grave alors que tout petit, sa maman tra­vaillant à la fabrique, il res­tait seul à la mai­son. »

Après cette expli­ca­tion, M. le Régent intro­duit le nou­veau vicaire. 43 gar­çons se lèvent et saluent joyeu­se­ment : « Bon­jour M. le Vicaire », tout en ins­pec­tant de haut en bas le nou­vel Abbé.

Celui-ci, de son côté, exa­mine rapi­de­ment les visages de ses nou­veaux élèves, puis il s’installe au pupitre et la leçon com­mence.

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Pen­dant la leçon, M. le Vicaire recon­nut bien­tôt Léon à sa taille qui dépas­sait les autres de la hau­teur de la tête. A par­tir des leçons sui­vantes, il le dis­tin­gua sur­tout à son appli­ca­tion ; car pour se pré­pa­rer à la pre­mière com­mu­nion, Léon sui­vait les leçons de caté­chisme avec ardeur. Vrai­ment on ne peut lui en vou­loir d’avoir mau­vaise mémoire. De plus, Léon est pro­fon­dé­ment pieux ; lors de visites au Saint Sacre­ment, M. le Vicaire peut consta­ter son recueille­ment En che­min déjà, il semble prier, médi­ter en silence, alors que ses cama­rades bavardent, se dis­putent même. En un mot, tout dans sa conduite prouve com­bien Léon se réjouit de pou­voir faire sa pre­mière com­mu­nion. Le pauvre gar­çon a dû attendre si long­temps le bon­heur de rece­voir Jésus, Quelques jours avant la pre­mière com­mu­nion, tout à coup, Léon tombe malade. Des dou­leurs le tour­men­taient depuis plu­sieurs jours. Mais il n’en lais­sait rien voir ; per­sonne ne remar­quait avec quelle peine il se traî­nait aux leçons de caté­chisme et aux exer­cices pré­pa­ra­toires à la pre­mière com­mu­nion. Être malade tout juste avant le jour de la pre­mière com­mu­nion ? Ah non ! Cela ne pou­vait être, main­te­nant qu’il allait enfin rece­voir Jésus ! Ain­si rai­son­nait le vaillant gar­çon.

Pen­dant deux, trois jours, Léon réus­sit à cacher son mal. Bien­tôt il n’y tint plus. Une nuit, il gémis­sait si fort, que sa maman l’entendit. Vite elle se leva et alla voir ce qui se pas­sait. Quelle ne fut pas sa frayeur en voyant que son cher Léon avait si mal ! S’inquiétant, elle appelle tout de suite le doc­teur qui constate une appen­di­cite, et ordonne l’opération, si ce n’est pas déjà trop tard !

Communion à un malade - Léon est malade ; le docteur l'examineLéon pro­teste, natu­rel­le­ment, mais

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La vie était tou­jours très gaie dans la famille Dumas. Cela ne peut être autre­ment dans une mai­son où habitent quatre enfants, tous en bonne san­té. Léon, qui était en cin­quième classe, aimait à sif­fler, ou à crier. Suzette, fillette de dix ans, sau­tait et chan­tait toute la jour­née. Et les deux autres, les petits, un frère de deux ans et une sœur de cinq semaines, fai­saient du bruit aus­si, à leur façon.

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Histoire pour le KT : Ignacio Pinazo - Petite fille lisantUn jour tout se trou­va calme dans la mai­son, bien que, per­sonne ne man­quât. Y avait-il quelqu’un de malade ? Pas pré­ci­sé­ment, mais depuis quelques jours déjà, Léon était de mau­vaise humeur ; il avait mal aux dents. Depuis hier, il avait une joue enflée, et son humeur allait de mal en pis. On n’aurait su dire ce qui le tour­men­tait le plus : ses dents, ou ce que sa maman avait ordon­né : aller chez le den­tiste. Ah ! on n’aime pas y aller, chez le den­tiste !

Mais Suzette, pour­quoi était-elle pen­chée sur son livre, toute silen­cieuse ? Il y avait sûre­ment quelque chose qui n’allait pas. Elle n’était pas à son affaire. Dis­traite, elle regar­dait tou­jours la même page, sans pour­tant la lire. Était-ce com­pas­sion envers son frère ? — Avait-elle mal, elle aus­si ?

Oui, Suzette avait mal ; pas aux dents. Suzette avait mal dans son cœur, qui bat­tait fort et drô­le­ment, sur­tout le soir, quand elle ne pou­vait pas dor­mir. Suzette avait peur de la

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Ils s’appelaient Robi… et Bobi… Les noms se res­sem­blaient et les deux gar­çons aus­si. Ils étaient jumeaux. À l’école, ils se trou­vaient l’un à côté de l’autre, et c’est à peine si on pou­vait les dis­tin­guer. Cepen­dant, si on les connais­sait bien, on savait que Bobi avait une touffe de che­veux qui se dres­sait un peu plus har­die. Avec le temps on consta­tait qu’il était quel­que­fois un peu plus tran­quille que son frère. Quel­que­fois ! car en géné­ral, ils étaient tout aus­si taquins et étaient très unis dans la joie comme dans la peine, sur­tout s’il s’agissait de jouer un bon tour et de rece­voir la puni­tion méri­tée.

Catéchisme, préparation à la première communion des enfantsEn ce moment, ils se pré­pa­raient à leur pre­mière com­mu­nion. C’était une vraie joie de les voir se don­ner tant de peine. Tous deux vou­laient être prêts pour le grand jour, ils étaient, comme le sont en géné­ral les gar­çons, au dehors, gais et exu­bé­rants, mais, leur cœur était, au dedans, un sanc­tuaire qu’ils embel­lis­saient fidè­le­ment.

Je ne vous par­le­rai pas de ce zèle pour l’instant. Rap­pe­lons sim­ple­ment que, dans la semaine avant la pre­mière com­mu­nion, M. le curé avait don­né à tous les enfants le conseil de bien pro­fi­ter des pre­miers ins­tants après la com­mu­nion. Il leur avait dit : « Ce moment, où pour la pre­mière fois, Jésus est pré­sent dans votre cœur, est le plus riche de grâces de toute votre vie. Confiez bien au divin Maître votre plus grand désir. »

Cette remarque avait frap­pé Bobi et Robi. Ils ren­trèrent à la mai­son tout silen­cieux après cette leçon de caté­chisme.

Ils réflé­chis­saient. Cha­cun s’interrogeait pour connaître son plus grand désir,

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« Dis donc, ce qu’on l’a ren­du furieux », dit en riant Max à Gil­bert. Blot­tis contre le mur, à droite et à gauche de la porte de l’école, les deux gar­çons attendent.

Jean-Baptiste Greuze - Petit garçon blond à la chemise ouverteMais celui qu’ils guettent ne vient pas. Assis tout seul dans la salle de classe, la tête sur le pupitre, il pleure à chaudes larmes. Qu’en peut-il, s’il a les che­veux roux ? Le bon Dieu aurait tout aus­si bien pu les don­ner à un autre, par exemple à ces deux qui viennent de se moquer de lui. « Rou­quin ! Rou­quin ! » l’ont-ils appe­lé en lui tirant la langue. Et puis, il ont dis­pa­ru der­rière les bancs. Ils savent bien qu’il ne peut souf­frir ce sobri­quet. Il s’était don­né tant de peine pour maî­tri­ser sa colère. Mais quand le sang lui fut mon­té à la tête il ne s’est plus sen­ti et il s’est ven­gé. Cela les a ren­dus d’autant plus méchants. « Rou­quin ! Rou­quin furieux ! » lui criaient-ils. Alors, à bout de patience, il a sai­si la pre­mière chose qui lui est tom­bée sous la main, un livre, et l’a jeté aux deux gar­çons. Mal­heur ! Ils ont évi­té le coup, le gros livre a pas­sé à tra­vers la vitre, et la voi­là en mille mor­ceaux !…

Un ins­tant, tous trois se sont regar­dés, ter­ri­fiés. Aucun n’a vou­lu cela, cer­tai­ne­ment ! Mais a quelque chose mal­heur est bon : les deux taquins ont dis­pa­ru, lais­sant la paix au Rou­quin, pro­ba­ble­ment à cause de la vitra cas­sée. — Leur conscience leur dit sans doute que c’est bien leur faute, puisqu’ils ont aga­cé leur cama­rade.

Rou­quin — son vrai nom est Roger — est encore plus fâché main­te­nant Assis tout seul sur son banc, il se sent le plus mal­heu­reux du monde. C’est tou­jours lui qu’on chi­cane, et pour­tant il ne fait de mal à per­sonne !

Max et Gil­bert, près de la porte de l’école finissent par s’ennuyer. Quand, au bout d’un quart d’heure, Roger part fur­ti­ve­ment, il n’y a plus per­sonne.

Oui, Roger s’en va fur­ti­ve­ment à la mai­son comme s’il avait été bat­tu. Et pour­tant ce n’est pas le cas ; mais il a honte parce qu’il craint que ses deux méchants cama­rades sur­gissent quelque part et lui crient le sobri­quet, en face de tout le monde.

Et puis, il y a la vitre ! Il faut la payer, si l’on veut être hon­nête. « Celui qui casse les verres les