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abbaye de Landevennec - Légende de Saint Guénolé et le diable Saint Gué­no­lé était en charge de l’Ile de Sein qui s’appelait à l’époque Insu­la Seid­hun. Il pro­té­geait les habi­tants qui se lais­saient influen­cer encore trop faci­le­ment aux injonc­tions des beaux par­leurs envoyés par le diable.

Il fai­sait l’aller-retour entre l’abbaye de Lan­de­ven­nec et l’île, et s’arrêtait sou­vent au Bec du Raz pour y contem­pler sa cité posée sur l’eau. Il envi­sa­geait de construire un pont entre le Bec et l’île afin de per­mettre des voyages plus confor­tables et moins dan­ge­reux par mau­vais temps entre Seid­hun et le conti­nent. Il l’avait pro­mis au capi­taine de l’île.

* * *

Il en était là dans ses réflexions quand un beau jeune homme s’approcha de lui. Mais à ses pieds four­chus et à sa langue miel­leuse, Saint Gué­no­lé recon­nu le diable en per­sonne.

— Que me veux-tu, Polig ? (Petit Paul, sur­nom du diable)

— Je veux aller sur l’île qui est au loin là-bas.

— Par ma crosse, tu ne

Auteur : Hunermann, Père Guillaume | Ouvrage : Les lèvres scellées ou le sacrement de pénitence raconté aux jeunes .

(Conte...)

Le vieux curé était res­té au confes­sion­nal jusqu’à la tom­bée de la nuit, jusqu’à ce que le der­nier pécheur eût quit­té l’église. Cepen­dant, il déci­da d’attendre encore un peu, au cas où un péni­tent en retard se pré­sen­te­rait encore.

Sacrement de la réconciliation - Honfleur - Eglise St Leonard - ConfessionnalIl était fati­gué et mal­gré lui ses pau­pières se fer­maient.

Tout à coup, il sur­sau­ta. La porte de l’église avait bou­gé ; peut-être n’était-ce qu’un coup de vent car la tem­pête fai­sait rage autour de la mai­son de Dieu. Mais une sil­houette se déta­chait sur le mur : un homme s’avançait. Son pas réson­nait de façon étrange sur les dalles, comme s’il avait une jambe de bois. Il avait rele­vé le col de son man­teau, et à tra­vers les grilles du confes­sion­nal, le prêtre ne put dis­tin­guer du visage que deux yeux au regard sombre. L’étranger entra dans le confes­sion­nal après une brève hési­ta­tion et s’agenouilla.

« Quand vous êtes-vous confes­sé pour la der­nière fois ? » deman­da le prêtre.

« Je n’ai encore jamais reçu ce sacre­ment » répli­qua l’homme d’une voix étouf­fée.

« Jamais, dites-vous ? »

« Jamais. »

« Quel âge avez-vous donc ? »

« Je ne sais pas, il y a beau temps que j’ai ces­sé de comp­ter les années. »

« Mais vous devez bien savoir à peu près votre âge ? »

« Une demi-éter­ni­té.  »

« Bien, disons alors soixante-dix ans ! De quoi vous accu­sez-vous ?  »

« J’ai été orgueilleux » répli­qua le pécheur.

« Rien d’autre ? » insis­ta le prêtre, éton­né. « Vous n’avez été orgueilleux qu’une seule fois durant toutes ces années ?  »

« Oui, une seule fois seule­ment. »

« Et rien d’autre ?  »

« J’ai été envieux.  »

« Envieux ?  »

« Oui, envieux. J’étais jaloux de tout le monde. »

« De tout le