Étiquette : <span>Regret</span>

Ouvrage : Le Croisé
Sainte Marie-Made­leine

Dans ce pays par­fu­mé de la Pro­vence, au milieu des sen­teurs de lavande se dresse une muraille de pierre. Accro­chée à celle-ci, une vaste grotte, où l’on accède par un sen­tier pédestre, semble veiller de toute éter­ni­té sur la val­lée. Au début de la chré­tien­té, une péni­tente est venue pleu­rer ses péchés dans la soli­tude, accom­pa­gnée dans ses larmes par les chants des grillons, et sou­te­nue dans sa prière par son frère, saint Lazare, pre­mier évêque de Mar­seille. À la Sainte-Baume, les fidèles sont aujourd’­hui nom­breux à se pres­ser pour implo­rer l’in­ter­ces­sion de sainte Marie-Madeleine.

Dans la petite ville de saint Maxi­min, non loin du sanc­tuaire, l’é­té touche à sa fin. Sur la place du vil­lage, les hommes, jeunes et vieux, jouent à la pétanque ou sirotent un pas­tis. L’ac­cent mélo­dieux des vil­la­geois ajoute une petite note de cou­leur à la soi­rée d’é­té qui, comme les autres, a reçu les fortes caresses d’un soleil de plomb. Sou­dain, un son stri­dent déchire l’air. En quelques secondes, la place où réson­nèrent les rires et les chants, s’est cou­verte d’un silence de mort. Tous ont recon­nu le signal fati­dique, celui de la sirène qui annonce ce que tous appré­hendent le feu ! Le feu est à la forêt… Au détour d’une ruelle, un enfant de douze ans, au teint bru­ni par le soleil, arrive en cou­rant. Son père, de per­ma­nence à la gen­dar­me­rie, a reçu le pre­mier la nou­velle. Yvon vient main­te­nant don­ner à tous des détails : le feu a pris au pied du sanc­tuaire, la forêt qui abrite le pas sinueux des pèle­rins est deve­nu, en quelques minutes un bra­sier que vient atti­ser avec fré­né­sie les souffles vio­lents du mistral.

Ouvrage : Je me confesse | Auteur : Goldie, Agnès | Illustration : Hebbelynck, Jeanne

I
L’enfant fait sa prière

Sept heures !

Vite enfant, lève-toi ! Donne ton cœur au bon Dieu !

— Petit Jésus, c’est pour vous ma jour­née ! …ma prière et mes jeux, ma leçon de lec­ture, mes joies, mes petites peines…

Quand vous aviez mon âge, Jésus, mon petit frère, vous don­niez tout ain­si à votre Père des cieux ! Oh ! don­nez-lui encore tout ce que je vous donne : il faut tou­jours ! tou­jours ! faire plai­sir au bon Dieu !

Avec vous, mon Jésus, je serai bon et sage !

— C’est bien, petit enfant :

Dieu t’a mis sur la terre pour le louer, l’ai­mer, le ser­vir. C’est lui qui a choi­si ta mai­son, ton pays ; c’est lui qui t’a confié à papa, à maman ; tu es à lui ; Il est ton Père.

Tout est à vous, mon Dieu les oiseaux et les fleurs, les mai­sons, le soleil, même les jouets de mon éta­gère : mon ours et mon che­val, mes pou­pées et mes livres… Et moi je suis à vous ! Et vous vou­lez que je vous aime ! C’est là ce que je veux faire toute la jour­née !

— Oh ! maman, pen­dant que je m’ha­bille, dites-moi ce que veut le bon Dieu !

— Ne sais-tu pas la belle his­toire de Moïse ? Il était dans le désert avec le peuple hébreu, se ren­dant à la Terre-Pro­mise. Et le Dieu Tout-Puis­sant l’ap­pe­la sur le Mont Sinaï. Il mon­ta et se mit en prière. Alors la voix de Dieu se fit entendre et Moïse reçut les tables de la loi deux grandes pierres sur les­quelles étaient gra­vés dix commandements.

— C’é­tait pour les Hébreux ?

— C’é­tait pour tous les hommes : c’é­tait pour toi, enfant !

— Avant Moïse, l’on pou­vait donc être méchant ?

— Ces com­man­de­ments écrits sur les tables de pierre étaient écrits déjà.

— Où donc, maman ?

— Mais dans le cœur, dans la conscience. Cha­cun avait son ange pour l’ai­der à les lire.

— Ces com­man­de­ments, je vou­drais les savoir ! Ils disaient la même chose ?

— Oui, mon enfant ; écoute bien :

Il n’y a qu’un seul Dieu et tu l’a­do­re­ras.
Res­pecte et bénis son saint nom.
Sanc­ti­fie le jour du Sei­gneur.
Sois bon pour ton père et ta mère.
Ne tue pas ; ne fais de mal à per­sonne.
Garde ton âme et ton corps purs.
Ne prends pas ce qui est aux autres.
Dis tou­jours la véri­té.
Ne sois ni envieux, ni jaloux.