
Dans ce pays parfumé de la Provence, au milieu des senteurs de lavande se dresse une muraille de pierre. Accrochée à celle-ci, une vaste grotte, où l’on accède par un sentier pédestre, semble veiller de toute éternité sur la vallée. Au début de la chrétienté, une pénitente est venue pleurer ses péchés dans la solitude, accompagnée dans ses larmes par les chants des grillons, et soutenue dans sa prière par son frère, saint Lazare, premier évêque de Marseille. À la Sainte-Baume, les fidèles sont aujourd’hui nombreux à se presser pour implorer l’intercession de sainte Marie-Madeleine.
Dans la petite ville de saint Maximin, non loin du sanctuaire, l’été touche à sa fin. Sur la place du village, les hommes, jeunes et vieux, jouent à la pétanque ou sirotent un pastis. L’accent mélodieux des villageois ajoute une petite note de couleur à la soirée d’été qui, comme les autres, a reçu les fortes caresses d’un soleil de plomb. Soudain, un son strident déchire l’air. En quelques secondes, la place où résonnèrent les rires et les chants, s’est couverte d’un silence de mort. Tous ont reconnu le signal fatidique, celui de la sirène qui annonce ce que tous appréhendent le feu ! Le feu est à la forêt… Au détour d’une ruelle, un enfant de douze ans, au teint bruni par le soleil, arrive en courant. Son père, de permanence à la gendarmerie, a reçu le premier la nouvelle. Yvon vient maintenant donner à tous des détails : le feu a pris au pied du sanctuaire, la forêt qui abrite le pas sinueux des pèlerins est devenu, en quelques minutes un brasier que vient attiser avec frénésie les souffles violents du mistral.




