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29 août 2026La Décollation de saint Jean-Baptiste

La fête de la Décol­la­tion ou Déca­pi­ta­tion de saint Jean-Bap­tiste nous rap­pelle l’une de ces bru­ta­li­tés dont si sou­vent les grands se sont ren­dus cou­pables à l’é­gard de leurs cen­seurs. Hérode Anti­pas, tétrarque de Gali­lée, venait de répu­dier sa femme légi­time pour prendre Héro­diade, femme de son frère Phi­lippe. Jean-Bap­tiste n’hé­si­ta pas à lui repro­cher vive­ment cette conduite scan­da­leuse. Aus­si fut-il arrê­té et incar­cé­ré. Or, « Héro­diade, nous dit saint Marc, vou­lait le faire périr ; mais elle ne le pou­vait pas, car Hérode, sachant que c’é­tait un homme juste et saint, le véné­rait et veillait sur sa vie ; il fai­sait beau­coup de choses d’a­près ses conseils et l’é­cou­tait volon­tiers. Enfin il se pré­sen­ta une occa­sion favo­rable. Le jour anni­ver­saire de sa nais­sance, Hérode don­na un fes­tin aux grands de sa cour, à ses offi­ciers et aux prin­ci­paux de la Gali­lée. La fille d’Hé­ro­diade, étant entrée dans la salle, dan­sa, et plut tel­le­ment à Hérode et à ceux qui étaient à table avec lui, que le roi dit à la jeune fille : « Demande-moi ce que tu vou­dras, et je te le don­ne­rai. » Et il ajou­ta avec ser­ment : « Tout ce que tu me deman­de­ras, je te le don­ne­rai, quand ce serait la moi­tié de mon royaume. » Elle sor­tit et dit à sa mère : « Que deman­de­rai-je ? » Sa mère lui répon­dit : « La tête de Jean-Bap­tiste. » Reve­nant avec empres­se­ment auprès du roi, la jeune fille lui fit cette demande : « Je veux que tu me donnes à l’ins­tant, sur un plat, la tête de Jean-Bap­tiste. » Le roi fut attris­té ; mais, à cause de son ser­ment et de ses convives, il ne vou­lut pas l’af­fli­ger d’un refus. Il envoya donc un de ses gardes avec l’ordre d’ap­por­ter la tête de Jean sur un plat. Le garde alla déca­pi­ter Jean dans la pri­son, et appor­ta sa tête sur un plat ; il la don­na à la jeune fille, et la jeune fille la remit à sa mère. L’ayant appris, les dis­ciples de Jean vinrent prendre son corps et le mirent dans un sépulcre. »


Ouvrage : Et maintenant une histoire I | Auteur : Acre, Jean d’

Huitième commandement[1]

récit de catéchisme : le mensongeDéci­dé­ment, ce soir ça n’al­lait plus… Depuis long­temps déjà, Fran­ce­lyn s’a­per­ce­vait que le duc de Mâle-Bouche, dont il était le pre­mier page, lui fai­sait mau­vaise figure. Et Fran­ce­lyn savait bien que c’é­tait là une affaire de jalou­sie. Mirouet, le second page, ne pou­vait sup­por­ter de le voir avant lui, et depuis long­temps il essayait de lui faire perdre l’es­time du sei­gneur de Mâle-Bouche. Or, aujourd’­hui, le duc avait été plus dur que d’ha­bi­tude et si, tout à l’heure, il s’é­tait enfer­mé dans sa chambre avec Mirouet, ce ne devait pas être pour chan­ter les louanges de Fran­ce­lyn. Et Fran­ce­lyn, accou­dé à une étroite fenêtre du châ­teau, songeait.

Fran­ce­lyn ? Le plus joli, le plus char­mant page que l’on pût rêver. C’é­tait la jeu­nesse en fleur dans toute sa joliesse de seize ans : de grands che­veux blonds qui retom­baient en boucles d’or sur ses épaules, des yeux cou­leur de rayon de lune, de fines lèvres incar­nat tou­jours prêtes à sou­rire ou à chan­ter, un teint qui fai­sait pen­ser aux fleurs des pom­miers d’a­vril. Et une âme aus­si belle que le visage : ni faus­se­té, ni égoïsme en lui, ni orgueil, mais une grande et vraie cha­ri­té et un pro­fond amour pour Notre Sei­gneur Jésus-Christ et Notre Dame, sa sainte Mère.

La moindre injus­tice, le moindre men­songe fai­saient hor­reur à Fran­ce­lyn, et c’est pour­quoi, ce soir, il était triste, très triste, parce qu’il sen­tait de la jalou­sie et de la calom­nie autour de lui.

Fran­ce­lyn lais­sait ses yeux errer au loin. Il contem­plait du châ­teau, fiè­re­ment per­ché sur une haute falaise de rochers à pic, la plaine où le soleil cou­chant dorait les blés mûrs, et il lui sem­blait, le pau­vret, que 

  1. [1] Hui­tième com­man­de­ment : La médi­sance ban­ni­ras et le men­songe éga­le­ment.

Quel mar­tyre, lorsque leurs yeux se ren­con­trèrent ! Le Fils et la Mère ont offert pour moi ce sacri­fice si dou­lou­reux, et je ne vou­drais pas aimer les sacrés cœurs de Jésus et de Marie !… Prières avant et après chaque station.

Quel triomphe-pour les enne­mis de Jésus ! Quels blas­phèmes, en le voyant tom­ber ! Et moi, com­bien de fois ai-je désho­no­ré la pié­té et réjoui les méchants, par-mes chutes et mes scan­dales ! For­ti­fiez mes pas, ô mon Jésus, dans la voie de vos saints com­man­de­ments. Prières avant et après chaque station.

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Ouvrage : 90 Histoires pour les catéchistes I

La pénitence

Ce récit est une his­toire abso­lu­ment vraie : seuls les noms propres ont été chan­gés. On com­pren­dra aisé­ment pourquoi.

Roger de Pré­val était élève au col­lège Sainte-Anne à X, depuis octobre. Il avait eu le mal­heur de tom­ber sous la coupe d’un mau­vais cama­rade, plus âgé que lui, nom­mé Lau­dry. Non seule­ment ce der­nier lui avait pas­sé de mau­vais livres, ensei­gné de vilaines choses, mais un soir il l’a­vait entraî­né à la cha­pelle poux voler l’argent dépo­sé dans le tronc ! Roger, ter­ro­ri­sé par Lau­dry, avait consen­ti à tout… N’o­sant avouer ses fautes au confes­seur, il s’é­tait tu, accu­mu­lant pen­dant six mois sacri­lèges sur sacri­lèges. Et voi­ci qu’ar­ri­vait pour lui le Grand Jour de la Pre­mière Com­mu­nion, la vraie, puisque à cette époque on ne fai­sait pas encore de com­mu­nion privée.

Dominicain - pour prêche la retraite de première communion des enfants

La retraite com­men­ça, prê­chée par un jeune Père domi­ni­cain. Le pré­di­ca­teur rap­pe­la aux retrai­tants les grandes véri­tés de notre sainte reli­gion : la mort, le juge­ment, le ciel, l’en­fer… Roger, tout ému, repas­sa dans son esprit les nom­breuses fautes com­mises depuis six mois. Mais que dirait son confes­seur s’il lui avouait seule­ment aujourd’­hui sa misère ? Le pauvre petit pen­sa que jamais le prêtre n’a­vait enten­du de sem­blables choses… Et pour s’en­cou­ra­ger il répé­tait : « Mon Dieu, je vous jure de me confes­ser, mais plus tard, quand je serai sur mon lit de mort ! » Or voi­ci qu’à la veille de la clô­ture, le pré­di­ca­teur fit un ser­mon sur la mau­vaise confes­sion. « On se confesse mal de deux manières, dit le Père ; en man­quant de contri­tion, c’est-à-dire en ne se repen­tant pas de ses péchés, ou en man­quant de sin­cé­ri­té, c’est-à-dire en cachant volon­tai­re­ment une ou plu­sieurs fautes graves. Dans ce der­nier cas on sort du confes­sion­nal encore plus cou­pable, car on y est entré simple pécheur et on en sort