La poupée


Aussi loin que se reportent dans le passé mes souvenirs, je revois la vieille marquise de Flavigny, souriante et sereine, habituellement assise dans une antique bergère garnie de velours couleur de pêche,
Les épitres de Saint Paul
VIII. A LA CONQUÊTE DE L'EUROPE
Ce fut donc par la Macédoine que le grand Apôtre entra en Europe. La première ville où il enseigna le Christ fut Philippes. A la façon des philosophes grecs,
Le 7 octobre 1571 : la victoire de Lépante
1570... Une situation de crise
Les pays d'Europe, principalement à cause des suites de la révolte de Luther et des débuts du protestantisme, se disputent et se jalousent. Les
Comment Joël, fils de Michaël, prépara la Pâque
Joël réfléchissait.

« Déjà, se disait-il, toute la ville retentit de tambourins et de flûtes. Déjà, les fours cuisent le pain sans levain, et partout on tue les agneaux
L'œuf de Nicolazic
Ce matin-là, un rayon de soleil se glissa par la fenêtre, et Nicolazic se leva.

Tout chantait en lui : Alléluia ! Alléluia !

Et pourtant Nicolazic n'avait aucune raison personnelle d'être joyeux.
Francelyn
Huitième commandement
Décidément, ce soir ça n'allait plus... Depuis longtemps déjà, Francelyn s'apercevait que le duc de Mâle-Bouche, dont il était le premier page, lui faisait mauvaise figure. Et Francelyn
Du courage... et du vrai
Vaillance, maîtrise de soi
Ne pourrais-tu pas me raconter encore comment tu es retourné dans la maison en flammes, pour sauver ton chef qui allait mourir? »

Rémy, suppliant, s'accroche à la

Et maintenant une histoire ! Posts

| Ouvrage : Et maintenant une histoire II, Fêtes de l'année liturgique .

Le ciel est bas et gris. Bien­tôt, novem­bre sera là, et les grands arbres, déjà, per­dent leur chevelure d’or.

Cinq heures son­nent lente­ment au clocher de l’église. La porte de l’école s’est ouverte ; on entend les rires des fil­lettes, clairs et joyeux en cette soirée d’automne. Quelques bavardages encore… puis tout le monde se dis­perse ; les unes vont à la lai­terie, les autres ren­trent vite chez elles où les atten­dent quelques leçons à appren­dre.

Récit de France pour les enfants - Croix pour mort à la guerreDans un petit groupe d’écolières qui pren­nent ensem­ble le chemin du retour, Lucette s’avance avec ses amies Renée et Marie-Thérèse, dont les yeux rieurs et les joues rouges comme des pêch­es, con­trastent avec son petit vis­age pâle où deux grands yeux gris sem­blent, aujourd’hui, plus tristes qu’à l’habitude.

Et, tan­dis que les souliers claque­nt gaî­ment sur les pavés, on par­le de choses sérieuses.

« Ils seront sûre­ment en fleurs pour la Tou­s­saint, dit Renée, tu as vu, avant-hier, comme les bou­tons étaient larges ? Eh bien, ils ont encore grossi et ils vont être dorés, je crois, avec le dessous des pétales rouge, comme ceux de Madame Gounet, qui m’a don­né les bou­tures. Ven­dre­di, j’irai arranger les tombes avec Maman ; et toi, que feras-tu ?

- Oh ! moi… » et les yeux tristes devi­en­nent plus som­bres encore.

« Zut ! se dit Marie-Thérèse, Renée a gaffé ».

***

Aujourd’hui, c’est jeu­di, et Lucette, un sac au bras, s’en va légère sur la route. Madame Bouf­fet, une cou­sine chez qui sa mère l’a lais­sée en repar­tant à Lyon, l’a envoyée faire une course dans un vil­lage dis­tant de trois kilo­mètres.

Et l’enfant, seule sur la grand-route, songe à cet autre­fois où elle était une petite fille heureuse, entre son papa et sa maman. Hélas ! son cher papa est mort quelque part en Alle­magne, il y a plusieurs années déjà ! Sa maman n’a pas pu l’emmener avec elle dans la grande ville où, depuis deux ans, elle a été oblig­ée de se met­tre à tra­vailler, et où il est si dif­fi­cile de se loger.

Oui, Lucette est seule… bien seule. Sans doute, Madame Bouf­fet est très bonne et la petite fille a de gen­tilles amies comme, Renée et Marie-Thérèse, mais ce n’est pas le chaud foy­er, la douce mai­son… et le petit cœur ten­dre se serre.

Mais, qu’est-ce que cela ? Là, sur le rebord de la route, il y a une petite croix de bois, à moitié tombée. Lucette se penche, et lit cette sim­ple phrase : « Un sol­dat de chez nous, mort pour la patrie, priez pour lui ! »
Alors, les deux petites mains se joignent pour une fer­vente prière. Puis, après un signe de croix, l’enfant reprend sa route, mais lente­ment une idée nou­velle germe dans sa jeune tête.

Auteur : Mesnil, Luc | Ouvrage : Et maintenant une histoire II, Fêtes de l'année liturgique .

Tou­s­saint

Histoire à raconter aux jeunes - La ToussaintVidi tur­bam mag­nam… Vidi tur­bam… Vidi…

Et le brévi­aire tom­ba des mains de Mon­sieur le Curé emporté par le som­meil…

Le tic-tac de la pen­d­ule fut cou­vert par les onze coups qui mar­quaient qu’un jour nou­veau allait bien­tôt com­mencer. Puis, plus rien que la res­pi­ra­tion régulière du brave prêtre, vain­cu par la fatigue…

***

La journée avait été par­ti­c­ulière­ment pénible. Levé, comme chaque jour, à 5 heures 1/​2 pour assur­er la pre­mière messe, il n’avait pas encore eu une seule minute de détente. Après la messe et le déje­uner, pris debout, il avait fal­lu courir à l’hôpital pour con­fess­er les malades ; puis enter­re­ment à 9 heures, catéchisme à l’école des filles, vis­ite des malades…

Le repas de midi pris “sur le pouce“ et ren­dez-vous avec l’électricien dans la salle du patron­age. Puis catéchisme à l’école libre et con­fes­sion des garçons jusqu’à 4 heures. A 4 heures : réu­nion des pre­miers com­mu­ni­ants de la paroisse. De 5 à 7 heures : présence au con­fes­sion­nal. A 8 heures : cer­cle d’études et “patro“.

Et il était presque 11 heures lorsque Mon­sieur le Curé ren­tra au pres­bytère, avec son brévi­aire à dire et son ser­mon à pré­par­er pour le lende­main…

« Vous vous tuerez, gémit la vieille Cather­ine, sa ser­vante, lorsqu’elle le vit ren­tr­er. Prenez au moins ce lait de poule que je vous ai pré­paré. »

Le prêtre engloutit le con­tenu de son bol, sans même pren­dre le temps de déguster, puis gagna rapi­de­ment sa cham­bre.

« Mer­ci, Cather­ine. Vous êtes une bien bonne fille. Dieu vous le ren­dra. »

Mais la fatigue était plus forte que tout. Et Mon­sieur le Curé, la tête penchée sur son bureau, dans la douce chaleur de la lampe élec­trique, venait de suc­comber au som­meil.

***

La pen­d­ule fai­sait tic-tac… tic-tac …, un chat miaulait sur le toit voisin, au loin le sif­flet du dernier train perçait le silence de la nuit. La ville, la petite ville som­brait dans les ténèbres. Demain, avant le lever du jour, les trois cloches lanceraient leur joyeux appel. Déjà, la sœur sac­ristine avait pré­paré les beaux orne­ments blancs, ten­du la nappe de pure batiste, et placé de gros chrysan­thèmes rouges entre les chan­de­liers du maître-autel…

De sa voix toni­tru­ante, le chantre lancerait les pre­mières notes de l’Introït : Gaudea­mus omnes in Domi­no… Réjouis­sons-nous, c’est la fête de tous ceux qui peu­plent le Par­adis, les con­nus mar­qués au cal­en­dri­er et les incon­nus dont, j’espère, nous serons un jour…

Et Mon­sieur le Curé, en cette veille de fête, n’a pu ter­min­er ni Vêpres, ni Matines qu’il lui fau­dra repren­dre tout à l’heure. Il dort au milieu des papiers épars sur la table, à côté de sa bib­lio­thèque mal rangée parce que tous les grands garçons vien­nent s’y rav­i­tailler, près du divan sur lequel il ne repose que quelques heures chaque nuit.

Auteur : Herbé | Ouvrage : Et maintenant une histoire I, Les Vérités à croire, le témoignage à porter .

Histoire missionnaire - Saint Françoic-Xavier baptisant des indigènes

La grande salle des fêtes du col­lège de N… tenu aux Indes par les Pères jésuites, était ce soir-là pleine à cra­quer. On y pas­sait un film pas­sion­nant et, si la salle elle-même se trou­vait plongée dans l’obscurité, il émanait assez de clarté de l’écran pour qu’on puisse à la longue dis­cern­er les vis­ages, tous ten­dus vers le même point, et y lire le reflet des sen­ti­ments qui fai­saient bat­tre le cœur des col­légiens. Il y avait là tous les élèves catholiques du col­lège et eux seuls, car, dans ce pays mys­térieux aux castes farouch­es, les grandes familles hin­doues ne con­fi­aient leurs enfants aux Pères qu’à la con­di­tion expresse qu’il ne leur serait jamais par­lé de reli­gion… Et le film pro­jeté aujourd’hui au col­lège met­tait mag­nifique­ment en scène la vie de Notre Seigneur Jésus-Christ.

Quand on fut arrivé aux sanglants épisodes de la Pas­sion, le silence se fit plus grave encore dans la salle ; accroché à la colonne de la fla­gel­la­tion, le Christ, dépouil­lé de ses vête­ments et poings liés, se tor­dait de douleur sous les coups de fou­et des bour­reaux, et cette atroce vision fasci­nait les jeunes gens, dont on eût dit que le souf­fle même s’arrêtait…
C’est alors qu’au fond de la salle, brusque­ment, jail­lit un éclat de rire qui fit sur­sauter tout le monde.

« Que se passe-t-il ? » inter­ro­gea rapi­de­ment à voix basse le Père André en se pen­chant vers l’un des sur­veil­lants, placé à sa gauche.

« Je ne sais pas encore, Père, répon­dit celui-ci… Il me sem­ble recon­naître là, près de la cab­ine du ciné­ma, le jeune Gopal qui paraît pris de fou-rire… Je vais voir…

- Non, lais­sez-moi faire… je vais m’occuper de Gopal. Il est dans ma classe. »

Un instant plus tard, le Père André se pen­chait sur un jeune garçon de 11 à 12 ans qui s’efforçait de maîtris­er un vio­lent fou-rire.

« Gopal ! »

L’enfant tres­sail­lit :

« Père ?

- Que fais-tu ici ? Ce n’est pas ta place !

- C’est vrai, Père, recon­nut le petit que le ton du mis­sion­naire impres­sion­nait et rame­nait au calme, je ne suis pas de ta reli­gion ; mais j’ai voulu voir ce film dont mes cama­rades par­laient tant et je me suis glis­sé là tout à l’heure, sans être vu…

- Et tout cela pour te moquer d’eux, sans doute ? Pourquoi ce rire ? »

L’enfant leva vers le Père ses yeux noirs bril­lants et limpi­des :

« Mais, Père, est-il pos­si­ble qu’un homme juste puisse jamais être bat­tu comme cela ? Tu sais bien que c’est fou et c’est pour cela que j’ai ri…

- En tout cas, ton rire était bien mal placé et, pour la pre­mière fois, je suis mécon­tent de toi… Viens avec moi hors de la salle. »

Con­sterné de l’effet pro­duit par son atti­tude et un peu penaud, Gopal suiv­it sans bruit le Père André qu’il rat­tra­pa dans la cour :

« Père, deman­da-t-il d’un ton hési­tant, es-tu tou­jours fâché con­tre moi ? »

Le Père André plongea son regard dans celui de l’enfant hin­dou :

« Non, Gopal, parce que tu n’as pas com­pris la portée de ton atti­tude. Voyons, écoute-moi. Tu as un ami au col­lège ?

- Oui, Père, tu le con­nais bien, c’est Kit­tou.

Evangélisation des enfants - Flagellation par Michael Pacher

- Bien, sup­pose, Gopal, qu’un jour on soit en train de te bat­tre ; que dirais-tu si ton ami Kit­tou se met­tait à rire devant ce spec­ta­cle ? »

Gopal frémit et se redres­sa avec fierté :

« Mais Père, il est impos­si­ble que je sois jamais bat­tu. Tu sais bien que je suis un Brahme, et per­son­ne n’oserait porter la main sur moi…

- J’ai dit, Gopal, sup­pose que cela se pro­duise. Eh bien ! sache donc que ce Jésus que tu voy­ais tout à l’heure bat­tu si dure­ment est mon Ami, à moi, mon plus cher et plus grand Ami, que j’aime beau­coup. A cause de cela, tu ne dois pas rire de ses souf­frances…

- Alors, Père, je te demande par­don, je ne savais pas qu’il était ton Ami… »

Le Père André fit quelques pas en silence, puis mur­mu­ra, comme se par­lant à lui-même :

« Et Lui aus­si pour­tant était un juste ; mais Il n’a pas reculé devant la souf­france et le déshon­neur…

- Père, inter­ro­gea timide­ment Gopal, pourquoi donc ne m’as-tu jamais par­lé de Lui ?

Auteur : Daniel-Rops | Ouvrage : Légende dorée de mes filleuls .

Vie des saints - martyrs - Theatres Romain - LyonNous sommes à Lyon,en l’année 177. La grande cité du Rhône est alors la cap­i­tale de la Gaule, la plus peu­plée de toutes ses villes, un cen­tre de com­merce où vien­nent tous les trafi­quants de l’Empire, un mag­nifique ensem­ble de maisons, de palais, de tem­ples, de théâtres, dont les ruines ont été mis­es au jour au pied de la colline de Fourvière. C’est aus­si une sorte de cap­i­tale religieuse où, chaque année, les païens de toute la Gaule envoient des délégués pour célébr­er en com­mun de grandes fêtes en l’honneur de leurs divinités, et ces céré­monies dédiées à « Rome et Auguste » sont l’occasion d’une foire très acha­landée, de représen­ta­tions théâ­trales, de spec­ta­cles dans l’amphithéâtre, de beau­coup de beu­ver­ies aus­si, et de maints bavardages. Que ne racon­te-t-on point, par­mi ces foules assem­blées ? Et, bien enten­du, on par­le des chré­tiens.

Lyon en compte déjà un grand nom­bre. Cela se com­prend aisé­ment. Les com­merçants qui arrivent sans cesse d’Asie Mineure, d’Égypte ou de Grèce, ont enten­du racon­ter l’Évangile ; beau­coup d’entre eux sont déjà bap­tisés ; ils répè­tent la Bonne Nou­velle et enseignent autour d’eux la doc­trine de Jésus. (C’est donc d’Orient que le Chris­tian­isme est arrivé en terre française. Ne dit-on pas en Provence que Lazare, le ressus­cité, l’ami de Jésus avec ses sœurs Marthe et Marie, a apporté lui-même l’Évangile dans la région de Mar­seille ? N’assure-t-on pas à Paris (qu’on appelle encore Lutèce) que le pre­mier évêque de la cité, saint Denis, le mar­tyr, a été un grec, élève du grand apôtre

saint Paul, comme d’ailleurs saint Trophème, pre­mier évêque d’Arles et saint Cres­cent, pre­mier évêque de Vienne en Dauphiné ? En tout cas, le bon grain déposé par les Ori­en­taux a pris mag­nifique­ment racine dans la terre gauloise, en cette fin du IIe siè­cle, et il n’y a sans doute guère de ville qui n’ait sa com­mu­nauté de fidèles. Et c’est ce qui irrite les païens…

***

— Les chré­tiens aux lions ! A mort les chré­tiens ! Tous à l’amphithéâtre ! Arrêtez -les ! Tuez -les !

Dans la foule entassée pour la fête annuelle, le mot d’ordre a cou­ru. Comme ce sera plaisant de voir brûler

Auteur : Hunermann, Père Guillaume | Ouvrage : Les Tables de Moïse .

Histoire à lire en famille - La Sainte Famille visitée par sainte Elisabeth, Zacharie et saint Jean-Baptiste - Jacques Stella (1596-1657)

Joseph Frank frap­pa son rabot con­tre l’établi pour le débar­rass­er des copeaux, et, d’un geste de la main, fit tomber la sci­ure de ses cheveux bouclés.

« Père, c’est l’heure où le tra­vail s’arrête à Kreuzheim. Demain, je vais par­tir dans le vaste monde ! »

« Tu as rai­son, Joseph » répon­dit le père, dans l’atelier duquel le garçon tra­vail­lait comme appren­ti. « Va et observe bien tout au cours de ton voy­age. Dans notre cor­po­ra­tion, celui qui veut se per­fec­tion­ner doit aller tra­vailler dans des ate­liers étrangers. Garde tou­jours la loi de Dieu, et il ne t’adviendra rien de mal. » Puis il posa une main ferme sur l’épaule du garçon, le regar­da grave­ment et ajou­ta : « Reviens le cœur joyeux comme à présent et prends garde de ne pas per­dre la foi, car c’est ton bien le plus pré­cieux »

« Oui, père ! » approu­va le gars. « J’aurai à cœur de ne pas oubli­er ce que toi et maman m’avez enseigné. »

« Très bien ! Et main­tenant donc, nous allons cess­er le tra­vail »
La cloche du soir reten­tit de la tour de l’église de Kreuzheim, et les deux hommes prièrent avec fer­veur l’angélus ain­si qu’ils en avaient l’habitude depuis tou­jours.

Le lende­main, de très bonne heure, le jeune homme fit son balu­chon, auquel sa mère ajou­ta encore mainte douceur pour la route. Quand vint le moment des adieux, le père lui rap­pela solen­nelle­ment la promesse faite dans l’atelier, et Joseph jura de tenir parole. Son père lui recom­man­da encore une dernière fois de ne pas per­dre la foi, puis mit dix beaux écus d’argent dans sa bourse, afin qu’il ne man­quât de rien au cours de son long voy­age. La mère s’essuya furtive­ment les yeux, et dit enfin : « Vois-tu, Joseph, j’ai encore quelque chose pour toi. Regarde. C’est l’écu de bap­tême offert par ton par­rain le jour où tu es devenu enfant de Dieu. Ne le perds point, et ne le donne pas, car, en le don­nant, tu perdrais en même temps le bon­heur. »

Le jeune homme prit respectueuse­ment la pièce d’argent des mains trem­blantes de sa mère et promit de la garder comme une relique. « Va donc avec la grâce de Dieu et que ton ange gar­di­en t’accompagne », ajou­ta sa mère en l’aidant à boucler son sac sur son dos. Et après un dernier adieu, Joseph Frank par­tit sur la longue route.

Récit pour illustrer le sacrement du baptêmeIl tra­ver­sa de nom­breuses villes, ren­con­tra des gens de toutes sortes ; chaque fois qu’il s’arrêtait, il cher­chait un maître habile chez lequel il tra­vail­lait un moment, copi­ant plus d’un secret du méti­er, acquérant cer­tains tours de main, puis, il repre­nait la route.

La vie se pour­suiv­ait tant bien que mal. S’il ne fit pas for­tune, il put du moins manger à sa faim chaque jour. Si par­fois l’argent pour pass­er la nuit dans une auberge lui fai­sait défaut, il se con­tentait sim­ple­ment d’un gre­nier ou d’une grange, et comme il avait la con­science tran­quille, il dor­mait tout aus­si bien sur le foin ou la paille que d’autres dans les draps les plus fins d’un hôtel. Sou­vent ses économies fondaient comme neige au soleil et il ne lui restait alors que son écu de bap­tême ; mais il ne l’aurait pas don­né pour tout au monde. Il préférait resser­rer sa cein­ture d’un cran, faire sem­blant de