Aigulphe, vulgairement nommé Ayou, naquit à Blois vers l’an 630. Il se fit admettre à l’abbaye bénédictine de Fleury, au diocèse d’Orléans. Son supérieur lui confia la mission de faire enlever les reliques de saint Benoît, ensevelies sous les ruines de l’abbaye du Mont-Cassin, au royaume de Naples. Ayou partit, accompagné de quelques personnes du Mans il eut la chance de découvrir le tombeau de saint Benoît et celui de sainte Scholastique, sa sœur. Il en tira les ossements et les transporta en France : on mit ceux de saint Benoît dans l’abbaye de Fleury, et ceux de sainte Scholastique furent envoyés au Mans. Appelé ensuite à gouverner le monastère de Lérins, en Provence, Ayou tenta d’y rétablir la discipline ; mais des hommes pervers, encouragés par le seigneur de Nice, ourdirent un complot contre le saint Abbé et l’assassinèrent. L’Église, et en particulier le diocèse de Blois, l’honore comme martyr.
Après la prise de Jérusalem, Nabuchodonosor, roi de Babylone s’empara de toutes les richesses et commanda de choisir parmi les familles nobles d’Israël les jeunes hommes les plus intelligents pour les élever dans le palais : Daniel, Ananias, Misaël et Azarias furent entr’autres désignés.
Nabuchodonosor eut un songe qui l’effraya : il voyait une statue grande et haute, dont la tête était d’un or très pur, la poitrine et les bras d’argent, le ventre et les cuisses d’airain, les jambes de fer, une partie des pieds de fer et l’autre d’argile. Soudain, une pierre se détacha d’elle-même de la montagne et mit en pièces la statue. Nabuchodonosor fit venir les devins et mages, mais personne ne put lui expliquer ce songe. Daniel vint alors et lui en le donna l’explication : « trois royaumes, lui dit-il, représentés par l’argent, l’airain, fer, allant toujours en s’affaiblissant, succéderaient à celui de Nabuchodonosor représenté par l’or pur, et, un jour, le Dieu du ciel en susciterait un autre (la pierre détachée de la montagne) qui réduirait en poudre tous ces royaumes et subsisterait éternellement. Le roi éleva Daniel en honneur et lui fit de magnifiques présents.
Nabuchodonosor fit ensuite dresser une immense statue d’or qui le représentait et des hérauts proclamèrent à tous les peuples : « Au moment où vous entendrez le son de la trompette, vous vous prosternerez en terre et adorerez la statue dressée par le roi Nabuchodonosor ».
Mais les trois compagnons de Daniel qui dans- le palais demeuraient toujours fidèles au Seigneur refusèrent d’adorer la statue ; on le rapporta au roi qui les fit jeter dans une fournaise ardente. Ils marchaient au milieu de la flamme, louant et bénissant le Seigneur, sans subir aucun mal. Alors le roi les fit sortir et les éleva en dignité dans la province de Babylone.
Nabuchodonosor, roi des Assyriens, voulut assujettir à son empire tout l’Orient. Holopherne, le général de ses troupes, à la tête d’une immense armée attaquait et pillait les royaumes de l’Asie méditerranéenne. Terrifiés, les peuples à son approche offraient leur soumission. Seuls les Israélites tentèrent de lui résister. Holopherne, furieux, vint assiéger Béthulie. Dans cette ville, vivait une femme vertueuse et riche, nommée Judith.
Apprenant ce qui se passait, elle se mit en prières ; puis se parant de ses plus beaux bijoux, elle se rendit au camp des Assyriens. Elle y fut arrêtée et conduite à Holopherne, qui, la voyant fort belle, s’éprit d’elle. Il donna alors, en l’honneur de Judith, un festin où il s’enivra. Pendant son sommeil de brute, Judith, restée seule avec lui, lui coupa la tête et la rapporta aux Israélites en leur conseillant d’attaquer les Assyriens. Ceux-ci apprenant la mort de leur général, prirent la fuite. Les Israélites les poursuivirent et s’emparèrent de leurs dépouilles.
L’année de la mort du roi Osias, Isaïe, se trouvant dans le Temple de Jérusalem, vit soudain le Seigneur assis sur un trône haut et élevé, et les pans de sa robe remplissaient l’édifice. Des séraphins se tenaient au-dessus de lui, se disant l’un à l’autre : « Saint, Saint, Saint est le Dieu des armées. Toute la terre est pleine de sa gloire. »
Tremblant d’effroi, Isaïe se sent accablé par la majesté du Roi des cieux. Mais un séraphin vient purifier ses lèvres ; alors il entend la voix du Seigneur qui lui donne la mission de prêcher avec constance, malgré l’endurcissement du peuple.
Isaïe sera le chantre de la sainteté divine. Il sera aussi, par excellence le prophète de l’avenir messianique. Son livre est un de ceux qui renferme les plus belles prophéties sur la naissance, la prédication, les miracles, et la Passion de Jésus.
Le quatorzième roi de Juda, Manassé, était si profondément tombé dans l’idolâtrie, qu’il fit brûler son fils en l’honneur du dieu Moloch. Jérusalem eut sous son règne autant d’idoles que de rues. De plus, il persécuta et martyrisa les prophètes du Seigneur. Alors Dieu suscita un nouveau prophète, Jérémie, qui se récria et dit : « Seigneur, je ne sais pas parler, je ne suis qu’un enfant ». Dieu, touchant ses lèvres, répondit : « Tu annonceras la ruine et la destruction de Juda ; puis, par delà, son relèvement et sa restauration. » Or, un jour de grande fête religieuse, Dieu dit à Jérémie : « Aujourd’hui, tu monteras au Temple… et tu annonceras ma parole à la multitude des Pèlerins. » Jérémie obéit : « Écoutez la parole du Seigneur », cria-t-il, « convertissez-vous… Sinon cessez de vous fier à ces paroles de mensonge :
« le Temple du Seigneur nous protégera ! Quoi, vous volez, vous tuez, vous commettez l’iniquité vous jurez en vain, vous encensez Baal, et puis vous osez venir en ce Saint Temple…
« Souvenez-vous du royaume d’Israël et de son châtiment… Sinon, je détruirai cette ville et ce temple… » — « À mort, il a blasphémé contre le Temple », s’exclama la foule. Mais Jérémie tint tête à ce peuple en délire. « Je le jure, s’écria-t-il, c’est le Seigneur lui-même qui m’a envoyé prophétiser contre ce Temple. Maintenant donc, convertissez-vous et vous vivrez. »
Mais le peuple demeura sourd aux avertissements du Prophète. Alors Nabuchodonosor assiégea la ville, la prit, la pilla, ainsi que le Temple mais le laissa encore debout. Juda s’obstina quand même dans son péché. Le Seigneur cette fois, appesantit sur lui toute sa justice.
La neuvième année du règne de Sédécias, dernier roi de Juda, Nabuchodonosor revint avec toute son armée, détruire Jérusalem.
Après deux ans de siège, la ville fut forcée et l’armée des Chaldéens y entra.
La vengeance de Nabuchodonosor fut atroce : il fit égorger devant Sédécias ses propres fils, puis lui fit crever les yeux et l’emmena chargé de chaînes, en exil.
Cependant les Chaldéens brûlaient le palais, le temple et la ville, ne laissant derrière eux que des ruines. Alors fut accomplie la parole du Seigneur : « Derrière eux, le beau pays de miel et de lait, promis à Abraham et donné selon la promesse, reste vide et désert sous le ciel. »
Dieu commanda à Jonas d’aller à Ninive prêcher parce que la malice de ce peuple était à son comble. Mais Jonas désobéit et s’embarqua pour Thorsis.
Alors Dieu fit lever une si grande tempête que les marins jetèrent à la mer toute la charge du vaisseau. Jonas, sachant que sa désobéissance en était la cause, pria l’équipage de le jeter à la mer pour qu’elle s’apaise. Ce qu’ils firent et la mer
s’apaisa. Dieu fit alors qu’un grand poisson se trouva là qui engloutit Jonas Il demeura trois jours et trois nuits dans le ventre de ce poisson. Après ce temps, il fut jeté sur le bord et alla à Ninive prêcher la pénitence. « Dans quarante jours, cria-t-il, Ninive sera détruite si vous ne faites pénitence ». Ils firent tous pénitence et Ninive fût sauvée.
Joram, roi de Juda, épousa la très impie Athalie, fille d’Achab et de Jésabel. Elle eut un fils Achosias. Après un an de règne, ce fils périt de mort vio-lente. Or le père étant mort auparavant, Athalie voulut régner seule et pour cela, fit périr toute la famille royale. Mais le dernier-né, Joas, fut emporté de son berceau dans le temple et ainsi échappa au massacre. Athalie régnait depuis six
ans dans l’impiété et le crime quand son repos fut troublé par les cris de « Vive le Roi ». C’est que le Grand Prêtre venait de conférer l’onction royale à Joas, qui avait sept ans, au milieu des chefs et des soldats qui l’entouraient.
Elle se précipita alors vers le temple, d’où venait le bruit des trompettes et voulut franchir les rangs des soldats. Mais on l’entraîna et on la mit à mort dans son palais.