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30 août 2026Sainte Rose de Lima, Vierge

Née en 1586, à Lima, capi­tale du Pérou, celle qui devait être la pre­mière sainte de l’A­mé­rique du Sud reçut au bap­tême le nom d’I­sa­belle. Enfant de pré­di­lec­tion de la Vierge, elle fut ensuite appe­lée Rose de Sainte-Marie. Elle fit à cinq ans le vœu de vir­gi­ni­té. Crai­gnant néan­moins d’être contrainte par ses parents à des noces pro­fanes, elle cou­pa secrè­te­ment sa superbe che­ve­lure. L’aus­té­ri­té de sa vie fut peu com­mune : longs jeûnes, cilice, chaîne de fer, cou­ronne armée de pointes, lit recou­vert de têts de pots cas­sés, elle mit tout en œuvre pour se mor­ti­fier. Ayant pris l’ha­bit du Tiers-Ordre de saint Domi­nique, elle sui­vit de près les exemples de péni­tence de sainte Cathe­rine de Sienne. En proie presque conti­nuel­le­ment durant quinze années aux peines consu­mantes de la déso­la­tion et de l’a­ri­di­té spi­ri­tuelle, elle sup­por­ta éner­gi­que­ment ces com­bats plus rem­plis d’a­mer­tume que toute mort. Favo­ri­sée de fré­quentes appa­ri­tions de son ange gar­dien, de sainte Cathe­rine de Sienne et de la Mère de Dieu, elle usait avec eux d’une admi­rable sim­pli­ci­té. De la part des hommes elle eut à souf­frir affronts et calom­nies, qu’elle endu­ra patiem­ment. Toute nour­ri­ture lui devint insup­por­table et, pen­dant des années, elle ne vécut que de la Sainte Eucha­ris­tie. Rose mou­rut en 1617, âgée de 31 ans. Elle est la patronne de l’A­mé­rique du Sud.


Ouvrage : Et maintenant une histoire I

Vaillance, devoir d’état.

Histoire pour illustrer Vaillance et Devoir d'état - Fjord en Norvège par Louis GurlittActive la navette, ma fille, et noue le chanvre et tire chaque maille, car il me faut un filet neuf. Vois mon grand bateau de pêche, il est prêt à labou­rer de sa carène d’or le fjord pro­fond et pois­son­neux. J’ai dure­ment manié la hache pour abattre les grands sapins dans le champ gla­cé où des trou­peaux de rennes viennent brou­ter le lichen et l’é­corce tendre. Ah c’est un rude ouvrage, crois-moi, ma fille, de trans­for­mer le sapin blond, ce bois qui pleure à chaque coup, en un bateau dur à la vague, docile au vent et que ne mord pas la saumure.

Active la navette, ma fille, et noue le chanvre et tire et serre chaque maille, car il me faut un filet neuf. Mais je vou­drais un grand filet car, après Noël, je m’en vais pêcher avec ton frère Axel. Hâte-toi, ma fille, mets‑y tes dix doigts menus et déliés, tes yeux brillants comme givre, car j’ai besoin d’un filet fin. Mets‑y sur­tout ton cœur, ma Het­ta, c’est en effet un filet sans faille qu’il me faut. »

Récit pour les jeunes - Hetta faisant le filet de pêcheHet­ta fit donc un filet neuf. Elle y mit ses dix doigts… mais ses deux yeux pas bien sou­vent, car ils sui­virent, dis­traits, le vol argen­té des lents oiseaux émi­grants vers les îles.

Et son cœur, elle l’y mit moins encore. Il s’en­vo­lait, léger, au milieu des rêves qui fuyaient loin vers l’in­con­nu. Ain­si Het­ta glis­sa dans son ouvrage ce qui, jamais, n’y doit entrer. Elle y glis­sa, l’un par-des­sus l’autre, le Doute puis la Fraude.

« Pour­quoi tendre si fort le chanvre rêche ? Pour­quoi m’y écor­cher les mains ? Mon père veut-il du sang sur chaque nœud ? Sur mille et mille points de ma résille, qu’im­porte un petit fil qui baille ? Ce n’est pas pour un phoque ni pour une baleine, ni pour de bien gros pois­sons. Mon père ne pêche que le hareng ou le sprat ! Quel menu butin pour de tels efforts ! »

* * *

Un soir d’hiver,

Ouvrage : Légende dorée de mes filleuls | Auteur : Daniel-Rops

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Sur l’eau claire de l’Oise, à cris joyeux, quatre vaillants gar­çons ont pous­sé un canot. C’est l’au­tomne : le vent frais qui balaie les nuages dans le ciel d’un bleu pâle fait fris­son­ner la sur­face de la rivière et vol­ti­ger les feuilles rousses des grands bois de l’Ile de France. « Holà, ensemble ! Allez, mes com­pa­gnons ! » Et les rameurs de frap­per en cadence, et le léger esquif de filer au courant.

Histoire Saint Louis enfant et ses camarades de jeux

Ces gar­çons qui ont tous quatre envi­ron douze ans, à les voir ne croi­rait-on point de petits pay­sans ? Comme les fils des fer­miers du temps, ils portent chausses de grosse toile, courte robe par des­sus et un sur­cot de drap bour­ru, le tout pas­sa­ble­ment sali d’a­voir péché les gre­nouilles dans les vases de la rivière. Pour­tant, à les regar­der mieux, on observe sur leurs traits une dis­tinc­tion natu­relle, une finesse de bonne édu­ca­tion ; et par­ti­cu­liè­re­ment le plus grand, le plus mince, magni­fique enfant aux longs che­veux blonds bou­clés, aux yeux doux, au pro­fil déli­cat, à qui ses cama­rades paraissent obéir sans hési­ter. Ne vous y trom­pez pas. Ce gar­çon­net n’est autre que Mon­sei­gneur Louis, fils aîné de France, qui, dans quelques vingt ou trente ans sans doute, sera roi.

Quelques vingt ou trente ans… Non, la Pro­vi­dence en a autre­ment déci­dé. Que sont ces cava­liers ? Ils suivent la rivière en hélant le canot des gar­çons. Tout pris par leur jeu, ceux-ci, d’a­bord, n’en­tendent même pas. « Un, deux ! un, deux ! » Et les rames conti­nuent à battre vigou­reu­se­ment les eaux pai­sibles. Enfin ces cris attirent leur atten­tion. « Arrê­tez ! On nous appelle ! »

Quand ils abordent, le pelo­ton des cava­liers les attend. D’un coup d’œil, Mon­sei­gneur Louis recon­naît le Conné­table, le Grand Écuyer, le Cha­pe­lain du Palais et de hauts offi­ciers. Qu’y a‑t-il ? Ce n’est point pour abré­ger leur inno­cente pro­me­nade qu’on a envoyé vers lui tous ces puis­sants sei­gneurs. Et tous ont l’air grave, la face sou­cieuse et inquiète. D’instinct,avant même que le Conné­table ait par­lé, l’en­fant a devi­né la dou­lou­reuse nou­velle. Il pense à son père, le roi Louis VIII, qui se bat quelque part dans le sud du royaume et a déjà si bra­ve­ment taillé en pièces l’An­glais. A la guerre, sait-on qui peut être indemne ? « Mon­sei­gneur mon père ?» inter­roge-t-il. Rapide, il a repris sa cotte demi-longue de drap fin, ser­rée d’une cor­de­lière de soie et d’or, son man­teau écar­late dou­blé de petit-gris qu’il avait posé à terre avant de sau­ter dans la barque. Rien qu’à la façon dont ces hommes s’in­clinent devant lui, il a com­pris : non pas au com­bat, mais d’une mala­die étrange, d’une fièvre incon­nue, —et cer­tains diront peut-être du poi­son,— le roi Louis VIII est mort en tra­ver­sant l’Au­vergne à l’âge de trente-six ans. On est à l’au­tomne 1226 ; un nou­veau règne va commencer.

Ouvrage : Autres textes | Auteur : Baussan, Charles

Il était 11 heures du matin.

Histoire pour les enfants - pèlerinage d'un basque - Agent de police à ParisÀ Paris, l’agent n° 217 reve­nait pour la cin­quan­tième ou la soixan­tième fois, le long du trot­toir, rue de la Cité, quand il aper­çut au milieu du par­vis Notre-Dame un ras­sem­ble­ment déjà énorme et qui gros­sis­sait toujours.

– Encore un acci­dent ! pensa-t-il.

Et, prêt à tirer son car­net pour le pro­cès-ver­bal, il quit­ta le trot­toir de son pas tran­quille et tra­ver­sa la foule. Au milieu, un homme était à genoux, la figure tour­née vers Notre-Dame.

Il avait une culotte courte, des guêtres de drap, une veste brune, et ser­rait dans ses mains un gour­din plan­té devant lui et coif­fé d’un béret. À côté de lui, une grande mule blanche har­na­chée de pom­pons rouges, le poi­trail enguir­lan­dé de gre­lots qui tin­taient, levait la tête, dres­sait les oreilles.

L’agent mit sa main sur l’épaule de l’homme :

— Levez-vous, que faites-vous là ? Com­ment vous appelez-vous ?

L’homme se retour­na, vit le képi, l’uniforme. Il se rele­va et mit son béret.

Récit pour les jeunes du catéchisme - Mule du pèlerin basqueIl était petit, mais tout car­ré, car­ré de tête, car­ré d’épaules. La mule ten­dit le cou, et, répon­dant à cette avance, il lui don­na une petite tape d’amitié qui fit carillon­ner les gre­lots. Après quoi, il dit à l’agent :

— Je m’appelle José Irri­goyen. Je suis mule­tier à Elhio­ga­ra, à trois lieues de Saint-Jean-de-Luz ; il y a deux mois, ma femme a eu de mau­vaises fièvres, et j’ai pro­mis, si elle gué­ris­sait, de venir faire ma prière, avec ma mule, à Paris, devant la grand’porte de Notre-Dame. Ma femme a gué­ri, et me voi­là. Je fais ma prière.

— Vous faites un rassemblement.

— Moi ? Je ne ras­semble rien du tout. Je n’ai besoin de per­sonne, et

Ouvrage : Les contes de la Vierge | Auteur : Tharaud, Jérôme et Jean

Nativité - Donatello

C’était à Beth­léem à la pointe du jour. L’étoile venait de dis­pa­raître, le der­nier pèle­rin avait quit­té l’étable, la Vierge avait bor­dé la paille, l’Enfant allait dor­mir enfin. Mais dort-on la nuit de Noël ?…

Dou­ce­ment la porte s’ouvrit, pous­sée, eût-on dit, par un souffle plus que par une main, et une femme parut sur le seuil, cou­verte de haillons, si vieille et si ridée que, dans son visage cou­leur de terre, sa bouche sem­blait n’être qu’une ride de plus.

En la voyant, Marie prit peur, 

Ouvrage : Et maintenant une histoire II | Auteur : Solhac, Claude

Soeurs-MissionnairesUne his­toire vraie ? En voi­ci une toute simple et jolie, qui nous fut contée par une des Sœurs Mis­sion­naires-Caté­chistes d’Alice Munet. Une de ces Sœurs blanches au calme et lumi­neux sou­rire, dont la vie est vouée au salut des Noirs.

* * *

O Vierge, comme vous êtes mater­nelle, pour vos enfants de la terre…

Le soir tom­bait. Un peu de vent se leva dans les palmes…

Le vil­lage, tout calme, se repo­sait au bord de l’oa­sis. Les trou­peaux, len­te­ment, s’en venaient boire à la source, plon­geant leurs naseaux alté­rés dans l’eau vive. Les pâtres atten­daient, les yeux fixés sur l’ho­ri­zon, d’un rose-feu. L’heure était pleine de grâce.

Missionnaires dans un village d'AfriquePleine de grâce… Sou­rire de la terre. Et sou­rire du ciel. Les Pères venaient d’ar­ri­ver, en tour­née de mis­sion, dans ce vil­lage aux confins du désert, et non évan­gé­li­sé encore. Quelques indi­gènes se grou­paient autour des robes blanches.

Les por­teurs de la mis­sion, accrou­pis autour d’un feu de len­tisques, pré­pa­raient le repas du soir. Pour les Pères, ils son­geaient à dis­pen­ser la Bonne Nou­velle, la parole de Dieu, le pain des âmes. Et déjà, pour que leur pas­sage soit fécond, ils le confiaient à la Vierge, Mère de toute grâce. Le cha­pe­let aux doigts, ils égre­naient des Ave, sous le ciel rose et pur.

Au bruit des Ave, une vieille Noire