Après la mort d’Hérode, la Sainte Famille revint en Galilée et s’installa à Nazareth où Joseph reprit son travail de charpentier — Un jour que tous les trois étaient allés à Jérusalem pour une fête, Jésus y resta, à l’insu de ses parents qui, durant trois jours, le cherchèrent partout, inutilement. Ils…
Et maintenant une histoire ! Posts
Aigulphe, vulgairement nommé Ayou, naquit à Blois vers l’an 630. Il se fit admettre à l’abbaye bénédictine de Fleury, au diocèse d’Orléans. Son supérieur lui confia la mission de faire enlever les reliques de saint Benoît, ensevelies sous les ruines de l’abbaye du Mont-Cassin, au royaume de Naples. Ayou partit, accompagné de quelques personnes du Mans il eut la chance de découvrir le tombeau de saint Benoît et celui de sainte Scholastique, sa sœur. Il en tira les ossements et les transporta en France : on mit ceux de saint Benoît dans l’abbaye de Fleury, et ceux de sainte Scholastique furent envoyés au Mans. Appelé ensuite à gouverner le monastère de Lérins, en Provence, Ayou tenta d’y rétablir la discipline ; mais des hommes pervers, encouragés par le seigneur de Nice, ourdirent un complot contre le saint Abbé et l’assassinèrent. L’Église, et en particulier le diocèse de Blois, l’honore comme martyr.
Conduits par une étoile, les rois Mages vinrent d’Orient, de très loin, pour voir ce que cet astre nouveau leur annonçait — Arrivés à Jérusalem, l’étoile disparut. Mais quand ils sortirent de la ville, elle apparut de nouveau, et les guida exactement là où se trouvait Jésus. Se prosternant alors ils adorèrent l’Enfant…
DANS un village d’Orient où ils étaient nés et où ils avaient toujours vécu, personne certainement ne connaissait, mieux les étoiles que le petit berger Rhaël et sa sœur Noémie. Ils les avaient si souvent contemplées pendant les belles nuits chaudes, alors qu’ils couchaient en plein air, à côté de leurs troupeaux.
Rhaël et Noémie étaient pauvres et orphelins, mais ils n’étaient pas malheureux, car ils s’aimaient tendrement, et savaient se contenter de leur très humble position.
Ils avaient de petites âmes très poétiques et un vif sentiment du beau et de l’idéal ; c’est pourquoi les étoiles du ciel les attiraient par leur clarté et leur mystère.
Ils les appelaient par leurs noms, savaient l’heure d’après leur position sur l’horizon, et s’en servaient très bien pour se guider.
Aussi, quel ne fut, pas leur étonnement, une nuit, d’en apercevoir une nouvelle qu’ils n’avaient encore jamais vue !
Elle était petite, mais très brillante et paraissait lointaine.
Le lendemain, l’étoile était un peu plus grosse et paraissait plus près, et il en fut de même les nuits suivantes : l’astre grandissait, et se rapprochait visiblement.

Les petits bergers étaient ravis d’étonnement et d’admiration et formaient mille conjectures concernant ce phénomène ; mais ils n’en parlaient à personne ; d’abord, ils vivaient presque toujours dans la solitude, éloignés de toute habitation, et puis ils étaient peu communicatifs, se suffisant parfaitement l’un à l’autre.
Maintenant, l’étoile occupait toutes leurs pensées ; ils, attendaient la nuit avec impatience pour voir. Elle brillait d’un éclat, incomparable, jetant mille feux comme une escarboucle et montant chaque soir un peu plus haut dans le ciel.
C’EST incroyable ! s’écria Cadiche, voici encore la vieille Sophie qui fait un nouveau gâteau ! C’est au moins le quatrième depuis deux jours et elle n’a pas l’air disposée à s’arrêter !
Atalante, la jolie jument alezane, regarda l’âne avec pitié :

— Toi qui es toujours si bien informé, dit-elle, je suis surprise que tu ne saches pas que c’est demain Noël, un grand jour de fête !
— D’autant plus, rumina Colombe, une grosse vache blonde, que tu devrais te rappeler l’histoire que l’on t’a contée comme à moi, quand tu étais petit, et dans laquelle l’un de tes ancêtres, comme l’une des miennes, réchauffait le petit Jésus qui venait de naître…
— Beuhhh… dit le bœuf, vous vous trompez ma commère ! C’était l’un de mes ancêtres, à moi !
Par une nuit froide de décembre, le mistral souffle. Je descends de ma chambre et que vois-je ? La crèche illuminée par une douce lumière émanant des santons. Je me tiens coite et j’attends, fixant les yeux sur cette crèche pourtant familière que je ne reconnais plus. Qu’a-t-elle changé ? Rien, seulement cette lumière. Tiens, on dirait qu’elle transforme les personnages. Ils sourient et semblent vivants. Je m’enhardis à leur parler. Voyant l’ange joufflu qui bat des ailes, je lui demande :
— « D’où viens-tu petit ange ? »

Mais que se passe-t-il ? Il me répond :
— « Je viens du ciel et j’ai pour nom Bouffareo. On m’a appelé ainsi parce que j’ai de grosses joues à force de souffler dans ma trompette. Dieu m’a envoyé sur terre pour sonner de mon instrument à la naissance de son Fils. Mais je n’ai pas bien chaud avec mes seules ailes pour me couvrir.
— Je peux te donner ma polaire. »
L’ange, recouvert, soupira d’aise. Pour me remercier, il m’emmène voir la Sainte Vierge. Oh ! Quel émotion ! Pensez donc, entrer dans la crèche, discuter avec un ange, l’aider et, pour couronner le tout, rencontrer Notre-Dame, c’est quelque peu exceptionnel. Mais la bonne Dame du ciel me met tout à fait à l’aise :
— « Entre donc ! Tu m’as l’air frigorifiée
— Mais Notre-Dame…
— Je ne suis pas plus Notre-Dame que tu es Esther. Appelle-moi Marie, comme tout le monde.
— Si vous me le demandez, je suis bien forcé de vous obéir.

— Pourquoi me vouvoies-tu ? Suis-je une personne si respectable ?
— Bien sûr puisque tous les catholiques vous prient.
— Ah ! Je comprends. Tu est l’élue du siècle.
— L’élue du siècle ?
— Oui, chaque siècle, une âme pure à le privilège d’entrer dans la crèche pour une nuit. Tu as choisi la nuit de Noël par chance. Tu verras la naissance de mon Fils. Mais puis-je te demander un service ?
— Oui, assurément.
— Alors va chercher le bœuf et l’âne que requiert la tradition. »
Je pars chercher les deux animaux et les trouve facilement.




